vignette|Les méthodes naturelles d'observation du cycle s'appuient sur la connaissance scientifique du cycle féminin. Les méthodes naturelles de régulation des naissances ou de contraception forment un ensemble de méthodes de contrôle des naissances qui permettent d'augmenter ou de réduire les probabilités de grossesse. Il existe des méthodes, plus ou moins efficaces, fondées sur l'observation du cycle menstruel féminin, sur l'allaitement maternel ou sur le retrait masculin. Elles ont été définies par l'OMS en 1976, dans un document mis à jour en 1988. Parmi elles, les méthodes d'observation du cycle consistent à déterminer, par observation, l'évolution de la fertilité au cours du cycle menstruel et à y adapter sa sexualité. Elles permettent une meilleure connaissance de soi et un suivi de santé gynécologique. Ces méthodes d'observation connaissent un développement depuis les années 2000, lié entre autres au rejet de contraception hormonale et à la volonté de mieux connaître son corps.
Dénominations
Un ensemble mouvant Les « méthodes naturelles » forment un ensemble mouvant difficilement définissable. Selon Santé publique France, . Pour autant, elle inclut dans la liste des méthodes naturelles le retrait, qui ne permet pas d'identifier la période fertile, et la méthode MAMA, qui a l'inverse détermine une période infertile et non une période fertile.. Le planning familial inclut, quant à lui, dans sa définition, les rapports sexuels sans pénétration..
À l'inverse, l'un des principaux sites consacrés aux « méthodes naturelles » limite sa définition aux méthodes d'observation de la fertilité, excluant ainsi le retrait et les méthodes statistiques.
Définitions diverses vignette|Matrice des méthodes naturelles de régulation des naissances Si le terme « méthode naturelle » ne fait pas l'objet d'une définition unanime, d'autres termes déterminent des ensembles de méthodes naturelles :
Planification naturelle familiale (PNF) : cet ensemble regroupe les méthodes d'observation et les méthodes statistiques et implique le non-usage de méthodes barrière en période fertile. Ce terme, présent dans le monde de la recherche, exclut donc des méthodes comme le retrait.
Méthodes statistiques/méthodes basées sur le calendrier : Ces méthodes sont basées sur un calcul statistique des périodes fertile et un décompte des jours.
Méthodes d'observation du cycle (MOC) : ces méthodes sont basées sur les symptômes de la fertilité, comme la température ou les sécrétions vaginales et permettent, par observation, de déterminer les périodes fertiles et infertiles du cycle féminin. Le terme anglais est Fertility awareness-based methods (FAM/FAB/FABM)P. Frank-Herrmann, J. Heil, C. Gnoth, E. Toledo, S. Baur, C. Pyper, E. Jenetzky, T. Strowitzki, G. Freundl, The effectiveness of a fertility awareness based method to avoid pregnancy in relation to a couple's sexual behaviour during the fertile time: a prospective longitudinal study, Human Reproduction, Volume 22, 5, , Pages 1310–1319., c'est-à-dire Méthodes d'Observation de la Fertilité.
Méthodes d’auto-observation (MAO) : parfois maladroitement utilisée pour désigner l’ensemble des MOC, cette appellation désigne plus précisément, en France, la méthode symptothermique enseignée par l'organisme de promotion de ces méthodes CLER. Elle exige le suivi quotidien de la température corporelle basale et de la consistance de la glaire cervicale.
Méthode de l'allaitement maternel et de l'aménorrhée (MAMA) : voir plus bas.
Une contraception naturelle ? Les méthodes naturelles permettent d'éviter une grossesse. Ces méthodes constituent à ce titre des moyens de contraceptionHaute autorité de santé, Fiches mémo : Contraception chez l'homme et chez la femme, Document de travail, 2013 (site de la HAS).. Pour autant, ce terme, appliqué pour l'ensemble de ces méthodes, n'est pas accepté par tous. Pour Gautier-Lavaste, les méthodes de planification naturelle familiale « ne modifient pas la fécondité de la femme ni ne suppriment la possibilité de conception » et donc ne peuvent être appelées contraceptives. Cette question est souvent évoquée par les défenseurs des méthodes d’observation qui, pour la plupart, voient dans les méthodes naturelles une « alternative à la contraception ». Ce débat sur la nature de ces méthodes trouve un parallèle dans les textes de l’Église Catholique pour qui cette méthode n’est pas une méthode contraceptive mais qui peut être utilisée, selon l’intention de ceux qui les pratiquent, avec une « mentalité contraceptive »AFP, Contraception : le pape fait preuve de pragmatisme sans renier la doctrine, lepoint.fr, France, 19 février 2016.
La définition la plus courante et la plus englobante, de « naturelle » s'appuie sur l'absence d'élément artificiel pour empêcher la conception. Cette définition correspond à l’ensemble le plus large de méthodes allant de l’observation au retrait.. Une seconde définition de ce terme est plus restrictive. Les méthodes d'auto-observation sont dites « naturelles » parce qu'elles s'appuient sur l'adaptation du comportement et de sa sexualité « au rythme de sa fertilité ».
Les principales méthodes
Méthodes d'observation du cycle
vignette|500x500px|Tableau Billings de notation des observations L'observation du cycle menstruel de la femme permet d'une part d'éviter une grossesse (en s'abstenant de rapports sexuels reproductifs - coït vaginal - durant la période fertile), d'autre part d'accroître les chances de conception (en augmentant et en ciblant son activité sexuelle pendant cette période), et par ailleurs d'assurer un meilleur suivi de sa santé gynécologique (en approfondissant la connaissance de son corps). Les méthodes varient dans la manière de déterminer la période fertile. Si l'ensemble des méthodes dites naturelles sont souvent confondues dans les statistiques, certains médecins reconnaissent une différence entre les méthodes d'observation et les autres méthodes comme le retrait ou le calendrier, considérées comme non-fiables.
Les méthodes d'auto-observation reposent sur la collecte d'informations des signes de la fertilité : la température basale, qui augmente lors de l'ovulation : méthode des températures ; la glaire cervicale : méthode simple et très répandue : méthode Billings ; méthode plus complexe, nécessitant une formation plus poussée : méthode Creighton-FertilityCare ; méthode très simplifiée : la méthode des deux jours ; les tests d'ovulation.
Remarques : la méthode symptothermique utilise un double contrôle : pour déterminer la fin de la phase infertile préovulatoire, on tient compte de l'évolution de la glaire cervicale. Pour déterminer le début de la phase infertile post-ovulatoire, on compte de température haute afin de situer précisément la période fertile du cycle. À l'inverse de la méthode du calendrier, qui repose sur un calcul probabiliste. Quelle que soit la durée du cycle, il est possible de détecter précisément l'ovulation. Pour Howard, dans une étude sur Creighton, l'irrégularité des cycles n’influence pas l’efficacité de la méthodeHoward MP, Stanford JB. Pregnancy probabilities during use of the Creighton model of FertilityCareTM system. Arch Fam Med. 1999;8(5):391–402. Il n'y a pas de contre-indication à l'usage de ces méthodesSr Pallone, Gr Bergus, "Fertility awareness-based methods: another option for family planning", Journal of the American Board of Family Medicine 22 (2), 2009, .. En conditions réelles, en raison de l’imprévisibilité de la physiologie humaine (stress, fatigue ou infection virale peuvent perturber l’axe hypothalamo-hypophysaire, décalant l’ovulation), la fiabilité de cette méthodes chute drastiquement.
Méthodes statistiques Les méthodes statistiques de régulation des naissances ou méthodes de régulation des naissances basées sur le Calendrier sont un ensemble de méthodes de régulation des naissances basée sur l'estimation statistique de la probabilité de fertilité d'une femme. Ces méthodes peuvent être utilisées pour commencer la grossesse par la synchronisation des rapports non protégés pendant des jours identifiés comme fertiles, ou pour éviter une grossesse en évitant les rapports sexuels non protégés pendant les jours de fécondité.
La première méthode a été développée dans les années 1930 par Jean Smulders, médecin catholique de Hollande. Elle prend le nom de méthode Knaus–Ogino (dite méthode du rythme), du nom de ceux qui en ont créé le principe. Cette méthode est aujourd'hui considérée comme obsolèteToni Weschler, Taking charge of your fertility : the definitive guide to natural birth control and pregnancy achievement, New York, HarperCollins, 2002, mais a été une des principales formes naturelles de contrôle des naissances jusqu'au développement des méthodes de planification familiale naturelle basée sur l'observation du cycle.
Un nouvel usage des méthodes statistiques apparaît, en 2002, à l'Université de Georgetown avec la Méthode des Jours fixes et avec l'apparition de nombreuses applications sur support numérique.
Méthode de l'allaitement maternel et de l'aménorrhée (MAMA)
La méthode de l'allaitement maternel et de l'aménorrhée repose sur la physiologie de l'allaitement maternel. Elle est destinée à la femme parturiente lorsqu'elle vient d'accoucher.
Cette méthode requiert l'observation de trois critères : la femme est en aménorrhée : elle n'a pas eu de retour des règles depuis l'accouchement ; elle allaite complètement son enfant, qui ne reçoit pas d'autre nourriture, à raison de six tétées par jour au moins ; l'accouchement a eu lieu il y a moins de six mois.
Si ces trois critères sont respectés, la probabilité de grossesse (indice de Pearl) est de l'ordre de 2 % pendant les trois premiers mois..
Méthode du retrait La méthode du retrait constitue un moyen d'éviter une grossesse. Il s'agit, au cours d'un rapport sexuel vaginal, de retirer le pénis juste avant que ne survienne l'éjaculation de manière que cette dernière ait lieu hors du vagin, empêchant ainsi la fécondation. Son appartenance au groupe des méthodes naturelles ne fait pas consensus. De plus, elle est peu efficace car le liquide pré-séminal (avant éjaculation) peut contenir du sperme - en cas de précédente éjaculation non suivie d'une miction, ou de présence exceptionnelle de spermatozoïdes motiles.
Efficacités des méthodes naturelles vignette|344x344px|Tableau de prise de température (Méthode des températures ou symptothermique) On distingue habituellement une efficacité théorique, consécutive à l'usage correct de la méthode, et une efficacité pratique, calculée sur l'ensemble de l'échantillon, y compris les couples n'ayant pas respecté la méthode (rapport sexuel en période fertile, oubli de prise de température....). Ce taux correspond au pourcentage de grossesses en un an. Les méthodes naturelles connaissent des taux d’efficacité divers en fonction des méthodes utilisées.
Dans les articles, les méthodes naturelles sont souvent citées sans distinction, incluant des méthodes moins fiables comme la méthode Ogino ou le retrait. Par exemple dans le tableau de l'efficacités des méthodes contraceptives de la publication de 2013 de la Haute Autorité de Santé (), elles sont réunies, sous le terme « méthode naturelle », comme une seule ligne. Pour les défenseurs des méthodes d'observation, « les “méthodes naturelles” [...] ne sont pas toutes les mêmes. Par exemple, le retrait n’a rien à voir avec les méthodes d’observation du cycle scientifiques récentes »
Méthodes d'observations du cycle Pour comparaison, la contraception hormonale (dite pilule) possède un taux d'échec en usage correct de 0,3 % et en usage typique entre 8 % (étude américaine) et 2,4 % (étude française). Selon une méta-revue faite par Cochrane en 2012, l'efficacité de ces méthodes est inconnue. L'une des raisons est la mauvaise qualité des méthodes des études retenues, se conjuguant avec un grand nombre de participants qui abandonnent leur méthode prématurément..