L’Institut d’études politiques de Lille, couramment appelé Sciences Po Lille, est une grande école française dans les domaines des sciences sociales et politiques, des relations internationales, de l’économie et du droit public ainsi qu’un établissement-composante de l’université de Lille. L’admission des élèves se fait sur concours et l’école vise à former des cadres dans tous les secteurs.

Sciences Po Lille se démarque des autres instituts d’études politiques par son intégration européenne, se situant au « carrefour de l’Europe », entre le Royaume-Uni, Bruxelles, le Luxembourg et l’Allemagne, ainsi que pour son statut de premier IEP pourvoyeur à l’École supérieure de journalisme de Lille, située à deux pas de l’école, et de premier IEP en termes de réussite au concours de l’agrégation de sciences économiques et sociales. Sciences Po Lille a également conclu de nombreux partenariats avec des universités de rang mondial, telles que l’Université Johns Hopkins, l’University of Virginia et l’Institut de technologie et d’études supérieures de Monterrey en Amérique du Nord ainsi que l'Université Fudan (Shanghai), l'Université Tsinghua (Beijing), l'Université Waseda (Tokyo) et l’Université de Séoul en Asie..

Le , Sciences Po Lille a rejoint, en tant qu’établissement composante, l’établissement public expérimental de la nouvelle « Université de Lille », avec les facultés de l’ancienne université de Lille, l’École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille), l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille (ENSAPL), et l’École nationale supérieure des arts et industries textiles (ENSAIT)...

Histoire Création et implantation Projet et fondation La création de l'Institut d'études politiques de Lille est envisagée par le ministre de la Fonction publique Anicet Le Pors dès 1981.. René Rémond et Alain Lancelot se montrent très favorables au projet et la Fondation nationale des sciences politiques l'appuie. L’institut est créé par la Première ministre Édith Cresson par décret en date du Décret du 13 juin 1991. Son statut d’établissement public à caractère administratif est fixé par le décret du Décrets du 18 décembre 1989 et du 11 août 2016..

Le juriste Yves Luchaire est choisi comme administrateur provisoire de l’Institut. Il coordonne la première implantation de l'école, qui se fait, en 1991, au 50 rue Gauthier-de-Châtillon. L’établissement est ainsi situé dans le centre-ville de Lille, et partage les locaux de l’École supérieure de journalisme. De là provient le fort lien entre Sciences Po Lille et l’école de journalisme, qui perdure aujourd’hui à travers un double-cursus.

Le bâtiment est alors l’ancienne faculté de pharmacie, construite au et libérée par une délocalisation de celle-ci à Villeneuve-d’Ascq dans les années 1980. L’immeuble, organisé sur trois niveaux autour d’une cour carrée, est adapté à l’effectif d’environ 150 étudiants de l’ESJ, mais pas aux 400 de plus apportés par l’IEP, ce qui oblige alors à une occupation maximale des locaux : la bibliothèque n’occupe que 20 , les cours s’étalent de à , et les conditions de travail ne se révèlent pas optimales, les étudiants devant parfois suivre les cours assis dans les escaliers.

Croissance et déménagements Afin d’accueillir un nombre croissant d’étudiants, l’IEP déménage en 1996 dans les locaux réhabilités d’une ancienne usine textile de l’entreprise Le Blan au 84 rue de Trévise, dans le quartier populaire de Moulins. L’ensemble de la faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de l’université de Lille, dont les locaux étaient éclatés en banlieue, est d’ailleurs regroupée à la même époque dans d’anciennes usines de la même entreprise réaménagées de ce quartier. L’IEP quitte ce site en 2017 pour s’installer dans le quartier Saint-Michel...

Réformes et expansion Réformes des années 2000 Le processus de Bologne induit des changements dans la scolarité à Sciences Po Lille. Initialement de trois ans dans les années 1990, la durée des études est allongée à quatre ans, puis à cinq ans à la rentrée 2004, dans le cadre de la réforme « LMD ». Au bout de ces cinq années, le grade de master est conféré de droit par l’État aux diplômés.

La filière générale commence par un premier cycle de formation générale, en trois ans (six semestres). À l’issue de la première année, les étudiants doivent choisir l’une des cinq mentions proposées : « Administration publique », « Politique, économie et société », « Économie et finance », « Études européennes » et « Relations internationales ». Depuis 2002, les étudiants effectuent leur troisième année obligatoire à l’étranger, soit en stage, soit dans l’une des universités partenaires en fonction de leur rang de classement, établi sur la base de leurs résultats en première année.

Suit un deuxième cycle de spécialisation, en deux ans (quatre semestres). L’objectif de ce deuxième cycle est de fournir aux étudiants une formation professionnalisante. Il comprend dix-sept spécialités permettant de se préparer à des fonctions de cadre supérieur des secteurs public et privé, ainsi qu’à des fonctions d’expertise et de recherche. Une année supplémentaire de préparation à l’ENA est alors ouverte.

Expansion et affirmation L’économiste Benoît Lengaigne est élu directeur en 2015. Il préside au développement international de l’école, le nombre de partenariats universitaires à l’étranger croissant sous sa direction. Aussi, les effectifs de l’institut, qui ne cessent de croître, exigent un déménagement dans de plus grands bâtiments. Un nouveau déménagement dans le quartier Saint-Michel du centre-ville de Lille, sur le site de l’ancienne faculté des lettres, 9 rue Auguste Angellier, à proximité de la première implantation de l’Institut, a lieu en .. Les bâtiments sont de style néoclassique, datant du , et étant fraîchement rénovés. Ils se situent dans le quartier du Musée des Beaux-Arts de Lille. L’ancienne bibliothèque universitaire située place Georges-Lyon, en face du nouveau bâtiment, est également rénovée pour accueillir la bibliothèque de Sciences Po. Le campus urbain de l’école mesure désormais , dont 2638 pour la seule bibliothèque.

En 2019, Pierre Mathiot, qui avait été directeur de l’IEP de 2007 à 2014, puis conseiller spécial du directeur depuis lors, se présente pour redevenir directeur. Il est élu face à Sandrine Rousseau. Dans les mois qui suivent, Sciences Po Lille et l’EDHEC signent un partenariat mettant en place un double-diplôme entre les deux institutions, permettant aux étudiants des deux écoles d’étudier une année les affaires publiques à Sciences Po Lille, puis le management et le commerce à l’EDHEC... L’école inaugure l’année suivante un diplôme d’établissement, , destiné aux étudiants de licence souhaitant une formation complémentaire centrées sur le Moyen-Orient et son histoire politique, qui leur permet également d’apprendre l’arabe, le turc ou le persan.. Une double-licence et un double master avec l’université de Rome La Sapienza sont lancés à la rentrée 2020.

Le , l’école s’associe à un regroupement de facultés et de grandes écoles des Hauts de France pour former un établissement public expérimental (Université de Lille).. L’école conserve sa personnalité morale en tant que membre associée (composante) et son autonomie... Elle s’associe ainsi avec l’École supérieure de journalisme de Lille (ESJ Lille), l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille (ENSAPL), et l’École nationale supérieure des arts et industries textiles (ENSAIT).

École Effectifs En 2019-2020, Sciences Po Lille compte étudiants. dont 332 étudiants internationaux. et 230 étudiants français en mobilité internationale venus des cinq continents. 75 % des étudiants français ne viennent pas de la région.

Deux études menées à Sciences Po Lille montrent que 3 % des étudiants de l’école ont un parent ouvrier, et 6 % un parent employé...

L’école organise à partir de 2007 un programme d’aide à la préparation aux concours pour des jeunes d’une cinquantaine de lycées défavorisés de la région... En 2008/2009, ce programme d’études intégrées (PEI) a suivi 400 lycéens de terminale dont 30 % sont ensuite entrés dans un IEP..

Admission Sciences Po Lille comprend plusieurs procédures d’admission. : Pour les entrées en première année : Une procédure générale, ouverte aux bacheliers de l’année en cours (« Bac+0 ») et ceux de l’année précédente (« Bac +1 »). L’admission se fait grâce au concours commun : le candidat classe les Instituts d’études politiques français, Bordeaux, Grenoble, Fontainebleau et Paris mis à part, et son classement détermine l’établissement dans lequel il étudiera. Une procédure spécialisée pour les étudiants désirant rentrer en première année des filières franco-allemande, franco-britannique et franco-espagnole, avec un concours écrit et oral. Contrairement à la procédure générale, l’année d’obtention du bac n’est pas un facteur contraignant. Les concours de ces filières intégrées sont organisés par l’Institut et maintiennent une sélection très stricte (6-7 %).. Pour les entrées en quatrième année : Une procédure générale, ouverte aux détenteurs de licence, et qui se fait sur concours écrit. Les admissibles sont ensuite invités à un oral.. Une procédure spécialisée, ou troisième voie d’accès, pour les personnes ayant au moins cinq années d’activité professionnelle valorisante, et sans condition de diplôme. Pour les entrées en sixième année : Une procédure d’admission sur dossier au cycle préparatoire aux concours administratifs (« Prep’ENA ») et agrégatifs (« Prep’Agreg »)..

Le taux de sélectivité au concours d’entrée en première année est de 8,75 % en 2006, et a chuté depuis à 8 % ou moins « IEP de Lille : pour l’Europe » sur le site officiel de L'Étudiant... En 2023, son taux de sélectivité est de 3,2 %..

Classement et réputation S’il n’existe pas de classement officiel des Instituts d’études politiques, Sciences Po Lille est chaque année l’un des IEP les plus demandés dans le concours commun, avec Sciences Po Lyon et Sciences Po Strasbourg., dont le plus demandé depuis 2015.. (ex æquo avec l’IEP de Lyon en 2017.). Seuls les mieux classés peuvent donc avoir une place.. L’école est certaines années la plus sélective des Sciences Po français, avec un taux d’admission de 8 % en 2020, devant Paris et Lyon., puis de 6 % en 2022, à nouveau devant Paris et Lyon (10 %). En 2023, le taux de sélection au concours en première année est de 5 %, en faisant l'IEP le plus sélectif devant l'IEP de Paris (10 %). L'école est, de tous les Instituts d'études politiques, le troisième dont les admis disposent de la moyenne la plus élevée au baccalauréat (17,4/20), derrière l'IEP de Paris (17,9/20) et celui de Bordeaux (17,6/20). Il s'agit de l'Institut d'études politiques dont le taux de mentions Très bien au baccalauréat est le plus élevé en France (94 %), contre 92 % pour l'IEP de Paris. Le Daily Telegraph la qualifie ainsi en 2022 de ..

Le classement annuel des salaires moyens de sortie des IEP montre que Lille est deuxième, derrière Paris, avec un salaire moyen oscillant entre 35 000 € et 36 000 € en sortie d’école lilloise depuis 2020, contre un salaire oscillant entre 37 000 € et 38 000 € pour Paris...

En 2019, Sciences Po Lille est la première formation à l’agrégation de sciences économiques et sociales de France.. Depuis 2018, le tiers ou plus des étudiants admis au concours externe provient de la préparation à l’agrégation de l’IEP.. En 2022, 14 admis sur 42 postes ouverts sont issus de la classe préparatoire de l'IEP..

Cursus Cursus filière générale L’allongement des études de quatre ans à cinq ans conduit à la refonte de la formation de Sciences Po Lille, de façon concertée avec les autres IEP de France.