La hérite directement de la médecine en Grèce antique. Les médecins utilisaient des techniques variées faisant appel à différents instruments et pratiquaient aussi, comme les Grecs, divers rituels religieux pour obtenir la guérison, car ils croyaient à l’origine surnaturelle de nombreuses maladies. La médecine était bien moins considérée qu'en Grèce, mais contrairement à la société grecque qui considérait que la santé était une affaire personnelle, le gouvernement romain encourageait l’amélioration de la santé publique. Aussi, à côté d'une médecine privée, s’était instituée une communauté médicale publique et les autorités croyaient à la prévention des maladies en améliorant les conditions sanitaires par la construction d’aqueducs pour amener l’eau dans les villes, la construction de bains publics et de réseaux d’évacuation des eaux usées. Beaucoup de grandes villes, comme Rome, se vantaient de posséder un système d'égouts performant, ce qui se fera de mieux dans le monde occidental jusqu'à la fin des , mais les Romains n'avaient pas compris que les germes pouvaient être à l’origine de maladies.
La médecine de l’époque pouvait s'avérer efficace lorsqu'elle était pratiquée par des maîtres bien formés et pratiquant parfois des spécialités comme l’ophtalmologie et l’urologie et les chirurgiens romains disposaient d’une trousse à outils contenant des pinces, des scalpels, des cathéters et des extracteurs de flèche. Ces instruments avaient différents usages et étaient mis à bouillir dans l'eau chaude avant emploi. Pour les interventions, les chirurgiens utilisaient des analgésiques comme l’opium et la scopolamine et l’acide acétique (l'acide du vinaigre) était utilisé pour laver les plaies. Toutefois la médecine pouvait s’avérer inefficace, voire dangereuse, lorsqu'elle était pratiquée par certains médecins non qualifiés, que l'on taxait d'ailleurs déjà, pour de plus ou moins bonnes raisons, de charlatans.
L’origine grecque Beaucoup d'idées grecques sur la médecine ont été adoptées par les Romains et la médecine grecque a eu une énorme influence sur la médecine romaine, en effets comme en témoigne la fondation du temple d'Esculape sur l'Île Tibérine entre 293 et 290 à l’occasion d’une épidémie. Les premiers médecins apparus à Rome (le premier serait le chirurgien Archagatos en -219) étaient des Grecs, capturés et amenés comme prisonniers de guerre. Plus tard les médecins grecs s’installèrent à Rome, car ils pouvaient y trouver des conditions de vie bien meilleures que dans les villes grecques. De plus, on leur accordait la citoyenneté romaine et des exemptions fiscales pour s'établir en ville, bien qu'ils fussent d'abord considérés avec méfiance : ces étrangers se faisaient en effet payer (contrairement aux Romains chez qui les soins étaient pratiqués dans le cadre familial par le père de famille) et exerçaient une médecine plus invasive (saignée, cautérisation, pose de ventouses, chirurgie avec des exemples de trépanation ou d'opération d'abcès, de la cataracte au point que certains étaient surnommés carnifex, « bouchers »).
Les Romains ont également conquis la ville d'Alexandrie, ses bibliothèques et ses universités. Dans l'antiquité Alexandrie a été un pôle important pour l'enseignement (École de médecine d'Alexandrie) et sa Grande Bibliothèque contenait d'innombrables livres techniques et traités, dont beaucoup avaient pour thème la médecine et un savoir-faire médical qui furent mis en texte au Dans cette ville, les médecins étaient autorisés à effectuer des dissections (comme celles de Claude Galien sur les porcs ou les singes) ; elles ont conduit à de nombreuses découvertes et à de nombreux progrès en médecine, comme la découverte que le cerveau envoie des messages au corps. Le tabou sur le corps mort est en effet levé depuis la dynastie des Ptolémées qui pratiquent la momification depuis le .
La médecine grecque était fortement influencée par la théorie des quatre humeurs et par les textes d’Hippocrate et de ses disciples (Corpus hippocratique), qui étaient tous Grecs. Ces idées et ces écrits ont également été repris par la médecine romaine.
Les principaux médecins Asclépiade Asclépiade de Bithynie est un médecin, physicien et philosophe grec né à Pruse en Bithynie vers 124 qui, après avoir exercé en Grèce, s'établit à Rome, y fonde une école privée (l’école grecque dite méthodique) et y obtint de grands succès.
Dioscoride
Pedanius Dioscoride (env. 40 - 90 ) est un médecin, pharmacologue et botaniste grec d’Anazarbe, province de Cilicie, en Asie Mineure, qui exerçait à Rome au cours du règne de Néron. Dioscoride est célèbre pour avoir écrit un livre en cinq volumes de Materia Medica qui est le précurseur de toutes les pharmacopées modernes et est l'un des livres de botanique médicale les plus importants de l'histoire.
Soranos
Soranos d’Ephèse est un médecin grec, né à Éphèse, qui a vécu sous le règne de Trajan et d’Hadrien (AD 98 -138). Selon la Souda , il a exercé à Alexandrie, puis à Rome. Il a été le principal représentant de l'école de médecine connu sous le nom d’École méthodique. Il a écrit un traité intitulé Gynécologie (publié pour la première fois en 1838, et réédité plus tard par Valentin Rose en 1882, avec une traduction latine au par Muscio, un médecin de la même école).
Galien
Galien (AD 129 – ca. 200 ou 216) de Pergame était un médecin grec de l’antiquité, dont les théories ont dominé la médecine occidentale pendant plus d'un millénaire. À l'âge de 20 ans, il a servi pendant quatre ans au temple de sa ville en tant que thérapeute (gardien ou associé) du dieu Asclépios. Bien que Galien ait étudié le corps humain, la dissection de cadavres humains était prohibée par le Droit romain, de sorte qu'à défaut il a utilisé des porcs, des singes et d'autres animaux. Galien s’est installé à Rome en 162. Là, il a donné des conférences, a écrit abondamment et a réalisé des démonstrations publiques de ses connaissances anatomiques. Il a rapidement acquis la réputation d’un médecin expérimenté et attiré à sa consultation un grand nombre de clients. Parmi ceux-ci un des plus connus est le consul Flavius Boethius, qui l’a présenté à la cour impériale, où il est devenu médecin de l'empereur Marc Aurèle. Bien qu’il soit un membre réputé de la Cour, Galien évitait d’utiliser le latin, préférant parler et à écrire dans la langue grecque de son pays natal, une langue qui était très populaire à Rome. Il allait soigner des célébrités romaines comme Lucius Verus, Commode et Septime Sévère. Toutefois, en 166 Galien est retourné à Pergame, où il a vécu jusqu’à ce qu'il retourne à Rome pour de bon en 169.
L’organisation des soins Les services médicaux romains ont été inspirés des services médicaux de la civilisation gréco-étrusque et italiote.
Depuis l'origine de la médecine méditerranéenne c’est-à-dire égyptienne, les médecins combinaient savoir sur la pharmacopée et la chirurgie. Les premiers établissements médicaux grecs () doivent dater de l'âge du bronze, et les établissements romains de l'âge du fer. Aux Aesculapium étaient associés des chambres, des thermes, des jardins, des amphithéâtres qui servaient en permanence pour la formation, des temples et des bibliothèques où s'accumulaient des milliers de travaux de référence. Ces ouvrages détaillaient les techniques médicales, la description des maladies, les traitements, les procédures curatives
L'importance sociale du médecin, par son pouvoir de vie et de mort sur les malades, a très tôt été reconnue non sans susciter des résistances, incarnées par Caton l'Ancien qui défendait les mœurs austères de la Rome antique contre la décadence apportée par les médecins grecs. Caton l'Ancien, dans son explique comment se préserver des maladies par une vie saine et donne les procédures médicales pour se soigner seul. Il préconise le chou comme médicament miracle. Il considérait la maladie comme une épreuve destinée à former le caractère et peut-être aussi, sans le dire expressément, comme une forme de sélection naturelle. Mais les médecins grecs finirent par s'imposer vers le .
Type d'institution médicale Médecine publique Le consul, Caius Julius Mento, en 431 av. J.-C., a consacré un temple médical d'Apollon (« le guérisseur »)Tite-Live, Histoire romaine, livre IV, 25, 29.. Il y avait également un temple salut (« santé ») sur le Mons Salutaris, un éperon du Quirinal. Il n'y a cependant aucune preuve que ces temples aient possédé les équipements médicaux liés à un Aesculapium.
En -293, la construction du premier Aesculapium dans la ville de Rome, sur l'île du TibreTite-Live Histoire de Rome 10.47 après que des officiels de la République ont consulté les Livres Sibyllins à cause d'une épidémie de peste. Il est inspiré de celui d'Épidaure. On a découvert sur l'île des bains ainsi que des restes de sacrifices et d'offrandes (donaria). Le serpent sacré d'Épidaure a été déplacé rituellement vers le nouveau temple.
Le centre a fini par couvrir toute l'île qui incorporait un centre de cure à long séjour. ClaudeSuétone, Vie des douze Césars, Claudius, 25 a publié une loi libérant les esclaves envoyés pour traitement mais abandonnés là-bas par leur maître. Les Aesculapium fonctionnaient comme les autres temples et les acteurs devaient contribuer par un certain nombre d'actes, payant ou non, qui devaient être inscrits sur des registres. Les Aesculapium étaient sous la responsabilité de magistrats. L'État finançait une partie, au moins, de leur fonctionnement.
Médecine militaire On sait peu de chose sur la médecine militaire sous la République. Les auteurs qui ont décrit l'appareil militaire avant Auguste, comme Tite-Live, expliquent que les blessés étaient cantonnés dans les villages aux alentours des zones de conflit. Il devait cependant exister des médecins civils au service de l'armée. Auguste en professionnalisant l'armée, y joint des médecins, les aerarium. Comme tous les militaires, ils doivent s'engager. Leur période d'engagement est de 16 ans au sein des valetudinaria l'équivalent militaire des aesculapia. Les médecins militaires romains sont bien formés, contrairement à certains homologues civilsPascal Bader, La médecine dans l’armée romaine : le personnel médical et les espaces de soins, conférence au Musée gallo-romain de Fourvière, 17 novembre 2011.
Les carrières militaires Sous Auguste, les noms des spécialités militaires commencent à être connusConnu grâce notamment au Corpus Inscriptionum Latinarum de Pseudo-Hyginus et à Végèce. Les milites medici étaient exemptés de toutes autres fonctions (immunes). Les médecins, quels qu'ils soient, avaient une certaine importance et étaient respectés.
L'administrateur du valetudinarium était l’optio valetudinarii. Il restait soumis au Praetor. Les ailes de cavalerie possédaient leurs medici alarum et les trirèmes de la marine leurs medici triremis. Il existait par ordre d'importance le rang de medicus legionaris puis de medicus cohortis et enfin le medici ordinarii qui est le médecin de base. Les ordinarii avait le rang d'un centurion sans pour autant commander des hommes. Il existait également des medici castrorum mais il est difficile, car les sources manquent, de faire la différence entre leurs fonctions. Il existe naturellement plusieurs spécialités. Certains sont mieux payés que d'autres comme le medicus duplicarius qui est payé le double.
À côté des médecins, on suppose qu'il existait des assistants-médecins. Peut-être étaient-ils civils, esclaves ou même soldats de garde. Il n'y avait pas d'infirmier (noscomi) dans l'armée. Les spécialités identifiées sont les vulnerarii, les chirurgiens, les plus nombreux aussi, les capsarii (porteur de capsa, coffret ou trousse médicale) qui intervenaient directement derrière la première ligne. La colonne Trajane dépeint des scènes de bataille, les médecins y intervenant pour évacuer des blessés vers le valetudinarium.
Valetudinarium