Bouillon (en wallon Bouyon, en néerlandais Bullioen, en allemand Beulen) est une ville francophone de Belgique, située en Région wallonne et en Ardenne belge dans la province de Luxembourg.

La localité est un centre touristique important, notamment pour son célèbre château qui domine la Semois du haut de son rocher.

Le duc Godefroy de Bouillon, avoué du Saint-Sépulcre, est le personnage le plus célèbre de la localité. Duc de Basse-Lotharingie, il a vendu son château de Bouillon, une des principales forteresses de son duché, à l'évêché de Liège pour financer la première croisade, en 1099. S'il n'est peut-être pas né à Bouillon même, il grandit toutefois dans cette ville qui lui donne son nom. Il y fut éduqué par le duc Godefroid III de Basse-LotharingieLiège et Meuse mystérieux (volume 2), Paul de Saint-Hilaire, édition Rossel, Bruxelles, 1982Les grands Mythes de L'histoire de Belgique, de Flandre et de Wallonie, sous la direction d'Anne Morelli, evo-histoire, 1996, .

Cependant, dans le chœur de l'église de Baisy-Thy (Brabant-Wallon), on trouve un cénotaphe qui rappelle que Godefroy de Bouillon y est né.

Toponymie Bublione serait la forme la plus ancienne concernant la ville de BouillonAuguste Longnon, Atlas historique de la France, 1888, 171a..

Les formes anciennes Bullon et Bullion n'ont pas d'origine assurée. Certains veulent y voir un dérivé d'un nom de personne gallo-romaine Bullius, par ailleurs inconnu dans l'histoire locale.

Plus vraisemblablement, il s'agit de l'adaptation française d'un nom wallon désignant la « bosse » rocheuse sur laquelle le château a été bâti. Cf. notamment, en wallon namurois, bouye « enflure, bosselure » et, en liégeois, bouyote « bulle, bosse, protubérance ? » Tous ces mots sont issus du latin bulla « bulle, boule »Louis Deroy, Marianne Mulon, Dictionnaire des noms de lieux, 1992, 67..

Géographie Le parc national de la Vallée de la Semois (28 903 hectares) est situé sur le territoire des huit communes de Bertrix, Bouillon, Chiny, Florenville, Herbeumont, Paliseul, Tintigny et Vresse-sur-Semois. Ses sites naturels font partie du réseau Natura 2000.

Entourée de forêts, la ville s’étend dans et autour d’un méandre accentué de la Semois, un affluent de la Meuse. L'altitude y est d'environ 220 mètres. Elle est desservie par la route nationale 83 menant à Arlon, route qui borde la ville à l’est et qui se confond sur le territoire communal avec la route européenne 46 reliant Cherbourg (France) et Liège. La frontière française se trouve à moins de cinq kilomètres à l’ouest et au sud.

Localités

Sections # Nom Superf.(km)https://statbel.fgov.be/fr/open-data/population-par-secteur-statistique-10 Habitants(2025) Habitantspar km Code INS 1 Bouillon 50,89 42 84010A 2 Corbion 13,12 595 45 84010B 3 Sensenruth 11,07 486 44 84010C 4 Noirefontaine 11,88 440 37 84010D 5 Dohan 5,19 165 32 84010E 6 Rochehaut 10,10 266 26 84010F 7 Poupehan 5,41 229 42 84010G 8 Ucimont 11,71 271 23 84010H 9 Vivy 14,28 370 26 84010J 10 Bellevaux 9,40 215 23 84010K 11 Les Hayons 5,60 185 33 84010L

Villages et hameaux Botassart (Ucimont), Curfoz (Sensenruth), Frahan (Rochehaut) et Mogimont (Vivy)

Communes limitrophes La commune est délimitée au nord-ouest par la province de Namur, ainsi qu’au sud-ouest par la frontière française qui la sépare du département des Ardennes.

Démographie

Évolution démographique avant la fusion de 1977

Source : DGS, 1831 à 1970 = recensements population, 1976 = habitants au 31 décembre.

Évolution démographique de la commune fusionnée

En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source : DGS, de 1831 à 1981 = recensements population ; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque https://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK.

+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,41994100,91995100,71996100,41997100,0199898,9199998,8200098,8200198,4200297,5200397,3200498,6200599,6200698,7200799,1200899,6200999,4201098,8201198,8201298,2201397,6201497,9201598,3201697,8201798,7201896,8201997,9202098,2202198,0202298,3202397,7202497,3202596,8202695,7

Histoire vignette|Plan ancien de la ville fortifiée et du château fort. Origines

Moyen Âge

Au Moyen Âge, Bouillon était une seigneurie de Lotharingie et le siège principal de la dynastie des Ardennes-Bouillon aux et s. Au , ils dominaient la région et tenaient le titre de duc ainsi que de nombreux autres titres dans la région. Bouillon était la concentration dominante urbaine dans les possessions du ducMurray, 10..

Une erreur courante est de croire que Bouillon était un comté. Bien que les seigneurs de Bouillon fussent fréquemment des comtes et des ducs, Bouillon en elle-même n'était cependant pas un comté. La fortification de Bouillon était, avec le comté de Verdun, le noyau central des possessions de la dynastie des Ardennes-Bouillon, et ils combinaient leur territoire avec un ensemble complexe de fiefs, de terres allodiales et d'autres droits héréditaires à travers toute la zone. Un exemple de cela est l'avouerie du monastère de Saint-Hubert, qui a été donnée à Godefroy II par le prince-évêque de LiègeMurray, 11..

Le plus connu des seigneurs de Bouillon était Godefroy de Bouillon qui vendit Bouillon à la principauté de Liège. Les évêques commencèrent alors à s'appeler eux-mêmes ducs de Bouillon, et la ville devint la capitale d'un duché souverain en 1678, quand il fut pris par l'armée française, et donné à la famille de La Tour d'Auvergne.

Période française Le duché était prisé pour sa position stratégique en tant que « clé des Ardennes » (appelée ainsi par Vauban, le grand architecte militaire de Louis XIV, qui entoura Bouillon d'une enceinte laquelle fut rasée au ) et ainsi donc de la France. Il est resté un protectorat quasi indépendant, comme Orange ou Monaco, formant une république, la République bouillonnaise jusqu'en 1795, quand l'armée républicaine l'a finalement annexée à la France.

Après la défaite de Napoléon Bonaparte à la suite de la guerre de la Sixième Coalition en 1814, Bouillon resta française, dans le département des Ardennes.

Rattachement à la Belgique En 1815, le second traité de Paris rattache Bouillon au grand-duché de Luxembourg par l'article 69 de l'acte final du congrès de Vienne du :

Le Grand-Duché, qui avait été attribué en toute propriété à Guillaume de la maison d'Orange-Nassau, roi des Pays-Bas vivait donc en union personnelle avec le royaume uni des Pays-Bas. À la suite de la révolution belge (1830-1839), dans laquelle le Luxembourg fut entraîné, on en vint à partager le Grand-Duché en deux lors du traité des XXIV articles () : l'ouest roman (avec Bouillon) plus une partie du territoire d'expression francique (le Pays d'Arlon notamment), forma une nouvelle province intitulée province de Luxembourg, et l'est - intégralement d'expression francique (Lëtzebuerger Däitsch) - resta acquis, toujours en tant que grand-duché de Luxembourg, au roi grand-duc Guillaume et à ses successeurs.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le , les Allemands envahissent la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. La Belgique autorise immédiatement les armées alliées à pénétrer sur son territoire et c'est ainsi que des Français dépendant de la légère de cavalerie défendent Bouillon. le ; pour les Allemands, Bouillon se situe sur la route de la Panzerdivision, une unité du XIX. Armee-Korps (mot.) qui a pour objectif de traverser la Meuse au niveau de Sedan. Les défenseurs font sauter le pont après le repli des derniers éléments français depuis la rive nord de la Semois poursuivis par les Allemands., si bien qu'un char allemand est détruit dans la destruction tardive d'un pont. La faible profondeur de la rivière permet toutefois aux blindés allemands de la traverser en divers points, ce qui, avec l'appui de l'artillerie et des Stuka, force les défenseurs à se replier de Bouillon vers , ce . Les Français réagissent à la prise de Bouillon par 270 tirs d'artillerie de du IV groupe du d'artillerie lourde hippomobile depuis Torcy (Sedan), qui, s'il a des effets sur les Allemands, provoque aussi de nombreuses destructions dans la ville. Le lendemain, fantassins (du I./Schützen-Regiment 1) et chars allemands franchissent la rivière à gué avec le soutien de l'artillerie (II./Artillerie-Regiment 73) et finissent de s'emparer de Bouillon..

Au cours de l’été 1944, l’actuelle commune de Bouillon a compté sur son territoire un camp secret de la Mission Marathon. Cette Mission visait à mettre des aviateurs alliés à l’abri dans des camps, plutôt que de les évacuer par les filières d’évasion classiques. Abattus en territoires occupés, ils allaient rester dans ces camps jusqu’à la Libération. Six camps ont ainsi été établis en Ardenne, dont un à proximité du village de La Cornette (Bouillon). Le camp a été dirigé successivement par Germain Servais et Gaston Matthys. Plusieurs habitants de la région ont contribué à la sécurité et au ravitaillement du camp Maurice PETIT, Marathon en Ardenne. L’audacieuse mission de protection d’aviateurs alliés en 1944, Famenne & Art Museum, avec le soutien d’ARA LUXNAM, 2018, 200 pages, .

Chronologie vignette|upright|Henri de la Tour d'Auvergne (1555–1623). vignette|Armes de Godefroy Charles Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, Albret et Château-Thierry (1728–1792). vignette|Bouillon, avant la Première Guerre mondiale, et le tramway à vapeur de la SNCV. vignette|Le général allemand Heinz Guderian à Bouillon en mai 1940. Il établit un temps le poste de commandement de son unité, le XIX. Armee-Korps (mot.) à l'hôtel Panorama.. 988 - Première mention du château de Bouillon dans une lettre à Godefroy I, comte de Verdun, écrite par son frère Adalberon, archevêque de Reims. 1045 - Godefroy le Barbu se rebelle contre l'empereur qui a détruit le château. 1065 - Godefroy le Barbu se réconcilie avec l'empereur et reconstruit le château. 1082 - Le château de Bouillon est hérité par Godefroy de Bouillon qui le vend au prince-évêque de Liège pour 3 marcs d'or et 1300 marcs d'argent pour financer sa participation à la première croisade. Conformément au traité, Godefroy de Bouillon et ses trois successeurs conservaient le droit de racheter le château au même prix, mais aucun n'a eu l'argent pour faire valoir ce privilège. 1129 - Le successeur indirect de Godefroy, le comte Renaud de Bar, reprend le château de force. 1141 - Le prince-évêque de Liège expulse le comte Renaud de Bouillon. 1155 - L'empereur du Saint-Empire confirme les droits de l'évêché sur Bouillon. 1291 - Les princes-évêques de Liège commencent à s'attribuer le titre de "ducs de Bouillon", dû à l'ancienne position du château en tant que siège des ducs de Basse-Lotharingie. - le château de Bouillon en tant que possession de l'évêché de Liège est gouverné par un châtelain spécialement désigné. 1415 - Le titre de châtelain devient une possession héréditaire de la famille de la Marck, une branche cadette des futurs ducs de Clèves et de Juliers. 1482 - Guillaume de La Marck fait assassiner Louis de Bourbon, prince-évêque de Liège, et met sur le trône épiscopal Jean de Hornes. Le - Un traité est signé à Tongres où la famille de La Marck renonce à son droit sur le trône de Liège et s'allie à Liège contre l'empereur Maximilien pour la somme de livres. Le château de Bouillon est mis en gage à Guillaume de La Marck jusqu'au moment du paiement. 1492 - Le traité de Donchéry réitère les provisions du traité de Tongres. Comme aucun paiement ne vient, la famille de la Marck conserve le château de Bouillon et prend le titre de duc de Bouillon.