Le Douglas A-20 (« ravage ») / DB-7 est un avion américain de la Seconde Guerre mondiale polyvalent à la fois avion d'attaque, bombardier léger et chasseur nocturne. Il sert au sein de nombreuses forces armées alliées : principalement en URSS (code OTAN : « Box »), en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Le DB-7 est aussi utilisé par les forces aériennes australienne, sud-africaine et française durant la guerre et par le Brésil après. La version bombardier est connue sous le nom par les forces britanniques et du Commonwealth, bien que la Royal Air Force utilise la version de chasse nocturne sous le nom .

Le DB-7 reste la plus belle réussite de Douglas Aircraft Company, en termes d'unités construites, avec plus de dont sous licence par BoeingMcDonnell Douglas, A Tale of two Giants, Bill Yenne.

Conception En mars 1937, une équipe projet dirigée par Donald Douglas, Jack Northrop et Ed Heinemann présente la proposition 7A de bombardier léger à ailes hautes motorisé avec une paire de Pratt & Whitney R-985 de . Il est estimé que cet appareil peut transporter () de bombes à . À la suite des enseignements de la guerre civile espagnole concernant l'aviation, ce projet se révèle clairement sous-motorisé et est par conséquent abandonné.

En automne de la même année, l'United States Army Air Corps émet une demande pour un avion d'attaque. L'équipe de Douglas, maintenant dirigée par Heinemann, reprend la conception du prototype 7A mais équipé avec des moteurs Pratt & Whitney R-1830 S3C3-G de . Ce nouveau prototype est désigné 7B. Lors de l'appel d'offres, il est en concurrence directe avec le North American NA-40, le Stearman X-100 et le Martin 167F. Bien que le 7B se révèle plus maniable et rapide que ses opposants, aucune commande n'est passée.

Ce prototype, cependant, attire l'attention d'une commission française d'achat en visite à cette période aux États-Unis. La France entreprend discrètement des vols d'essais, afin de ne pas s'attirer les foudres d'une Amérique isolationniste. Le secret est ébruité le , quand un DB-7 s'écrase lors d'une démonstration de vol sur un seul moteur. La France est encore suffisamment impressionnée pour passer une commande immédiate de , qui se trouve augmentée à quand la guerre éclate. Dans un même temps, la Belgique commande de cette série pour équiper sa force aérienne.

Bien que n'étant pas le plus rapide ou le plus grand de sa catégorie, le Douglas DB-7 est quand même connu comme étant un avion de combat résistant et fiable doté d'une maniabilité et d'une vitesse excellentes. Dans un rapport de l'Aeroplane and Armament Experimental Establishment (AAEE) basé sur la base RAF de Boscombe Down, les pilotes d'essais résument l'appareil comme Les anciens pilotes de cet appareil le définissent souvent comme leur préféré, en raison de sa capacité à virer comme un chasseurWinchester 2005, .. Mais sa vraie puissance reste sa polyvalence : de bombardier à chasseur nocturne le DB-7 trouve un rôle dans tous les théâtres d'opérations de la GuerreTaylor 1969, ..

En 1942, des A-20 envoyé en Australie furent modifiés par l'aviateur naval américain qui les arma de quatre mitrailleuses M2 Browning additionnelles dans le nez. Ces armes provenant d'avions endommagés.

Quand la production en série du DB-7 prend fin le , un total de a été construit par Douglas et 380 par Boeing.

De nombreux pays l'utilisent comme les États-Unis (), la Grande-Bretagne (), l'Union soviétique () ou même la France où, durant la bataille de France de , deux groupes sont entièrement équipés de cet appareil et trois autres étaient en cours de transformation, quittant le Bloch MB.210 pour recevoir le nouvel appareil ; et par la suite les Forces aériennes françaises libres.

Production et livraisons France Bien que la première démonstration du Model 7B sur la base de El Segundo se soit terminée par un crash, la commission d'achat française fut suffisamment impressionnée par cet appareil pour passer une commande, le , de équipées de moteurs turbocompressés Pratt & Whitney R-1830-SC3-G de . Ce fut la première commande ferme depuis celle de l'USAAC. Le contrat 649/9 stipule que les livraisons doivent être terminées au plus tard le .

Le , l'armée de l'air commanda certaines modifications pour supplémentaires (dérive agrandie et moteurs Wright R-2600-AB de ) que Douglas désigna en version DB-7A.

Un mois après l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale (soit le ), la commande initiale de DB-7 (pour Douglas Bomber ) fut augmentée de supplémentaires motorisés avec des Pratt & Whitney R-1830-S3C4-G Twin Wasps de utilisant un turbocompresseur à double étage et des injecteurs Stromberg.

Cependant, en raison de la pénurie de moteurs S3C4-G, la France accepta l'utilisation des anciens moteurs pour garantir les délais des suivantes.

Alors que les premières livraisons étaient prévues en , les premiers exemplaires ne furent disponibles qu'à partir de novembre.

À l'origine, il avait été prévu que les Douglas DB-7 B-3 (« B-3 » signifiant bombardier 3 places), conditionnés en caisse, devaient être débarqués au Havre avant d'être remontés à Caen-Carpiquet par une filiale de la SNCAN. Du fait de la saturation du port de Caen et de sa proximité avec le front, l'assemblage des premiers appareils fut confié à l'Atelier Industriel de l'Air (AIA) de Casablanca. La chaine de montage ne devint fonctionnelle qu'à partir du mois de .

Ces appareils convoyés par bateau étaient en finition métal avec le marquage d'avant-guerre (cocardes tricolores sur les ailes, bandes verticales bleu-blanc-rouge sur la dérive avec le type de l'appareil et son numéro d'identification) et furent par conséquent repeints à Casablanca suivant le camouflage normalisé (mélange de gris, vert et marron sur le haut ainsi que le côté du fuselage et bleu ciel en dessous, ajout de la cocarde sur le fuselage).

Entre et , furent livrés à Casablanca. Mais seulement 99 avaient été pris en compte par l'Entrepôt de l'Armée de l'Air 301 (EAA-301) de Châteaudun avant l'armistice du .

DB-7 sont encore livrés entre le et le , à la suite de l'assouplissement des commissions d'armistice germano-italiennes après l'attaque de Mers el-Kébir. Au total, sur les envoyés par Douglas, 116 seront officiellement remontés et pris en dotation par l'EAA 301. Le premier appareil est réceptionné le alors que l'état-major avait prévu de la transformation complète de de bombardement (GB I/19, II/19, II/61, I/32, et II/32) de Bloch MB.200-MB.210 au DB-7 pour fin janvier.

Le , sont acheminés à Médiouna pour former les premiers équipages des GBI/19 et II/19 alors basés à Kalaa-Djerba. À la suite de problèmes d'approvisionnement pour l'équipement de navigation (radio, masque etc.) et d'armement, il faudra attendre le pour que les deux groupes voient leur effectif de chacun au complet.

Le troisième groupe prévu, le GB II/61 de Biskra, est transformé à Médiouna à partir du et touche son () le .

Les deux derniers groupes, GB I/32 et II/32 provenant d'Orange, gagnent Médiouna le . Cependant, la formation est perturbée par le manque d'avion. Le I/32 reçoit ses DB-7 () que le et le dernier le , ayant entre-temps été équipés de Martin 167F. Le II/32, quant à lui est finalement opérationnel le , une semaine seulement après avoir reçu sa première machine.

URSS L'Union Soviétique a reçu en prêt bail.

Lors de la guerre de Corée, deux avions de l'aviation navale soviétique basés à Port Arthur sont pris en chasse au-dessus de la mer Jaune le par des Chance Vought F4U Corsair du VF-53 décollant du qui en abattent un...

Modèles et variantes Boston Mk.I & Mk.II la Royal Air Force accepte de récupérer la commande initiale de la France. Ces appareils reçoivent l'appellation suivie de la désignation I ou suivant le modèle de moteur équipé.

Havoc Mk.I cette variante est généralement impropre à l'usage de la RAF pour des raids de jour au-dessus de l'Allemagne en raison de son faible rayon d'action. Donc, beaucoup de Mk.II, ainsi que quelques Mk.I remotorisés, sont modifiés pour des missions de nuit - soit pour des rôles d'intrusion avec de bombes, soit comme chasseur de nuit avec un radar AI Mk.IV. Cette variante est connue sous le nom de Mk.I. Au total, sont convertis en . Lors de ces missions d'interception, les causent des dommages considérables aux cibles allemandes..

Havoc-Pandora désignation pour convertis pour des missions d'intrusion utilisant une mine aérienne ou (LAM). Cette mine est constituée d'une charge explosive tractée au bout d'un long câble sur la trajectoire d'avions ennemis dans l'intention de faire une « touche ». Des essais sont conduits avec un Handley Page Harrows qui lance ses LAM dans le flux de bombardiers allemands, mais sans grand succès. En conséquence, les sont reconvertis en Mk.I.

Havoc Mk.I Turbinlite désignation pour équipés avec un projecteur de de candelas () dans le nez. Ils sont désarmés et supposés illuminer les objectifs pour les chasseurs Hawker Hurricane qui les accompagnent. Mais en pratique, le projecteur les transforme en cibles de choix pour les artilleurs allemands.

DB-7A / Havoc Mk.II la France achète près de équipés avec des moteurs Wright R-2600-A5B de . Cette variante est désignée DB-7A par Douglas. Aucun appareil n'est livré avant l'armistice de la France en 1940, mais ils servent comme chasseurs de nuit pour le compte de la RAF sous la désignation Mk.II. sont transformés en Mk.I Pandora.

DB-7B / Boston Mk.III la variante DB-7B est le premier lot de la série de production commandée par la Grande-Bretagne en . Équipée avec les mêmes moteurs que le DB-7A, mais avec un meilleur blindage et des réservoirs plus grands, cette variante est plus adaptée au rôle de bombardier léger prévu par la RAF. Cette série reçoit la désignation opérationnelle Mk.III et prend part aux attaques contre le Scharnhorst, Gneisenau et le Prinz Eugen durant leur blocus de la Manche du 11 au (Opération Cerberus) et le raid contre Dieppe (Opération Jubilee), le . sont livrées et beaucoup sont utilisées pour des missions d'intrusion ou de chasse de nuit.

DB-73 variante française similaire à la DB-7B, qui est également récupérée par l'Angleterre et utilisée sous le titre Mk III. Beaucoup sont construits sous licence par Boeing. Les événements de la Guerre tels que l'invasion de la Russie (Opération Barbarossa - juin à ) et l'attaque de Pearl Harbor (opération Z - ) contrecarrent les livraisons de . De ce fait, une partie de la production est envoyée en URSS et une autre gardée par l'USAAF pour son propre usage. Cependant, sont cédés à la RAAF par la Grande-Bretagne.

DB-7C / Boston Mk.IIIA variante destinée aux Pays-Bas pour ses colonies des Indes orientales, mais l'invasion japonaise est complète avant que les appareils ne soient livrés. Une partie est transférée vers l'Australie et les sont assemblés sur la base aérienne de Richmond pour servir sous les couleurs du lors des campagnes contre Buna-Gona et Lae (Nouvelle-Guinée). L'assemblage de ces se fait au ralenti car les tableaux de bord et les manuels sont tous en hollandais. Les avions non encore livrés sont envoyés vers l'Union Soviétique sous la loi Prêt-bail, qui reçoit des différentes variantes DB-7. Quand les envois vers l'Angleterre reprennent finalement, ceux-ci sont soumis aux termes de la loi Prêt-Bail. Ces avions, qui sont des A-20 modifiés, servent sous le nom de Mk.IIIA.