Le Dewoitine D.500 est un chasseur français de l'entre-deux-guerres construit par Dewoitine. Il fut le premier appareil monoplan à ailes basses cantilever à entrer en service au sein de l'armée de l'air française.
Historique Programme Le programme C1Ehrengardt 2005 : ou programme de chasseur monoplace de 1930 est destiné au remplacement des avions Nieuport-Delage NiD.622. Le Service technique de l'aéronautique (STAé) réclame un chasseur capable de voler à plus de , doté d'un train d'atterrissage fixe et d'un cockpit ouvert. Cette dernière demande est censée favoriser la visibilité au combat, mais paraît déjà désuète.
Émile Dewoitine, à la tête de la Société aéronautique française (SAF), a débuté la conception d’un monoplan de chasse à aile cantilever de construction entièrement métallique, le D.38. Le prototype constamment amélioré est désigné D.50, D.50bis, puis D.500 pour participer à l’appel d’offre du programme C1. Il est en compétition avec dix concurrents, les A.N.F. Les Mureaux 170, Bernard 260, Blériot-SPAD S.510, Gourdou-Leseurre GL 482, Hanriot-Biche 110, Loire 43, Morane-Saulnier 325, Nieuport-Delage 121, Nieuport-Delage 122 et Wibault 313. Seul le Bernard 260 semble faire de l'ombre au D.500, mais la faillite de sa société empêche tout développement.
Le premier vol du prototype a lieu à Toulouse , piloté par Marcel Doret.
Caractéristiques techniques Le Dewoitine s'impose par ses qualités de vol, sa vitesse et sa structure intégralement métallique à revêtement travaillant. L'avion est techniquement bien né et ne fait l'objet d'aucune modification profonde. Le radiateur est agrandi pour favoriser le refroidissement du moteur, des masselotes sont placés sur les ailerons pour empêcher les phénomènes de flottement et une hélice bipale en bois est installée.
Le pilote dispose d'une planche de bord complète avec une quinzaine d'instruments, un inhalateur d'oxygène et un pré-équipement radio. Deux mitrailleuses Darne de calibre sont installées dans les ailes. Les variante D.501/510 ont un armement renforcé avec un canon-moteur, un moteur à en V équipé dans le moyeu d'un canon Hispano-Suiza HS-9. Les mitrailleuses Darne sont remplacées par des MAC (Manufacture d'Armes de Châtellerault) de calibre identique.
Un total de et est construit par les sociétés Dewoitine et Lioré et Olivier, dont et sont exportés. Le dérive de ces avions.
Utilisation dans l'Armée de l'air De à Le Dewoitine D.500 est mis en service en . Si l'avion fait sensation à son apparition en 1932, il est rapidement dépassé par l'évolution des techniques entre 1934 et 1936. Les hélices à pas variable en vol, les cockpits fermés, les trains d'atterrissage rétractables et les ailes à forte charge alaire deviennent alors la norme.
1937, le meeting de Zürich, une désillusion L'armée de l'air envoie une délégation au meeting de Zürich, en , avec ses meilleurs chasseurs, les D.500, 501 et 510. L'épreuve du circuit des Alpes est une débâcle. Le vole à une moyenne de , les de , le bombardier à et le meilleur français à ... L'évènement est vécu comme une humiliation par les aviateurs, certains généraux dans le déni parlent d'une "hallucination collective" de leur part. Le meilleur chasseur français, en service depuis à peine deux ans, se révèle pourtant incapable de rattraper (et d'intercepter...) les chasseurs et même les bombardiers allemands, voire les avions des puissances secondaires.
Le Messerschmitt Bf 109 souligne le retard technique et les lenteurs de l'aviation française. Cet avion, issu d'un concours de , est en service en 1937.
Unités de combat Les premiers D.500 sont mis en service en au GCI/3 de Châteauroux, la mixte de Reims recevant le D.500/501 en . Les livraisons s'effectuent jusqu'en . Huit groupes de chasse et divers autres groupements reçoivent une production totale de et . Ces avions sont retirés progressivement de la première ligne à l'arrivée des Curtiss H-75A en , puis des en . Ils sont affectés dès lors à des unités de seconde ligne ou d'entraînement, sous le terme d'avions de « transition ».
La section chasse du GAM 550 (Groupe Aérien Mixte) de Calvi reçoit avant des D.500, puis l’escadrille autonome de chasse créée à Dakar-Ouakam en obtient six D.501 en août. Les ERC (Escadrille Régionale de Chasse) sont créées à la mobilisation en et composées de réservistes. Les ERC 1/561 et 2/561 de Rouen-Boos sur D.501 deviennent le GARC I/561 en octobre puis le GC II/10 le ². L’ERC 1/562 de Lyon-Bron sur D.501 devient le GARC I/562 au à la création d’une seconde escadrille, une unité qui forme par la suite l’ECN 5/13. Le GARC I/562 se transforme en GC III/9 le . Les D.501 de ces unités sont remplacés par des à partir de .
Une patrouille de quatre pilotes menée par le lieutenant Czeslaw Salkiewicz, avec trois D.501, est créée le à Toulouse-Francazal. Ces avions sont remplacés par des Dewoitine D.520 à partir du .
Unités d'entraînement À mesure de la livraison des nouveaux modèles d'avions aux armées, les D.500-501 sont affectés à l’entraînement des pilotes (GC I/9 II/9 et I/10, Oran-La Sénia, ), comme avions plastrons de tir ou à l’instruction. Ils servent aux jeunes recrues de transition avant leur avion d’arme. Les écoles principales d'Avord et Étampes et les centres d’instruction à la chasse (CIC) de Chartres et de Montpellier en sont équipés. Un total de est livré au et le . Après cette date, les écoles cèdent aux armées leurs avions d'armes et leur substituent les avions de « transition ». Avec le repli des armées en , les écoles sont obligées de transférer leur personnel et équipements plus au sud. Les accidents sont alors nombreux, près de la moitié des D.500/510 de l’école d'Avord sont détruits du 4 au .
Des D.501 sont transférés au centre d’instruction polonais à la chasse de Lyon-Bron. Ils sont employés avec des MS.406 et C.714 par le groupe de chasse de la division d’instruction de l’aviation polonaise (DIAP), créée le à Saint-Symphorien-d’Ozon.
L'armistice Sur les en service le , seuls une quarantaine sont présents dans les décomptes effectués par l'armée française après l'armistice. Les autres ont été soit accidentés ou abandonnés. Les exemplaires saisis par l'armée allemande sont mis à la ferraille. La plupart des avions aux mains de l'armée française sont stockés puis détruits.
L’escadrille est rebaptisée 1/6 et maintient cinq derniers D.501 en service pendant l’armistice. Elle s’installe à Thiès en , d'où elle défend avec ces avions le navire de ligne Richelieu, pris à partie par les Britanniques le . Des Curtiss H-75A les remplacent ensuite et l’escadrille est dissoute à la fin de 1941.
Lituanie Quatorze Dewoitine D.501L sont livrés aux forces armées de la Lituanie en 1937.
Variantes Source: Green. D.500.01 Premier prototype. D.500 Première production avec un moteur de 690 ch, il est armé avec 2 mitrailleuses Vickers de ou 2 mitrailleuses Darne × dans le nez, provision pour 2 × mitrailleuses additionnelles Darne dans les ailes. 101 construits. D.501 Remotorisé avec un moteur , il est armé avec un canon de Hispano-Suiza S7 entre les rangées de cylindres du moteur tirant à travers le moyeu d'hélice et 2 × mitrailleuses d'aile. 157 construits. D.503 Le seul prototype du D.511 équipé d'un moteur 12Xcrs avec radiateur circulaire dans le nez, il a le même armement que le D.501. Son premier vol a été le , il a été constaté qu'il était de moins bonne facture que le D.500. L'avion a été brièvement l'avion personnel de René Fonck. D.510 Remotorisé avec un moteur Hispano-Suiza 12Ycrs développant 860 ch, armé avec un canon de Hispano et 2 mitrailleuses MAC 1934 de dans les ailes. Son premier vol a été le , 120 construits. D.511 Prototype avec le fuselage et la queue du D.500, il avait des ailes plus petites, un châssis en porte-à-faux et un moteur 12Ycrs. Un prototype a été construit en 1934 mais n'a jamais volé; il a été converti en D.503. AXD1 Désignation abrégée pour l'exemplaire du Dewoitine D.510 fourni au Service aérien de la Marine impériale japonaise pour évaluation in 1935. Dewoitine Navy Type D Carrier Fighter Désignation de service pour le D.510 qui a été fourni à la Marine impériale japonaise en 1935.
Opérateurs 22px République de Chine 24 x D.510
Armée de l'air 98 x D.500, 130 x D.501 et 88 x D.510 Aviation Navale 30 x D.501 Marine impériale japonaise 2 x D.510 désigné comme AXD 14 x D.501 Forces aériennes polonaises en exil en France Forces aériennes soviétiques 1 x D.510 pour évaluation Forces aériennes de la République espagnole. 7 x D.500 et 2 x D.510 dans l'Escadrille Internationale. 1 x D. 510 pour évaluation Aviation nationale du Venezuela. 3 x D.500
Galerie centré|220x220px|Dewoitine D.501 immatriculé R-001 (collection particulière)|alt=Dewoitine D.501 immatriculé R-001 (collection particulière)|vignette Références
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Ehrengardt 2005 : Christian-Jacques Ehrengardt, Le chasseur à la française. La famille Dewoitine 500 - 510, Aéro Journal , -,
De Narbonne 2010 : Roland De Narbonne, La première génération des chasseurs Dewoitine, Le Fanatique de l'aviation, , ,
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