La Coupe du monde de football 1986 est la treizième édition de la Coupe du monde de football. Elle se tient au Mexique du au et est remportée par l'équipe d'Argentine.

L'organisation est initialement confiée en 1978 à la Colombie qui doit se désister en 1982. L'épreuve est alors déplacée au Mexique, seize ans après l'édition 1970. Un important tremblement de terre en septembre 1985 sème le doute sur la capacité du Mexique à organiser l'événement. Mais les stades ayant été peu affectés, la préparation se fait sans incidents notables.

1986 étant déclarée année de la paix par les Nations unies, tous les stades portent l'emblème de la FIFA avec la légende « Football for peace — Peace Year » (« Football pour la paix — année de la paix »). Il est par ailleurs décidé qu'à partir de cette édition, la finale ne sera plus rejouée en cas d'égalité à l'issue de la prolongation (règle prévue en 1982 pour la grande finale), mais qu'une séance de tirs au but s'appliquera.

L’équipe d’Argentine est emmenée par Diego Maradona alors au sommet de son art à . Celui-ci alimente les annales de la Coupe du monde lors du quart de finale remporté 2-1 face à l'Angleterre, d'une part en marquant un but de la main validé par l'arbitre tunisien Ali Bennaceur, qu'il qualifiera pour l'histoire de « Main de Dieu », d'autre part en dribblant la moitié de la formation adverse pour offrir le deuxième but à son équipe. Il signe ensuite un nouveau doublé en demi-finale face à la Belgique (2-0). En finale, lAlbiceleste affronte l’Allemagne de l’Ouest le 29 juin 1986 au stade Azteca de Mexico et l'emporte 3-2, empochant un deuxième titre après sa victoire en 1978. Diego Maradona est élu meilleur joueur et passeur de ce Mondial, dont le meilleur marqueur est l'Anglais Gary Lineker, auteur de six buts.

Attribution du pays organisateur

La Colombie est désignée le pour organiser la Coupe du monde 1986. Mais la hausse des exigences de la FIFA pour le cahier des charges (demande de mise à disposition de douze stades de plus de dont deux de plus de ), la montée du narcotrafic dans le pays et la chute des cours du café (importante source de revenus pour la Colombie) pousse la Colombie à se désister pour raisons économiques... Le Mexique, déjà organisateur en 1970, les États-Unis et le Canada se portent candidats à l’organisation : c’est le Mexique qui est désigné le 20 mai 1983 au détriment des deux autres pays nord-américains. vignette|Diego Maradona capitaine de l'Albiceleste avec le trophée de la coupe du monde.

Qualifications

Stades

450px

Guadalajara : Stade Jalisco () et Stade 3 de marzo () Irapuato : Estadio Sergio León Chávez () León : Estadio Nou Camp () Mexico : Stade Azteca () et Estadio Olímpico Universitario () Monterrey : Estadio Universitario () et Estadio Tecnológico () Nezahualcóyotl : Stade Neza 86 () Puebla : Stade Cuauhtémoc () Santiago de Querétaro : Stade Corregidora () Toluca : Estadio Nemesio Díez ()

Résumé vignette|droite|Ballon Adidas Azteca utilisé lors des matchs de la Coupe du monde. Comme en 1982, participent à la phase finale. Mais le format de la compétition évolue : la formule « championnat » du deuxième tour (les qualifiées réparties en de 3) est abandonnée au profit d'une phase à élimination directe (commençant par des huitièmes de finale) jugée plus spectaculaire. Pour passer le tableau de 12 à , sont ainsi repêchées (les meilleurs troisièmes des six groupes). À la suite de la controverse suscitée quatre ans plus tôt par le match où l'Autriche et l'Allemagne de l'Ouest avaient produit un résultat qui leur permettait d'avancer toutes les deux au tour suivant aux dépens de l'Algérie, la FIFA décida de supprimer le privilège accordé lors du premier tour du mundial 1982 aux têtes de série qui disputaient l'ultime rencontre de leur groupe (en connaissant donc le résultat de l'autre match de la dernière journée). Depuis lors les matchs de la dernière journée d'une même poule sont joués simultanément. Pour la première fois apparaît la notion de meilleur troisième, qui ne donne pas totalement satisfaction.

Ce tournoi a vu se dérouler de belles parties avec de jolis buts, . L'une des plus grandes surprises vint de la Corée du Sud tenant tête aux champions sortants italiens avant de céder sur le score de 3-2. Le Maroc fit aussi impression en sortant en tête d'un des groupes les moins inspirés devant l'Angleterre et la Pologne. Le Danemark et l'Allemagne de l'ouest sortirent du « groupe de la mort » malgré le bon jeu des Uruguayens et la ténacité des Écossais.

Lors des huitièmes de finale, les favoris s'imposèrent à l'exception de l'URSS, battue par la Belgique après prolongation, et surtout du Danemark, étrillé 5-1 par l'Espagne. La suspension de leur vedette Frank Arnesen lors du dernier match de poule face à la RFA est sans doute l'une des raisons de l'échec d'un des épouvantails de la compétition. Le Brésil, l'Argentine, l'Angleterre et le Mexique atteignirent eux aussi les quarts de finale.

Présentée par beaucoup comme une des équipes favorites du tournoi deux ans après avoir survolé l'Euro 1984, la France ne parvient pas à se hisser en finale. Son meilleur joueur Platini étant diminué par une blessure et Giresse à court de forme, l'organisation du jeu de l'équipe de France s'en ressent. Les Français commencent le tournoi poussivement mais montent en puissance au fil des matchs, notamment grâce à Rocheteau qui va s'affirmer comme passeur décisif à quatre reprises en trois matchs. La France, tombeuse de l'Italie en huitièmes de finale (2-0), fait face au Brésil, autre prétendant sérieux au titre, pour un quart de finale d'anthologie à Guadalajara. Après l'ouverture du score de Careca à laquelle répond le but égalisateur de Platini en première mi-temps, les Brésiliens de Telê Santana touchent les montants par deux fois et manquent un penalty à de la fin du temps règlementaire. Au cours de la prolongation Bellone manque de peu sur un contre de donner l'avantage à la France, mais aucun but supplémentaire n'est finalement marqué. Le séance de tirs au but sourit aux Français qui se qualifient pour le dernier carré (4-3). Mais les Bleus, en panne de jambes et d'inspiration, échouent à nouveau (comme à Séville en 1982) contre la RFA en demi-finale (défaite 0-2), des Allemands qui n'avaient pourtant pas brillé lors des tours précédents (qualification 4-1 aux tirs au but contre le Mexique en quart de finale, courte victoire 1-0 face au Maroc en huitième de finale). Les Tricolores se consolent en s'emparant de la aux dépens de l'équipe surprise du tournoi : la Belgique.

vignette|droite|Célébrations des supporters mexicains sur la place principale de Mexico, le 7 juin 1986. L'Argentine remporte sa deuxième Coupe du monde, après son succès de 1978 à domicile. Cette victoire, elle le doit en grande partie à son meneur de jeu Diego Maradona, qui s'est affirmé durant le tournoi comme le meilleur joueur de la planète.

Personnalité controversée, Maradona a montré les deux facettes de son personnage au cours d'un seul et même match, le quart de finale remporté contre l'Angleterre (2-1) .. Tout d'abord en ouvrant le score grâce à une main volontaire qui n'aura échappé qu'à l'arbitre, le but sera par la suite surnommé la main de Dieu. Puis en doublant la marque à la suite d'une action individuelle partie de son propre camp au cours de laquelle il dribble toute la défense anglaise et même le gardien de but.

Cette coupe du monde a aussi été marquée par une première qualification d'une équipe africaine (en l'occurrence, il s'agit aussi d'une première pour une équipe arabe) pour le second tour d'une phase finale : le Maroc, en terminant premier de son groupe devant l'Angleterre, la Pologne (autres qualifiés de la poule) et le Portugal, disputa ainsi les huitièmes de finale (face à l'Allemagne, futur finaliste).

Acteurs de la coupe du monde

Équipes qualifiées Vingt-quatre équipes participent à la compétition. Le Mexique est qualifié d'office en tant que pays organisateur.

Trois équipes participent pour la première fois à une phase finale de la Coupe du monde : l'Irak, le Danemark et le Canada. + Les nationales qualifiées pour la phase finalepar confédération et par participations Carte Europe (UEFA)14 Le nombre définitif de places allouées à l'UEFA (13 ou 14) et à l'OFC (0 ou 1) dépend du résultat du barrage intercontinental entre ces deux zones : le représentant européen, l’Écosse, bat le représentant océanien, l’Australie. places dont une pour le champion en titre Amérique du Sud (CONMEBOL) Afrique (CAF)center|250px Équipes qualifiées pour la Coupe du monde 1986 Allemagne de l'Ouest : finaleLes deux premières participations en tant qu’Allemagne. Angleterre : Belgique : Bulgarie : Danemark : Écosse : Espagne : France : Hongrie : Irlande du Nord : Italie : Pologne : Portugal : URSS : Argentine : finale Brésil : Paraguay : Uruguay : Algérie : finale Maroc : Océanie (OFC)0 place Amérique du Nord, Centrale et Caraïbes (CONCACAF) dont une au pays hôte Asie (AFC) Canada : finale Mexique : Corée du Sud : Irak : finale

Liste des capitaines +PaysNom AlgérieMahmoud Guendouz Allemagne de l'OuestKarl-Heinz Rummenigge AngleterreBryan Robson & Peter Shilton ArgentineDiego Maradona BelgiqueJan Ceulemans BrésilSócrates BulgarieGeorgi Dimitrov CanadaBruce Wilson Corée du SudChang-Sun Park DanemarkMorten Olsen ÉcosseGraeme Souness & Willie Miller EspagneJosé Antonio Camacho FranceMichel Platini & Patrick Battiston HongrieAntal Nagy & Imre Garaba IrakRaad Hammoudi & Khalil Allawe Irlande du NordSammy Mcilroy ItalieGaetano Scirea MarocZaki MexiqueTomas Boy Espinoza ParaguayRogelio Delgado PologneZbigniew Boniek PortugalRui Bento & Fernando Gomes UruguayJorge Barrios & URSSAnatolij Demyanenko & Oleg Blokhine

Tirage au sort +Composition des six groupes pour le premier tour.Groupe AGroupe BGroupe CGroupe DGroupe EGroupe F (A1) (B1) (C1) (D1) (E1) (F1) (A2) (B2) (C2) (D2) (E2) (F2) (A3) (B3) (C3) (D3) (E3) (F3) (A4) (B4) (C4) Irlande du Nord (D4) (E4) (F4)

Premier tour Groupe A

Le champion sortant, l'Italie, est accroché (1-1) en ouverture du Mundial par la Bulgarie. La Squadra Azzurra fait de nouveau match nul contre l'Argentine avant de s'imposer contre la Corée du Sud et se qualifier. L'Argentine termine première grâce à ses deux victoires contre les Coréens et les Bulgares. La Bulgarie est repêchée parmi les meilleurs troisièmes.

Classement final ÉquipePtsJGNPBPBCDiff15321062+424312054+132302124-241301247-331 mai11 2 juin31 5 juin 115 juin 1110 juin 3210 juin 20 journée

journée

journée

Groupe B

De retour après d'absence, le Paraguay bat le néophyte irakien. Le pays hôte, le Mexique, bat la Belgique. Il termine premier de son groupe en battant ensuite l'Irak et en faisant match nul contre le Paraguay. Avec deux nuls et une victoire, l'Albiroja termine deuxième, la Belgique est repêchée parmi les meilleurs troisièmes.

Classement final ÉquipePtsJGNPBPBCDiff15321042+224312043+133311155040300314-33 juin21 4 juin10 7 juin 118 juin 2111 juin 2211 juin 10 journée

journée

journée

Groupe C La Hongrie est l'un des deux troisièmes à ne pas accéder aux huitièmes de finale. La France et l'URSS réalisent le même parcours : deux victoires et un match nul (l'un contre l'autre). L'URSS se classe première à la différence de buts. Le néophyte canadien termine bon dernier avec trois défaites et aucun but marqué.

Classement final ÉquipePtsJGNPBPBCDiff15321091+825321051+432310229-740300305-51er juin102 juin60 5 juin 116 juin 029 juin 309 juin 20 journée

journée

journée

Groupe D

Le Brésil est l'une des deux seules équipes à remporter tous ses matchs de poule. L'Espagne rattrape sa défaite initiale contre les Auriverdes en battant l'Algérie et l'Irlande du Nord. Ces deux derniers n'obtenant qu'un seul point en trois matchs, sont éliminés.