La Collection de l'art brut est un musée consacré à l'art brut, situé à Lausanne, en Suisse.

Elle est constituée en grande partie d'artistes « hors-normes » mais, selon Jean Dubuffet,

La Collection de l'art brut a été initiée par Jean Dubuffet à partir de 1945, année où il a commencé à acheter des œuvres. Mais son attention avait déjà été attirée dans les années 1920-1930 lorsqu'il a découvert l'ouvrage de Hans Prinzhorn sur les œuvres des « fous ».

Cette collection, devenue musée après que Dubuffet en ait fait don, a été dirigée par Michel Thévoz (1976-2001), puis par Lucienne Peiry (2001-2011). Sarah Lombardi en est la directrice depuis ..

Historique Art des fous C'est ainsi que l'on nommait dès le , en Angleterre, en Suède et en France les ouvrages des malades mentaux. Notamment en France, le docteur Philippe Pinel (1745-1826) aliéniste à l'hôpital Bicêtre souhaitait abolir les méthodes de traitement brutales. Sous son impulsion, les activités artistiques ont été encouragées dans les institutions psychiatriques.. En 1812, aux États-Unis, le docteur Benjamin Rush publie à Philadelphie un ouvrage : Medical inquiries and observations upon the diseases of the mind dans lequel il fait référence aux dessins des malades mentaux qui présentent un certain talent : des marines et cartes géographiques fantastiques sont toujours conservées à la Historical Society of Pennsylvania. Vers 1847 apparaissent les premières manifestations de l'Art médiumnique qui soulèvent de nos jours des doutes et font l'objet de débats, l'art médiumnique étant considéré comme un alibi pour les « pauvres ».. La mode en est lancée par Victor Hugo, mais Michel Thévoz considère que :

En 1875, le docteur Jean-Martin Charcot collectionne les expressions plastiques des hystériques qu'il soigne à l'hôpital de la Salpêtrière. Peu après, Apollinaire, Robert et Sonia Delaunay, Max Jacob, Alfred Jarry, Pablo Picasso et Félix Vallotton reconnaissent Le Douanier Rousseau comme un artiste naïf, tout comme Ferdinand Cheval, les peintures de l'un et l'architecture de l'autre ouvrent la voie à la reconnaissance de l'art non culturel. Ce qui explique l'engouement des surréalistes pour « l'art des fous », notamment d'André Breton qui achète en 1926 des œuvres d'Augustin Lesage exposées à la galerie Vavin-Raspail par Waldemar George avec les œuvres d'aliénés de la collection du docteur Marie, médecin-chef de l'hôpital Saint-Anne..

Collection de Jean Dubuffet En 1922, Jean Dubuffet s'intéresse déjà aux travaux du docteur Hans Prinzhorn qui a rassemblé les œuvres de ses malades mentaux, constituant un Musée d'art pathologique à Heidelberg. Il découvre aussi l'exposition du psychiatre Walter Morgenthaler, médecin chef de la clinique de la Waldau près de Berne.. Dès 1923, Dubuffet, alors au service météorologique de la tour Eiffel pendant son service militaire, a connaissance des cahiers illustrés de Clémentine R. (Clémentine Ripoche), visionnaire démente qui dessine et interprète la configuration des nuages. Cette même année à Liège est créée la Fédération spirite internationale. Dubuffet s'intéresse également à certaines œuvres du fonds Heidelberg qui ont été exposées à la Kunsthalle de Mannheim. 1923 est aussi l'année de l'internement de Louis Soutter dont Dubuffet ne découvrira l'œuvre qu'en 1945..

C'est le que Dubuffet baptise « art brut » un art qu'il collectionne depuis plusieurs années, art qui comprend à la fois l'art des « fous » et celui de marginaux de toutes sortes : prisonniers, reclus, mystiques, anarchistes ou révoltés.. Grâce à ses amis Jean Paulhan ou Raymond Queneau, il découvre les créations d'adultes autodidactes ou psychotiques. Et c'est Paul Budry, qui a passé son enfance à Vevey, qui le met en contact avec le cercle médical suisse. Dubuffet entreprend alors avec Paulhan son premier voyage de prospection pendant trois semaines dans les hôpitaux psychiatriques suisses.

En septembre de la même année, il rend visite à Antonin Artaud, alors interné à Rodez. Le docteur Ferdière lui conseille de visiter l'asile de Saint-Alban-sur-Limagnole où est interné Auguste Forestier.. Dubuffet visite encore d'autres hôpitaux psychiatriques et des prisons, rencontre des écrivains, artistes, éditeurs ainsi que des conservateurs de musée et des médecins..

Les biographies de Dubuffet ne donnent cependant pas la même version des faits :

La fondation Dubuffet donne approximativement les mêmes informations.. Ce qui pose deux questions : comment Paul Éluard, pouvait-il être fin 1943 à la fois caché à l'hôpital psychiatrique de Saint-Alban et présenté à Dubuffet par Jean Paulhan à Paris ? Et comment Dubuffet a-t-il pu découvrir l'artiste Forestier par Éluard, alors qu'il n'en a entendu parler que par le docteur Ferdières à Rodez qui lui a conseillé en 1945 de se rendre à l'hôpital de Saint-Alban?

Le premier Fascicule de l'art brut intitulé « Les Barbus Müller, et autres pièces de la statuaire provinciale », entièrement écrit par Jean Dubuffet, est imprimé par la libraire Gallimard, mais ne sera pas publié. Il sera réimprimé et publié à Genève en 1979 par le musée Barbier-Mueller.

Compagnie de l'art brut Dubuffet organise plusieurs expositions des œuvres de sa collection entre 1947 et 1951. D'abord dans les sous-sol de la galerie Drouin qui devient le Foyer de l'art brut. Puis, en 1948, le foyer est transféré dans un pavillon de la Nouvelle Revue française, 17 rue de l'Université.. Le Foyer devient ensuite la Compagnie de l'art brut dont les membres fondateurs sont Jean Dubuffet, André Breton, Jean Paulhan, Charles Ratton, Henri-Pierre Roché, Michel Tapié et Edmond Bomsel. Le peintre Slavko Kopač assure le rôle de conservateur de la Collection..

L'intitulé « Art brut » est donné pour la première fois en 1949 à une exposition présentant les artistes réunis par Dubuffet à la galerie Drouin. À cette occasion, Dubuffet rédige le catalogue de l'exposition qui comprend 200 œuvres d'artistes inconnus qui font partie de sa collection et il publie un traité : L'art brut préféré aux arts culturels qui fait scandale.

En 1951, la compagnie est transférée aux États-Unis à East Hampton (New York) dans le comté de Suffolk, sur l'île de Long Island, chez Alfonso Ossorio

Rapatriée en France où Dubuffet recherche un lieu pour l'exposer, sa collection est d'abord installée en 1962 dans l'immeuble du 137 rue de Sèvres qui est le siège de la Fondation Dubuffet. L'artiste souhaitait vivement que sa collection reste à Paris. On lui avait fait plusieurs promesses dont aucune n'a été tenue.

Fondation Dubuffet La Compagnie de l'art brut a néanmoins poursuivi ses activités après le transfert des collections de Jean Dubuffet à Lausanne. Après sept ans pendant lesquels les recherches ont été interrompues, les pièces, réexpédiées d'Amérique à Paris en 1962, ont pris place dans les locaux de la compagnie. Devenue Fondation Jean Dubuffet en 1974., elle est située à Paris au 137 rue de Sèvres. Elle rassemble plus de pièces et une énorme documentation, dont la bibliothèque de Jean Dubuffet, dans un immeuble de quatre étages qui était devenu le siège de la compagnie de l'art brut..

En 1964, Dubuffet a entrepris les premières publications des Fascicules de l'art brut. Vingt-quatre numéros ont été édités depuis lors, le dernier fascicule a été publié en par la nouvelle directrice, Sarah Lombardi qui a succédé à Lucienne Peiry..

Lausanne : la Collection de l'art brut vignette|gauche|La Tête aux larges oreilles de Pascal-Désir Maisonneuve. thumb|Madge Gill - Dessin à l'encre, de la série « Myrninnerest ». Installée dans le quartier de Maupas/Valency, dans le château de Beaulieu., maison de maître du et inaugurée en 1976, la Collection de l'art brut s'est depuis enrichie d'un grand nombre d'œuvres.

Le catalogue des collections, préalablement édité, recensait à cette époque œuvres de 135 auteurs. Une série d'œuvres supplémentaires, considérées comme plus éloignées de l'art brut, est placée dans la Collection annexe rebaptisée en 1982 « Neuve Invention ».

La Neuve Invention comprend des artistes qui cherchent à contourner

Michel Thévoz, docteur en histoire de l'art, en sera le conservateur durant 26 ans, jusqu'en 2001, où Lucienne Peiry prendra sa relève pendant dix ans (2001-2011).

Le musée, tout comme le château qui l'abrite, est inscrit comme bien culturel suisse d'importance nationale.

Artistes de la Collection de l'art brut Cette liste est principalement issue de l'ouvrage L'Art brut de Lucienne Peiry (Gallimard, réédition de 2006).

Bibliographie sur l'art brut 1949 : Jean Dubuffet, L'Art brut préféré aux arts culturels - (Jean Dubuffet, Prospectus et tous écrits suivants. Tome 1, Paris 1967, )

1996 : Michel Ragon, Du côté de l’art brut, Paris 1997 : Lucienne Peiry, L’Art brut, Paris ; rééditions en 1999, 2001 et 2006 ; édition augmentée et actualisée, 2016, 399 p, 500 ill. ; traduit en anglais (2001, réédition en 2006), en allemand (2005) et en chinois (2015)Communiqué de presse, « L'ouvrage L'Art brut paraît en langue chinoise à Shanghai », 9 septembre 2015 (page visitée le 18 octobre 2015)..

1999 : Michel Thévoz, Art brut, psychose et médiumnité, Paris 2006 : Laurent Danchin, Art brut. L'instinct créateur, Gallimard, Découvertes , Paris 2010 : Céline Delavaux, L'Art brut, un fantasme de peintre. Jean Dubuffet et les enjeux d'un discours, Paris : Palette. réédition 1975

réédition de 1964 préface de Pontus Hultén

(« Wölfli : l’empire du songe », chapitre 5, )

réédition 1975

Notes et références Notes

Références

Voir également

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