Le Loing est une rivière de France, affluent gauche de la Seine, dont le cours long de traverse les départements de l'Yonne, du Loiret et de Seine-et-Marne.

Géographie Il prend sa source à Treigny-Perreuse-Sainte-Colombe et arrose la Puisaye et le Gâtinais (dont il constitue en quelque sorte « l'épine dorsale »), passant à Saint-Fargeau, Châtillon-Coligny, Montargis, Nemours et Moret-Loing-et-Orvanne (peu avant son confluent avec la Seine).

Jean-Baptiste d’Omalius émit en 1828 l’hypothèse selon laquelle des changements importants dans le cours de la Loire auraient pu survenir dans la région de Gien faisant du Loing le lit de l'ancien tracé de la Loire pour rejoindre la Seine. À une époque difficile à déterminer, un accident géologique a provoqué le déplacement vers l'ouest et l'océan du cours du fleuve. Le Loing d'aujourd'hui représente donc le vestige de ce parcours primitif.

Le cours du Loing est resté navigable jusqu'au règne de Louis XV, vers le milieu du , assurant la subsistance de centaines de familles (voituriers par eau, mariniers, flotteurs, viticulteurs, chargeurs) tout au long de son cours. Les principales marchandises transportées étaient : textiles, sous-produits de la vigne (vin, vinaigre) et de la forêt (bois, fruits).

L'irrégularité du débit du Loing (aujourd'hui oubliée en raison de la construction de nombreux bassins de retenue) a très tôt conduit à la canalisation de son cours, puis à son doublage par des ouvrages d'art : le canal de Briare, au début du , quittant la Loire à Briare pour rejoindre le Loing à Rogny et suivant son cours jusqu'à sa jonction, peu après Montargis, avec le canal d'Orléans (aujourd'hui désaffecté) et le canal du Loing (construit dans les années 1720, et qui prend le relais pour suivre la rivière jusqu'à son confluent avec la Seine, en limite des communes de Saint-Mammès et Moret-Loing-et-Orvanne).

Communes traversées vignette|Tableau de peinture. Dans les trois départements suivants, le Loing traverse trente-huit communes :

Dans l'Yonne Treigny-Perreuse-Sainte-Colombe ~ Saint-Sauveur-en-Puisaye ~ Moutiers-en-Puisaye ~ Saint-Fargeau ~ Saint-Martin-des-Champs ~ Saint-Privé ~ Bléneau ~ Rogny-les-Sept-Écluses

Dans le Loiret Dammarie-sur-Loing ~ Sainte-Geneviève-des-Bois ~ Châtillon-Coligny ~ Montbouy ~ Gy-les-Nonains ~ Montcresson ~ Conflans-sur-Loing ~ Amilly ~ Montargis ~ Châlette-sur-Loing ~ Cepoy ~ Girolles ~ Fontenay-sur-Loing ~ Nargis ~ Dordives

En Seine-et-Marne Château-Landon ~ Souppes-sur-Loing ~ La Madeleine-sur-Loing ~ Bagneaux-sur-Loing ~ Nemours ~ Saint-Pierre-lès-Nemours ~ Darvault ~ Montcourt-Fromonville ~ Grez-sur-Loing ~ Bourron-Marlotte ~ La Genevraye ~ Montigny-sur-Loing ~ Moret-Loing-et-Orvanne ~ Saint-Mammès ~ Champagne-sur-SeineSeulement à son confluent avec la Seine..

Toponymes Le Loing a donné son hydronyme aux onze communes suivantes de Sainte-Colombe-sur-Loing, Dammarie-sur-Loing, Conflans-sur-Loing, Châlette-sur-Loing, Fontenay-sur-Loing, Souppes-sur-Loing, La Madeleine-sur-Loing, Bagneaux-sur-Loing, Grez-sur-Loing, Montigny-sur-Loing et Moret-sur-Loing.

Bassin versant Le Loing traverse dix-sept zones hydrographiques (parcellaire d'un bassin hydrographique) pour de superficie totale. Ce bassin versant est constitué à 72,43 % de , à 23,39 % de , à 3,76 % de , à 0,37 % de , à 0,05 % de .

Organisme gestionnaire L'Organisme gestionnaire est le SIVLO ou Syndicat Mmxte de la vallée du Loing , créé le , et sis à Montargis.

Étymologie

La forme la plus anciennement attestée est Lupa au (Dictionnaire Topographique de L'Yonne) à rapprocher du latin Lupia (« Lippe »). En 1227 on trouve la graphie Louain. A. Dauzat a proposé une forme gauloise *lok- ou *low- (Revue Internationale d'Onomastique, 1954).

Il est possible de rapprocher le nom de la rivière d'un terme gaulois signifiant « la bête ». Breton moderne loen : « bête », « monture », gallois moderne llwyn.

Une autre explication le rattache à l'ancien français leu (loup), hypothèse étayée par l'existence à Moret du prieuré du Pont-LoupMoret - Flâneries dans les siècles, D. Bretonnet. On a donc pensé à « louve » comme sens premier. Mais on peut se demander pourquoi des rivières paisibles se nommeraient « louve ».

Affluents thumb|450px|droite|Le Loing et ses affluents de plus de (carte interactive). Le Loing est rejoint par les affluents suivants, en descendant son cours depuis sa source.

Cours d'eau Source Confluent Rive Bourdon Treigny Saint-Fargeau Gauche Ru des Perches Saint-Martin-des-Champs Saint-Martin-des-Champs Droite Chasserelle Septfonds, Saint-Fargeau Bléneau Droite Beaune Saint-Privé Rogny-les-Sept-Écluses Droite Milleron Aillant-sur-Milleron Châtillon-Coligny Droite Ru Simon Aillant-sur-Milleron Montbouy Droite Aveyron Champcevrais Montbouy Droite Ouanne Ouanne Conflans-sur-Loing Droite Galissone Saint-Germain-des-Prés Amilly Droite Puiseaux Les Choux Montargis Gauche Solin Le Moulinet-sur-Solin Châlette-sur-Loing Gauche Bezonde Nesploy Châlette-sur-Loing Gauche Ruisseau de la Cressonniere Fontenay-sur-Loing Fontenay-sur-Loing Droite Cléry Saint-Loup-d'Ordon Fontenay-sur-Loing Droite Betz Domats Dordives Droite Fusain Batilly-en-Gâtinais Château-Landon Gauche Ru de Morion Souppes-sur-Loing Souppes-sur-Loing Droite Lunain Égriselles-le-Bocage Épisy Droite Orvanne Saint-Valérien Moret-sur-Loing Droite

Hydrologie Le Loing à Épisy Le débit du Loing a été observé sur une période de 60 ans entre 1949 et 2008, à Épisy, localité du département de Seine-et-Marne située à environ de son confluent avec la Seine. Le bassin versant de la rivière y est de sur un total de . Les chiffres suivants portent donc sur 94 % du bassin versant total (en fait seules manquent les données du bassin de l'Orvanne).

Le débit moyen inter-annuel ou module du Loing à cet endroit est de .

La rivière présente de fortes fluctuations saisonnières de débit, typiques des rivières du sud du bassin de la Seine, et que l'on retrouve aussi dans le bassin de l'Yonne (Yonne, Armançon) mais avec un écoulement nettement moindre pour le Loing et ses affluents, ceci en raison de précipitations très atténuées. Les hautes eaux se produisent le plus souvent en hiver, et portent le débit mensuel moyen à un niveau de 23 à , de décembre à avril inclus (avec un maximum en février), et les basses eaux en été, de juillet à octobre, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'au niveau de 8,00 et aux mois d'août et de septembre, ce qui reste confortable. Mais ces moyennes mensuelles cachent des variations bien plus importantes sur de courtes périodes.

Étiage ou basses eaux Aux étiages, le VCN3 peut chuter jusque , en cas de période quinquennale sèche, ce qui reste assez élevé.

Crues Ce sont surtout les crues qui peuvent être importantes et qui sont assez fréquentes. Le QIX 2 et le QIX 5 valent respectivement 99 et . Le QIX 10 est de . Quant aux QIX 20 et QIX 50, ils se montent respectivement à 220 et .

Le débit instantané maximal enregistré a été de le , tandis que la valeur moyenne journalière maximale était de à la même date. D'où l'on doit conclure que la crue de , dont mention a été faite plus haut, était d'un niveau plus élevé que cinquantennal, peut-être centennal, en tous les cas assez exceptionnel.

À titre de comparaison, le QIX 10 de l'Eure à Cailly-sur-Eure vaut pour un bassin de , tandis que son QIX 50 est de . Le QIX 10 comme le QIX 50 du bassin du Loing sont de plus du double de ceux de l'Eure, alors que le bassin versant de ce dernier est un peu plus vaste et que les deux bassins sont relativement proches l'un de l'autre. Crue 2016

Du au , à la suite d’un épisode de pluies exceptionnelles sur le bassin parisien, le Loing connaît, comme tous les affluents du sud du bassin de la Seine, un épisode de crue exceptionnelle. La crue du Loing est qualifiée d’ par le service de prévention des crues Seine moyenne – Yonne – Loing : les niveaux relevés sont supérieurs à ceux maximum auparavant connus de la crue de 1910 et entraînent notamment l’inondation de plusieurs villes dont Montargis, Chalette sur Loing, Nemours, Souppes-sur-Loing et Moret-sur-Loing, d’une partie des routes du Loiret et de Seine-et-Marne, et le placement de ces deux départements en vigilance météorologique rouge pour plus de quarante-huit heures. Le village de Montigny-sur-Loing a également été très fortement touché puisque le Loing est monté jusqu'au cœur du village et a sinistré de nombreuses maisons.

Lame d'eau et débit spécifique La lame d'eau écoulée dans le bassin du Loing est de ce qui est très inférieur à la moyenne d'ensemble de la France (), et aussi à la moyenne de la totalité du bassin versant de la Seine (). Le débit spécifique (ou Qsp) se monte à de bassin.

Débits des cours d'eau du bassin du Loing NomLocalitéDébits (en m/s)Côtemax(m)Max.instant.Max.journ.Lamed'eau(mm)Surface(km)ModuleVCN3(étiage)QIX 2QIX 5QIX 10 QIX 20 QIX 50 LoingMontbouy1,950,02317273340481,486035,9151409AveyronChapelle/Aveyron0,494 0,02010162024281,673422,615899Ouanne Gy-les-Nonains4,790,5104675951101401,99137103172883LoingChâlette-sur-Loing 12,400,880921401802102602,352922351702 300Vernisson Nogent-sur-Vernisson0,2170,0012,64,25,26,3-1,406,44,510267.5Puiseaux St-Hilaire/Puiseaux0,4640,00146,78,410121,5511,48,115694BézondePannes1,480,02118283542502,7653,642,1138339CléryFerrières1,450,450-----1,5920,516,5170270BetzBransles0,660,0407,1121518-1,291910,3133157FusainCourtempierre1,340,0849,5131619--16,615,6113375Lunain Épisy0,710,1203,256,37,59,11,2612,18,989252LoingÉpisy18,303,200981501902202703,473152961493 900

Alimentation en eau de Paris - L'aqueduc du Loing et du Lunain thumb|Le Loing à Nemours.

Une partie des eaux de certains affluents du Loing alimente la ville de Paris en eau potable. Cette eau est transférée à Paris par l'aqueduc du Loing et du Lunain, qui complète l'aqueduc de la Vanne.

Cet aqueduc suit en partie le trajet de l'aqueduc de la Vanne. Ce dernier est rejoint par l'aqueduc du Loing et du Lunain en forêt de Fontainebleau, au niveau du quartier de la Croix du Grand-Maître, à moins de deux kilomètres au sud-est d'Avon. Les eaux sont hissées par l'usine élévatoire de Sorques à Montigny-sur-Loing, elle-même approvisionnée en énergie par une chute du Loing. Les eaux sont ainsi amenées à la cote 92 mètres, après quoi elles se dirigent plein nord à travers la forêt. Les deux aqueducs sont ensuite parallèles jusque Paris.

Mais l'aqueduc du Loing ayant été construit au début du n'a pas du tout la même allure que celui de la Vanne, son aîné. Il est le plus souvent enterré. À Cachan où il passe comme l'aqueduc de la Vanne en direction du réservoir de Montsouris, il traverse la vallée de la Bièvre par un pont-siphon à plusieurs paliers, situé plus au sud que le célèbre pont-aqueduc de la Vanne.

Les eaux ainsi transportées sont celles des sources de Chaintreauville (236 à 248 litres par seconde) et de la Joie à Saint-Pierre-lès-Nemours, de Villemer (33 à 76 litres par seconde), de Saint-Thomas (60 litres par seconde), des Bignons et du Sel à Bourron. Ensemble ces sources procurent environ par jour en moyenne, c'est-à-dire 390 litres par secondeDictionnaire géographique et administratif de la France, Paul Joanne, Hachette, Paris, 1906 .

Activités économiques

thumb|Silos à céréales sur une des deux sections du Loing communes avec le canal du Loing près de Nemours.

Bien qu'étant un pâle reflet des activités meunières du passé (le cours du Loing était accompagné de très nombreux moulins), la minoterie n'a pas tout à fait disparu de ses rives. En témoigne la persistance du moulin de Cepoy, dont une pierre meulière daterait, selon les affirmations d'un érudit local, de l'époque romaine.

Histoire