La campagne des 18 jours ou la bataille de Belgique est l'invasion de la Belgique par les troupes allemandes pendant la Seconde Guerre mondiale et la confrontation entre les deux armées (et celles des Alliés venus assister la Belgique à la demande de celle-ci). Elle débuta le et aboutit à la capitulation belge du .

L'Armée belge en 1940

vignette|gauche|, roi des Belges, passe en revue une colonne de chars d'assaut, le ministre belge de la Défense nationale, le général Denis, à sa gauche. En , le conflit opposant la France et le Royaume-Uni à l'Allemagne, commencé en , entre dans une nouvelle phase. L'attaque de la Pologne par l'Allemagne, victorieuse dès , a entraîné l'entrée en guerre du britannique et de la France. Ces deux puissances engagées dans la campagne de Norvège font de cette guerre ce que l'on appelle déjà la Seconde Guerre mondiale, alors que, le , le Danemark est occupé par l'Allemagne. Depuis 1936, la Belgique neutre a bâti une défense militaire aussi forte que possible contre l'Allemagne dont on appréhende l'attaque. Le , les s belges en patrouille de neutralité ont abattu un bombardier allemand Heinkel qui s'est écrasé aux Pays-Bas.

Le , au moment de l'attaque allemande, la Belgique est parvenue à mobiliser un total de 17 % de la population masculine de , soit 8 % de la population totale du pays. Il s'agit de pourcentages supérieurs à ceux des mobilisations de la France et du Royaume-Uni. L'armée belge compte alors sur pied de guerre depuis auxquels doivent s'ajouter (conscrits) de la classe de 1940 plus les espérés pour 1941 et plus de de des Centres de recrutement de l'Armée belge CRAB envoyés en France pour former la réserve de l'Armée, dont les sursitaires pour 1939 et 1940 ainsi que et ajournés des années précédant 1939. Mais la précipitation des événements militaires à partir du permit seulement de concrétiser une partie de cette levée en masse dont une dizaine de milliers de recrues sont envoyées en France avec l'accord du gouvernement de ce pays. En plus, sur pied militaire viennent s'ajouter aux mobilisés effectifs. En fait, un peu moins de sont répartis le long d'un arc de cercle qui s'étend de l'Escaut à l'Ardenne sur . vignette|droite|Les troupes belges prennent position dans une tranchée en 1940. L'armée belge se compose alors de : actives d'infanterie ; d'infanterie de première réserve ; d'infanterie de deuxième réserve ; de Chasseurs ardennais, dont une division motorisée ; de cavalerie motorisée ; d'artillerie d'armée ; de cyclistes frontière ; de cavalerie portée ; légers de gendarmerie ; d'aéronautique ; de défense terrestre contre avions.

Plus les formations de troupes des services d'armée, des services territoriaux et des civils au service de la défense (fonctionnaires du ministère de la Défense nationale, personnel infirmier réquisitionné mais non mobilisé, policiers chargés du maintien de l'ordre à l'arrière).

Chute du Fort d'Eben-Emael

Au début de ce qui sera la campagne des de l'armée belge, se produisent qui illustrent respectivement la stratégie de surprise et de ruse des attaquants allemands.

Tout d'abord, le fort d'Eben-Emael, réputé imprenable est pris par surprise le , après de résistance, grâce à l'emploi de charges creuses utilisées par des parachutistes, les Fallschirmjäger commandés par Rudolf Witzig, déposés sur la superstructure du fort par des planeurs remorqués par avion depuis l'Allemagne. Ce sera la deuxième opération parachutée de l'histoire, après l'attaque de la Norvège par les Allemands le (Opération Weserübung). Cette opération sera combinée avec l'utilisation d'une arme nouvelle afin de détruire les tourelles : la charge creuse (dont la plus lourde pèse ). La nouvelle de la chute du fort porte un coup terrible au moral de l'armée belge. En effet, après leur prise, les nazis ont pu passer par les ponts du canal Albert et déborder par le Nord la position fortifiée de Liège. Au lieu de contenir l'effort allemand durant au moins 5 ou comme cela était prévu, la position du canal Albert et du fort d'Eben-Emael n'a pas tenu plus de quelques heures.

Ensuite, les Allemands s'emparent par ruse de l'extrémité hollandaise du pont frontalier de Maaseik situé entre les Pays-Bas et la Belgique, s'en étant approchés sous le déguisement de gendarmes hollandais (→ ). Cependant, les soldats belges parviennent quand même à détruire ce pont afin de ralentir la progression des Allemands. Deux autres ponts, Kanne et Gellick, sont également détruits.

Résistance dans les Ardennes

vignette|gauche|La progression allemande vers l'Ardenne au . vignette|droite|Les Chasseurs ardennais en 1940. À l'autre extrémité du pays, la division des Chasseurs ardennais manifeste une combativité qui surprend les Allemands. Les Chasseurs ont été créés seulement depuis quelques années par conversion du de ligne considéré comme une des meilleures troupes de l'armée belge, surtout pendant la Première Guerre mondiale.

Le , dans la nuit, sur la base de renseignements venus des attachés militaires belges et néerlandais à Berlin, on sait que l'Allemagne va attaquer les Pays-Bas et la Belgique. L'alerte est donnée. Dans le Luxembourg belge, des mouvements inquiétants à la frontière et au Grand-Duché de Luxembourg confirment le bien-fondé de l'état d'alerte. Aussi, le général Keyaerts, commandant en chef des Chasseurs ardennais, donne-t-il l'ordre de procéder, dans toute la province du Luxembourg, aux destructions prévues de longue date pour enrayer toute attaque. À du matin, les ponts sautent et les obstacles s'abattent sur les routes, complétant les chicanes construites en des points cruciaux du réseau de communications. En vertu d'une large délégation de pouvoirs qui donne aux Chasseurs ardennais la capacité d'entamer les opérations de la défense avancée de la province s'ils l'estiment nécessaire, le général n'a pas attendu l'ordre du grand quartier général belge. En plus de cette résistance, les Allemands doivent éliminer des barrages érigés par le génie belge, contourner des ponts détruits et construire des passerelles.. Un seul pont, celui de Butgenbach, près de Malmedy, échappe à la destruction à cause de citoyens belges d'origine allemande ralliés à l'Allemagne nazie qui guident un commando allemand qui parvient à désamorcer la charge explosive , .. L'offensive allemande débute alors que l'ambassadeur d'Allemagne à Bruxelles n'a même pas encore présenté l'ultimatum allemand au gouvernement belge. vignette|gauche|Les panzers allemands traversant les Ardennes, . vignette|droite|Les troupes britanniques pénètrent en Belgique à Herseaux. Quand le jour se lève à Martelange, Chabrehez et Bodange, les Allemands tentent de passer sur des routes sinueuses à deux bandes de largeur parsemées de ponts sautés, d'épais murs et d'entonnoirs et environnées de champs de mines qui rendent dangereuses les tentatives de contournement des obstacles. À la frontière belgo-luxembourgeoise, une petite compagnie de cinquante chasseurs ardennais applique la consigne qui est de tenir la position à la condition de ne pas se laisser encercler. Les chasseurs s'opposent à des blindés précédés par une infanterie d'assaut. Ils résistent, bloquant la masse des blindés qui accomplissent de ce côté la véritable offensive allemande visant le secteur de Sedan. Les canons des chars n'ont pas raison des massives fermes ardennaises et, pendant huit heures, le commandant Bricard et ses hommes résistent en appliquant la consigne en vertu de laquelle il était ordonné de résister tant qu'on ne recevait pas d'ordre de repli, même si le silence téléphonique pouvait faire craindre que les lignes soient coupées par l'ennemi. Cependant, les commandants locaux pouvaient prendre sur eux d'autoriser le repli de toute troupe qui se trouverait en risque majeur d'être faite prisonnière. Mais ce n'est qu'après la mort du commandant Bricart que les chasseurs rescapés de Bodange décrocheront pour rejoindre les lignes belges campées en deuxième échelon, au sortir des forêts. De fait, la de chasseurs ardennais stationnait tout le long de la frontière, entre la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg, avec des détachements d'artillerie étalés en deuxième échelon en avant de la Meuse. À Martelange, la résistance des Chasseurs sera commémorée, après la guerre, par un monument représentant un sanglier, l'emblème des Chasseurs ardennais, en position d'attaque. vignette|gauche|Photo d'un Fieseler Fi 156 en 1937. vignette|droite|Défense anti-aérienne belge 1940. L'état-major allemand, constatant la résistance, pour lui inattendue, des Chasseurs ardennais, ainsi que les difficultés de franchissement du dédale ardennais parsemé d'embûches (ponts sautés, chicanes sur les routes) décida d'improviser un raid sur les arrières belges, décision prise par Hermann Göring maréchal de la Luftwaffe dès le . Ce genre d'improvisation -dans le style qu'illustreront les commandos britanniques- ne correspondait pas à l'esprit de planification rigoureuse de l'attaque du , il en résultera un manque de rigueur face aux imprévus qui empêchera l'opération de réussir à cent pour centGénéral Von Manstein, Verlorene Siege, .. Cent avions légers Fieseler Storch sont rassemblés dans des brefs délais. Ce sont des appareils de liaison capables d'atterrir sur des terrains accidentés, comme des champs, mais non prévus pour des missions de transport de troupes en zone de combats. Ils transportent chacun deux combattants en plus du pilote. Il s'agit de prendre les Belges à revers. La manœuvre est baptisée Niwy du nom des localités prévues pour les atterrissages, Nives et Witry. Mais l'opération va échouer partiellement car les avions ne sont pas armés et ne peuvent affronter le feu ennemi. Aussi, confrontés à des tirs belges venus du sol, plusieurs appareils se déroutent-ils par des manœuvres d'évitement à basse altitude. Il en résulte que plusieurs pilotes sont désorientés et que quelques avions s'écrasent au sol et brûlent en dehors des terrains prévus qui avaient été sélectionnés en étudiant les cartes belges d'état-major entrées en possession des Allemands dès l'avant-guerre. Les rescapés coupent des lignes téléphoniques et arraisonnent des voitures civiles dans le but de se déplacer vers Witry, comme prévu, à l'origine. Surgissent alors des troupes belges de second échelon de la ligne de défense Libramont-Neufchâteau accompagnées de chars T-15. Les Allemands fuient vers Witry. C'est là qu'arrive une deuxième vague de Fieseler Storch grâce à laquelle les « commandos » allemands peuvent repousser une deuxième attaque belge. Mais le but originel du raid n'est pas atteint, n'ayant pu entraver les itinéraires par lequel les Belges allaient faire retraite. Les « commandos » allemands foncent alors vers Fauvillers pour y joindre les troupes de la qui venaient de vaincre la résistance des Chasseurs ardennais de Bodange.

Les panzers passent la Meuse