Cette page concerne l'année 1870 du calendrier grégorien.
Événements
Janvier : le républicain Émile Ollivier est appelé par Napoléon III à constituer un ministère. : le baron Georges Eugène Haussmann est destitué de ses fonctions. : début de l'affaire Victor Noir, journaliste tué au domicile parisien du prince Pierre Bonaparte, cousin de Napoléon III. Venu pour arranger les conditions d'un duel, le journaliste aurait eu une attitude menaçante. vignette|gauche|Funérailles de Victor Noir : les funérailles du journaliste Victor Noir sont l'occasion d'une manifestation républicaine. vignette|gauche|La grève du Creuzot. Les troupes, à leur arrivée, se forment sur la place de l'église du Creuzot (Le Monde illustré du 29 janvier 1870). 19- : grève des ouvriers métallurgistes des usines Schneider au Creusot qui réclament la gestion de leur caisse de prévoyance. Le , armés entrent au Creusot. : les républicains Jules Ferry et Léon Gambetta déposent, au nom de l'opposition républicaine, une proposition de loi selon laquelle « le titre et les fonctions de préfet de police sont supprimés ».
Mars : le Corps législatif impérial met un terme à l’administration militaire en Algérie française, consacrant l’établissement du régime civil et la suppression des Bureaux arabes. : première grande réunion unitaire de de l'Association internationale des travailleurs à Lyon. - : grève des mineurs du Creusot ; Benoît Malon prend la direction du mouvement qui réclame la journée de huit heures et la gestion de la caisse de secours des mineurs. : création de La Samaritaine à Paris par Ernest Cognacq. : le général Le Bœuf, ministre de la Guerre, est fait maréchal de France et sénateur. : après une semaine de procès, Pierre Bonaparte est acquitté par la Haute Cour de Justice siégeant à Tours, du meurtre du journaliste Victor Noir. -, Algérie : une expédition conduite dans le Sud-Oranais par le général de Wimpffen porte un sérieux coup à la rébellion des Doui-Menia sur les bords de l’oued Guir () et à Aïn Chaïr (). Avril : un sénatus-consulte met en œuvre une véritable Constitution pour un empire libéral. L'empereur garde le droit de renvoyer les ministres responsables, mais il ne préside plus le Sénat ni le Conseil d'État. Il ne peut nommer plus de vingt sénateurs en un an et le nombre des sénateurs ne peut excéder les deux tiers de celui des membres du Corps législatif. Le Sénat ne garde plus qu'une attribution, celle de discuter et de voter les projets de loi, concurremment avec le Corps législatif. Il est nommé pour au moins six ans. Le droit de pétition s'exerce auprès du Corps législatif et du Sénat. Le droit d'amendement n'est plus soumis au contrôle du Conseil d'État.
Mai vignette|upright|Proclamation des résultats du plébiscite du 8 mai 1870. : plébiscite approuvant la nouvelle constitution avec oui (69 %), non et abstentions. L'opposition l'emporte dans la Seine, les Bouches-du-Rhône, les grandes villes, le Sud-Est et le Midi provençal. : sénatus-consulte fixant la Constitution de l’Empire (régime libéral, bicamériste, avec un rôle législatif et financier important attribué au Corps législatif et un rôle de contrôle effectif donné au Sénat).
Juin : candidature de Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen au trône d'Espagne. - : procès de trente-huit membres de l'Internationale devant la sixième chambre du tribunal correctionnel de Paris. Sept prévenus sont condamnés à un an de prison pour appartenance à une société secrète, les autres à deux mois pour association illicite.
Juillet : Gramont, ministre des Affaires étrangères, s'oppose à la candidature de Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen au trône d'Espagne. Le 12, on apprend à Paris que Léopold de Hohenzollern retire sa candidature. Le 13, Agénor de Gramont réclame que ce retrait soit garanti par le roi de Prusse, Guillaume de Prusse refuse. : grève d'une « dimension exceptionnelle » à Mulhouse. : dépêche d’Ems, envoyée par Bismarck, Premier ministre prussien, à Napoléon III, pour inciter la France à déclarer la guerre, et faire ainsi jouer l’alliance défensive qui lie les États allemands du Sud à ceux du Nord. vignette|La Guerre, Illustrated London News, 3 septembre : malgré les avertissements d'Adolphe Thiers, le Corps législatif vote les crédits de guerre. : nomination du maréchal Bazaine à la tête du de l'armée du Rhin. : Émile Ollivier, poussé par l'opinion publique, déclare la guerre à la Prusse lors d'un rassemblement populaire d'étudiants et d'ouvriers à la Bastille (notifiée officiellement deux jours plus tard). Napoléon III, pacifiste mais malade, laisse faire. : la France déclare la guerre à la Prusse. : le maréchal Le Bœuf est nommé major général de l'armée du Rhin. : l'impératrice Eugénie, ralliée à la cause belliciste, est nommée régente. vignette|Position des armées françaises et allemandes le 31 juillet : Napoléon III se rend à Metz pour prendre la tête de l'armée.
Août : combats de Sarrebruck. : les troupes prussiennes entrent en Alsace. : bataille de Wissembourg dans le Bas-Rhin, qui se solde par la retraite des troupes françaises du maréchal de Mac-Mahon (division Douay) devant les troupes prussiennes du Kronprinz.
bataille de Frœschwiller-Wœrth, où les troupes françaises du Maréchal de Mac-Mahon sont mises en déroute. charges de Reichshoffen : charges vaines des cuirassiers français sur les villages de Morsbronn, où ils sont anéantis, et de Elsasshausen. la division du général Frossard est écrasée à la bataille de Forbach-Spicheren. 6 et : renouvellement des conseils municipaux, dernières élections de l'Empire.
à Marseille, face à la situation désastreuse du pays, un mouvement insurrectionnel, avec à sa tête l'avocat des pauvres Gaston Crémieux, tente en vain de proclamer la République et d'instaurer une Commune révolutionnaire. Mais le mouvement est rapidement étouffé ; Crémieux est arrêté le lendemain et déféré devant un conseil de guerre. début du siège de Bitche. : le ministère Émile Ollivier est renversé par le Corps législatif. Il se réfugie en Italie jusqu'en 1873.
nouveau ministère du général Charles Cousin-Montauban, comte de Palikao. l’Algérie est proclamée en état de siège. : Napoléon III, malade, laisse Bazaine prendre la tête de l'armée. - : siège de Strasbourg. vignette|Le conseil de guerre chargé de juger les personnes arrêtées lors de l'affaire de la Villette, convoqué le .
combats indécis de l'armée du maréchal Bazaine à Borny-Colombey. un groupe de blanquistes attaque le poste de sapeurs-pompiers de la Villette pour y prendre des armes, et tuent un sergent de ville. Puis ils tentent de soulever le quartier de Belleville mais la police réussit à les arrêter. vignette| : bataille de Mars-la-Tour
bataille de Mars-la-Tour (ou de Vionville ou de Rezonville) en Moselle ; Bazaine n'utilise pas sa supériorité numérique pour stopper l'offensive prussienneFrançois Roth, op. cit, .. l'armée du maréchal de Mac-Mahon se replie sur Châlons. les Allemands mettent le siège devant Toul. affaire de Hautefaye en Dordogne, à la foire annuelle aux bestiaux où vient de parvenir la nouvelle du désastre de Reichshoffen : dans l'après-midi, un jeune aristocrate, Alain de Monéys, accusé à tort d'être au service de la Prusse, est roué de coups, torturé et brûlé vif par la foule. L'affaire défraye la chronique qui colporte des rumeurs de cannibalisme et de retour des jacqueries. : le général Trochu est nommé au poste de gouverneur militaire de Paris. : bataille de Saint-Privat-la-Montagne (ou bataille de Gravelotte) ; par son inaction, Bazaine laisse la victoire aux Prussiens. : le maréchal Bazaine s'enferme dans Metz avec . : début du blocus de Metz. La troisième armée allemande marche sur ParisFrançois Roth, op. cit, . : avec les restes de l'armée du Rhin, Mac-Mahon reconstitue une armée pour tenter de dégager Bazaine de Metz. L'empereur Napoléon III se joint à la troupe. À la suite de mouvements indécis, Mac-Mahon, le commandant en chef de l'armée dite du camp de Châlons, décide de se replier vers la forteresse de Sedan. : l'Etat major allemand est informé du mouvement de l'armée du camp de Châlons ; deux armées prussiennes se mettent en marche sur Sedan. : protégeant le flanc droit de l'armée Mac-Mahon Le Général de Failly est battu à la bataille de Beaumont, Mac-Mahon se retire sur la place forte de Sedan. : victoire prussienne à la bataille de Noisseville et à la bataille de Bazeilles.
Septembre vignette| : capitulation de Sedan. vignette|redresse| : Gambetta proclamant la République à l'Hôtel de ville de Paris vignette|redresse|Eugénie fuyant le palais des Tuileries, le 4 septembre 1870, André Castaigne. vignette|redresse|Le Neptune, le premier ballon utilisé pour transporter le courrier pendant le siège de Paris, 23 septembre 1870. vignette|redresse| : La capitulation de Strasbourg - Départ des prisonniers français (sur la Illustrated London News du 15 octobre 1870)
: bataille de Sedan. : en présence de Guillaume roi de Prusse et de Napoléon III, signature de l'acte de reddition de Sedan par les généraux von Moltke (prussien) et de Wimpffen (français) au Château de Bellevue situé au sud de Sedan sur les coteaux de la Meuse. L'empereur Napoléon III est fait prisonnier avec . : Napoléon III considéré comme prisonnier de guerre est emmené en captivité en Allemagne (à Wilhelmshoehe, près de Kassel). Le même jour à Paris la déchéance de l'empereur est prononcée et la république proclamée ; une foule de Parisiens envahit le Palais Bourbon. Les députés républicains (Gambetta, Favre, Ferry…) proclament la République et la fin de l'Empire sur la place de l’Hôtel-de-Ville. Ils instaurent un Gouvernement de la Défense nationale et un ministère dit « du » ; le jeune prince impérial se réfugie en Belgique.
le Corps législatif est dissout et le Sénat supprimé. Georges Clemenceau (29 ans) est nommé par Étienne Arago maire du arrondissement de Paris. des comités de vigilance commencent à se constituer par arrondissement. Victor Hugo rentre de son exil de Guernesey via Bruxelles à Paris où il est reçu triomphalement. un comité de salut public ou commission départementale provisoire des Bouches-du-Rhône s'installe à la préfecture de Marseille. : le prince impérial débarque à Hastings en Angleterre où il est rejoint par sa mère l'impératrice Eugénie le .
Léon Gambetta demande aux administrateurs provisoires et aux préfets de « s'appuyer sur les conseils municipaux élus sous l'influence du courant libéral et démocratique … ou sur des municipalités provisoires ». un arrêté du préfet Émile de Kératry remplace l'appellation de sergents de ville par celle de gardiens de la paix publique. : décret convoquant les collèges électoraux pour le « à l'effet d'élire une assemblée nationale constituante ». : capitulation de Laon. : création d'une fédération des comités de vigilance, qui se sont constitués lors des cinq derniers jours dans les arrondissements parisiens, le « Comité central républicain des Vingt arrondissements », regroupant les blanquistes, les socialistes et les radicaux. Il adopte dans la nuit du 13 au un programme révolutionnaire qui est affiché sur les murs de Paris. : le gouvernement, afin de conserver « sa complète liberté d'action pour organiser la défense dans les départements et maintenir l'administration », désigne, Adolphe Crémieux, le garde des Sceaux comme « délégué pour représenter le gouvernement et en exercer les pouvoirs », et Tours devient le siège de la délégation du gouvernement de la Défense nationale. 12 - : Adolphe Thiers est à Londres, mandaté par Jules Favre, ministre des Affaires étrangères pour plaider la cause de la France ; il se rend en mission à Vienne le puis à Saint-Pétersbourg le Alfred-Oscar Wachter, op. cit, ..
décret fixant les élections municipales au 25 et , et avançant les élections à la Constituante au (elles seront ajournée sine die le ).