L'Anglaise et le Duc est un film franco-allemand d'Éric Rohmer sorti en 2001. C'est une adaptation des mémoires de Grace Elliott dans lesquelles l'auteur, une aristocrate anglaise vivant à Paris proche de Philippe Égalité, raconte la manière dont elle a vécu la Révolution française. Après La Marquise d'O… (1976) et Perceval le Gallois (1978), c'est le troisième film historique d'Éric Rohmer.
Pour la première fois, Éric Rohmer a recours au numérique. Il l'utilise de manière novatrice en demandant à un peintre de réaliser des toiles représentant fidèlement le Paris de la fin du et en utilisant ces toiles comme décor pour les scènes extérieures filmées sur fond vert.
Synopsis Le , à la veille de la fête de la Fédération, un an après la prise de la Bastille. Philippe Égalité, duc d'Orléans, de retour d'un voyage en Angleterre, rend visite à la comtesse écossaise Grace Elliott, autrefois sa maîtresse et aujourd'hui une amie dévouée. Le duc soutient la révolution et affiche son mépris pour le roi Louis XVI, mais il a des craintes pour l'avenir. Il conseille vivement à la comtesse de retourner dans son pays d'origine. Elle est fidèle à la Couronne et n'a pas l'intention de quitter la France.
. Deux ans plus tard. Le peuple de Paris prend d'assaut les Tuileries et Louis XVI est emprisonné avec sa famille dans la Tour du Temple. La chasse aux nobles s'intensifie, la ville est en ébullition. La comtesse décide de se réfugier dans la résidence de campagne de Meudon. Comme il est impossible de se déplacer en carrosse, elle marche, accompagnée de sa servante, dans les rues encombrées de cadavres. Épuisée, effrayée, les pieds endoloris, elle arrive enfin à destination tard dans la nuit.
. Des bandes organisées prennent d'assaut les prisons pour tuer les prisonniers politiques. Grace est appelée au secours du marquis de Champcenetz, ancien gouverneur des Tuileries, blessé et traqué, par un ami de la ville. En traversant le centre de Paris, elle assiste à un terrible spectacle : au sommet d'une pique, la tête de la princesse de Lamballe, confidente de la reine Marie-Antoinette, est portée en trophée par les rebelles. Accueilli par Grace dans sa maison, elle cache le Marquis de Champcenetz sous son lit lors d'une perquisition. Le duc ne cache pas son hostilité à l'égard du réfugié, avec lequel il a eu des différends dans le passé, mais par amitié pour Grace, il l'aide à se réfugier en Angleterre.
. Le roi est en procès. Le duc de Biron, haut officier girondin révoqué de force, se rend chez Grace sous prétexte de faire lire ses papiers, en réalité pour rencontrer Orléans, député jacobin à la Convention : Grace et lui tentent de le convaincre de sauver le roi, dont il est le cousin. Le dimanche soir, la comtesse est invitée par de Biron à l'hôtel Saint Marc où il réside. Avec le général Dumouriez, également Girondin, et Madame Laurent, ils attendent les résultats du procès. Un messager apporte la nouvelle que le duc a voté en faveur de la condamnation de Louis XVI. Le , le roi est guillotiné. Grace suit l'exécution depuis la terrasse du château de Meudon.
Mars, . Le Tribunal révolutionnaire est créé et bientôt Grace et le duc sont eux aussi victimes de la Terreur. Le duc, isolé et en disgrâce depuis que son fils Philippe a suivi le général Dumouriez, qui s'est réfugié dans l'archiduché d'Autriche pour se sauver des accusations de ses ennemis et a donc été considéré comme un ennemi de la Révolution, est arrêté et guillotiné en novembre. Grâce, arrêtée et convoquée devant un tribunal populaire, est libérée une première fois grâce à l'intervention de Robespierre ; la seconde fois, dans l'attente de sa condamnation, alors que ses codétenus, dont Biron, sont tués les uns après les autres, elle est sauvée grâce à la chute de Robespierre lui-même.
Fiche technique Titre original : L'Anglaise et le Duc Réalisation : Éric Rohmer Scénario : Éric Rohmer, d'après le récit Journal de ma vie durant la Révolution Française de Grace Elliott Décors intérieurs : Antoine Fontaine Décors extérieurs : Jean-Baptiste Marot Costumes : Gilles Bodu-Lemoine, Pierre-Jean Larroque, Maritza Reitzman Photographie : Diane Baratier Son : Pascal Ribier Montage : Mary Stephen Musique : Bécourt, François-Joseph Gossec Production exécutive : François Ivernel, Romain Le Grand, Léonard Glowinski Production déléguée : Françoise Etchegaray Production associée : Pierre Rissient et Pierre Cottrell Sociétés de production : Compagnie Eric Rohmer, Pathé Image Production, France 3 Cinéma KC Medien Société de distribution : Pathé Pays de production : , Format : couleur — Betacam numérique kinescopé en 35mmPhilippe Fauvel, Filmographie in "Rohmer et les Autres" [en ligne]. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2007 (consulté le 06 octobre 2013). Disponible sur Internet. — 1,77:1 — son DTS Genre : historique Durée : 129 minutes Date de sortie : France : Québec :
Distribution
Bande originale Ah ! ça ira et La Carmagnole de Claude Balbastre interprétés par Jean-Louis Valero "Marche lugubre" de François-Joseph Gossec, interprétée par l’Orchestre de La Grande Écurie et la Chambre du Roy, dirigé par Jean-Claude Malgoire.
Production thumb|Portrait de Grace Dalrymple Elliott (1754–1823) par Thomas Gainsborough. thumb|Portrait de Philippe-Égalité par Antoine-François Callet.
Genèse du projet Après La Marquise d'O... (1976) et Perceval le Gallois (1978), c'est le troisième film historique d'Éric Rohmer.
Rohmer a l'habitude de travailler avec des moyens légers et de petits budgets. Pour ce film, il a besoin d'un budget plus important (40 millions de francs, soit 6 millions d'euros).
Adaptation Le scénario ne reprend qu'une partie des Mémoires de Grâce Elliott et s'arrête au moment de sa libération en 1793. Rohmer n'a pas repris le récit de sa vie en prison, et recentré l'intrigue sur la relation de Grâce Elliott et du duc d'Orléans. Par ailleurs, il a aussi ajouté des développements. Il a notamment imaginé les détails de la traversée de Paris pour aller à Meudon.
Décor et méthode de tournage Pour reconstituer le Paris de l'époque de la Révolution, Rohmer a demandé au peintre Jean-Baptiste Marot de réaliser des toiles représentant les rues de Paris
Analyse Thématiques Même s'il s'agit d'un film historique, on retrouve dans ce film des thèmes récurrents de Rohmer comme l'opposition entre Paris et la banlieue.
Accueil critique Le réalisateur Philippe Garrel a adoré ce film. Dans un entretien aux Inrockuptibles en 2011, il déclare avoir trouvé ce film bien meilleur que celui qu'il venait de faire à l'époque :
Distinctions 2002 : nommé pour le César des meilleurs costumes, Pierre-Jean Larroque 2002 : nommés pour le César des meilleurs décors, Antoine Fontaine et Jean-Baptiste Marot 2001 : nommé pour la meilleure réalisation au prix du cinéma européen, Éric Rohmer
Bibliographie Montero, José Francisco et Paredes, Israel. Imágenes de la Revolución. La inglesa y el duque/La commune (París, 1871). 2011. Shangrila Ediciones. lire en ligne sous la direction de Jean Cléder, « L'Anglaise et le Duc », Eric Rohmer. Evidence et ambiguïté du cinéma, Editions Le Bord de L'Eau, Lormont, 2007, 138 p., ,
Notes et références
Liens externes
Entretien avec Éric Rohmer
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