Fernand Meyssonnier, né le à Alger en Algérie française et mort le à Cavaillon, fut un des derniers bourreaux en FranceLe dernier bourreau pour la métropole était Marcel Chevalier., contractuel de la République française chargé de l'exécution de la peine capitale, notamment pendant la guerre d'Algérie.
Biographie
Enfant, il désire devenir danseur et adore l'opéra. Son père, Maurice Meyssonnier, électricien, étant devenu, par le hasard d'une rencontre, exécuteur adjoint trois ans plus tôt, Fernand a pour parrain Henri RochSélection du Reader's digest n°672, février 2003, p.96, dit « Monsieur d'Alger », exécuteur en chef des arrêts criminels en Algérie. Il quitte l'école à treize ans et travaille aux ateliers des PTT.
A l'âge de seize ansSélection du Reader's digest n°672, février 2003, p.97, en juillet 1947, il assiste à sa première exécution, dirigée par André Berger, neveu et successeur de Roch. Dans les semaines qui suivent, il devient aide auxiliaire de Berger. D'abord chargé du montage et démontage de la guillotine, peu après que son père ait été titularisé exécuteur en chef suite au décès accidentel de Berger, il est officiellement nommé premier adjoint en 1957, chargé notamment de tenir la tête du condamné au moment de son exécutionSélection du Reader's digest n°672, février 2003, p.96 : "Dès l'âge de seize ans, aux côtés de son père, il participe, en tant qu'adjoint bénévole, au montage et au démontage de la guillotine. A vingt-six ans, il remplit les fonctions de premier adjoint, tient la tête du condamné au moment de l'exécution et touche son premier salaire.Patricia Tourancheau. Meyssonnier, bourreau à Alger. Libération, 9 octobre 2006. Lire en ligne.
Pendant la guerre d'indépendance, Fernand Meyssonnier participa à l'exécution de près de deux cents condamnés entre 1947 et 1961Sélection du Reader's digest n°672, février 2003, p.96 : "De 1947 à 1961, Fernand Meyssonnier a participé à l'exécution de condamnés à mort en Afrique du Nord, où officiait déjà son père. Environ deux cents estime-t-il.", dont deux en tant que remplaçant de son père malade. Le , dans sa fonction de « photographe »Portrait du photographe : celui qui regardait la mort, documentaire de Jean-Denis Bonan, série Aléas, France 3, le 20 avril 2004 ( aux archives de l'Ina, inatheque.fr et à la BnF). pendant la décapitation, il tint par les oreilles la tête de Fernand Iveton, seul Européen guillotiné de la guerre d'Algérie. Il en dira : Pierre-Dominique Giacomini, J’ai tué pour rien, un commando Delta à Alger, éd. Fayard, 1974, .. À l'indépendance, à compter de 1959, l'État algérien abandonna l'usage de la guillotine, symbole à ses yeux de la colonisation, au profit du peloton d'exécution.. À partir de 1961, les exécutions capitales cessèrent en Algérie, et les exécuteurs rapatriés officiellement démis de leurs fonctions en 1964.
En 1961, peu avant l'indépendance algérienne, Fernand Meyssonnier partit s'installer à Tahiti et y vécut près de trente ansSélection du Reader's digest n°672, février 2003, p.99 : "Tahiti, Fernand y a vécu près de trente ans.". Il y rencontra sa future épouse Simone, qui lui donna une fille. Après un début de reconversion difficile, il sut rebondir et créa plusieurs entreprises (restauration, pressing) qui devinrent florissantes.
La charge d'« exécuteur en chef des arrêts criminels » et de ses aides prit fin en 1981 lors de l'abolition de la peine de mort en France métropolitaine.
Fernand Meyssonnier rentra en métropole en 1990, où il passa sa retraite à Fontaine-de-Vaucluse (Vaucluse) où il a ouvert son musée de la Justice et du Châtiment, mais devant le faible nombre de visiteurs, il décide de vendre sa collectionSélection du Reader's digest n°672, février 2003, p.99 : "Puis, à Fontaine-de-Vaucluse, où il vit, il crée le musée de la Justice et du Châtiment. La guillotine y trône, grandeur nature ; une tête baigne dans le formol, les instruments de torture les plus sophistiqués s'alignet derrière des vitrines. Mais la noirceur sied mal à la Provence. Le touriste ne suit pas. Écœuré, le collectionneur décide de vendre la totalité de ses pièces.". Le , sa collection de de torture devait être mise aux enchères à Paris, sous l'intitulé « Peines et châtiments d'autrefois ». L'événement ayant cependant suscité un certain tollé, il fut annulé« La vente aux enchères d'instruments de torture n'aura pas lieu » - Le Point / AFP, 31 mars 2012..
Souffrant d'un cancer du foie et de l'estomacSélection du Reader's digest n°672, février 2003, p.101, il meurt le à CavaillonÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970 à l'âge de 77 ans.
Personnes exécutées Il assiste son père lors de l'exécution de Madeleine Mouton (1910-1948), « l'empoisonneuse de Berthelot », guillotinée à Sidi Bel Abbès, le .
Notes et références
Annexes Bibliographie
Liens externes
Abolition : le bourreau a gardé la mémoire juste - Le Figaro Rencontre d'un ancien algérois avec Fernand Meyssonnier - alger-roi.net
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