Le tir aux pigeons d'argile, tir aux plateaux ou tir au plateau d'argile, ball-trap ou balltrap, tir aux clays (Belgique), ou tir à la volée (Canada) est un exercice d'adresse, d'entraînement à la chasse ou pratiqué comme activité sportive, consistant à abattre au fusil des plateaux constitués d'un mélange de brai de pétrole et d'un apport de calcaire projetés en l'air.
Histoire
La première mention d'un tir aux pigeons () semble datée de 1793, dans le magazine anglais . Comme ceux qui lui succéderont jusque dans les années 1920, il utilisait de vrais oiseaux vivants (en général des pigeons), libérés de leur cache (souvent un chapeau haut de forme) en tirant sur une ficelle, ce qui faisait nommer ce groupe de chasseurs le « club des chapeaux haut-de forme » (), jusqu'à ce qu'ils utilisent des boîtes au lieu des chapeaux.
Cincinnati disposait en 1831 d'une fosse olympique. Une association interétatique de () est créée en 1890, qui organisera cette pratique et en formalisera les règlements aux États-Unis.
À la fin du , alors que l'utilisation des oiseaux vivants est jugée honteuse ou peu éthique par le public, les oiseaux vivants sont peu à peu remplacés par le tir sur des cibles mouvantes mais artificielles, et la législation interdit le tir d'entraînement sur oiseaux vivants. Plusieurs variantes de boules de verre lancées en l'air, parfois remplies de plumes ont été essayées. En 1880, un oiseau d'argile est utilisé. Après quelques changements, il est devenu le plateau encore utilisé de nos jours. En , à Cincinnati, participent à la première session du « ».
Concernant les règles, le ball-trap, tel qu'il est aujourd'hui pratiqué (sur des « pigeons » simulés par des plateaux d'argile) aurait été inventé ou préfiguré dans les années 1920, dans le Massachusetts à Glen Rock Kennels, dans la ville d'Andover par l'Américain Charles Davies, un passionné de chasse à la perdrix. Il avait alors dénommé cette activité « » (littéralement tir à partir du tour de l'horloge, ou « » (littéralement tir à l'horloge). En effet, le parcours original se présentait comme un cercle de rayon de , dont la circonférence était dessinée comme une horloge avec une cible présentée à la position « ».
Sur ce site, la pratique du tir à partir de toutes les directions ont dû cesser pour des raisons de voisinage (un élevage de poulets s'était installé contre la propriété de C. Davies). Le jeu a ensuite évolué jusqu'à ses configurations actuelles, à partir de 1923, lorsque l'un des amateurs de « », William Foster Harnden, a proposé de positionner une seconde cible à la position et de donner au terrain la forme d'un demi-cercle. Foster était un illustrateur, notamment connu du monde de la chasse pour avoir illustré un ouvrage intitulé . Il travaillait aussi à promouvoir les produits de l'armurier Parker The Parker Gun Collectors Association. Il semble avoir vite senti le potentiel commercial de cette nouvelle activité en termes de vente de fusils et cartouches. Il a encouragé l'intérêt suscité par ce nouveau type de compétition. Il l'a notamment promu via le journal dont il était rédacteur en chef (et illustrateur ?). Le jeu a été élogieusement présenté dans le numéro Couverture de la Revue National Sportsman and Hunting and Fishing, février 1926, (voir archive). de de la revue, avec une illustration de couverture présentant un tireur devant une borne numérotée au-dessus d'un bandeau (). Un prix de a été offert à celui qui trouverait un nouveau nom pour cette activité. Le mot gagnant a été « », proposé par une certaine Gertrude Hurlbutt, de Dayton (Montana). Ce mot « » a été présenté comme dérivant du mot scandinave « skyte » qui signifie « tirer ». De nouveaux fusils dits « » ont été produits pour cette pratique, notamment par Parker.
En , une scission se manifeste dans l'association interétatique et une autre association d'amateurs de tir au pigeon se crée en : l'ATA (), basée à Vandalia dans l'Ohio, où se tient encore son grand tournoi annuel, le ( en ).
Lors de la Seconde Guerre mondiale, le tir aux pigeons d'argile s'est fait largement fait connaître des Américains et de soldats d'autres pays, en servant, dans plusieurs corps d'armée, de moyen d'entraînement des soldats au tir sur cible mobile, et aussi parfois de détente pour les officiers lors de leur temps de repos. De nombreux habitués du tir au pigeon se sont à cette époque fait embaucher comme instructeurs. Après l'armistice, une association nationale de a rapidement été créée (en ), nommée (NSSA), substantiellement financée au départ par la (NRA). Un championnat national de tir a été repris à Indianapolis dès . Le siège de la NSSA est maintenant basé à San Antonio, au Texas, où des concours nationaux et locaux sont encore organisés. Jerry Pardue, Skeet and trapshooting, consulté 5 juin 2011 (voir archive)..
En France Le , l'Union des sociétés de tir a fusionné avec la Fédération française de tir aux armes de chasse, en créant une nouvelle Fédération française de tir, jusqu'au , où à la suite d'une scission, une Fédération française de ball-trap est créée, pour la défense et le suivi des disciplines Ball Trap (d'abord non olympiques puis olympiques comprises). Pierre de Coubertin (qui a sept fois acquis le titre de champion de France au pistolet) avait imposé la pratique du tir aux premiers Jeux olympiques il y a plus d'un siècle (en ), ce qui a permis au ball-trap de s'inscrire dans les disciplines olympiques.
Les différentes disciplines du ball-trap Cette activité sportive regroupe plusieurs disciplines. Il y a des disciplines non olympiques qui sont gérées par la Fédération française de ball-trap (FFBT) comme la Fosse universelle (FU), le Parcours de Chasse (PC), le (CS) et la DTL (ex-Fosse Euro, le Sanglier Courant et les Hélices).
Les disciplines olympiques sont quant à elles gérées par la Fédération française de tir (FFTir) comme la fosse olympique (FO), le double trap (DT) et le skeet olympique (SO).
La Fosse universelle
La Fosse universelle comporte cinq appareils de lancement qui sont placés dans une excavation munie d’un toit fixe ou articulé. Les cinq appareils sont disposés en ligne droite sur des supports scellés, rigoureusement alignés et parfaitement de niveau, ils sont numérotés de gauche à droite, de 1 à 5. Les cinq supports sont placés de telle sorte que les cinq lanceurs étant armés avec un plateau sur le bras de lancement de chacun d’eux, on ait : une distance horizontale de minimum et de maximum entre le centre des deux plateaux disposés sur les deux appareils voisins, prêts pour le lancement une distance verticale de entre le centre de chaque plateau pris à la calotte supérieure et la face supérieure du plafond recouvrant la fosse, étant entendu que cette face du plafond correspond exactement au niveau du pas de tirRèglement international Fosse Universelle (23/09/2008)
Pas de tir : les pas de tir, constitués par des carrés de , sont disposés en ligne droite, parallèlement aux cinq appareils de la fosse. Une distance horizontale de doit être mesurée entre la ligne frontale des pas de tir et celle passant par les centres des plateaux en position de lancement sur les appareils. Une marque ou un plateau doit être disposé dans l’axe du pas de tir central sur le toit de la fosse (appareil 3 réglé à 0°) ou doit passer exactement par le centre des plateaux perpendiculairement à l’alignement des cinq appareils de lancement.
Les pas de tir sont disposés de sorte qu’il y en ait deux à gauche et deux à droite du pas de tir 3. Ils sont espacés de d’axe en axe, afin de laisser des intervalles de de largeur entre chacun des cinq pas de tir. Chaque pas de tir est équipé d’un support sur lequel les tireurs peuvent poser leurs cartouches.
Plateaux : les plateaux doivent avoir un diamètre de , une hauteur de 25 à et un poids compris entre 100 et . Pour les compétitions, les plateaux doivent être de la même couleur et de la même marque agréée. La situation du terrain et la couleur des plateaux doivent être telles, que ces derniers se détachent visiblement dans la zone de tir, sous des conditions de lumière normale.
Dispositif de lancement : les lanceurs doivent être commandés par un dispositif, déclencheur au son (électrique ou électronique), avec un séquenceur de manière que tous les tireurs puissent recevoir des plateaux identiques dans un ordre différent, mais sans savoir lequel des cinq appareils lancera le plateau.
Règlement des compétitions : ces règlements concernent les trajectoires des plateaux, les armes et munitions à utiliser, les vêtements, les positions de tir, les règles de tir, l’arbitrage, et l’organisation proprement dite des compétitions. Ces règlements sont édictés par la FITASC et par la Fédération française de ball-trap.
Le Parcours de chasse Selon la configuration du terrain, le stand de parcours de chasse doit être équipé d'un nombre suffisant de lanceurs de plateaux, pour que les tireurs retrouvent les conditions de tir de chasse au gibier nature : perdreaux, canards, faisans, bécasses, lapins Devant soi, rasant, en battue, traversant, demi-traversant, rentrant, en plaine, au bois, gênés ou non par des arbres, des massifs d'arbustes ou obstacles naturels.
Les pas de tir sont délimités par des carrés de de côté ou par des cercles de de diamètre. Ils sont disposés au gré du traceur officiel, suivant les trajectoires, la visibilité et le degré de difficulté recherchée en fonction de l’épreuve.
Les plateaux utilisés sont des plateaux normaux, battue, rabbit, bourdon, flash et éventuellement des électro-cibles.
Un minimum de quatre lanceurs est exigé pour les épreuves officielles sur parcours conventionnel ou trois lanceurs sur le système de ligne de tir FITASC. Ces lanceurs doivent être repérés par des lettres alphabétiques (a.b.c.d…) partant obligatoirement de la gauche vers la droite du pas de tirRèglement international du Parcours de chasse (23/09/08) ..
Le
Le est pratiquement identique au Parcours de Chasse. Il est mis en place sur un stand ou existent une fosse, un parcours de ou d'hélices
Cinq pas de tir, délimités par des carrés de de côté sont alignés en ligne droite et placés en arrière entre 8 et par rapport à une ligne virtuelle reliant la machine la plus proche du côté gauche à la machine la plus proche du côté droit des pas de tir.
Il doit y avoir un minimum de six (6) lanceurs, manuels, semi-automatiques ou automatiques, ou un mélange de ces différents types sont utilisés. Ils sont repérés A, B, C, D, E et F ou 1, 2, 3, 4, 5, 6 en allant de gauche à droite.
Les plateaux utilisés sont des plateaux normaux, battue, rabbit, bourdon, flash et éventuellement des électro-ciblesRèglement international du Compak Sporting (23/09/2008).
Le DTL (Down The Line) Le DTL consiste en une machine de lancement placée dans une fosse surélevée . La fosse doit être construite de matériaux qui doivent résister à l’impact des plombs tirés d’une cartouche à une distance de et garantir une protection totale de la personne desservant le lanceur (pulleur).
Cinq pas de tir sont répartis sur un arc de cercle à l’arrière de la fosse.
Le lanceur doit être capable de lancer des plateaux simples, dans les limites angulaires, de hauteurs et de distances (vitesse). Le lanceur est équipé d’un dispositif rendant les trajectoires aléatoires et totalement imprévisibles. Les plateaux partent dans un angle précis de de hauteur par rapport au sol, la machine doit également être positionnée à de chaque tireurs.
L’envoi du ou des plateaux peut être déclenché soit manuellement ou par un dispositif de déclenchement à la voix qui doit posséder le même retard à l’envoi qu’un système manuel, fil et bouton poussoirRèglement international de la Fosse Euro.
La fosse olympique Sont autorisés pour cette compétition tous les fusils dont le calibre ne dépasse pas le 12 et des cartouches chargées avec de plomb maximum.