Paul Frédéric Rollet, né le à Auxerre et mort le à Paris, est un général français, grand officier de la Légion d'honneur, connu pour avoir été le premier inspecteur de la Légion étrangère.
Figure légendaire de la Légion étrangère, surnommé le « Père de la Légion », il s'illustre au cours de trois grandes périodes au cours de sa carrière militaire. Tout d'abord comme capitaine commandant la compagnie montée du 2 régiment étranger (2e REI) entre 1909 et 1914, puis, au cours de la Première Guerre mondiale, comme colonel à la tête du régiment de marche de la Légion étrangère (RMLE) qu'il commande à partir de 1917 et finalement, comme organisateur des célébrations du centenaire de la Légion en 1931, qui culminent avec l’inauguration du monument aux morts sur la place d’armes du quartier Viénot à Sidi-bel-Abbès.
Biographie Famille Né à Auxerre, dans l’Yonne, où son père sert comme officier au d'infanterie de ligne, il est le fils de Louis Paul Frédéric Rollet (1846-1905), polytechnicien, futur général, et d'Élisa Dezoteux. Il descend du doyen Claude-Étienne Delvincourt et est un cousin germain du doyen Étienne Patte.
Il se marie le à Sidi-Bel-Abbès (Algérie) avec Alice Hébert.
Formation Il est admis à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr en 1894. Après de brillantes études, il est affecté au régiment d'infanterie à Mézières.
La Légion en Algérie et à Madagascar Il rejoint le régiment étranger à Sidi-Bel-Abbès en Algérie de 1899 à 1902. De 1902 à 1905, il est à Madagascar, avant de revenir en Algérie de 1905 à 1909. Promu capitaine en , il commande la compagnie montée du bataillon de marche du REI de 1909 à 1914.
Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le .
Première Guerre mondiale thumb|left|Drapeau du RMLE en 1917 tenu par le lieutenant-colonel Rollet. À gauche l'adjudant-chef Max Mader, « héros légendaire » du RMLE.
La Première Guerre mondiale éclate alors qu'il est en congé en France. Comme il veut absolument être au front, il se fait affecter au régiment d'infanterie, puis au régiment d'infanterie. Blessé deux fois, il est promu temporairement chef de bataillon, grâce à l'appui du général Gouraud. Après plusieurs victoires, il devient chef de bataillon à titre définitif. Il est promu officier de la Légion d'honneur le .
Le , il retrouve la Légion étrangère et prend le commandement du régiment de marche (RMLE) comme lieutenant-colonel.
Sous son commandement, le régiment se couvrira de gloire lors des combats de Hangard-en-Santerre, de la Montagne de Paris, puis en perçant la ligne Hindenburg, combat qui deviendra la fête du REI, régiment héritier des traditions du RMLE. Le drapeau du régiment est alors décoré de quatre nouvelles citations (il en avait déjà cinq) ainsi que de la fourragère double, aux couleurs de la Légion d'honneur et de la Croix de guerre.
Pacification du Maroc À la fin de la guerre 1914-1918, il participe à la pacification du Maroc avec son régiment devenu le REI. Il est promu commandeur de la Légion d'honneur le .
Après-guerre Promu colonel en , il prend le commandement du régiment étranger à Sidi-Bel-Abbès. Il y restera jusqu’à l'organisation des fêtes du « centenaire » de la création de la Légion étrangère, en 1831, mais célébrées le jour anniversaire du combat de Camerone le .
Le , il prend le commandement de l'Inspection de la Légion étrangère, poste créé tout spécialement à son intention.
L’Académie française lui décerne le prix Thérouanne en 1934 pour son Livre d’or de la Légion étrangère.
Après plusieurs années de combat, et de victoires, il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur le et prend sa retraite le . Il aura effectué 41 années de service militaire, dont 33 ans à la Légion.
Il a consacré les dernières années de sa carrière à l’organisation de la Légion étrangère moderne et à la réalisation d’une œuvre sociale considérable au profit des légionnaires d’active, comme des anciens. Il poursuivra son action sociale après avoir quitté le service actif.
Paul Rollet meurt le à Paris et est inhumé à Puyloubier (Bouches-du-Rhône)Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Cherche Midi, 2011, p. 37. En ligne..
Le général Rollet est une figure légendaire de la Légion étrangère, grâce à ses qualités de chef, mais aussi de soldat, d'homme de caractère et de cœur. Il est encore surnommé « Père de la Légion ». Ce titre reflète son implication dans l'organisation des unités, ainsi que l'amour qu'il donnait à ses hommes et à sa fonction.
Son portait est traditionnellement affiché dans tous les bureaux de la Légion Étrangère au-dessus de celui du COMLE et du chef de corps.
Décorations
Décorations françaises 50x50px Grand officier de la Légion d'honneur () Commandeur () Officier () Chevalier () avec 7 palmes et une étoile de vermeil 50x50px Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs avec 2 palmes 50x50px Médaille commémorative du Maroc avec agrafes : OUDJA-MAROC-HAUT-GUIR avec agrafes SAHARA-MAROC-ALGÉRIE-MADAGASCAR 50x50px Croix du combattant 50x50px Médaille interalliée 1914-1918
(1911) 50x50px Médaille commémorative de la bataille de Verdun (médaille non officielle)
Décorations étrangères 50x50px Grand-croix de l'Ordre royal du Cambodge () 50x50px Commandeur de l’Ordre de la Couronne de chêne (Luxembourg – 1931) 50x50px Commandeur de l'Ordre de la Couronne de Roumanie (1917) Commandeur de la Croix rouge espagnole (1925) 50x50px Commandeur de l'Ordre du prince Danilo Ier (Monténégro – 1917) 50x50px Commandeur de l'Ordre du Mérite civil d’Espagne (1930) 50x50px Grand officier de l'Ordre du Ouissam alaouite (1931) 50x50px Grand officier du Nichan Iftikhar (1931) 50x50px Grand officier de l'ordre de Saint-Charles (Principauté de Monaco 1931) 50x50px Grand-croix de l'Ordre du Mérite militaire d'Espagne (1920) Officier de l'Ordre chérifien du Ouissan hafidien (1911) Ordre du Muniséraphon, ordre académique du Royaume du Cambodge (1936)
Notes et références
Bibliographie Pierre Soulié, Le général Paul-Frédéric Rollet, Éditions Italiques, Triel-sur-Seine ; Légion étrangère, Société des amis du Musée, Marseille, 2007 ( éd. 2001), 735 p. Louis Garros, « Deux de la Légion, Mader et Rollet » in Historama, n°142, , pp. 37–46.
Voir aussi Liens externes
Base Léonore Paul-Frédéric Rollet sur le site de la Légion étrangère
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