Lhistoire militaire des États-Unis s'étend sur une période de moins de deux siècles et demi. D'une alliance des treize premières colonies britanniques sans armée professionnelle, elle devient la seule superpuissance de la fin du et du début du .

Vue d'ensemble

Jusqu’à la convention de Philadelphie, la présence militaire dans ce qui deviendra les États-Unis était organisée dans chaque État soit sous forme de milices volontaires, soit sous forme de milices conscrites. À partir de 1789, la Constitution américaine donne pouvoir au Congrès d'établir des taxes pour créer une marine et une armée nationales. Par la suite, la législation fédérale permit un système militaire national moderne dans le pays. Historiquement, les dépenses budgétaires du gouvernement affectées à la défense nationale ont souvent été une question controversée politiquement.

En 2007, l'armée des États-Unis se compose d'une armée de terre (US Army), d'une marine (US Navy), d'une armée de l'air (US Air Force) et du Corps des marines, qui sont sous le commandement du département de la Défense (équivalent d'un ministère). L'armée américaine comporte également les garde-côtes qui dépendent du département de la Sécurité intérieure. Le président des États-Unis est le commandant en chef (Commander in Chief) de chaque corps d'armée. Par ailleurs, chaque État possède une Garde nationale commandée par le gouverneur de l'État et coordonnée par un Bureau des Gardes nationaux. Le président des États-Unis a, en cas de crise nationale, l'autorité pour assurer le contrôle de chaque unité de Gardes nationaux.

Chronologie Les guerres coloniales (1620–1774) À ses tout débuts, l'Armée américaine consistait simplement en des frontaliers civils, armés pour la chasse et pour la survie primaire dans des contrées sauvages. Ces hommes étaient organisés en milices locales pour de petites opérations militaires, le plus souvent contre les Indiens mais aussi afin de résister aux raids des petites escouades des colonies européennes voisines. Ils comptaient sur le renfort de l'armée régulière britannique pour les opérations militaires de plus grande envergure.

Dans les premières années de la colonisation britannique de l'Amérique du Nord, les actions militaires dans les colonies qui deviendront les États-Unis étaient la conséquence des conflits avec les Indiens, comme la guerre des Pequots en 1637 et la guerre du Roi Philip en 1675. Les soulèvements d'esclaves comme la rébellion de Stono en 1739, les conflits entre les colonies comme la guerre des Pennamites ainsi que les actions des Green Mountain Boys, font aussi partie de l'histoire militaire coloniale.

À partir de 1689, les colonies devinrent aussi fréquemment impliquées dans toute une série de guerres entre la Grande-Bretagne et la France pour le contrôle de l'Amérique du Nord, les plus importantes d'entre elles étant la guerre de la Reine Anne, au cours de laquelle les Britanniques annexèrent l'Acadie française, ainsi que la guerre franco-indienne (1754–1763), à l'issue de laquelle la Grande-Bretagne devait mettre fin à la présence française en Amérique du Nord. Cette ultime guerre devait permettre à des milliers de colons, parmi lesquels George Washington, d'acquérir une expérience militaire qu'ils mirent à profit plus tard lors de la guerre d'Indépendance.

La guerre d'Indépendance (1775–1783)

thumb|Washington et Lafayette à Valley Forge en 1778 par John Ward Dunsmore.

Les problèmes politiques continuent entre la Grande-Bretagne et les treize colonies se transformèrent en une véritable crise en 1774 quand les Britanniques décrétèrent la loi martiale dans la province du Massachusetts. Alors que les combats commençaient à Lexington et Concord en 1775, le Congrès nomma George Washington commandant en chef de la toute nouvelle Armée continentale, qui fut renforcée tout au long de la guerre par les milices coloniales. Le général Washington n'était pas un grand tacticien militaire — il perdit plus de batailles qu'il n'en gagna — mais sa stratégie globale s'est montrée bonne : il a gardé l'armée intacte, usé la détermination des Britanniques, et évité les batailles décisives sauf pour exploiter les erreurs de l'ennemi.

Les Britanniques de leur côté manquaient à la fois d'un commandement unifié et d'une stratégie claire pour la victoire. Grâce à leur marine royale, les Britanniques étaient capables de conquérir les villes côtières, mais le contrôle de l'intérieur des terres leur échappait. Une invasion britannique en 1777 se termina par la désastreuse défaite de l'armée anglaise lors de la bataille de Saratoga. Avec l'arrivée en 1777 du général von Steuben, d'origine prussienne, l'entraînement et la discipline de l'armée continentale s'améliora de manière très importante. La France et l'Espagne entrèrent alors en guerre contre la Grande-Bretagne.

Une série de victoires britanniques devait détourner l'attention sur les États du Sud, mais la guérilla et la ténacité de l'armée du général Nathanael Greene empêchèrent les Anglais de faire des avancées stratégiques. La victoire française à la bataille de la baie de Chesapeake conduisit à la capitulation de l'armée britannique à Yorktown en 1781, qui aboutit au traité de Paris en 1783, traité qui reconnaissait l'indépendance des États-Unis.

Comme beaucoup d’Américains de la génération de l'indépendance avaient une forte méfiance des armées permanentes, l'Armée continentale fut rapidement dissoute après l'indépendance. Le général Washington, qui rendait compte tout au long de la guerre à des responsables élus, prévit une crise potentielle et soumit sa démission de commandant en chef au Congrès après l'indépendance, créant ainsi la tradition du contrôle civil de l'Armée américaine.

Début de la période nationale (1783–1815)

Après l'indépendance, les États-Unis furent confrontés à de potentiels conflits en mer ainsi que sur leur frontière de l'ouest. Ils étaient une puissance militaire mineure pendant cette période, avec une armée et une marine modeste. La méfiance traditionnelle à l'égard des armées régulières combinée à la croyance exagérée en l'efficacité des milices volontaires empêcha le développement d'unités bien entraînées et d'un corps d'officiers professionnels. Les tenants de la politique de Jefferson préféraient une armée et une marine les plus petites possibles, craignant qu'une grande armée entraîne trop souvent les États-Unis dans des guerres extérieures et qu'elle permettrait à un tyran de prendre le pouvoir.

Dans le traité de Paris signé à l'issue de l'indépendance américaine, les Anglais avaient cédé aux Américains les territoires situés entre les Appalaches et le Mississippi sans consulter les Amérindiens qui y vivaient. Compte tenu du fait que plusieurs tribus avaient combattu aux côtés de la Grande-Bretagne, les États-Unis contraignirent les chefs tribaux à signer des traités leur faisant abandonner la propriété de ces territoires. Les États-Unis commencèrent alors à diviser ces terres pour la colonisation. Cela provoqua une guerre dans la région du Nord-Ouest dans laquelle l'armée des États-Unis fut mauvaise. La bataille de la Wabash en 1791 fut la plus sévère défaite concédée par les États-Unis aux Amérindiens. Le président Washington envoya une armée fraîchement entraînée dans la région qui infligea une défaite décisive aux Amérindiens à la bataille de Fallen Timbers en 1795.

Quand la France révolutionnaire déclara la guerre à la Grande-Bretagne en 1793, les États-Unis cherchèrent à rester neutres, mais le traité de Londres, qui était favorable à la Grande-Bretagne, déclencha une guerre larvée contre les Français, la « quasi-guerre ». Après des combats en mer de 1798 à 1801, les États-Unis remportèrent une série de victoires dans les Caraïbes. George Washington fut rappelé de sa retraite pour prendre la tête d'une armée de réserve en cas d'invasion par la France, mais le président John Adams s'arrangea pour négocier un cessez-le-feu.

thumb|upright=1.4|« Nous avons rencontré l'ennemi et nous l'avons capturé. » Commandant Oliver Hazard Perry. La bataille du lac Erié en 1813 fut un important tournant dans la guerre de 1812. (Peinture de William H. Powell, 1865)

En 1801, les États-Unis menèrent une autre guerre non déclarée, cette fois-ci avec la ville-État de Tripoli. Quand le président Thomas Jefferson cessa de payer le tribut aux États Barbaresques, la Première Guerre Barbaresque éclata. Après la capture de l'USS Philadelphia en 1803, le lieutenant Stephen Decatur mena un raid pour brûler le navire dérobé, ce qui empêcha Tripoli de l'utiliser ou de le vendre. En 1805, après que William Eaton s'empara de la ville de Derna, Tripoli accepta un traité de paix. Les autres États Barbaresques continuèrent les raids contre les navires américains jusqu’à ce que la Deuxième Guerre Barbaresque en 1815 mit fin à cette pratique.

La guerre la plus importante que les États-Unis ont menée pendant cette période fut de loin la guerre de 1812. Quand la Grande-Bretagne et la France entrèrent à nouveau en guerre en 1803 avec une vigueur accrue, les États-Unis tentèrent de rester neutres tout en continuant le commerce maritime. Ceci s'avéra difficile et les États-Unis finirent par déclarer la guerre à la Grande-Bretagne en 1812, ce qui fut la première fois où les États-Unis déclarèrent officiellement la guerre. Avec peu d'espoir de vaincre la Royal Navy, les États-Unis attaquèrent l'Empire britannique en envahissant le Canada britannique, espérant ainsi utiliser les territoires conquis comme monnaie d'échange. L'invasion du Canada fut un complet désastre, bien que les guerres concomitantes contre les Amérindiens sur le front ouest (la guerre de Tecumseh et la guerre Creek) connurent plus de succès. Après avoir vaincu Napoléon en 1814, la Grande-Bretagne fut capable d'envoyer des troupes d'Europe en Amérique, ce qui aboutit à l'incendie de Washington le 1814, bien que la campagne de la Baie de Chesapeake fût stoppée lors de la bataille de Baltimore. Une deuxième offensive britannique fut arrêtée par Andrew Jackson à la bataille de La Nouvelle-Orléans. Pendant ce temps-là, les diplomates en Europe avaient signé un traité de paix, rétablissant ainsi le statu quo ante bellum.

L'expansion continentale (1816–1860)

thumb|Cette œuvre, peinte vers 1872 par John Gast intitulée American Progress est une représentation allégorique du Progrès, de la « Destinée manifeste ».

Une fois l'indépendance des États-Unis établie, les efforts militaires se sont concentrés sur le continent afin d'y assurer un rôle dominant, une idée connu sous le nom de « Destinée manifeste ».

Bien que la guerre de 1812 se termina sur un statu quo entre les États-Unis et la Grande-Bretagne en 1815, la frontière fut surtout étendue en 1818 avec la première guerre séminole. Après la guerre de 1812, il y eut la guerre séminole, la guerre de Black Hawket la période de déplacement des Indiens.

La révolution texane fut une guerre qui dura du 1835 au 1836 entre le Mexique et la province séparatiste du Texas. En , le général mexicain Santa Anna mena son armée au Texas. Retardé par la défense opposée à Alamo, il le prit et fusilla les prisonniers. Les Texans déclarèrent leur indépendance le . Le Texan Sam Houston battit en retraite avec succès, mais d'autres insurgés furent battus à Goliad où Santa Anna fusilla les prisonniers. Mais il fut vaincu et capturé à San Jacinto le . Santa Anna signa un traité reconnaissant l'indépendance du Texas et ses frontières élargies. Le gouvernement mexicain ne reconnut pas le traité et voulu réannexer le Texas, ce qui déclencha la guerre américano-mexicaine en 1846.

Les troupes américaines furent envoyées dans l'Utah lors de la guerre de l'Utah contre les colons mormons pour réaffirmer la primauté fédérale dans la région.

La Guerre civile américaine (1861–1865)