vignette|254x254px|Prison Mittersteig. Margareten est le cinquième arrondissement de Vienne. En 1861, il fut séparé du Wieden et érigé en arrondissement indépendant. Margareten est typique des arrondissements centraux de la ville : densément peuplé avec peu d'espaces verts. Il est considéré comme un arrondissement populaire et concentre beaucoup de HLM.
Géographie
Margareten est entouré des arrondissements suivants : le , Mariahilf au nord ; le , Wieden à l'est ; le , Favoriten au sud ; le , Meidling à l'ouest. Il se situe au sud-ouest du centre historique de Vienne.
Le point le plus bas se trouve à au-dessus du niveau de la mer. Le dénivelé ne dépasse pas .
63,8 % de la surface de l'arrondissement sont occupés par des bâtiments (moyenne de la ville 33,32), dont 82 % sont des bâtiments d'habitations. Les voies de circulation constituent 31,7 % de la surface totale (moyenne de la ville 13,75) et les espaces vers 4,54 % (moyenne de la ville 48,26), dont 91,54 % sont des parcs. Seuls trois arrondissements (Josefstadt, Neubau et Mariahilf) possèdent moins d'espaces verts que Margareten.
Dans le quartier de Siebenbrunnenfeld se trouvent diverses sources d'eau. En 1562, la cour impériale reçut de Ferdinand son premier réseau de canalisation à partir de ces sources. L'eau était collectée en sept puits (sieben Brunnen, en allemand) et était conduite dans un réservoir dans Vienne, d'où elle était conduite au palais impérial. Les citoyens reçurent l'autorisation d'utiliser cette eau en 1829 à partir de la fontaine située sur la Margaretenplatz. Aujourd'hui, ces sept sources sont représentées par la fontaine sur la Siebenbrunnenplatz.
Histoire La formation de l'arrondissement
Avant 1850, l'arrondissement de Margareten comprenait plusieurs banlieues indépendantes : Hundsturm (dont une partie appartient aujourd'hui au ), Hungelbrunn (aujourd'hui partagé avec le ), Laurenzergrund, Margareten, Matzleinsdorf, Nikolsdorf, Reinprechtsdorf.
Toutes ces banlieues ainsi que d'autres au sud du fleuve Wien furent intégrées à Vienne au sein du Wieden le . Après de longues discussions au sein de l'arrondissement nouvellement créé, on décidé dès 1861 de le diviser. Son étendue était pour l'époque jugée trop importante et sa structure sociale hétérogène problématique. La partie est, bourgeoise, comprenant habitants, resta le . La partie ouest, arrondissement ouvrier de habitants, constitua le . La prise en compte des différences sociales, économiques et architecturales accentuées avec le temps furent décisives dans ces nouvelles délimitations administratives par rapport à 1850. La police avait déjà divisé cet arrondissement en deux pour sa propre organisation. En 1874, Margareten perdit tout son territoire au sud de la Gürtel au profit du . En 1907, il en fut de même avec son territoire situé à l'ouest de la Gürtel qui fut attribué au . Ainsi étaient fixées les limites actuelles de l'arrondissement.
Jusqu'à la Première Guerre mondiale
Lors de sa création, le avait encore un caractère campagnard, surtout près du mur d'enceinte où se trouvaient de nombreux espaces verts : jardins, prés, champs, potagers. La partie sud-ouest de l'arrondissement devait rester vierge de construction car elle hébergeait les sept sources qui servaient aux canalisations de l'eau potable pour la cour. La partie située entre la Margaretenstraße et la Siebenbrunnengasse était peu peuplée. La Reinprechtsdorfer Straße n'était construite que dans sa partie nord. La plupart des rues se terminaient en cul-de-sac. Margareten était d'abord un arrondissement d'artisans. Au cours du , grâce à la croissance de sa population, il évolua en un arrondissement d'ouvriers. L'industrialisation galopante acheva de transformer cette banlieue campagnarde en un arrondissement de grande ville très urbanisé. En 1869, habitants y habitaient, répartis dans 921 immeubles. En 1892, les banlieues situé au-delà du mur d'enceinte furent aussi intégrées à la ville. Ce mur fut progressivement détruit à partir de 1894. La Gürtel qui se construisait progressivement depuis les années 1870 parallèlement au mur d'enceinte put donc être élargie sur le territoire de Margareten. Jusqu'en 1900, le nombre d'immeubles s'accrut et atteignit le nombre de 1579, pour appartements. Au tournant du siècle, personnes habitaient Margareten. Le principal problème de l'arrondissement résidait dans l'insalubrité des logements. Un appartement moyen comprenait une chambre et une cuisine mais hébergeait plus de 4 personnes.
Entre 1860 et 1912, plusieurs bâtiments importants furent construits : un orphelinat (1864), un centre d'hébergement pour les plus démunis ainsi qu'un hôpital (1865). Le nouvel hôtel de ville (commun aux et ) fut inauguré en 1867 et les bains publics en 1872. En 1877 fut fondée la plus ancienne institution privée de formation populaire. L'éclairage au gaz fut installé relativement tard, en 1899, et le fleuve Wien fut régulé entre 1895 et 1900. Sur les bords sud fut construite une ligne de chemin de fer pour le Stadtbahn qui fut inaugurée le . Il comprend les stations Pilgramgasse et Kettenbrückengasse au nord de l'arrondissement, aujourd'hui desservies par la ligne 4 du métro de Vienne. Entre 1907 et 1908 fut construite une synagogue, détruite pendant la Nuit de Cristal de 1938. À côté fut construit un centre de détention entre 1908 et 1910. Il accueille aujourd'hui (2008) 88 détenus et 55 fonctionnaires. Dès 1877, une ligne de tramway à cheval traversait l'arrondissement. Dans les années qui suivirent, d'autres lignes furent développées. En 1902, le réseau fut électrifié. La ligne de chemin de fer reliant Vienne à Baden est elle aussi plus que centenaire et traverse toujours l'arrondissement.
1918-1945
Bien que la population de Margareten se fût réduite, le besoin en logements continuait d'être important. Le nombre d'immeubles passa de 1563 à 1626 entre 1910 et 1923. Malgré de nombreuses constructions engagées par la municipalité, le nombre d'immeubles stagna ensuite et se retrouva en 1934 à 1618. Deux raisons expliquent ce phénomène : les immeubles construits étaient plus gros et plus haut. Le nombre d'immeubles de 4 ou 5 étages s'accrut. Pour pallier le manque d'habitations à la fin de la Première Guerre mondiale, on construisit des HLM. Les terrains vagues près de la Gürtel offraient la possibilité d'en construire de grands. Le premier comprenait par exemple 244 appartements. Cinq autres semblables furent construits jusqu'en 1930.
Pendant la guerre civile de 1934, Margareten fut un centre important, étant donné la proportion d'ouvriers dans sa population. Des combats eurent lieu le et ne cessèrent qu'au bout de 6 heures, avec la fin de la grève générale.
La synagogue de l'arrondissement fut incendiée pendant la Nuit de Cristal en . Pendant la Seconde Guerre mondiale, plusieurs parties de l'arrondissement furent détruites par des bombes, car plusieurs bâtiments importants se trouvaient sur son territoire où tout proche, comme la gare de Matzleinsdorf. Lors de la libération par l'armée rouge, il n'y eut pas de combats à Margareten car les nazis avaient pris la fuite à la suite d'une attaque aérienne. Le , l'armée rouge entrait à Margareten et y installait une commanderie. La plupart des rues n'étaient pas praticables, et il n'y avait ni électricité ni gaz, les transports en commun étaient hors service et les espaces verts servaient de dépôts pour les décombres et déchets. Manque de logement, maladie, famine et désorganisation étaient le quotidien viennois de l'immédiat après-guerre.
Depuis 1945
Pendant l'occupation (1945-1955), Margareten faisait partie du secteur anglais. Grâce à l'aide de pelleteuses et autre matériel anglais ainsi que l'intervention de personnes, l'arrondissement fut le premier à être nettoyé, le , après plus de heures de travail. La reconstruction put commencer. La construction de HLM reprit. On se décida cette fois pour des bâtiments séparés, et non des barres d'immeubles. Toutefois, la population ne cessa de décroître jusqu'en 2001. En revanche, la population immigrée augmenta considérablement.
Le principal problème des logements de Margareten est le vieillissement. Près de 60 % des immeubles ont été construits avant la Première Guerre mondiale. 75 % des appartements sont loués. Les HLM représentent 17 % des logements.
Comme dans les autres arrondissement, on fit progressivement de la place au trafic automobile en sacrifiant de nombreux immeubles. Les bus remplacèrent peu à peu les tramways qui furent construits le long de la Gürtel. Une église baroque dut pour ce faire être détruite en 1965, malgré les protestations de la population. En , la station de S-Bahn à Matzleinsdorfer Platz fut inauguré, offrant à Margareten un accès à un deuxième réseau important de transport local (avec le Stadtbahn). À partir de 1976, le Stadtbahn fut réaménagé et remplacé par la ligne 4 du métro en 1980.
En 1986, les bains publics furent détruits et remplacés trois ans plus tard par une piscine avec toboggan. Elle accueille depuis 2006 un club de sport. En 1990 fut installée une maison de retraite. La circulation automobile fut restreinte dans l'arrondissement, de nombreuses pistes cyclables mises en service.
Depuis l'an 2000, la part d'espaces verts à Margareten fut augmentée en ajoutant des arbres et des parcs au cours de travaux de voirie. Pour réduire le bruit près de la Gürtel causé par les voitures, les tramways et le S-Bahn, un mur de de haut et de long fut construit, en verre pour laisser passer suffisamment de lumière. Des panneaux photovoltaïques furent installés à son sommet.
Population Évolution
En 1869, habitants habitaient sur le territoire de l'arrondissement. En l'espace de 30 à 40 ans, la population doubla pour atteindre presque habitants. Bien que la construction de grands HLM ne commençât qu'après la Première Guerre mondiale, la population ne fit que chuter jusqu'au recensement de 2001. Depuis, une légère augmentation semble se dessiner. Avec habitants /km², Margareten est l'arrondissement de Vienne le plus densément peuplé.
Structure de la population
La proportion des personnes de plus de 60 ans est de 19,7 %, soit en dessous de la moyenne de Vienne qui se situe à 22,2 %. La proportion des moins de 15 ans est de 14,3 %. Avec 52,4 %, la proportion des femmes dans l'arrondissement est juste dans la moyenne de la ville.
Parmi les habitants de Margareten qui avait plus de 15 ans en 2001, 12,6 % avaient un diplôme de l'enseignement supérieur (moyenne de Vienne 11,8 %). 16,4 % avaient un bac général (Vienne 15,7), 34,2 % une formation professionnelle (Vienne 39,2 %) et 36,9 % ne sont allés à l'école que jusqu'à l'âge obligatoire (Vienne 33,2 %)
Le revenu annuel moyen d'un travailleur était en 2005 de net (Vienne ), celui d'un retraité net (Vienne ). Les hommes gagnaient en moyenne net (retraités : ), les femmes (retraitées : ). En moyenne, Margareten se situe 11 % en dessous de la moyenne des revenus de Vienne.
Origine et langues
La proportion d'étrangers à Margareten était de 23,2 % en 2001, soit 6 points au-dessus de la moyenne de la ville. 7 % avaient la nationalité serbe ou monténégrine, 4,4 % la nationalité turque. Suivaient les Bosniaques (2,3 %) ainsi que les Croates (1,5 %) et les Allemands (1 %). Au total, 32 % des habitants de l'arrondissement étaient nés à l'étranger. 64,4 % des habitants indiquent avoir l'allemand comme langue principale de communication. 10,2 % le serbe, 7,6 % le turc, 3,4 % le croate et 1,1 % le hongrois.
Confessions
42,2 % des habitants de Margareten se disent catholiques. Il existe trois paroisses catholiques dans l'arrondissement. La deuxième religion représentée est l'islam avec 11,9 % et l'orthodoxie avec 9,6 %. Les protestants représentent 4,3 % des habitants. 24,6 % des habitants se disent sans religion.
Politique