La chaîne Transantarctique, ou monts Transantarctiques, est une longue chaîne de montagnes située en Antarctique. Elle traverse une grande partie du continent, de la terre Victoria à la mer de Weddell, en séparant sa partie orientale d'une part de sa partie occidentale et de la côte ouest de la mer de Ross d'autre part. Elle est entrecoupée par de nombreux glaciers alimentés par l'inlandsis Est-Antarctique et s'épanchant depuis le plateau Antarctique. Elle culmine à d'altitude au mont Kirkpatrick et possède vingt sommets d'au moins d'altitude. Malgré le climat polaire qui y règne, la glace n'y est pas partout présente, à l'instar des vallées sèches de McMurdo où les précipitations sont rares et l'évaporation intense en été, même si des cours d'eau intermittents issus de la fonte des glaciers parviennent brièvement à se former ; en hiver il fait généralement trop froid pour que la neige puisse tomber, en particulier au sud et à haute altitude, où elle s'accumule essentiellement sous l'effet du vent. Ces conditions expliquent que la vie soit rare dans la chaîne et concentrée pour l'essentiel sur la côte de la mer de Ross où vivent des phoques et des oiseaux, notamment des manchots. Formée au Cambrien, la chaîne est l'une des plus anciennes sur Terre et résulte d'une association entre rift et subduction avec alternance de volcanisme, de métamorphisme et d'érosion–sédimentation. Le relief actuel est dû à une surrection atteignant son paroxysme à l'Éocène, mais dont l'origine est encore mal comprise.

Après sa découverte en 1841 par James Clark Ross depuis la mer, la chaîne Transantarctique constitue au début du un obstacle pour les explorateurs de l'âge héroïque, à l'instar de Robert Falcon Scott, Ernest Shackleton et Roald Amundsen, qui cherchent tour à tour à rallier le pôle Sud, d'abord magnétique puis géographique, finalement atteints en 1909 et en 1911. Les expéditions qu'ils mènent réalisent en parallèle les premières représentations cartographiques et études de la chaîne. À partir de 1928, avec Richard Byrd, les Américains s'intéressent au continent avec des moyens qui s'accroissent jusqu'au sortir de la Seconde Guerre mondiale, notamment des avions et des moyens de communication longue distance. La connaissance de la chaîne se fait plus précise, la cartographie est progressivement complétée et les recherches scientifiques se multiplient. En prévision de l'année géophysique internationale en 1957-1958, des bases sont construites, notamment sur l'île de Ross. La Nouvelle-Zélande prend une part importante dans l'exploration de la chaîne. Des sommets importants sont gravis à partir des . Toutefois, les moyens sont surtout mis dans les travaux scientifiques et la chaîne Transantarctique demeure difficile d'accès, tant par voie maritime qu'aérienne, si bien que l'alpinisme reste très peu développé et l'environnement globalement préservé, avec l'existence d'une zone gérée spéciale dans les vallées sèches de McMurdo et d'une vingtaine de zones spécialement protégées. En outre, des sites et monuments historiques préservent la mémoire de l'exploration à travers la chaîne.

Toponymie vignette|upright|alt=Photo en noir et blanc d'un homme d'une trentaine d'années avec une veste en fourrure.|Portrait photographique pris en 1958 de Warren B. Hamilton en Antarctique.

Le nom « chaîne Transantarctique » (en ) est employé pour la première fois en 1960 par le géologue Warren B. Hamilton Warren B. Hamilton, « New interpretation of Antarctic tectonics », in Thomas B. Nolan, U.S. Geological Survey Professional Paper, , U.S. Government Printing Office, Washington, 1960, pages B379–380.. Il est recommandé en 1962 par l', une administration américaine pour les noms géographiques. Cette appellation purement descriptive, en contraste avec beaucoup d'autres noms géographiques du continent, est à présent internationalement acceptée Antarctica Detail - Transantarctic Mountains, , Institut d'études géologiques des États-Unis..

Géographie Situation La chaîne Transantarctique s'étend en forme de sigmoïde, intermédiaire entre un « S » et un S long « ∫ », sur la majeure partie de l'Antarctique de la terre de Oates, à environ de latitude sud en terre Victoria septentrionale, jusqu'à la terre de la Reine-Élisabeth, sur la côte méridionale de la mer de Weddell. Avec une longueur totale d'environ , c'est l'une des plus longues chaînes de montagnes existantes sur Terre Transantarctic Mountains, Encyclopædia Britannica. Leann Trowbridge, Antarctica: East of the Transantarctic Mountains, World Wildlife Fund.. Elle longe sur les deux tiers de sa longueur toute la côte occidentale de la mer de Ross, dont la partie méridionale est occupée par la barrière de glace du même nom, et sépare sur le tiers restant l'Antarctique oriental de l'Antarctique occidental. Elle est bordée sur ses versants ouest et sud par le plateau Antarctique et elle approche le pôle Sud à moins de , à environ de latitude sud.

Bien qu'elles soient en suspens depuis le traité sur l'Antarctique en 1959, cinq pays ont émis des revendications territoriales sur la chaîne : l'Australie (territoire antarctique australien), la Nouvelle-Zélande (dépendance de Ross), le Chili (territoire chilien de l'Antarctique), le Royaume-Uni (territoire antarctique britannique) et l'Argentine (Antarctique argentin). La partie de la chaîne qui se trouve dans la terre Marie Byrd reste non revendiquée.

Topographie Géomorphologie vignette|gauche|alt=Vue plongeante depuis une hauteur rocheuse sur un paysage glaciaire parsemé de montagnes, sous un ciel bleu profond.|Vue depuis l'extrémité nord-est du chaînon Gonville and Caius vers le chaînon Convoy à l'ouest-nord-ouest avec le glacier Mackay (au centre).

De l'extrémité de la terre Victoria jusqu'au chaînon Wisconsin de la chaîne Horlick, la chaîne Transantarctique forme une barrière continue de de large, le long de la mer de Ross. Sa plus grande largeur se trouve entre la péninsule Adare et la chaîne USARP, en terre Victoria septentrionale. Elle se rétrécit en plusieurs endroits, notamment au niveau de la chaîne du Prince-Albert, de la chaîne Cook et de la chaîne Duncan. Elle est seulement entrecoupée par des glaciers qui s'épanchent depuis l'inlandsis Est-Antarctique vers la mer de Ross. Ainsi, le glacier Priestley sépare la terre Victoria septentrionale de sa partie méridionale, le glacier Byrd sépare cette dernière de la chaîne Transantarctique centrale, le glacier Beardmore sépare cette dernière de la chaîne de la Reine-Maud et le glacier Reedy sépare cette dernière de la chaîne Horlick.

vignette|alt=Massif montagneux isolé, cerné par un inlandsis, avec un versant abrité des vents dominants et dépourvu de neige.|Vue aérienne de la chaîne Thiel, isolée dans l'inlandsis de l'Antarctique.

Au-delà du chaînon Wisconsin, la chaîne Transantarctique est discontinue : la chaîne Horlick se termine par le chaînon Ohio, puis se trouvent la chaîne Thiel, la chaîne Pensacola et le chaînon Argentina. Ces deux derniers sont séparés par le glacier Support Force.

Des sommets dépassent dans les quatre plus grands groupes de massifs, de la terre Victoria à la chaîne de la Reine-Maud. Le plus élevé, le mont Kirkpatrick, culmine à d'altitude. Au-delà, l'altitude décroît progressivement. De la chaîne Horlick au chaînon Argentina, mais aussi en arrière de la partie principale de la chaîne Transantarctique, de nombreux sommets émergent de l'inlandsis sous la forme de nunataks.

Subdivisions La chaîne Transantarctique est découpée en groupes . et en massifs U.S. Antarctic Research Center: Topographic Maps (250K), United States Geological Survey Library. :

vignette|alt=Assemblage de quadrants formant une carte topographique.|Carte topographique de la terre Victoria septentrionale (d'après l'USGS). vignette|alt=Assemblage de quadrants formant une carte topographique.|Carte topographique de la terre Victoria méridionale (d'après l'USGS). vignette|alt=Assemblage de quadrants formant une carte topographique.|Carte topographique de la chaîne Transantarctique centrale (d'après l'USGS). vignette|alt=Assemblage de quadrants formant une carte topographique.|Carte topographique de la chaîne de la Reine-Maud (d'après l'USGS). vignette|alt=Assemblage de quadrants formant une carte topographique.|Carte topographique de la chaîne Horlick et des montagnes extrême-orientales (d'après l'USGS).