La cathédrale Saint-Sauveur d'Aix-en-Provence est une cathédrale catholique romaine située dans la rue Gaston-de-Saporta« Églises et horaires des célébrations », site officiel de la cathédrale. à Aix-en-Provence. Cet édifice, construit sur l'emplacement du forum antique et, selon la légende, sur les fondations d'un ancien temple dédié au dieu Apollon, rassemble une multitude de styles architecturaux, du fait des nombreux remaniements qu'elle a subi au fil des siècles.
Ses dimensions sont de de longueur sur de largeur. Son élévation est de sous la clé de voûte.
De la façade, on distingue trois étapes de construction du bâtiment : tout d'abord la façade nue de la nef romane a été construite au , suivie quelques années plus tard par le mur fait de blocs antiques à bossages, montés à joints vifs sur des lits de filasse. Le seul élément récent est le portail qui ferme la nef gothique et qui est daté du .
Autour de la cathédrale sont construits au fil des siècles des bâtiments qui lui sont accolés, comme le bâtiment claustral de la communauté des chanoines (fin du ), les bâtiments du cloître (s) ou le clocher (achevé en 1425).
C'est l'église cathédrale de l'archidiocèse d'Aix-en-Provence.
Origines Légendes autour de la fondation La cathédrale se situe sur le trajet de l'ancienne via Aurelia. Un fragment de mur romain ainsi que les colonnes du baptistère semblent avoir forgé la légende selon laquelle Saint-Sauveur fut érigé sur l'emplacement d'un temple antique dédié à Apollon. L'historien Pitton (1654) affirmait que ce temple était dédié à une divinité solaire, s'appuyant sur la découverte d'une statue à la cuisse découverte pour justifier ses dires.
Selon la tradition chrétienne, saint Maximin, venu de Palestine avec Marie-Madeleine sur une barque appartenant à Lazare, édifia sur le site une modeste chapelle dédiée au saint Sauveur.
Destruction de la chapelle ancienne Lors des invasions sarrasines des , Saint-Sauveur fut détruite.
Architecture de la cathédrale Si le baptistère semble plus ancien (), la construction de la partie romane de la cathédrale remonte à la fin du et est due à l'archevêque Rostan de Fos et au prévôt du chapitre Benoît. On trouve sur la nef méridionale dite du Corpus Domini une dédicace datée de 1103. Un mur semble toutefois plus ancien et remonte visiblement au haut Moyen Âge.
Le , l'archevêque d'Aix-en-Provence, Georges-Olivier de Pannard, décide, avec l'accord du chapitre, de construire la dernière travée à l'ouest. Le un marché est passé avec Hélion l'Auvergnat, lapicide d'Arles. Le , un accord est passé entre l'archevêque et le chapitre pour le financement de cette construction. En 1477, Hélion l'Auvergnat est prié de commencer la façade, mais, à la mort d'Olivier de Pannard, en 1484, elle n'a atteint que la base des statues. Un document du indique que Jacotin Paparoche taille des statues d'apôtres et Pierre Souquet prend la direction du travail d'architecture et d'ornementation suivant les plans de son prédécesseur. Il a signé une convention avec le chapitre le . Cependant il se mit sérieusement à la tâche que vers 1489. Des discussions entre l'archevêque Philippe Herbert et le chapitre vont entraîner un arrêt des travaux jusqu'en 1499. Pierre Souquet passe un nouveau marché en . Il a dirigé les travaux jusqu'à sa mort, vers le . Le , le peintre-verrier Jean Joye signe un prix-fait pour l'exécution du vitrail de la façade. Le , Jean Lagrime et Pierre Guief sont chargés de la réalisation de la sculpture de saint Michel au sommet de la façade. Les sculptures de la façade sont terminées en 1513 grâce à un don de Louis Rostan. Elles sont réalisées par le sculpteur Jean Mone, de Metz. Les statues ont été peintes par Pierre Bœuf, de Sisteron, et Jean Cordonnier, de Troyes.
Portail Seules les sept figures supérieures du portail sont d'origine. Les autres sont des copies datées du . Portes sculptées La cathédrale Saint-Sauveur possède des portes de noyer sculptées sur une commande passée le . Elles furent taillées par les frères Raymond et Jean Bolhit (ou Bouilly), d'Aix, ainsi que par le sculpteur toulonnais Jean Guiramand, qui a taillé les Sibylles, en 1508. Chaque vantail est finement encadré par des guirlandes de fleurs qui entourent des scènes, d'ordre religieux pour la plupart. On y voit notamment des représentations des prophètes Isaïe et Jérémie (porte gauche), Ézéchiel et Daniel (porte droite). Chacun est surmonté d'un dais en grande saillie.
Les portes étaient rehaussées de couleurs vives que l'on peut encore deviner par endroits. Le bâti est l'œuvre des menuisiers aixois Bouilly, en 1505 ; les images ont, elles, été exécutées en 1508 par un menuisier de Toulon, Jean Guiramand.
Baptistère Le baptistère de la cathédrale a été construit au début du , voire du , sur l'emplacement de l'ancienne place du forum d'Aquae Sextiae. Il est contemporain des baptistères conservés de Riez, Fréjus, mais aussi Albenga, en Ligurie, et Djemila, en Algérie et figure parmi les plus anciens de France« Le baptistère de la cathédrale », fontaines-aixoises.com..
Le baptistère octogonal, couronné en 1579La date de 1579 est donnée par l'historien Roux-Alphéran. Bouyala d'Arnaud parle plutôt de 1577. par le chanoine Jean de Léone, possède une coupole décorée de gypseries surmontant des colonnes d'époque romaine remployéesDeux colonnes sont en granit, les autres en marbre vert.. La cuve serait d'époque mérovingienne. On trouve sous les dalles du baptistère les caveaux de chanoines et d'archevêques.
Dès sa construction, le baptistère a été alimenté par les eaux chaudes provenant des thermes romains. Le baptême est alors administré par immersion totale. Une symbolique bien définie est alors attachée au sacrement du baptême. Celui-ci représente un moyen d'être enseveli dans la mort avec le Christ et de vivre la vie nouvelle, au moyen de l'illumination. L'édifice est orienté vers le soleil levant malgré les changements apportés au fil des siècles, notamment par l'ajout des colonnes en granit.
Son architecture actuelle est semble-t-il quasiment identique à celle qu'il avait au temps du forum romain. Huit colonnes l'entourent. On y attachait alors des étoffes pour cacher les catéchumènes des regards. On peut toujours observer les encoches dans lesquelles on insérait les tringles permettant de tendre les drapsAix insolite et secrète, Jean-Pierre Cassely, éd. Jonglez, Versailles, 2009, p. 27. . Le baptistère a connu plusieurs transformations. La coupole date du . De l'époque de sa construction ne subsistent plus que les bas des murs et la cuve baptismale. L'alimentation en eau courante du bassin se faisait par l'est, du côté extérieur à la cathédrale, par le moyen d'une annexe importante.
Au , le baptistère est orné de sept tableaux représentant les sept sacrements de l'Église catholique. La commande est passée par l'administration des beaux-arts, conformément au souhait de l'archevêque. Sept artistes aixois sont choisis pour ce travail : Alphonse Angelin, Antoine Coutel, Baptistin Martin, Joseph Richaud, François Latil, Léontine Tacussel, et Joseph Marc Gibert. Cette commande est un exemple rare de représentation des sept sacrements en série, sans équivalent au Lisa Brun, Une élève aixoise de Granet et Cogniet : Léontine Tacussel (1818-1886), mémoire de recherche, Aix-Marseille Université, juin 2017. .
Cloître
Vitraux Les vitraux de l'atelier Didron L'atelier Didron fournit au les verrières suivantesVitraux Didron., sur www.cathedrale-aixenprovence-monument.fr : 1858 : le Triomphe de la Foi, en façade ouest ; 1860-1861 : verrière de l'abside de la nef gothique et ses six vitraux ornés de motifs non figuratifs ; 1863 : le vitrail de l'Espérance, dans le transept sud ; 1866 : le vitrail des anges musiciens et des saints de Provence, dans la chapelle du Sacré-cœur de la nef romane.
Chapelles Chapelle Saints-Côme-et-Damien thumb|Sarcophage de saint Mitre. Cette chapelle, construite à la fin du et qui constitue le narthex du baptistère, abrite aujourd'hui un dépôt lapidaire, dont la pièce la plus remarquable est le sarcophage dit de saint Mitre, dont on dit qu'il a recueilli la dépouille du saint aixois après sa mort en martyr. D'autres éléments y figurent aussi, tels deux lions en marbre provenant du tombeau d'Hubert de Vins, des sculptures de Charles Desbordes, ou encore des colonnettes à chapiteaux de marbre venant de l'oratoire Saint-Sauveur.
Œuvres exposées
Le triptyque du Buisson ardent, de Nicolas Froment.
Transfiguration du Sauveur, de Jean Daret fils. La Cène, de Jean Daret père. L'Incrédulité de saint Thomas, de Finsonius. Le Triomphe de la foi. La Résurrection de Lazare, de Christophe VeyrierÉlève du sculpteur Pierre Puget., provenant de l'ancienne chapelle des Carmélites. Jean-Bruno Gassies, Le Martyre de saint , 1822, dépôt du Louvre : L 3987., nef ; Gaspard de Crayer, Sainte Apolline (), dépôt du Louvre : B 233., nef ; Dix-sept tapisseries dues au peintre flamand Quentin Metsys : la Nativité, la Présentation, l'Annonciation, la Visitation, l'Annonce aux bergers, la Nativité de Notre-Seigneur, le Baptême de Jésus, le Sermon sur la montagne, la Résurrection de Lazare, la Flagellation, le Couronnement d'épines, la Crucifixion, la Descente de croix, la Visite aux limbes, la Résurrection, l'Ascension et la Pentecôte.
L'orgue La cathédrale possède un grand orgue, construit en 1743, sur le flanc nord du chœur gothique. Ce buffet est classé aux Monuments Historiques. Un autre orgue d'aspect similaire mais factice a été construit en face de lui, pour imiter l'esprit baroque italien et ibérique. alt=|vignette|L'orgue. L'instrument lui-même a subi de nombreuses interventions - réparations, modifications, augmentation du nombre de jeux, suppression du positif de dos - une restauration menée de 1974 à 1982 par Alfred Kern lui ayant restitué un aspect proche de l'original.
Composition de l'orgue I - Positif Bourdon 8' Salicional 8' Prestant 4' Sesquialtera II Doublette 2' Plein-Jeu IV Trompette 8' Cromorne 8' Clairon 4' Piccolo 1' II - Grand-Orgue Bourdon 16' Montre 8' Flûte 8' Gambe 8' Prestant 4' Flûte à cheminée 4' Quinte 2 2/3' Doublette 2' Fourniture V Cornet V Bombarde 16' Trompette 8' Trompette 8' Clairon 4' III - Récit expressif Flûte 8' Bourdon 8' Viole de Gambe 8' Flûte octaviante 4' Voix céleste 8' Octavin 2' Trompette 8' Basson-Hautbois 8' Voix humaine 8' Pédale Flûte 16' Soubasse 16' Flûte 8' Flûte 4' Bombarde 16' Trompette 8' Clairon 4'
L'autel des Aygosi Cet autel de pierre, primitivement installé dans l'église des Carmes, fut installé à Saint-Sauveur en 1823. Sur la gauche une inscription se lit ainsi : « Anne, la glorieuse mère de la Vierge Marie est vénérée dans la présente chapelle. Noble homme Urbain Aygosi a exposé ici le comble de l'amour. En la présente année du Seigneur 1470, la chapelle est achevée par la grâce de Dieu, le 28 janvier. » vignette|centre|La pierre gravée près de l'autel.
Ce monument comprend : un autel surmonté d'un faux tabernacle, avec, à ses extrémités, les armes d'Urbain Aygosi. un tabernacle orné d'un christ avec l'inscription : « Vois, mortel, c'est pour toi que se livre une telle victime ». un retable de pierre avec six figures : au centre, sainte Anne, devant elle la Vierge, dans ses bras l'enfant Jésus. À gauche saint Maurice dans une armure du , à droite sainte Marguerite sortant du dragon. Enfin, le Christ en croix domine ce retable. De part et d'autre de l'autel, se trouvaient des statues de la Vierge et de saint Jean, aujourd'hui exposées au musée Granet.
Le sculpteur de cet autel, Audinet Stéphani, était originaire du diocèse de Cambrai et a travaillé à Aix et dans sa région entre 1446 et 1476.
Les visions de Jeanne Perraud