Léonel de Moustier, né le à Paris Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance , avec mention marginale du décès (consulté le 11 juillet 2012). et mort le au camp de Bremen-Farge dépendant du camp de concentration de Neuengamme, est un marquis, homme d'affaires et homme politique français.

Biographie Petit-fils du diplomate homonyme du Second Empire, fils de René de Moustier, député du Doubs, Léonel de Moustier devient directeur des charbonnages et vice-président de la Chambre d'agriculture départementale. Il devient conseiller général en 1910, et président du conseil général en 1935, succédant à son père. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il est plusieurs fois décoré (voir ci-dessous).

Léonel de Moustier est élu député en 1928., avec l'étiquette de l'Union républicaine démocrate, nom électoral de la Fédération républicaine. Il est constamment réélu jusqu'en 1940. Homme de droite, Léonel de Moustier est aussi profondément républicain, soucieux de modération et de justice sociale. C'est ainsi qu'il intervient pour étendre aux travailleurs agricoles la législation sociale protégeant les ouvriers d'usines. En politique extérieure, il se déclare, dans sa profession de foi, favorable à des initiatives diplomatiques, « sans arrière-pensées » aussi bien qu'à « une préparation militaire suffisante ».

Il appartient à la commission de l'Agriculture, du Suffrage universel, ainsi qu'à la commission d'Assurance et de prévoyance sociale.

À la fin des années 1930, il défend une politique de fermeté face à Hitler.

Officier de réserve en 1939 (chef d’escadrons), il s'engage et obtient de servir dans une unité combattante bien qu’âgé de cinquante-sept ans et père de douze enfants. Il rejoint le régiment de chasseurs (puis le groupe de reconnaissance de division d'infanterie). Démobilisable en raison de son âge et après la mort de l’un de ses fils tué au combat en dans le même régiment, il obtient d'Édouard Daladier d'être maintenu dans son affectation au commandement du Groupe du GRDI.

En , dans une situation désespérée près de Lille, sa division encerclée, il parvient avec ses cavaliers à percer les lignes ennemies, à s'échapper avec son escadron et à le conduire jusqu'à Dunkerque où il peut se replier en Angleterre. Après quelques jours seulement passés en Grande-Bretagne, il revient prendre sa place en première ligne jusqu'à l'armistice et est promu officier de la Légion d'honneur.

En sa qualité de député du Doubs, Léonel de Moustier se rend à Vichy et fait partie des quatre-vingts parlementaires qui votent contre l'octroi des pleins pouvoirs à Philippe Pétain le ; il est l'un des sept députés de droiteavec Laurent Bonnevay, Joseph Lecacheux, Pierre de Chambrun, Paul Simon, Pierre Trémintin, Auguste Champetier de Ribes, Fernand Wiedemann-Goiran. Il faut y ajouter Louis Marin, qui refuse de voter, et Henri de Kerillis, qui a déjà rejoint Londres. WIEVIORKA Olivier, Les orphelins de la République, Seuil, 2001, 478 p... Pour lui, l'armistice est une « trahison », et Pétain, un « traître ».

Léonel de Moustier s'engage ensuite dans la Résistance. Il met son domaine de Bournel à disposition des résistants évadés, des aviateurs britanniques et américains abattus, puis des réfractaires au Service du travail obligatoire. Il est recruté par Jean de Vomécourt, frère de Pierre et Philippe de Vomécourt, pour participer aux activités du SOE dans la région dès le printemps 1941. Entré dans les Forces françaises combattantes (FFC) en en qualité d'agent P1, il appartient au Bureau des opérations aériennes (BOA) de la Région D et recherche des terrains de parachutages. En 1943, il entre en contact avec l'Organisation de résistance de l'armée et est nommé, par le colonel Jean Maurin, chef militaire de l'ORA pour l'arrondissement de Baume-les-Dames.

Le , Léonel de Moustier est arrêté par la Gestapo avec deux de ses fils Guy et HenriGuy a été déporté mais a survécu, et Henri (17 ans) a été relaché.. Incarcéré à la prison de la Butte à Besançon, puis transféré au camp de Compiègne, il est déporté en Allemagne au camp de Neuengamme en . Étant parlementaire, il peut bénéficier d'un traitement de faveur, mais le refuse. Il meurt d’épuisement au kommando de Bremen-Farge le , quelques jours avant la libération du camp.

Son corps est ramené en France à bord du contre-torpilleur Tigre et arrive à Cherbourg le où il reçoit les honneurs militaires. Il est inhumé le en présence d'une foule de 4000 personnes dans la chapelle familiale de son château de Bournel à Cubry.

Il est fait Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du .

De son union, le à Bruxelles, avec la princesse Jeanne Marie Louise de Ligne ( - Bruxelles † - Montabon), fille de Ernest (1857-1937), prince de Ligne, il eut 12 enfants dont Roland de Moustier, qui lui succédera dans ses mandats électoraux. Quatre de ses enfants seront conseillers généraux : 3 dans le Doubs et sa fille aînée Renée Armand, dans la Sarthe. Sa fille Claude (1924-2018), épouse d'Aymard de Courson, est la mère du député Charles de Courson. vignette|Plaque commémorative au 16 rue d'Alsace à Besançon.

Hommages

Des rues portent son nom à Besançon, Pays-de-Clerval, Rougemont et Pontarlier. Une plaque commémorant sa mémoire est apposée au 16 rue d'Alsace à Besançon, au croisement avec la rue Léonel de Moustier.

Décorations

à titre militaire. à titre posthume par décret du (cinq citations).

par décret du

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

résumé de la thèse de doctorat "Ordre, famille, patrie“ : perception et influence de la Première Guerre mondiale sur la Droite modérée en France pendant les années 1920. Naissance d’un parti, culture politique, milieu social" (elle s'appuie sur l'exemple du Doubs): http://www.crid1418.org/doc/textes/hoffmann_these.pdf Olivier Matthey-Doret, les Compagnons de la Libération de la Région D , 1996 Pierre Miquel, Les quatre-vingts, éditions Fayard, 1995,

Henri de Moustier, 1940, L'armistice-trahison/ le courage politique de Léonel de Moustier , Editions Cêtre, 2002, 375 pages..

Articles connexes Liste des députés du Doubs Familles subsistantes de la noblesse française (L à Z) Liste de parlementaires français morts à la Seconde Guerre mondiale

Liens externes

Biographie sur le site de l'Ordre de la Libération Biographie en ligne sur le site de l'Ordre de la Libération

Léonel (1882-1945) Catégorie:Personnalité de la Fédération républicaine Catégorie:Compagnon de la Libération Catégorie:Député du Doubs (Troisième République) Catégorie:Député de la quatorzième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la quinzième législature de la Troisième République Catégorie:Député de la seizième législature de la Troisième République Catégorie:Déporté résistant Catégorie:Officier de la Légion d'honneur (date non précisée) Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1939-1945 Catégorie:Naissance en avril 1882 Catégorie:Naissance dans le 7e arrondissement de Paris Catégorie:Décès en mai 1945 Catégorie:Décès à Neuengamme Catégorie:Décès à 63 ans Catégorie:Parlementaire ayant voté contre les pleins pouvoirs à Philippe Pétain Catégorie:Décès dans le Troisième Reich