Arc Express est un projet abandonné de ligne de rocade en banlieue de Paris, conçu afin de trouver une réponse à l'accroissement des déplacements de banlieue à banlieue dans l'agglomération parisienne depuis les dernières décennies et de trouver une réponse à la saturation d'un certain nombre de radiales, comme la ligne A du RER et la ligne 13 du métro. Il a fusionné avec le projet de Réseau de transport public du Grand Paris pour donner naissance au Grand Paris Express.
Si les premiers projets de transports collectifs en rocade autour de Paris ont vu le jour au début des années 1980, aucun n'a encore trouvé de réalisation concrète. Les études d'Arc Express ont cependant été officiellement lancées par le président de la région Île-de-France et son préfet en 20 Minutes : Feu vert pour le projet de rocade ferrée.
Projets similaires
Orbitale
Le premier projet de ligne de rocade d'un métro de banlieue est proposé par l'Institut d'aménagement et d'urbanisme de la région d'Île-de-France (IAURIF) lors de la révision du schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF) par l'État au début des années 1990. Sous le nom d'Orbitale, rétroacronyme d'organisation du bassin intérieur des transports annulaires libérés des encombrements, ce projet proposait de réaliser une double rocade en banlieue, à l'aide de tramways (ligne 1 et ligne 2 du tramway d'Île-de-France) et d'un métro automatique de rocade. Cette ligne devait relier l'ensemble des lignes de métro radiales actuelles à une distance d'environ un kilomètre de Paris IAURIF - La saga des rocades de métro au cœur de la région capitale, note rapide n° 502, avril 2010.
Bien qu'inscrit par l'État au SDRIF de 1994, le projet Orbitale fut finalement ignoré par le Contrat de plan État-Région 1994-1998, en raison de son coût, les grands projets EOLE et METEOR ayant mobilisé une large part des financements publics IAURIF - Les transports et le schéma directeur.
Néanmoins, Orbitale peut être considéré comme l'ancêtre des projets Orbival, Métrophérique et Arc Express, qui ont tous repris les éléments de base de ce projet..
Orbival
Le projet Orbival, contraction de Orbitale et de Val-de-Marne, est une déclinaison locale et détaillée d'Orbitale. Cette solution, soutenue par le conseil général du Val-de-Marne, a été présentée le .. Orbival est porté par un consensus entre Christian Favier, président communiste du Conseil général, et de Jacques J. P. Martin, chef de l’opposition UMP du département, qui ont créé l'association Orbival. Cette dernière a, depuis sa création, reçu le soutien et l'adhésion de la mairie de Paris, puis du Conseil général de la Seine-Saint-Denis le ..
Le projet consiste à relier Val-de-Fontenay (RER A et E) à Arcueil-Cachan (RER B) en reliant l'ensemble des lignes radiales traversant le département. Selon le Conseil général, ce métro permettrait un report modal de 20 %, soit de l'ordre de voitures de moins dans le département, ce qui désengorgerait l'A86. La ligne transporterait de à passagers par jour à une vitesse commerciale de 40 km/h. La mise en service pourrait se faire en plusieurs phases, pour une première ouverture à l'horizon 2015..
Le , lors d'une rencontre entre une délégation de l’association Orbival et Dominique Bussereau, secrétaire d’État aux Transports, ce dernier s'est dit « très intéressé » par le projet, la problématique du financement n'ayant toutefois pas encore été abordéeLe Parisien, Le ministre « très intéressé » par Orbival, article du 28.08.2008.
Les 28 et , l’association Orbival a organisé le premier Colloque international sur les métros de banlieue au Pavillon Baltard à Nogent-sur-Marne. Ce colloque a réuni des personnalités du monde politique et économique ainsi que les représentants des plus grandes entreprises mondiales spécialisées dans la construction et l’exploitation de transports collectifs. Différents projets internationaux réalisés de métro en rocade (Madrid, Singapour, Vancouver) ont notamment été exposésOrbival - Premier colloque international sur les métros en banlieue les 28 & 29 novembre 2008.
Métrophérique
À l'occasion de la révision du SDRIF, la RATP a présenté début un nouveau projet de métro de rocade, appelé métrophériqueLa RATP rêve de faire un tour en banlieue, 20 minutes (9 octobre 2006), inspiré du projet Orbitale originel. D'après les tracés présentés par la RATP, ce métro aurait été situé un peu plus loin de Paris qu'Orbitale, à une distance moyenne de deux à cinq kilomètres du périphérique (contournant ainsi le bois de Vincennes), à l'horizon 2020, le tout pour un coût évalué entre quatre et six milliards d'eurosPierre Mongin : [https://www.20minutes.fr/articles/2006/10/09/20061009-Paris-Pierre-Mongin-Une-boucle-de-40-km-pour-relier-les-grandes-villes.php « Une boucle de 40 km pour relier les grandes villes », 20 minutes (9 octobre 2006)].
Sitôt présenté, le projet a tout de suite reçu le soutien de la majorité des élus locaux de la Région, en particulier de la mairie de Paris, mais s'est heurté au scepticisme du président du conseil régional, inquiet de son coût qu'il estime sous-évalué. À Roissy le , le président Nicolas Sarkozy a plaidé pour la liaison CDG Express et le projet métrophérique, sans toutefois évoquer son financementLe Parisien, édition de Seine-Saint-Denis, page II, 27 juin 2007..
Le communiqué de presse de la RATP du Communiqué de presse RATP du 2 octobre 2007 contenait les informations techniques suivantes : Métro automatique ; 2 à 7 km du périphérique ; 50 km de longueur ; 50 stations ; Vitesse commerciale de 40 km/h (comparable à la ligne 14) ; 1 million de voyageurs par jour ; Report modal de 20 % ; Fréquence inférieure à 2 minutes en heures de pointe ; Coût estimé à 100 M€/km.
Le communiqué de presse estimait similaire la proposition de la région Île-de-France, Arc Express. Il évoquait aussi un début possible des travaux pour 2011 dans le meilleur des cas.
Arc Express
Calendrier en mars 2010 Le calendrier du projet s'étale sur dix ans et comprend les étapes suivantes. : : validation du programme d'étude ; 2008 - 2009 : études préliminaires ; printemps 2009 : concertation auprès des élus locaux ; : saisine de la Commission nationale du débat public (CNDP) ; au : débat publicCommuniqué des décisions de la CNDP du 2 juin 2010, § II - Débats décidés - Point 4 Projet Arc Express, 3; début 2011 : décision sur la suite du projet ; printemps 2011 : schéma de principe ; 2011 : enquête publique ; 2012 : avant-projet ; fin 2012-2019 : travaux ; 2019 : première mise en service de l'arc sud"La durée des travaux (y compris déviation des réseaux concessionnaires) pour l’arc proche,serait donc de 6 ans, suivis de 6 mois d’essais et marche à blanc pour une mise en service 6 ans et demi après le début des travaux" (dossier des études STIF - Arc Express) http://www.debatpublic-arcexpress.org/docs/etudes/etudes-insertion-traces-setec-ingerop-xelis/3-arc-sud/3-0_memoire-specifique/memoire-arc-sud.pdf.
Lancement du projet Au mois de , la région Île-de-France a présenté un avant-projet de Schéma directeur de la région Île-de-France (SDRIF) prenant en compte l'intérêt constaté parmi les élus et la population pour un métro de rocade en proche banlieue. Ce document présentait pour la première fois le projet de rocade imaginé par la région, projet qualifié de liaison souterraine express reliant les gares du RER de proche banlieue, et situé sensiblement plus loin de Paris que métrophérique, présenté à la même époque.
De 2006 à 2008, les premières études sur le projet ont permis de dégager un fuseau de territoire dans lequel s'insérerait Arc Express. Ainsi, le projet de SDRIF adopté par le Conseil régional le propose d'étudier la réalisation de quatre arcs :
une liaison sud-est entre Val-de-Fontenay ou Noisy-le-Grand et Arcueil ou Bourg-la-Reine, pour une mise en service à l'horizon 2020 (phase 2 du SDRIF) ; une liaison nord-ouest entre La Défense et Saint-Denis, pour une mise en service à l'horizon 2020 (phase 2 du SDRIF) ; une liaison nord-est entre Val-de-Fontenay ou Noisy-le-Grand et Saint-Denis, pour une mise en service à l'horizon 2025-2030 (phase 3 du SDRIF) ; une liaison sud-ouest entre Arcueil ou Bourg-la-Reine et La Défense en passant par Saint-Cloud et Suresnes ou Rueil-Malmaison, pour une mise en service à l'horizon 2025-2030 (phase 3 du SDRIF).
Le projet Arc-Express a été inscrit au projet de CPER 2007-2013 finalisé le par le président du conseil régional et le préfet de région. Le CPER prévoit en effet un crédit de 25,5 millions d'euros d'études, dont 18 millions à la charge de la RégionInterview de Jean-Paul Huchon, 20 minutes, 3 février 2007.
Le , le projet a été officiellement engagé par Jean-Paul Huchon, président de la région Île-de-France et Pierre Mutz, préfet de la région, grâce au lancement d'études financées par l'État et la région pour un montant de 4 millions d'euros. Ces études, dont la pilotage a été confié au STIF, autorité organisatrice des transports en Île-de-France, ont été plus particulièrement orientées sur les deux arcs prioritaires : l'arc sud, entre Issy-les-Moulineaux et Noisy-le-Grand ou Val-de-Fontenay, tracé vraisemblablement proche du projet Orbival ; l'arc nord entre La Défense et Bobigny ou Pantin.
Toutefois, Christian Blanc, secrétaire d'État à la région capitale, a fait part de son opposition au projetLe Parisien - Christian Blanc tire à vue sur les projets SNCF et RATP, article du 26 septembre 2008 jetant un doute sur le financement apporté par l'État. Le , Nicolas Sarkozy a présenté le Réseau primaire, un métro automatique de 130 km. Un rapprochement entre les deux projets, assez proches sur une bonne partie de leurs trajets respectifs est actuellement à l'étude, notamment par le député UMP Gilles Carrez..
Le , le conseil du STIF, a approuvé à l'unanimité le « dossier d'objectifs et de caractéristiques principales » (DOCP) du projet Arc Express. Ce vote permet d'engager la phase de débat public et de concertation, via une saisine de la Commission nationale du débat public (CNDP). Les études de trafic menées par le STIF évoquent un trafic journalier pour l’ensemble d'Arc Express de l’ordre d'un million de voyageurs. Les coûts de l'opération, comprenant le matériel roulant nécessaire à la mise en service et celui des ouvrages de correspondances avec les points de maillage existants s'établit entre SITF - Communiqué de presse du 8 juillet 2009 - Arc Express : 2,8 et 3,1 milliards d'euros HT (valeur 12/08) pour l’arc sud (26 ou 29 km) ; 2 et 2,3 milliards d'euros HT (valeur 12/08) pour l’arc nord (18 ou 21 km).
La CNDP a examiné, en , la saisine du STIF du en vue de déterminer s'il y a lieu d'organiser un débat public.. Dans sa conclusion rendue publique le , elle décide d'organiser ce débat public en insistant sur la nécessité que soient explicitées dans le dossier du débat et à l’occasion du débat « les conditions de compatibilité du projet Arc Express avec le projet de réseau de transports publics du Grand Paris » COMMUNIQUE DES DECISIONS DE LA CNDP DU 2 SEPTEMBRE 2009 STIF - Arc Express : la lettre, septembre 2009. La CNDP organisera donc une « Commission particulière du débat public » chargée de la consultation.. À l'issue de la consultation publique, les tracés seront alors connus et le projet pourra être déclaré d'intérêt public avant un éventuel début des travaux. Étant donné les temps nécessaires à chaque procédure, les premiers tronçons d'Arc Express pourraient ouvrir en 2017.
Alors que le Sénat avait adopté la suppression du débat public sur Arc Express sur un amendement du sénateur centriste Yves Pozzo di Borgo, la commission mixte paritaire de la loi sur le Grand Paris du la rétablit, de manière qu'il se déroule simultanément à celui du réseau primaire, quatre mois après la promulgation de la loi, ce qui ouvre la porte à un possible compromis sur les deux projets, notamment dans le Val-de-Marne..
Quel tracé ?