En conjugaison française, le conditionnel passé est la forme composée du conditionnel.
Comme pour tous les temps de l'indicatif, on distingue deux formes : le conditionnel présent (il chanterait) et le conditionnel passé (il aurait chanté). Le conditionnel passé se forme à partir de l’auxiliaire être ou avoir conjugué au conditionnel présent auquel on ajoute le participe passé.
La tradition a autrefois associé au conditionnel passé « première forme » (il aurait chanté), un « conditionnel passé deuxième forme » (il eût chanté). Cette « deuxième forme » est en réalité le plus-que-parfait du subjonctif, qui dans la langue classique pouvait exprimer une supposition portant sur le passé. Son usage est devenu littéraire ou archaïsant. L’appellation « conditionnel passé deuxième forme » est désormais abandonnée par les grammairiens.
Comme le conditionnel présent, le conditionnel passé connaît des emplois temporels et modaux. Dans leurs emplois temporels, le conditionnel présent et le conditionnel passé s'opposent sur le plan aspectuel. Le conditionnel présent décrit un procès non accompli (elle promettait qu'elle réaliserait le travail), le conditionnel passé décrit un procès accompli dans l'avenir, toujours par rapport au passé (elle promettait qu'elle aurait réalisé le travail avant midi). Dans les emplois modaux, ils s'opposent sur le plan chronologique, l'un marquant le présent ou le futur, l'autre le passé.
Conjugaison
Le conditionnel passé se forme à partir de l’auxiliaire être ou avoir conjugué au conditionnel présent auquel on ajoute le participe passé.
+ Conjugaison de laver au conditionnel passé j’ aurais lavé tu aurais lavé il / elle aurait lavé nous aurions lavé vous auriez lavé ils / elles auraient lavé
La tradition a autrefois associé au conditionnel passé (il aurait chanté), un (il eût chanté). Cette est en réalité le plus-que-parfait du subjonctif, qui dans la langue classique pouvait exprimer une supposition portant sur le passé. Son usage est devenu littéraire ou archaïsant. Ceci trouve son explication dans le fait que le conditionnel dans les langues romanes a le plus souvent remplacé le subjonctif de certains tours latins et concurrencé ce mode en français. L’appellation est désormais abandonnée ; et Jacques Bres parle même à son sujet d'une .
Emplois
Comme le futur simple et le futur antérieur, les conditionnels présent et passé connaissent à la fois des valeurs temporelles et des valeurs modales. Le conditionnel temporel est celui qui sert à exprimer l'avenir vu à partir d'un moment du passé. Le conditionnel modal est celui qui traduit un certain type d'attitude du locuteur par rapport à son énoncé (par exemple, l'expression du doute).
Dans chacun de ces emplois, le conditionnel présent et le conditionnel passé ont un fonctionnement parallèle. Dans les emplois temporels, l'un et l'autre s'opposent sur le plan aspectuel. Dans les emplois modaux, ils s'opposent sur le plan chronologique, l'un marquant le présent ou le futur, l'autre le passé.
Valeur d'aspect accompli dans le conditionnel temporel
L'aspect est la manière dont le procès (c'est-à-dire le contenu sémantique d'un verbe : action, état, processus, etc.) est envisagé en lui-même, sous l'angle de son propre déroulement interne. Indépendamment de la chronologie dans laquelle se situe l'action, le procès, celle-ci implique elle-même une durée plus ou moins longue pour se dérouler ou se réaliser : les expressions il se met à chanter, et il chante, toutes deux au présent, s'opposent sur le plan aspectuel, la première expression saisit le procès à son début.
Quand le conditionnel est employé avec une valeur de futur dans le passé, le conditionnel présent et le conditionnel passé s'opposent sur le plan aspectuel. Le conditionnel présent décrit un procès non accompli (elle promettait qu'elle réaliserait le travail), le conditionnel passé décrit un procès accompli dans l'avenir, toujours par rapport au passé (elle promettait qu'elle aurait réalisé le travail avant midi). L'aspect accompli envisage le procès au-delà de sa fin, comme étant achevé.
Valeur de passé ou d'irréel dans le conditionnel modal
Quand le conditionnel a une valeur modale (emploi en corrélation avec l'expression d'une hypothèse, valeur d'information incertaine ou d'atténuation), le conditionnel présent et le conditionnel passé s'opposent simplement sur le plan chronologique : l'un marquant le présent ou le futur, l'autre le passé.
Quand il est employé en corrélation avec une hypothèse, formulée par une proposition subordonnée hypothétique introduite par si, l'emploi du conditionnel passé situe la situation dans le passé, comme ne s'étant pas réalisée, et traduit sans confusion possible avec le potentiel, l'irréel du passé, comme dans la phrase « Quand tous mes rêves se seraient tournés en réalités, ils ne m'auraient pas suffi » de Jean-Jacques Rousseau. Autrement dit, la situation désignée par le conditionnel passé, n'est plus simplement présentée comme possible, avec plus ou moins de nuance pessimiste, comme le faisait le conditionnel présent, mais présentée comme une situation qui ne s'est pas réalisée.
Références
Voir aussi
Articles connexes Conditionnel en français
Bibliographie Grammaires de référence . . . .
Monographies . . . .
Articles relus par les pairs . . . . .
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