Le Hoggar ou Ahaggar (en tamahaq : ⵉⴷⵓⵔⴰⵔ ⵓⵀⴰⴳⴳⴰⵔ, ; en arabe : ) est un massif montagneux circulaire au cœur du Sahara central, sous le tropique du Cancer. Dominé par le plateau de l'Assekrem, il s'élève à une altitude moyenne de . Il se trouve intégralement en Algérie. Au nord-est se trouve le massif montagneux du tassili n'Ajjer et à l'est le massif gréseux du Tadrart Rouge. Son point culminant, le Tahat, situé au nord-ouest du massif, atteint d'altitude, ce qui en fait à la fois le plus haut sommet d’Algérie et l'un des plus hauts sommets du Sahara, derrière notamment l'Emi Koussi, un volcan éteint du Tchad. Sa géologie est composée essentiellement de roches volcaniques et de roches métamorphiques, mais inclut également des roches plutoniques. Comme pour les autres massifs montagneux du Sahara, ces roches proviennent de coulées de lave qui se sont formées durant l'ère Protérozoïque. Sous l'effet de l'érosion, les magmas volcaniques ont radicalement modifié le relief, créant des canyons dans lesquels coulent des cours d'eau au débit irrégulier, qui se perdent rapidement dans les sables du désert, formant parfois des gueltas.

Le Hoggar ou Ahaggar, qui signifie en tamazight touareg (), est un territoire des Touaregs, un peuple historiquement nomade. Ils vivaient principalement du Commerce transsaharien et s'établissaient généralement près des oueds ou des oasis, où la végétation permettait de cultiver quelques céréales, en utilisant l'eau recueillie lors des précipitations orageuses. Cependant, avec l'urbanisation et le développement de l'industrialisation (automobiles, train, avion), une partie de la population a migré vers les villes.

La ville de Tamanrasset, capitale économique du Hoggar et des Touaregs algériens, comptait au début du près de . Le Hoggar, situé idéalement sur la transsaharienne, a toujours été une région stratégique, notamment pour le commerce de l'or en provenance de l'Empire du Ghana et l'Empire du Mali. Les relations commerciales et diplomatiques avec ces empires étaient parfois tendues, ajoutées à des luttes internes et à des relations complexes avec les civilisations antiques telles que Carthage et le Royaume de Numidie, ainsi qu'avec les Berbères.

Après l'arrivée des Arabes, la région a vu l'influence de dynasties berbères telles que les Zirides et les Rostémides, qui ont contribué à façonner le destin du Hoggar avant l'intervention de la Régence d'Alger. Historiquement, peu d'empires ont osé s'aventurer dans l'immensité du Hoggar, jusqu'à l'exploration de Fernand Foureau entre 1888 et 1896, puis l'arrivée de l'Empire colonial français. La chute de la confédération du Kel Ahaggar en 1903 a marqué la fin de la conquête de l'Algérie.

Concernant la flore et la faune, du fait de son altitude élevée par rapport au reste du Sahara, le Hoggar, moins chaud et moins aride que la plaine désertique, offre une variété d’espèces animales importante, au regard de l’aspect faunique général du Sahara. L'universitaire, mycologue et botaniste français René Charles Joseph Maire, publia en 1933 un mémoire où il met en évidence citées (dont onze décrites pour la première fois). Anciennement, le Hoggar, comme tout le reste du Sahara, était durant la période Subboréal de l'Holocène, recouvert d'une plus grande biodiversité, comme en témoigne l'art rupestre du Sahara.

Toponymie La toponymie du Hoggar reflète l'influence profonde des langues et des cultures locales, en particulier celle des Touaregs, les habitants traditionnels de la région. Le nom Hoggar, ou Ahaggar, provient de la langue tamazight des Touaregs et est souvent interprété comme signifiant « la terre des nobles » ou « le lieu des nobles ». Ce terme met en avant l'importance symbolique et culturelle de la région pour les populations touarègues, qui perçoivent ces montagnes comme des refuges et des lieux empreints de dignité et de protection.

Le mot Ahaggar, dans sa forme originelle Aḥaggār, désigne généralement un massif montagneux ou une zone de haute altitude. Ce nom témoigne du lien étroit entre les Touaregs et leur environnement, où les montagnes jouent un rôle central, à la fois comme habitat et comme élément culturel et spirituel. Quant au nom Hoggar, largement utilisé en français et dans d'autres langues, il s'agit d'une adaptation ou d'une simplification du terme touareg. Cette version est probablement issue des explorateurs et cartographes européens qui ont introduit ce nom dans leurs récits et cartes au cours de leurs voyages dans le Sahara

Outre Hoggar et Ahaggar, d'autres toponymes de la région portent également la marque des Touaregs, tels que Assekrem, Tahat, ou encore Tadrart Rouge. Ces noms décrivent des caractéristiques géographiques précises tout en évoquant des traditions culturelles et spirituelles ancrées dans la vie touarègue. Par exemple, Assekrem signifie en français « la fin du monde », une appellation qui reflète la majesté et l’isolement du plateau du même nom.

Ainsi, la toponymie du Hoggar ne se limite pas à une simple désignation géographique. Elle porte en elle l’histoire, la culture et l’identité des Touaregs, tout en traduisant la relation intime qu’ils entretiennent avec ce paysage unique au cœur du Sahara.

Géographie

Situation vignette|Cartographie saharienne montrant le Hoggar (Ahaggar) au milieu du Sahara.

Le Hoggar se trouve intégralement en Algérie, plus précisément dans la wilaya de Tamanrasset. Géographiquement, le Hoggar a la spécificité de se trouver sur la route transsaharienne, qui va de Lagos au Nigeria jusqu’à Alger, sur une longueur d'environ .. Au sud, le Hoggar se trouve a une centaine de kilomètres de la frontière entre l'Algérie et le Niger, et à l'est se trouve la frontière entre l'Algérie et la Libye ; à l'ouest, le Grand Erg occidental, et au-delà, les côtes de l'océan Atlantique et au nord au plus loin, la mer Méditerranée.

Topographie thumb|left|Image satellite du Hoggar avec l'Assekrem.

Le Hoggar est un massif montagneux monumental situé au cœur du Sahara central, dans le Sud de l'Algérie. Il offre une diversité remarquable de paysages qui en font l’un des reliefs les plus emblématiques et spectaculaires de l’Afrique saharienne. Sculpté par des millions d’années d’érosion et d’activité géologique, le Hoggar se présente comme un vaste assemblage de montagnes escarpées, de plateaux volcaniques, de vallées profondes, de canyons majestueux et de formations géologiques uniques. Cette région, à la fois inhospitalière et fascinante, est à la croisée de l’histoire géologique de la Terre et de l’adaptation humaine à un environnement extrême.

Le Hoggar se divise en trois grandes zones géographiques distinctes : la partie occidentale, la partie centrale et la partie orientale. Chacune de ces sections possède des caractéristiques topographiques et géologiques qui reflètent les dynamiques variées ayant façonné cette région. La partie occidentale est principalement composée de hauts plateaux et de reliefs accidentés qui descendent progressivement vers les plaines environnantes. On y trouve des formations rocheuses métamorphiques, des vallées étroites et des zones de transition marquant le passage vers le désert de sable. La partie centrale, quant à elle, constitue le cœur du massif, dominée par le plateau de l'Assekrem, un site d’une rare beauté. Ce plateau culmine à une altitude moyenne de et abrite les sommets les plus hauts, dont le mont Tahat, point culminant du Hoggar, s’élevant entre Concernant l'altitude du mont Tahat, les sources varient. Certaines sources anciennes mentionnent une altitude de , d'autres indiquent , et la plus répandue, évoque . Toutefois, un rapport plus récent, daté du avril 2019 et issu de l'université de Batna dans le cadre d'une étude géologique, reprend une mesure de .. Cette région se distingue par ses paysages accidentés et ses formations volcaniques spectaculaires. La partie orientale, enfin, est caractérisée par une transition progressive vers des plaines sablonneuses et des oueds, avec des reliefs qui s’adoucissent progressivement, témoins de l’érosion intense ayant façonné ces montagnes.

La topographie du Hoggar reflète son histoire géologique complexe, remontant au Protérozoïque, soit entre 2,5 milliards et 541 millions d’années. Durant cette période, une intense activité tectonique et magmatique a marqué la formation du massif. Des intrusions de roches plutoniques, telles que le granite, et des formations volcaniques, comme des cônes et des dômes, témoignent des cycles géologiques qui ont profondément modelé cette région. Cette histoire géologique a laissé derrière elle des paysages d’une grande variété, alternant entre des structures volcaniques imposantes, des dômes granitiques et des roches métamorphiques anciennes, comme les gneiss et les schistes. Les formations volcaniques, en particulier, sont présentes autour du mont Tahat et de l’Assekrem, où elles se manifestent sous la forme de coulées de lave solidifiées et de reliefs abrupts. Les intrusions plutoniques, quant à elles, sont visibles dans les dômes de granit, qui dominent le paysage et témoignent des processus magmatiques profonds ayant affecté la région.

L’érosion a également joué un rôle fondamental dans le façonnement de la topographie du Hoggar. Pendant des millions d’années, le vent et les faibles précipitations ont sculpté le massif, donnant naissance à des canyons étroits, des cirques naturels et des vallées profondes. Les oueds, ces lits de rivières asséchés caractéristiques des environnements désertiques, serpentent à travers les montagnes et les plateaux. Bien qu’ils soient généralement secs, ils se remplissent temporairement lors des rares épisodes de pluie, formant des gueltas, des étangs naturels qui constituent des oasis de vie dans cet environnement aride. Ces zones abritent une faune et une flore adaptées aux conditions extrêmes, faisant du Hoggar un refuge pour la biodiversité saharienne.

Le plateau de l'Assekrem, situé dans la partie centrale, est l’un des paysages les plus emblématiques du Hoggar. Composé de dômes granitiques et de formations volcaniques, il offre des panoramas impressionnants sur les montagnes environnantes. Le mont Tahat, qui domine cette région, est entouré de vallées profondes et de crêtes accidentées, créant un contraste saisissant entre les hauteurs rocheuses et les bassins désertiques en contrebas. Ces paysages ont une forte valeur spirituelle et culturelle pour les habitants de la région, les Touaregs, qui considèrent ces montagnes comme un lieu sacré. En résumé, la topographie du Hoggar est une symphonie de reliefs variés et spectaculaires, formés par des millions d’années d’activité géologique et d’érosion.

Hydrographie

thumb|Vue sur la rivière du parc culturel de l'Ahaggar, près de Tamanrasset.

L'hydrographie du massif du Hoggar est caractérisée par un environnement désertique, où les grandes rivières permanentes sont absentes, ce qui est typique des régions sahariennes. Cependant, malgré l'absence de cours d'eau permanents, des formations géologiques spécifiques comme les oueds, les gueltas et les nappes phréatiques jouent un rôle crucial dans le stockage et la gestion de l'eau. Ces ressources sont essentielles pour maintenir la vie dans cette région aride. Les oueds, lits de rivières temporaires, sont des caractéristiques communes de la région. Bien que souvent secs, ils se remplissent lors des rares périodes de pluie et forment des gueltas — des mares naturelles ou des étangs temporaires — qui abritent une flore et une faune adaptées aux conditions extrêmes. Ces gueltas ont été historiquement des refuges pour des espèces comme le crocodile du désert, qui a disparu des régions sahariennes depuis les années 1920-1930. Cependant, ces lieux demeurent vitaux pour d'autres espèces, ainsi que pour les populations humaines qui y trouvent un point d'eau essentiel pour leur survie.