La région autonome de Mongolie-Intérieure ou simplement la Mongolie-Intérieure ( ; ) est une des cinq régions autonomes de la Chine avec le Guangxi, le Níngxià, le Tibet et le Xinjiang.

La Mongolie-Intérieure est la partie méridionale de la Mongolie, région dans le Centre-Est de l'Asie. C'est une région qui est principalement désertique, couverte notamment par le désert de Gobi. La Mongolie-Intérieure est distincte de la Mongolie extérieure, qui était un terme utilisé par la république de Chine et les gouvernements précédents pour se référer à ce qui est maintenant l'État indépendant de Mongolie et les républiques russes de Touva et de Bouriatie.

vignette|Les gers (maisons) mongoles, généralement appelées yourtes en Occident.

En mongol, la région était appelée dotuγadu mongγol « Mongolie-Intérieure » sous la dynastie Qing. Le est fondée la région autonome de Mongolie intérieure, le gouvernement de Mongolie-Intérieure a introduit le terme de öbör mongγol, ou « Mongolie du Sud » (le terme öbör signifiant « sud d'une montagne »). Mais le nom en chinois reste « Mongolie-Intérieure ». Les termes intérieur et extérieur sont dérivés du mandchou et , puisqu'ils contrôlaient la Chine depuis Pékin, mais ils sont considérés comme sinocentriques par certains Mongols qui préfèrent utiliser Nord et Sud ( et ).

La Mongolie-Intérieure est limitrophe des provinces chinoises du Heilongjiang, du Jilin, du Liaoning, du Hebei, du Shanxi, du Shaanxi, de la Région autonome Hui du Níngxià et du Gansu, et a des frontières communes avec la Mongolie et la Russie. Vaste de 1,18 million de kilomètres carrés, elle a une population de 23,76 millions d’habitants. Sa capitale est Hohhot ().

Histoire Au cours de son histoire, ce qui est maintenant la Mongolie-Intérieure fut contrôlé par des fermiers chinois au sud et des nomades xiongnu (Huns), xianbei, khitans, jurchen (mandchous) et mongols au nord. Sous la dynastie Qing (1644-1912), les régions habitées par des Mongols et Toungouses furent organisées en ligues (Aïmag en langue mongole) et bannières. Les Mongols ordinaires n’avaient pas le droit de voyager en dehors de leurs ligues. De plus, les Tchakhars et les Tümeds de Guihua furent organisés en bannières sous contrôle direct de l'empereur de la dynastie Qing.

Pendant le , malgré l'interdiction de l'empire, un nombre croissant de Chinois hans commencent à migrer en Mongolie-Intérieure. En 1791, les paysans hans présents dans la Bannière avancée de Gorlos sont tellement nombreux que le djasak pétitionne pour la légalisation des immigrants.. En même temps, la construction massive de monastères ouvrit la Mongolie aux marchands chinois hans..

Au milieu du , la dynastie Qing dut faire face aux agressions étrangères ainsi qu’à la montée des sociétés secrètes (guerre de l'opium, révolte des Taiping) et aux avancées russes. L'impossibilité de résoudre les problèmes internes de la Chine (modernisation, famine) et les agressions étrangères entraînèrent le discrédit de la dynastie Qing. Afin de calmer les révoltes, la dynastie entreprit des réformes, comme l'ouverture de certaines terres du nord de la Chine aux paysans chinois en 1860. Cependant ces concessions ne sauvèrent pas la dynastie en fin de règne. La terre était soit vendue par les princes mongols, soit louée aux fermiers chinois, soit retirée purement et simplement des zones de pacage des bergers nomades et donnée aux paysans chinois. Selon une source chinoise, la population des Chinois hans en Mongolie-Intérieure en 1912 s'élevait à , dépassant largement les Mongols..

Sous la république de Chine, la Mongolie extérieure, avec le soutien de la Russie tsariste, déclara son indépendance en 1912. À partir de 1914, la Mongolie-Intérieure fut divisée en trois districts spéciaux de Rehe, Chahar, Suiyuan et la région autonome du Níngxià. À partir de 1928, les trois districts spéciaux deviennent les provinces de Rehe, Chahar et Suiyuan. La partie orientale de la Mongolie extérieure, alors partie de la Mandchourie, passa, lors de l'invasion japonaise de la Mandchourie en 1931, sous contrôle japonais puis fut intégrée à l'État fantoche du Mandchoukouo lors de sa création le . Les Japonais envahirent en 1933 la province de Rehe qu'ils annexèrent au Mandchoukouo après la bataille de Rehe.

vignette|Drapeau du Gouvernement autonome du Mengjiang.

En , des forces du Japon, du Mandchoukouo et des troupes mercenaires chinoises envahirent la province du Chahar en Mongolie-intérieure. À partir de 1935, des contacts furent pris entre les autonomistes mongols, fédérés autour du prince Demchugdongrub, et l'empire du Japon. Le , le gouvernement du Mengjiang () fut proclamé. Ses troupes, soutenues par une armée de mercenaires chinois équipés par les Japonais, affrontèrent une première fois l'armée chinoise en octobre-novembre 1936, mais furent défaites. La guerre ouverte entre la Chine et le Japon, déclenchée quelques mois plus tard, permit au Mengjiang de survivre et de proclamer sa souveraineté sur une partie du territoire de la Mongolie-intérieure. Cet État fantoche était contrôlé par le Japon et dirigé par Demchugdongrub. En 1945, dans le cadre de l'offensive des Soviétiques contre le Japon, ceux-ci envahissent le territoire chinois par la Mongolie-intérieure et la Mandchourie. L'État du Mengjiang et le Mandchoukouo également créé par les japonais en Mandchourie, ne survivent pas à cette invasion.

vignette|Création de l'assemblée de la Mongolie-Intérieure autonome, le . Après la Seconde Guerre mondiale, le Parti révolutionnaire du peuple de Mongolie-Intérieure, fondé en , contrôlait la Mongolie-Intérieure, tandis que le Parti communiste chinois (PCC) contrôlait une grande partie de l'ancienne Mandchourie. Ces deux partis fusionnent le et établirent le Gouvernement autonome de Mongolie-Intérieure le .

En 1949, le parti communiste chinois prend l'ensemble de la Chine continentale au Kuomintang, Tchang Kaï-chek, son dirigeant se réfugie sur Taïwan, qu'il dirigera d'une main de fer jusqu'à sa mort. Le , la république populaire de Chine est proclamée sur la Chine continentale, à Pékin.

À partir de 1954 la Chine entreprendra de simplifier ses divisions administratives, et la Mongolie-Intérieure récupérera une partie des provinces du Suiyuan et du Ningxia en 1954, et une partie de la province du Rehe en 1955 pour s’établir dans ses limites actuelles.

. Selon Roderick Mac Farquhar et Michael, de ces personnes, ont été battues à mort et ont été mutilées de façon permanenteMacFarquhar, Roderick and Schoenhals, Michael, Mao's Last Revolution, Harvard University Press, 2006. p. 258..

Dans les années 1980, Xi Haiming, Huchuntegus, Wang Manglai et Hada (actuellement en détention), tous étudiants dans les universités de Hohhot, ont discuté de refonder le Parti du peuple de Mongolie intérieure, pour promouvoir l'autodétermination des Mongols de Mongolie Intérieure. Plus tard, les individus de l'est et de l'ouest de Mongolie Intérieure se sont divisés et en conséquence, Huchuntegus a établi l'Association d'Ordos de culture ethnique dans la Ligue de Ikh Juu (maintenant la ville d'Ordos) ; alors que Hada a établi l'Alliance démocratique de Mongolie méridionale en 1995, ce qui lui vaudra une peine de 15 ans de prison. Xi Haiming a fui son pays et a établi le Parti du peuple de Mongolie intérieure à New York, en mars, 1997“Inner Mongolian People's Party” and the basic facts about its key members..

Géographie upright=1.4|thumb|Divisions administratives et disputes territoriales de la république populaire de Chine. vignette|200px|droite|La prairie mongole.

La plus grande partie de la Mongolie-Intérieure se compose de hauts plateaux, fermée dans sa partie orientale par le Grand Khingan (Daxing’an Lin). Les chaînes du Yinshan se trouvent au centre de la Mongolie-Intérieure dont le point culminant ( m) se situe dans la chaîne des monts Helan (Helan shan), à l'ouest de la boucle du fleuve Jaune (Huang he).

Le désert de Gobi s'étend au nord de la région. Le plateau d'Ordos, au sein de la boucle du fleuve Jaune est désertique dans sa partie occidentale. La partie orientale de la Mongolie Intérieure nourrit les affluents du Liao He et du Soungari, lui-même un affluent du fleuve Amour. C'est à la confluence de l'Argoun et la Chilka que se forme l'Amour. L'Argoun à une centaine de kilomètres à l'Est de la Mongolie, puis l'Amour forment la majeure partie de la frontière naturelle entre la Chine et la Russie, sur la frontière Ouest de la ville-préfecture de Hulunbuir, et sur le nord et l'est de la province voisine du Heilongjiang.

En général le climat est continental avec de longs hivers. La moyenne des températures de janvier varie suivant le lieu de moins à moins , n'atteignant moins que dans l'extrême nord-est, cependant que la moyenne du mois de juillet s'établit à plus vingt ou vingt-quatre degrés, ne restant inférieure à vingt degrés que dans cette même zone du nord-est.

Villes principales Rang Ville Nom chinois 1 Baoutou ou Baotou 包头 1 720 099 2 Hohhot (Huhehaote) 呼和浩特 1 980 774 3 Chifeng (Ulanhad) 赤峰 759 955 4 Tongliao 通辽 264 119 5 Jining 集宁 263 209 6 Wuhai (Haibowan) 乌海 226 732 7 Hailar (Hulunbuir) 海拉尔 215 869 8 Linhe 临河 170 937 9 Ulanhot (Wulanhaote) 乌兰浩特 167 145 10 Jiagedagi 加格达奇区 136 811 11 Zalantun (Butha Qi) 扎兰屯 132 408 12 Xilinhot (Xilinhaote) 锡林浩特 123 198 13 Yakeshi (Xuaguit Qi) 牙克石 116 044 14 Zhalainuoer (Jalai Nur) 108 663 15 Dongsheng 东胜 101 698

Subdivisions administratives vignette|Le gymnase de Mongolie-Intérieure à Hohhot. La Mongolie-Intérieure est divisée en douze préfectures comprenant neuf villes-préfectures () et trois ligues ().

Les villes-préfectures furent pour la plupart converties à partir d’anciennes ligues à partir de 1983.

Les douze préfectures de Mongolie-Intérieure sont découpées en cent-une subdivisions de niveau district, comprenant vingt-et-un districts, onze villes-districts, dix-sept xian, quarante-neuf bannières et trois bannières autonomes.

Subdivisions administratives du Mongolie-Intérieure400px No. Code subdivision Préfecture chinoisHanyu Pinyin MongolTranslittération Boris Superficie en km2 Population 2010 Siège Subdivisions Districts Xians Xians autonomes villes-district— villes-préfectures —2150800Bayannuur巴彦淖尔市Bāyànnào'ěr Shì15px|ᠪᠠᠶ᠋ᠠᠨᠨᠠᠭᠤᠷ15px|ᠬᠣᠲᠠBayannaɣur qota km² District de Linhe 1 6 3150300Wuhai乌海市Wūhǎi Shì15px|ᠦᠬᠠᠢ15px|ᠬᠣᠲᠠÜqai qota km² District de Haibowan 3 4150600Ordos鄂尔多斯市È'ěrduōsī Shì15px|ᠣᠷᠳᠤᠰ15px|ᠬᠣᠲᠠOrdos qota km² District de Kang Bashi 2 7 5150200Baotou包头市Bāotóu Shì16px|ᠪᠤᠭᠤᠲᠤ15px|ᠬᠣᠲᠠBuɣutu qota km² District de Jiuyuan 6 3 6150100Hohhot呼和浩特市Hūhéhàotè Shì17px|ᠬᠥᠬᠡᠬᠣᠲᠠKökeqota km² District de Xincheng 4 5 7150900Ulaan Chab乌兰察布市Wūlánchábù Shì17px|ᠤᠯᠠᠭᠠᠨᠴᠠᠪ15px|ᠬᠣᠲᠠUlaɣančab qota km² District de Jining 1 9 19150400Chifeng赤峰市Chìfēng Shì20px|ᠤᠯᠠᠭᠠᠨᠬᠠᠳᠠ15px|ᠬᠣᠲᠠUlaɣanqada qota km² District de Songshan 3 9 10150500Tongliao通辽市Tōngliáo Shì15px|ᠲᠥᠩᠯᠢᠶᠠᠣ15px|ᠬᠣᠲᠠTüŋliyou qota km² District de Horqin 1 6 112150700Hulunbuir呼伦贝尔市Hūlúnbèi'ěr Shì17px|ᠬᠥᠯᠦᠨᠪᠤᠶᠢᠷ15px|ᠬᠣᠲᠠKölön Buyir qota km² District de Hailar 2 4 3 5— Ligues —1152900Alxa阿拉善盟Ālāshàn Méng17px|ᠠᠯᠠᠱᠠᠨ ᠠᠶᠢᠮᠠᠭAlaša ayimaɣ km² Bannière gauche d'Alxa 3 8150500Xilin Gol锡林郭勒盟Xīlínguōlè Méng35px|ᠰᠢᠯᠢ ᠶᠢᠨ ᠭᠣᠤᠯ ᠠᠶᠢᠮᠠᠭSili-yin Ɣool ayimaɣ km² Ville de Xilinhot 10 211152200 Xing'an兴安盟Xīng'ān Méng17px|ᠬᠢᠩᠭ᠋ᠠᠨ ᠠᠶᠢᠮᠠᠭQiŋɣan ayimaɣ km² Ville de Ulanhot 4 2

Principales villes

+Agglomérations de plus de habitants (2018). Agglomération Désignation en chinois Population de l'agglomération millions (2017) Rang (Chine) Superficie Densité Commentaire Baotou 2,22 544 km² 410 Hohhot 2,2 466 km² 4700 Tongliao 0,965 194 km² 5000 Chifeng 0,935 168 km² 5600 Dongsheng 0,76 130 km² 5900 Fait partie de la préfecture d'Ordos Wuhai 0,625 207 km² 3000 Bayannuur 0,55 135 km² 4100

Économie vignette|Photo satellite de Bayan Obo