La campagne d'Italie, appelée aussi libération de l'Italie, est une campagne militaire de la Seconde Guerre mondiale ayant duré de à . Cette campagne est née d'un compromis entre les Alliés à la conférence de Casablanca en . À ce moment du conflit, la victoire en Afrique du Nord étant acquise, la suite logique était la conquête de l'Europe du Sud afin de libérer définitivement les routes maritimes en Méditerranée.
Churchill pensait que les Balkans, en tant que « ventre mou de l'Axe », constituaient un objectif idéalJohn Keegan, La Seconde Guerre mondiale, Perrin, 2009, : « D'après le général Marshall, les Américains doutaient de la valeur d'un éventuel renversement des alliances. Ils continuaient à s'accrocher à l'idée qu'un assaut direct en Europe du Nord-Ouest était le seul moyen sûr et rapide de liquider Hitler. L'attachement de Churchill à une stratégie “périphérique” contre ce qu'il appelait le “ventre mou” de l'Europe hitlérienne leur paraissait contestable. » : « [...] Il (Harold Alexander) informait Churchill que l'armée anglo-américaine était victorieuse et que ses soldats étaient maîtres de l'Afrique du Nord. Ce message euphorique s'ajoutant à un habile marchandage de Churchill qui préconisait l'extension de la campagne méditerranéenne aux Balkans, convainquit les Américains d'adopter la solution plus sûre de l'expédition sicilienne qui commença en juillet. ». Franklin Delano Roosevelt était quant à lui en faveur d'une attaque de front, c'est-à-dire par la voie la plus courte, en traversant la Manche au départ du Royaume-Uni, pour atteindre le cœur de l'Allemagne via le nord-ouest de la France. Finalement, Churchill réussit à convaincre le président américain de lancer une attaque en Italie pour l'été 1943.
À la suite de l' du , la campagne d'Italie devient un théâtre d'opérations secondaire en Europe de l'Ouest. Elle se solde par la victoire des troupes alliées et la capitulation des forces allemandes le . Cette campagne a contribué à l'épuisement des forces de l'Axe même si sa durée a été plus longue que prévu, à cause de l'efficacité avec laquelle celles-ci ont fait retraite.
Prémices de la campagne
La campagne débuta le par l'invasion de l'île de Pantelleria, située entre la Sicile et la Tunisie. Les installations radar et l'aérodrome de l'île étaient alors perçus comme une menace réelle sur le débarquement en Sicile.
L'opération fut un véritable succès et les autres îles (Linosa et Lampedusa) situées dans le canal de Sicile furent prises par les Alliés dans les jours qui suivirent, après de brefs combats.
Conquête de la Sicile
La préparation de l'invasion de la Sicile () commença en . Le groupe d'armée sous les ordres du général britannique Alexander serait constitué de la armée américaine (général Patton) et de la armée britannique (général Montgomery). L'amiral Andrew Cunningham et le général Arthur Tedder seraient respectivement les commandants des forces navales et aériennes associées.
L' eut lieu la nuit entre le et le , son but était d'aéroporter des soldats pour contrôler les ponts reliant la ville de Syracuse à l'île d'Ortygie, pour ouvrir la ville aux soldats alliés qui devaient débarquer sur les plages voisines.
L'opération amphibie eut lieu le sur la pointe sud-est de l'île. Huit divisions débarquèrent le premier jour sans rencontrer de véritable résistance de la part des forces de l'Axe. En effet, une tempête ayant fait rage dans la nuit précédant l'assaut, les Italiens avaient relâché leur surveillance côtière.
Montgomery comptait s'emparer rapidement de Messine pour empêcher l'arrivée des renforts en provenance de la pointe de la botte italienne. Il fut bloqué dans la plaine de Catane, tandis que Patton progressait rapidement vers l'ouest de l'île. Palerme fut prise le après de sanglants combats.
Dès la fin juillet, la plupart des Italiens s'étaient rendus. La garnison allemande, prise entre les deux feux de l'armée US à l'ouest et de l'armée britannique au sud, évacua rapidement la Sicile par le détroit de Messine. L'île fut conquise après de campagne et Patton entra dans Messine le pour se trouver au bord du détroit.
Chute de Mussolini Entre-temps, Benito Mussolini avait été mis en minorité le lors de la réunion extraordinaire du Grand Conseil fasciste et incarcéré par le roi Victor-Emmanuel III. Le maréchal Badoglio en formant un nouveau gouvernement, déclara son intention de continuer la guerre. En fait, il cherchait déjà à trouver un moyen de sortir l'Italie du conflit.
Des négociations furent entamées avec les Alliés concernant l'annonce d'une reddition coïncidant avec une importante attaque alliée sur le sol italien.
Pendant ce temps, à la fin du mois d', lors de la conférence de Québec, les Américains donnèrent leur accord à un débarquement en Italie à la condition que leurs alliés accordent la priorité à l' en Normandie. La suite de la campagne d'Italie se ferait ainsi avec des effectifs diminués.
Invasion de l'Italie et reddition italienne
300px|vignette|Évolution territoriale de la République sociale italienne. Le , Montgomery franchit discrètement le détroit entre Messine et Reggio de Calabre, puis ses troupes commencèrent à avancer à travers les montagnes de la pointe de la botte.
Le , à la suite des négociations entre le gouvernement italien et les Alliés, Eisenhower et Badoglio annoncèrent presque simultanément la signature d'un armistice. En réaction, les Allemands prirent rapidement le contrôle de la situation en Italie et se préparèrent à arrêter la progression alliée au sud du Latium.
À la suite de l'accord avec Badoglio, la armée américaine du général Mark Clark (qui avait remplacé la armée de Patton) débarqua à Salerne les (). Les troupes qui ne s'attendaient qu'à une résistance modérée furent surprises par la réaction énergique du maréchal Kesselring. Pendant huit jours, les forces alliées restèrent clouées sur leurs têtes de pont et la situation ne fut consolidée que grâce à l'artillerie navale de la flotte.
Dans le même temps eut lieu l' : le , la flotte de l'amiral Cunningham débarqua directement la première division aéroportée britannique dans le port de Tarente.
Le , Mussolini, placé en résidence surveillée dans un hôtel des Abruzzes, était libéré sur ordre d'Adolf Hitler, lors d'une opération commando réalisée par les hommes d'Otto Skorzeny.
Un mois plus tard, le , l’Italie déclare la guerre à l’Allemagne..
Percée des lignes Volturno et Barbara
Ces 2 lignes de défense avaient été conçues pour ralentir les alliés pendant que les Allemands construisaient la principale ligne de défense, la ligne Gustave.
La ligne Volturno fut percée fin octobre, et la ligne Barbara le fut le , après avoir joué leur rôle de ralentisseurs.
Bataille de Monte Cassino
À la conférence de Téhéran ( - ), les Alliés décidèrent que seules des actions d'importance modeste seraient entreprises en Italie. L'essentiel de l'effort sur le front Ouest devait se porter sur le débarquement en Normandie au printemps 1944.
Hitler remplaça Rommel par Kesselring en tant que commandant en chef des forces du sud-ouest de l'Europe. Il allait résister de longs mois le long de la ligne Gustave, dont la clé de voûte était le mont Cassin.
Churchill plaida auprès d'Eisenhower pour le bien-fondé d'un nouveau débarquement allié au nord de la Ligne Gustave. Ce dernier finit par accepter un débarquement à Anzio le . Le débarquement s'effectue si facilement que le général américain Lucas, commandant les troupes débarquées, craignant un piège, ne poursuit pas son attaque et préfère renforcer ses positions ce qui donne le temps à Kesselring, d'abord surpris, de réagir. Il installe de l'artillerie lourde sur les montagnes dominant la plaine où ont débarqué les Alliés et les écrase sous son tir. "Tête de pont, tête de mort" déclare Kesselring.
Alexander ramena l'essentiel des forces dont il disposait au printemps sur l'ouest de la ligne Gustave, et après avoir persuadé Kesselring qu'il préparait un nouveau débarquement à Civitavecchia, il adopta le plan présenté par le général français Alphonse Juin qui consistait à déborder par la gauche la position du mont Cassin sur laquelle les Alliés butaient depuis cinq mois ; cette offensive fut menée avec le .
Le , le mont Cassin, débordé sur sa droite par les Polonais du et pris à reversMémoires du général Anders, pages 255 sq., était évacué et la prise des villes de Pontecorvo et Pico sur la ligne Hitler ouvrait la route de Rome. Le , la tête de pont sur Anzio obtenait la rupture. Les armées allemandes étaient en cours d'encerclement, mais le général américain Clark préféra libérer Rome le .
Les armées allemandes avaient eu le temps de se replier jusque sur la Ligne gothique, une autre ligne de défense sur les Apennins. Kesselring put se réorganiser d'autant plus qu'un certain nombre de divisions alliées furent prélevées du front italien pour participer à l', le débarquement en Provence. Kesselring recevait ainsi huit nouvelles divisions.
Le général Oliver Leese au général Anders après la victoire des Polonais :
vignette|Carte des actions brésiliennes et des alliés dans le nord de l'Italie, 1944-1945. Archives nationales du Brésil.
Conquête du Nord de l’Italie
Les Alliés tentèrent de forcer la ligne Gothique par une nouvelle attaque le . Rapidement les défenses orientales furent balayées, mais Kesselring réussit à ramener rapidement des renforts et à bloquer l'avance de la armée, à présent dirigée par le général Oliver Leese.
Une nouvelle attaque le permit d'atteindre la plaine de la Romagne. Les Alliés se retrouvèrent alors devant un labyrinthe de cours d'eau endigués, où chaque digue était formidablement défendue. Les pluies à partir du brisèrent net leur élan jusqu'au printemps suivant.
Ce n'est que le qu'une nouvelle action d'envergure fut lancée. Les Polonais du deuxième corps, flanqués de la et du britannique, prennent la ville de Bologne. Le , les et armées avaient franchi le Pô. Le , les Allemands signaient à Caserte leur capitulation sans condition.
Composition du corps expéditionnaire français En Italie, de à , sous les ordres du général Juin, le corps expéditionnaire français avait un effectif global de dont 54 % de musulmans nord-africains. : la 3e division d'infanterie algérienne () la Division d’infanterie marocaine () la 4e division marocaine de montagne () la motorisée d’infanterie les Tabors marocains La 4e division marocaine de montagne comptait et français pour huit officiers et marocains.
Au cinéma La ciociara (1960), film franco-italien réalisé par Vittorio De Sica, d'après le roman éponyme d'Alberto Moravia. En avant la musique (film, 1962), film franco-italien avec Fernandel et Gino Cervi. La Bataille de Naples () (1962) est un film dramatique italien, réalisé par Nanni Loy.
Notes et références
Annexes Articles connexes Front de l'Ouest (Seconde Guerre mondiale) Campagnes d'Afrique, du Moyen-Orient et de Méditerranée Défense manquée de Rome Vatican durant la Seconde Guerre mondiale | Bombardement du Vatican Deuxième corps polonais | Prise d’Ancône | Prise de Bologne Corps expéditionnaire français en Italie | Quatre journées de Naples | Guerre civile italienne Histoire militaire de l'Italie pendant la Seconde Guerre mondiale Crimes de 1944 en Ciociaria
Liens externes
Site web du projet par .
* Catégorie:1943 en Italie Catégorie:1944 en Italie