vignette|250px|Coupe rase dans les Landes de Gascogne. Selon l'IFN, c'est dans le massif landais que les coupes rases sont les plus fréquentes et parmi les plus grandes en France. Des « rémanents » ont été laissés sur le sol qu'ils protègent du soleil, et - dans une certaine mesure - des dégâts faits par le passage des engins vignette|250px|Coupe rase dans une futaie équienne de résineux (en Oregon). Les rémanents, ici plus grossiers, peuvent présenter un certain intérêt pour quelques communautés saproxylophages, fortement limité les premières années par l'absence de microclimat forestier en raison de la grande taille de la coupe vignette|250px|Coupe à blanc (Slovaquie). Le sol mis à nu est privé de protection contre les UV solaires, la déshydratation et l'érosion. Il peut subir une phase importante de dégradation, avec minéraliation de la matière organique, perte de nutriments, qui serait évitée dans le cas de coupes plus petites, en taches, imitant les processus naturels de chablis en jeu dans l'évolution et la régénération constante de la forêt naturelle vignette|250px|Les impacts écologique et paysagers d'une coupe rase sont exacerbés sur les fortes pentes. De plus, il s'agit ici d'une forêt ancienne ("Gordon River Valley", près de Port Renfrew en Colombie-Britannique). La forêt ancienne de Colombie-Britannique est en voie de disparition, à la suite des coupes rases suivies de plantations d'arbre de rentes qui forment des forêts secondaires homogène et moins riches en biodiversité vignette|250px|La coupe rase peut influer sur les niveaux d'eau (à la suite d'une brusque suppression de l'évapotranspiration). Le type de régénération (naturelle ou artificielle) peut atténuer ou exacerber l'effet d'artificialisation de ce type de coupe (ici en forêt de Clairmarais dans le nord de la France, en 2003) vignette|250px|Autre exemple de chantier (en Europe), de taille plus modeste, avec courtes billes de bois en attente de débardage sur un tapis de rémanents

Les expressions « coupe rase », « coupe à blanc », « coupe blanche », « coupe totale » et « coupe à blanc-étoc » désignent, en sylviculture, un mode d'aménagement sylvicole passant par l'abattage de la totalité des arbres d'une exploitation forestière. Cette coupe peut se faire par blocs, par bandes ou par parcelles.

Plusieurs types de coupes forestières sont pratiqués. Elles peuvent être divisées essentiellement en deux types : les coupes totales et les coupes partielles (avec notamment la coupe claire ou coupe d'éclaircie qui consiste à éliminer les arbres en surnombre pour favoriser les arbres à maintenir), chacune ayant des variantes. Le type d'essence et l'objectif de production ou d'aménagement forestier déterminent finalement le traitement choisi.

Les coupes rases sont nécessaires lorsque l'on veut changer l'essence en place ou que l'on veut défricher. à la coupe rase est la coupe de jardinage adaptée à la « gestion en futaie jardinée ». Une méthode intermédiaire serait la culture du taillis sous futaie, qui est une gestion désuète. Les coupes de régénération en futaies régulières s'appellent « coupes progressives » .

Éléments de définition

Ils varient selon les époques et les entités sylvicoles ou administratives. Par exemple : en Suisse, les forestiers parlent de coupe rase quand tous les arbres de plus de de diamètre sont coupés dans un peuplement, sur au moins 0,5 hectare d'un seul tenant et si le rajeunissement préétabli (régénération naturelle, jeunes plants) représente moins de 30 % de la surface coupe. Le rajeunissement préétabli est estimé après la coupe et ne comprend que des plants viablesCRPF, Limousin, Fiche pédagogique La sylviculture sans coupe rase ; en France, l'IFN nuance entre « coupes fortes » (quand plus de 50 % de l'étage dominant est coupé) et « coupes rases », et selon l'objectif de la coupe (en distinguant les « coupes définitives de régénération naturelle » des « coupes de taillis » et des « coupes en attente de plantation depuis moins de 5 ans »)Ministère de l’agriculture et de la pêche et Inventaire forestier national (2000), les indicateurs de gestion durable des forêts françaises (Document français de mise en œuvre des décisions des pays participant aux conférences ministérielles pour la protection des forêts en Europe), Édition 2000 ; . L'IFN parle de coupe à partir de 25 ha . Quand une coupe à blanc précède un changement d'affectation du sol, on parle plutôt de « défrichement » (qui doit faire l'objet de procédures d'autorisation généralement plus difficiles et plus longues).

Coupes rases comme indicateur Les coupes fortes (plus de 50 % de l'étage dominant) et les coupes rases (100 % de l'étage dominant) constituent l'un des indicateurs de gestion durable des forêts suivis en France par l'IFN. Cet indicateur est précisé pour toutes les en répartissant les données pour trois catégories de statut de propriété : forêts domaniales, autres forêts publiques relevant du régime forestier et privées, y compris quand il s'agit de peupleraies. Figurent aussi dans cet inventaires les .

Ces indicateurs sont utilisés dans le cadre de l'évaluation des impacts de la gestion sur la biodiversité forestière, mais présentent aussi un intérêt pour le paysage, les atlas des paysages les études hydrologiques, etc..

Les coupes rases : elles sont plus ou moins pratiquées selon les régions (avec un rapport de 1 à 3) : pour la période 1980-1988, elles sont plus utilisées en forêt landaise que dans la forêt méditerranéenne française.Ainsi, selon l'IFN en France métropolitaine ont chaque année fait l'objet de coupes à blanc (pour la période comprise entre les 2 inventaires de 1980 et 1988) ; ont fait l'objet de coupes définitives de régénération naturelle, et les coupes ayant l'impact visuel le plus fort ont touché : il s'agit des coupes rases suivies de plantation, des coupes de taillis et des coupes rases en attente. Durant la même période, ont été défrichés par an (dont en forêt privée).Pour la période 1980-1988, Ce sont 0,7 % de toute la forêt qui ont été coupées à blanc chaque année (en extrapolant, ce serait 7 % par décennie et 70 % par siècle à ce rythme, ce qui évoque une tendance aux courtes révolutions).En huit ans (de 1980 à 1988), sur un total de de coupes rases, l'IFN a compté petites coupes rases (moins de 1ha), de 10 à 25ha et de 25 à 40ha, et de plus de 40 ha.

Les coupes de grande taille (>25 ha) : pour 1980-1988, elles ont compté pour moins de 1 % du nombre de chantiers, mais leur impact visuel est proportionnellement bien plus important puisqu'elles ont couvert . Quatre coupes de plus de 40 ha ont été justifiées par un chablis (grand Sud-Ouest ; chablis de 1976-1977), un gel (1985 en région Centre et Normandie), des dépérissements de pins et hêtres (dans l'Est après 1984 et dans le Massif Central après 1982).

En termes géographiques : la coupe rase est la plus pratiquée par la sylviculture du pin maritime dans le Grand Sud-Ouest (1,1 % de la forêt a été coupée à blanc chaque année). C'est ensuite dans le Quart Nord-Ouest qu'elle est le plus utilisé (0,8 % de la forêt) puis là où l'industrie forestière s'est récemment développée (Massif Central : 0,6 %). Elle est moins utilisée dans les zones de tradition forestière où la forêt jardinée est plus courante (Est : 0,6 %) et encore moins dans la forêt méditerranéenne (0,3 %).Les gestionnaires privés (qui traitent 74 % de la forêt de France) l'utilisent autant que la forêt publique, mais avec des nuances concernant les suites données à la coupe (78 % des coupes dures ou rases sont des coupes finales de régénération et de taillis (la plaine) (1, 2, 3) contre 74 % en forêt domaniale et 70 % dans les autres forêts publiques).

Perception des coupes rases par le public Elle varie beaucoup selon la surface de la coupe, et selon sa visibilité dans le paysage.

Concernant les grandes coupes, dans le monde, les populations autochtones vivant en forêt les considèrent généralement comme l'atteinte la plus grave qu'on puisse faire à la forêt et une atteinte grave aux droits des peuples autochtones, surtout si elle est suivie d'une conversion en terrain agricole ou d'une mise en eau pour un grand barrage.

Dans les forêts exploitées des pays riches, les promeneurs, usagers ou riverains des forêts la considèrent souvent également comme une atteinte dure à l'écosystème forestier et au paysage, même quand ils savent qu'elle sera suivie de plantations.

Ainsi, en France une enquête du CREDOC (1995-1996) a porté sur l'opinion concernant l’environnement et la forêt, 31 % des sondés ont dit trouver les coupes rases trop nombreusesBarthod, C. Pignard, G. Guérin, F. (1999), Coupes fortes et coupes rases dans les forêts françaises ; Revue forestière française ; 01/10/1999 ; 1999-004 ; , PDF, 18p. C'était le second motif de reproche fait à la gestion forestière, après un entretien insuffisant des forêts (59 %). Et 22 % des personnes interrogées ont également critiqué l'impact de la sylviculture sur paysages ( de reproche).

Durant les années 2000, la contestation des coupes rases par les citoyens ne faiblit pas. De même, les élus locaux, par exemple dans le Parc naturel régional du Morvan, souhaitent vivement réguler ces pratiques. Ces souhaits sont relayés par l'association « Canopée Forêts Vivantes » et le collectif « SOS Forêts » qui lance en , une campagne nationale contre les coupes rases en forêt..

Surface concernée

en France Malgré le manque de statistiques, chaque année et de manière relativement constante depuis une vingtaine d'années, environ 1% de la surface de forêt française serait concernée par cette pratique.. La surface moyenne affectée est généralement faible (moins de 4 hectares, 5-6 hectares pour certaines essences dans les Landes).

Impacts, avantages et inconvénients Il n'y a pas de consensus sur les impacts de cette méthode ni sur son coût global lorsqu'il est comparé à ce que coûterait une gestion en futaie jardinée, hétérogène et mélangée dans un contexte équivalent des points de vue biogéographique et de contraintes liées au relief et à la desserte des parcelles.

Avantages Les pratiquants de la coupe à blanc apprécient sa facilité de mise en œuvre et de débardage grâce à la mécanisation des opérations. Elle facilite une rationalisation des travaux d'entretien en permettant un reboisement facilité sur un sol plus facile à préparer et débarrassé des obstacles, ainsi que la gestion future des arbres alignés et groupés en parcelles. Par ailleurs : Le maintien de bandes boisées sur les lisières de coupes à blanc permet d'atténuer les impacts paysagers, ce qui est obligatoire au Canada. De plus, ces coupes, si elles ne sont pas trop vastes, peuvent jouer le rôle de clairières artificielles offrant un habitat de substitution à certaines espèces des milieux ouverts. Des études ont montré que la faune des milieux ouverts colonise rapidement les coupes rases, mais hormis pour quelques espèces (engoulevent en Europe par exemple), il s'agit souvent d'espèces ubiquistes, résistantes et non menacées, avec un impact sur les oiseaux nicheurs forestier variant selon l'âge et la taille de la trouée créée par la coupe raseG Brazaitis & al. (2005), Age-related effects of clear-cut–old forest edges on bird communities in Lithuania Journal of Forest Ed:Taylor & Francis ; Dans les forêts équiennes de résineux en plaine (par exemple de pins maritimes dans les Landes de Gascogne), les coupes rases améliorent le paysage en créant un effet mosaïque qui ouvre des vues diverses, sur les parcelles avoisinantes voire souvent sur un horizon plus lointain ; Cette méthode est réputée pour permettre la gestion forestière financièrement la plus avantageuse, à court ou moyen terme.