thumb|Eugène Maës en 1913. Eugène Maës, né le à Paris (France) est un footballeur international français qui évoluait au poste d'attaquant. Il meurt en déportation entre mars et début entre la Boelcke-Kaserne de Nordhausen et Bergen Belsen. Datant du , son acte de décès "officiel" indique la date du à Ellrich Dora.

Biographie L'apprentissage du football Maës découvre le football en 1902 dans le jardin du Luxembourg à Paris avec ses amis.. Il rejoint en 1903 le Patronage Olier, un patronage paroissial parisien de la rue d'Assas affilié à la Fédération gymnastique et sportive des patronages de France (FGSPF) en tant que gardien dans un premier temps. Puis il occupe le poste d'avant centre à partir de 1906.

Avec son club il remporte en 1908 le Championnat de France de football des patronages puis la deuxième édition du trophée de France (qui fait alors office de finale nationale inter-fédération), le , face au champion parisien de la FCAF, la Société municipale de Puteaux. En finale, Maës marque le troisième et dernier but de son équipe (3-0)..

Champion de Paris en 1910, le Patronage Olier remporte un nouveau titre de champion de France , en s'imposant en finale face aux Bons Gars de Bordeaux (11-0) puis de nouveau le trophée de France, le face au Club athlétique de Vitry. Maës ouvre cette fois le score (2-0).

L'arrivée au Red Star Maës est recruté par le Red Star Amical Club, l'un des meilleurs clubs français du moment, à 19 ans.. Aidé par sa taille (il mesure ), il est particulièrement réputé pour son jeu de tête grâce auquel il marque de très nombreux buts... Avec son club, il est finaliste malheureux du championnat de la Ligue de Football Association en 1911, le remporte en 1912, puis termine à la deuxième place en 1913 et 1914. Avec son équipe, il perd la finale du trophée de France en 1912 face à l'Étoile des Deux Lacs., au cours de laquelle il marque le seul but de son équipe (1-3). Il joue son dernier match avec son club le .

L'équipe de France Jeune d'une génération disloquée par la Première Guerre mondiale, Maës est le premier grand buteur de l'équipe de France.. En à peine plus de deux ans de carrière internationale et onze sélections, Maës inscrit quinze buts, un total qui ne sera dépassé en équipe de France qu'en 1928, par Paul Nicolas. Il est opéré en des adducteurs, ce qui lui fait manquer les matchs internationaux de 1914. Victime d'une grave blessure au combat lors de la Grande Guerre, sa carrière de footballeur de haut niveau se termine à 24 ans. Sa meilleure journée en Bleu remonte au à Turin contre l'Italie où, après être arrivé à cinq heures du matin à la faveur d'une permission, il réussit un triplé qui permet aux Français de s'imposer pour la première fois en Italie (4-3). Le buteur du Red Star inscrit également un quintuplé face au Luxembourg en 1913 (8-0), exploit que seul Thadée Cisowski rééditera sous le maillot bleu face à la Belgique en 1956..

La reconversion à Caen Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, Maës se bat en Belgique. Blessé à la poitrine au tout début du conflit, le D'après son dossier militaire., il rejoint, pour y être soigné, son régiment d’affectation : le alors localisé dans la caserne Lefèbvre au château de Caen. Il retourne au front avec le grade de caporal en , s'y illustre lors des attaques d'Artois et reçoit la Croix de guerre. Lors des permissions, il continue de jouer et la presse sportive fait l'éloge de ses exploits militaires. Le , il épouse à Caen Yvonne Berteaux qu'il avait rencontrée pendant sa convalescence. Démobilisé en , il s'installe définitivement à Caen. Il joue au Stade Malherbe caennais (SMC) dès la reprise des compétitions en 1919 et jusqu'en 1930. Par son expérience, il s'impose très vite comme le capitaine de l'équipe, tenant lieu d'entraîneur à une époque où ce poste n'existe pas.. C'est lui qui invente le au milieu des années 1920. :

Il reçoit la médaille d'or de la fédération française de football (FFF) en 1933 au titre d'ancien joueur..

Parallèlement à sa carrière de footballeur, il reprend une école de natation sur les bords de l'Orne, tenue par son beau-père, Le Lido, en 1919. Il pratique lui-même le plongeon et est professeur de natation.. En , l’école est rattachée, à son initiative, comme section de natation masculine et féminine du SMC, affiliée à la Fédération française de natation et de sauvetage, créée quelques années auparavant. Entre mai et août de la même année, il organise les premiers championnats individuels, filles et garçon, pour la Basse-Normandie. En 1927, il ajoute à son école de natation un dancing, le Lido, très prisé des Caennais. Son école fait figure d'école de sport dans laquelle E. Maës forme des athlètes et nageurs complets. sur le modèle de Georges Hébert, le père de la méthode naturelle d'éducation physique.

La déportation

thumb|Rue Eugène-Maës à Caen.

Durant l'Occupation, Eugène Maës est dénoncé par Marie-Clotilde de Combiens. pour propos anti-allemands et gaullistes. Son école de natation fait face au château de la Motte qui est le siège local de la Gestapo. , il ne supporte pas l'attitude de Marie-Clotilde de Combiens qui est la maîtresse du responsable caennais de la Gestapo, (1913-2004) dit « Bernard », et lui fait savoir en personne. Quelques jours après cette déclaration, un agent en civil conseille à Eugène Maës de surveiller son langage vis-à-vis de Mademoiselle de Combiens. Cette dernière aurait alors dit : L'arrestation est effectuée le .. Sa dénonciatrice s'en vante auprès d'une voisine en : Déporté, selon les archives allemandes, il décède entre la Boelcke-Kaserne de Nordhausen et Bergen Belsen entre le et la mi-. Son acte "officiel" de décès indique, à tort, qu'il est mort le au camp de concentration de Dora-Mittelbau à EllrichArchives numérisées de l'état civil de Paris'', acte de naissance , avec mention marginale du décès (consulté le 19 juin 2012).. Combiens sera condamnée à mort à la Libération, mais sa peine sera commuée en détention à perpétuité, puis à une durée de vingt ans.. Elle est libérée le et s'installe sur la Côte d'Azur où elle mourra à l'âge de .

Statistiques Statistiques en club

+ Carrière en club Période Club Championnat Matchs Buts 1907 – 1910 Patronage Olier FGSPF - - 1910 – 1911 Red Star LFA ? ? 1911 – 1912 Red Star LFA ? ? 1912 – 1913 Red Star LFA ? ? 1913 – 1914 Red Star LFA 6 6 (au moins) 1919 – 1930 SM Caen DH Normandie - -

Statistiques en équipe de France + Matchs en équipe de France 1911-1913 Date Adversaire Lieu Score Buts marqués Hongrie Dom. 0-3 Angleterre Dom. 0-3 Italie Dom. 2-2 2. Suisse Ext. 5-2 1. Belgique Ext. 7-1 1. Belgique Dom. 1-1 1. Suisse Dom. 4-1 1. Italie Ext. 3-4 3. Italie Dom. 1-0 1. Belgique Ext. 3-0 Luxembourg Dom. 8-0 5.

Il fait également partie de la sélection de la Ligue de football association, fédération de football active dans la région parisienne de 1910 à 1919 ..

Palmarès

vignette|L'équipe du Red Star en 1910. Maës est le quatrième joueur assis en partant de la gauche.

Patronage Olier Champion de France des patronages (FGSPF) en 1908 et 1910. Vainqueur du Trophée de France en 1908 et 1910. Red Star Champion de France LFA en 1912. Finaliste/deuxième du championnat LFA en 1911, 1913 et 1914. Finaliste du Trophée de France en 1912. SM Caen Champion de Basse-Normandie en 1920, 1921, 1922, 1923, 1925, 1927, 1928, 1930..

Notoriété Une rue porte son nom à Caen dans le quartier du stade de Venoix depuis le .. À la suite de travaux de restructuration, le stade nautique de Caen porte également son nom depuis ..

Il est notamment connu pour s'être fait une spécialité des buts marqués en projetant le gardien de but (la « charge sur le gardien ») tenant le ballon dans ses propres filets, ce qui était toléré par les règles de l'époque...

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

Sites internet d'archives : Archives départementales du Calvados, portrait d'Eugène Maës

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