Jackson Moïse Richardson, né le à Saint-Pierre (La Réunion), est un handballeur français évoluant au poste de demi-centre dans les années 1990 et 2000 et reconverti entraîneur.

Intégrant le Bataillon de Joinville, Richardson intègre Paris-Asnières, y brille et intègre l’équipe de France dirigée Daniel Costantini. En 1991, il se lance vers un nouveau défi en signant à l’OM-Vitrolles, le club phare de l’époque. Une Coupe d’Europe, deux titres de champions de France et deux Coupes de France plus tard, il devient une star de son sport. Jackson part ensuite jouer à l’étranger, d’abord en Allemagne à Grosswallstadt, où il gagne une Coupe des Villes. Puis à Pampelune, où il remporte sa première Ligue des Champions en 2001 ainsi que deux titres de champion d’Espagne. Il revient en France, à Chambéry, en 2005 et y joue trois ans avant de prendre sa retraite des terrains.

Capitaine de l'équipe de France de handball, il est médaillé de bronze aux Jeux olympiques 1992 à Barcelone, puis « Barjot » après les titres de vice-champion du monde en 1993 et de champion du monde en 1995 en Islande, et enfin « Costaud » après celui de 2001 à Bercy, il a également atteint trois autres reprises le podium lors des Mondiaux 1997, 2003 et 2005. Avec 417 matchs joués sous le maillot de l'équipe de France, il est le handballeur le plus sélectionné de toutes les équipes nationales. Le , il entre dans le Hall of Fame du handball français.

À titre individuel, il est notamment élu meilleur joueur du monde en 1995, champions des champions français décerné par le journal l'Équipe et joueur français du siècle selon la FFHB. Son style tout en improvisation et son instinct en font un des joueurs les plus reconnus de sa génération.

Entre 2015 et 2018, il connaît sa première expérience en tant qu'entraîneur au Dijon Métropole Handball. Il est également sélectionneur de l'équipe nationale du Gabon de 2017 à 2018.

Il est le père de Melvyn Richardson, également handballeur international.

Carrière de joueur en club Enfance et formation thumb|upright|gauche|Jackson Richardson (n°14) avec la sélection de l'île de la Réunion en 1988. Jackson Moïse Richardson découvre le handball à six ans. Dans le club de Saint-Pierre de La Réunion, il pratique d'abord intensément le football, le basket-ball et le handball avant d'opter définitivement pour ce dernier.. Ses entraîneurs lui conseillent de se spécialiser et, à 19 ans, il opte pour le handball.

Son frère Stéphane est également handballeur et joue notamment au PSG-Asnières, en D2 et en D1, au GFCO Ajaccio, puis au Billère Handball..

En , à l'occasion d'une tournée de l'équipe de France dans l'île et en lever de rideau des deux France-Suisse, la sélection de l'île de la Réunion joue et bat à deux reprises la Belgique. Daniel Costantini, l'entraîneur national, découvre alors un Jackson Richardson .. Constantini se souvient : .

Débuts parisiens En 1988, Jackson Richardson est proposé par le conseiller technique régional (CTR) et choisi pour rejoindre, en métropole, l'équipe militaire du bataillon de Joinville, où est constitué un collectif appelé à disputer le Mondial espoirs de 1989. En parallèle, il est recruté par le Paris-Asnières qui évolue en Nationale 1A. mais les quarante buts marqués par Richardson. n'empêchent pas le club d'être relégué.

Aux côtés de l'Islandais Júlíus Jónasson qui termine meilleur buteur, Richardson (98 buts.) joue un rôle décisif dans le titre de Championnat de France Nationale 1B en 1990. Jackson est alors employé à la Ville de Paris en parallèle.

De retour dans l'élite, Richardson s'impose de plus en plus comme une valeur sûre du championnat, terminant neuvième meilleur buteur et le club à la sixième place.

Cinq ans couronnés à l'OM Vitrolles

En 1991, il rejoint l'équipe de l'OM Vitrolles.

Fin , l'équipe remporte le premier trophée européen pour un club de handball français, la Coupe des vainqueurs de coupe, aux dépens des Hongrois de Veszprem (23-22 ; 23-21), pourtant tenants du trophée. Le trophée suit de quelques jours la Ligue des champions de football, première Coupe d'Europe de football remportée par l'Olympique de Marseille.

Richardson enrichit son palmarès des titres de champion de France en 1994 et 1996, des Coupes de France 1993 et 1995.

Richardson est élu meilleur handballeur mondial de l'année en 1995.

À l’été 1996, après un nouveau sacre national, le club en lourd déficit dépose le bilan avant d’être rétrogradé, puis disparaît.

Rebond en Allemagne

À l'été 1996, le club marseillais dépose le bilan et, comme d'autres joueurs, Richardson profite de l'arrêt Bosman pour tenter l'aventure à l'étranger et part jouer en Allemagne dans le club du TV Großwallstadt.

Il y gagne une seconde coupe d'Europe, la Coupe des Villes (C4) en 2000.

Sur le toit de l'Europe avec Pampelune

En Espagne, au PSA Pampelune, Jackson Richardson retrouve le très haut niveau européen avec à la clé, dès sa première saison, la victoire en la Ligue des champions 2001 face au FC Barcelone. Il déclare début 2002 qu'il souffre physiquement, .

Alors qu'il arrive en fin de contrat au terme de la saison 2001-2002, il remporte le titre de champion d'Espagne.

Avec Pampelune, il remporte une nouvelle Coupe des coupes en 2004.

Fin à Chambéry vignette|upright|gauche|Richardson, en décembre 2007 Après plusieurs saisons à l'étranger et avoir pris sa retraite internationale, Jackson Richardson revient jouer en France en 2005 au Chambéry Savoie Handball, club où il retrouve ses camarades de jeu Stéphane Stoecklin et Laurent Munier.

Alors qu'il doit en 2007 mettre un terme à sa carrière, il décide de prolonger l'expérience à Chambéry et est rejoint par un autre Réunionnais en la personne de Daniel Narcisse. C'est ainsi par un travail acharné qu'il réussit à atteindre ce niveau d'excellence, qui lui permettait à 39 ans de dominer encore le handball mondial.

vignette|upright|alt=Jackson Richardson lors du match d'adieu du joueur allemand Chrischa Hannawald, le |Lors du match d'adieu du joueur allemand Chrischa Hannawald, le 21 mai 2008.

Le , Jackson joue ce qu'il annonce alors le dernier match de sa carrière face à l'US Ivry et conclut sa magnifique carrière sur une belle victoire 34 à 33... À 38 ans, alors que son corps, et plus particulièrement un genou, le rappelle à l’ordre depuis plus d’un an, Jackson Richardson décide de prendre sa retraite des terrains.

En , il retrouve les parquets pour finir la saison dans le club allemand du Rhein-Neckar Löwen., disputant notamment la demi-finale de la Ligue des champions.

Carrière en équipe nationale Médaillé rapidement Avec l'équipe de France espoirs, Richardson participe au championnat du monde junior en notamment aux côtés de Stéphane Stoecklin, terminé à la ., soit le meilleur résultat d'une équipe française de handball. Révélation du Mondial B, il déclare : .

En , il intègre l'équipe de France A, alors en pleine construction sous la houlette de Daniel Costantini, à l'occasion du Challenge Marrane.. Il connaît sa première sélection le contre l'Algérie. Il est ensuite retenu en mars pour participer au championnat du monde 1990 en Tchécoslovaquie où l'équipe de France gagne sa qualification pour les Jeux olympiques de 1992 à Barcelone, tandis que Richardson est élu meilleur joueur de la compétition.

Il prend rapidement un rôle majeur en équipe de France et cumule déjà 49 sélections et 68 buts au printemps 1991..

Aux JO de Barcelone, la France surprend le pays hôte d'entrée de jeu et confirme par la suite en gagnant face à l'Allemagne, à l'Égypte et à la Roumanie. Dans le dernier carré, les Bleus perdent face à la Suède, meilleure équipe mondiale du moment. Les Français remportent la médaille de bronze face à l'Islande, première médaille dans une compétition internationale de handball, dès sa première participation aux Jeux olympiques.

Sept mois après le bronze aux JO de 1992, la France dispute sa première finale mondiale lors de ce Championnat du monde 1993 en Suède. Tombé dans un groupe plus facile que le second, la France termine première et se qualifie pour la finale. Les Bleus s'inclinent contre la Russie (19-28).

Lors du premier Championnat d'Europe 1994, les Bleus ratent la seconde place qualificative pour les demi-finales. Dans un match pour la place sans grand enjeu, les Bleus s'inclinent face aux Espagnols (25-28) et doivent ainsi se contenter de la sixième place. Six semaines plus tard, la France remportent les Goodwill Games, dans une revanche du Mondial 1993 (22-20), le premier titre international des Français.

vignette|upright|gauche|Jackson Richardson en 1995.

Lors du Championnat du monde 1995 en Islande, les Bleus connaissent un début de compétition mitigé avant d'affronter les Espagnols revanchards des JO de 92 et invaincus en huitième de finale face à l'Espagne. La France s'impose facilement 23-20, puis écrase la Suisse (28-18) et, en demi-finale, l'Allemagne (22-20). En finale, face à la Croatie, les Français s'imposent. Ce premier titre mondial en handball est le premier remporté par une équipe de France dans un sport collectif. Richardson est élu meilleur handballeur mondial de l'année en 1995.

vignette|upright|Richardson, en mai 1997.

L'équipe à Atlanta pour les JO 1996 termine à la deuxième place de sa poule, synonyme de quart de finale a priori abordable dans la course aux médailles. Mais la France rate son quart de finale face à une Yougoslavie et termine à la place au terme des matchs de classement.

Troisième du Mondial 1997, le championnat du monde 2001 en France est la dernière compétition pour Daniel Costantini. Vainqueur de tous ses matchs de la phase de groupe, la France écarte facilement le Portugal en huitième de finale (23-18). En quart de finale contre l'Allemagne et guère plus à son avantage que lors des matches précédents du tournoi, Jackson égalise d'un tir à la hanche qui sauve la France pour arracher la prolongation (26-23, score final). Capitaine de l'équipe nationale, Jackson Richardson est le seul joueur à avoir participé à toutes les campagnes des Bleus depuis . En finale, un scénario identique permet aux Français de jouer une prolongation remportée face à la Suède. Les Bleus gagnent alors le surnom de « Costauds ».

Baisse des résultats La première compétition de l'ère Claude Onesta est le Championnat d'Europe 2002 en Suède, terminé à la place après avoir raté de peu la qualification en demi-finale. Jackson hésite alors à poursuivre sa carrière internationale, dû à des comportements individuels qu'il n'apprécie pas et son statut de capitaine remit en question par le nouveau sélectionneur.

Lors des championnats du monde en 2003, les Bleus sont vainqueurs de leurs trois matchs du tour principal, s'inclinent en demi-finale 22 à 23 face à l'Allemagne mais se rattrapent ensuite en dominant l'Espagne 27 à 22 dans le match pour la place.

vignette|upright|Jackson Richardson était le porte-drapeau de la France aux JO 2004.

Deux ans plus tard, les Français perdent leur dernier match du tour principal de l'Euro 2004 face à la Slovénie, hôte de la compétition, et terminent encore à la . L'échec aux JO d'Athènes en 2004 est d'autant plus difficile que Richardson était le porte-drapeau de la délégation française. et qu'il dispute ce qui doit être sa dernière compétition internationale.

Pour ne pas partir sur cette fausse note et sortir par la grande porte, le Réunionnais décide à trente-cinq ans de revêtir une dernière fois la tunique bleue pour partir au Mondial 2005.. « Jack » se blesse lors de la demi-finale perdue face à la Croatie., ce qui sera son dernier match international. Il ne participe pas à la difficile victoire de ses coéquipiers en petite finale mais quitte bien, comme Grégory Anquetil et Guéric Kervadec, l'équipe de France sur médaille de bronze.. Tous trois font leurs adieux quelques semaines plus tard à Bercy...

Avec 417 sélections, il est le joueur le plus capé de l'équipe de France et même, à l'échelle internationale, le .