Les Jeux olympiques d'hiver de 1998, officiellement connus comme les olympiques d'hiver, ont lieu à Nagano au Japon du 6 au . La ville était déjà candidate pour accueillir les Jeux olympiques d'hiver de 1940 (finalement annulés) ainsi que ceux de 1972, mais elle a à chaque fois été éliminée au niveau des sélections japonaises. Nagano obtient l'organisation des Jeux lors de sa troisième candidature en s'imposant face aux villes d'Aoste en Italie, Jaca en Espagne, Östersund en Suède et Salt Lake City aux États-Unis. C'est la troisième fois qu'une ville japonaise organise les Jeux olympiques (été et hiver confondus), après Tokyo en 1964 et Sapporo en 1972. Tous les sites des compétitions se situent dans la préfecture de Nagano. Ils sont financés par les communes, la préfecture et l'État japonais. Le comité d'organisation, dont les recettes proviennent en grande partie des droits de télédiffusion et des sponsors, prend en charge tous les autres frais d'organisation.

Les Jeux rassemblent de , ce qui constitue un record à l'époque pour les Jeux d'hiver. Ils participent dans sept sports et quatorze disciplines qui regroupent un total de officielles, soit 7 de plus qu'en 1994. Deux disciplines, le curling et le snowboard, font leur entrée au programme olympique et un tournoi féminin est ajouté en hockey sur glace. Cinq nations font leurs débuts aux Jeux d'hiver : l'Azerbaïdjan, le Kenya, la Macédoine, l'Uruguay et le Venezuela.

L'athlète la plus médaillée de ces Jeux est la fondeuse russe Larisa Lazutina qui obtient cinq médailles dont trois d'or. Le fondeur norvégien Bjørn Dæhlie remporte quant à lui quatre médailles dont trois d'or ; il porte son total à douze médailles dont huit d'or, un record pour les Jeux d'hiver. En hockey sur glace, les joueurs professionnels de la ligue nord-américaine (Ligue nationale de hockey) participent pour la première fois aux Jeux olympiques. L'équipe tchèque est cependant médaillée d'or au détriment des favoris canadiens et américains. En saut à ski, sport très populaire dans son pays, le Japonais Kazuyoshi Funaki remporte deux médailles d'or et une d'argent. Finalement, l'Américaine Tara Lipinski devient la plus jeune championne olympique de patinage artistique à l'âge de et . L'Allemagne domine le tableau des médailles avec dont 12 en or. Elle est suivie de la Norvège et de la Russie, qui en gagnent respectivement 25 et 18. Le Japon remporte quant à lui dix médailles, ce qui représente le record du pays pour les Jeux d'hiver. Les mauvaises conditions météorologiques perturbent les compétitions : neuf épreuves dont sept en ski alpin doivent être reportées.

Les Jeux permettent, en outre, d'améliorer le réseau de transports et laissent plusieurs sites sportifs à la préfecture. Cependant, les retombées économiques ne se concrétisent qu'à court terme.

Sélection de la ville hôte vignette|alt=Carte du monde montrant les villes candidates à l'organisation des Jeux.|Les villes candidates en 1991.

En 1932, les Jeux olympiques d'été de 1940 sont attribués à Tokyo, capitale du Japon. Comme à cette époque le pays organisateur des Jeux d'été peut aussi accueillir les Jeux d'hiver la même année, plusieurs villes japonaises, dont Nagano, préparent une candidature. La ville de Sapporo est choisie, mais les Jeux d'été et d'hiver seront annulés à cause de la Seconde Guerre mondiale. En 1961, Nagano déclare son intention d'organiser les Jeux olympiques d'hiver de 1968 mais c'est à nouveau Sapporo qui devient la candidature japonaise. La ville française de Grenoble accueille les Jeux de 1968 et Sapporo ceux de 1972.

En 1983, la possibilité d'organiser les Jeux olympiques est à nouveau envisagée et, en 1985, la préfecture décide de lancer la troisième candidature de Nagano. Le comité de candidature est établi en et la candidature est transmise au Comité olympique japonais (COJ) le de la même année. Les autres villes japonaises candidates sont Asahikawa, Yamagata et Morioka. Le , les membres du COJ décident de la ville japonaise qui enverra sa candidature au CIO et Nagano est choisie au premier tour en obtenant sur 45. Le comité est réorganisé en 1989 : le Premier ministre japonais en prend la tête et le nombre de membres passe à 511. Le , une délégation de Nagano présente la candidature au siège du CIO à Lausanne, en Suisse, devant le président de l'organisation Juan Antonio Samaranch. Cinq autres villes sont également candidates : Aoste en Italie, Jaca en Espagne, Östersund en Suède et Salt Lake City aux États-Unis. Pendant la campagne de candidature, le comité promet de payer les frais de logement et de transports des ; il annule cependant cette promesse à cause d'une crise économique au Japon.

Le , pendant la session du CIO à Birmingham au Royaume-Uni, les Jeux olympiques d'hiver de 1998 sont attribués à Nagano, alors peuplée de , qui devance Salt Lake City par contre 42 au cinquième tour. C'est la troisième fois qu'une ville japonaise organise les Jeux olympiques, après Tokyo en été 1964 et Sapporo en hiver 1972.

En 1999, après le scandale de corruption concernant l'attribution des Jeux olympiques d'hiver de 2002 à la ville américaine de Salt Lake City, le comité de candidature de Nagano est également suspecté d'avoir soudoyé des membres du CIO en échange de leur vote. Une enquête a lieu mais les comptes ne peuvent pas être vérifiés car les livres ont été brûlés en 1992, après l'attribution des Jeux à Nagano.

Organisation Dès (soit cinq mois après la sélection de la ville), le « Comité d'organisation des olympiques d'hiver » est créé, et Eishiro Saito (alors président de la Fondation des fonds sportifs) immédiatement placé à sa tête. Quatre vice-présidents sont également nommés, ainsi qu'un directeur général. Il s'agit respectivement de Goro Yoshimura (gouverneur de la préfecture de Nagano), Hironoshin Furuhashi (président du Comité olympique japonais), Yoshiaki Tsutsumi (président de l'Association japonaise de ski), Tasuku Tsukada (maire de la ville de Nagano), et Tadashi Tsuda (vice-ministre de l'Intérieur). Ce dernier est en outre remplacé en 1993 par Makoto Kobayashi.

Le comité d'organisation définit trois buts pour réaliser les : la promotion de la participation des enfants, la coexistence avec la nature et la réalisation d'une fête au centre de laquelle se trouveraient paix et amitié. Concernant le premier point, un camp éphémère de jeunesse réunissant 217 adolescents de est créé et le programme « Une école, un pays » est diffusé dans de Nagano qui organisent des échanges culturels avec d'autres pays. De plus, sont réservés aux enfants. Pour le second point, les organisateurs réalisent les Jeux en essayant de minimiser son impact sur la nature et l'écosystème local. Concernant le troisième point, une trêve internationale décidée en 1997 par l'Organisation des Nations unies est adoptée pendant les Jeux.

Aspects économiques La construction des installations olympiques coûte un total de de yens (environ de dollars américains). L'état japonais dépense et la préfecture de Nagano , alors que les communes de Nagano, Hakuba et Nozawa Onsen se partagent une facture de . La ville de Nagano s'endette à hauteur de ; cette dette ne sera entièrement remboursée qu'en 2015. Le site le plus coûteux est le M-Wave, qui accueille les courses de patinages de vitesse : il nécessite un investissement de . Les installations du hockey sur glace, le Big Hat et l'Aqua Wing Arena, coûtent respectivement 19,1 et . Le Nagano White Ring utilisé pour le patinage coûte et la piste de bobsleigh et de luge . Finalement, sont dépensés pour le saut à ski, 7 pour le ski de fond et 3 pour le biathlon.

Le comité d'organisation finance quant à lui tous les autres frais d'organisation, ce qui représente un total de de yens ( de dollars). Il débourse pour l'administration et pour les dépenses opérationnelles, dont 15,9 pour les compétitions, 20,7 pour les installations, 21,6 pour les relations publiques et les médias et 18,4 pour les télécommunications et l'information. Les droits de transmission télévisée rapportent et le marketing . Finalement, les recettes de la vente des billets s'élèvent à .

Le coût total des Jeux de Nagano est estimé à de yens ( de dollars), alors qu'en comparaison, celui des Jeux de Turin de 2006 ne représentera que de dollars. Ce montant très élevé est en grande partie dû à la construction de la ligne de train à grande vitesse (Shinkansen) permettant de relier Nagano à Tokyo .

Marketing vignette|droite|alt=L'emblème des Jeux.|L'emblème des Jeux de Nagano, représentant une « fleur des neiges » avec les anneaux olympiques et le mot « Nagano 1998 » surplombant ces derniers. L'emblème des Jeux olympiques d'hiver de 1998 consiste en une « fleur des neiges » stylisée, chacun de ses pétales rappelant la participation d'un athlète à un sport d'hiver. La figure peut également évoquer un flocon de neige ou encore une fleur des montagnes, faisant référence à l'engagement et l'importance que porte la ville de Nagano à son environnement naturel. Ce n'est pas la seule fois qu'une ville japonaise utilise une telle figure pour les Jeux olympiques ; Tokyo utilisera des fleurs de cerisiers dans son logo de candidature pour les Jeux olympiques d'été de 2020.

Les mascottes officielles utilisées par le groupe de communication, au nombre de quatre, consistent en quatre chouettes conçues par la compagnie Landor Associates (également co-conceptrice des mascottes des Jeux olympiques d'hiver de Salt Lake City). Cet animal est choisi car il est un symbole de sagesse au Japon. Les quatre noms Sukki, Nokki, Lekki et Tsukki ont été choisis parmi plus de . Également surnommées les « Snowlets », leur nombre fait allusion aux quatre années qui séparent chaque édition des Jeux olympiques. Elles font également référence aux quatre éléments : le feu, l'air, la terre et l'eau. « Snowple », une belette, a au départ été choisie pour représenter les Jeux de Nagano. Elle a cependant été délaissée au profit de celles que nous connaissons désormais.

Le poster officiel de ces Jeux, conçu par Masuteru Aoba, présente une grive perchée sur des bâtons de ski avec, en arrière-plan, une lumière aurorale arrosant les sommets enneigés d'une chaîne de montagnes. Tout comme pour l'emblème et les mascottes, il y a ici une symbolique quant à l'importance de l'environnement naturel dans ces Jeux olympiques, et une volonté de créer une harmonie entre les athlètes et la nature. Plusieurs autres posters ont également été créés, dont un spécialement conçu pour la cérémonie d'ouverture de la compétition, une nouveauté dans l'histoire du marketing olympique. Le marketing des Jeux coûte de yens au comité d'organisation.

Les Jeux sont sponsorisés par 11 partenaires mondiaux, 8 partenaires nationaux et officiels qui apportent un soutien financier ainsi que des biens et des services aux organisateurs des Jeux. Le marketing, qui comprend les revenus du sponsoring et les droits d'utilisation des emblèmes et mascottes des Jeux, rapporte au total de yens au comité d'organisation.

Ventes des billets Dès le , le comité d'organisation met en vente pour les compétitions sportives et les cérémonies. Le nombre de billets vendus est de ; ce qui représente un taux de 89,4 %. En comptant les personnes en rapport avec les Jeux, le nombre total de spectateurs est de . Ce nombre est un peu plus élevé qu'en 1994, mais il est toutefois plus faible que lors des Jeux de Calgary en 1988. Les ventes ont beaucoup de succès au Japon puisque plus de six millions de demandes de billets sont reçues par réservation, soit le nombre de billets qui seront finalement vendus par ce moyen. Pour les épreuves où la demande est supérieure à l'offre, des tirages au sort sont effectués pour attribuer les billets. Au total, la vente des billets rapporte de yens au comité d'organisation.