vignette| La cour
Le palais Massimo des Thermes (en italien : palazzo Massimo alle Terme) est un palais du , situé à Rome, dans le quartier de Castro Pretorio, sur la Piazza dei Cinquecento, près de la gare Termini. Il doit son nom à la famille Massimo, qui en fut propriétaire, et aux thermes de Dioclétien, dont il est voisin.
Il abrite une partie des collections du Musée national romain.
Historique Le palais Massimo est bâti sur l'emplacement de l'ancienne villa Peretti-Montalto, propriété du cardinal Felice Peretti, futur Sixte Quint (1585-1590), puis de la famille Negroni. En 1789, il passe à la famille Massimo, qui lui donne son nom actuel. Au , l'ancienne villa est progressivement détruite. Sur son emplacement, le jésuite Massimiliano Massimo fait bâtir par l'architecte Camillo Pistrucci un nouvel édifice, qui devient un établissement d'enseignement jésuite, fonction qu'il conserve jusqu'en 1960.
En 1960, l'Institut Massimo quitte l'édifice pour s'installer dans le quartier nouveau de l'EUR. En 1981, l'État italien se porte acquéreur du bâtiment et l'annexe au Musée national romain dont les principaux bâtiments se trouvent à proximité, dans les thermes de Dioclétien. Le musée a été inauguré en 1995 et achevé en 1998.
Acheté par l'État italien en 1981, grâce au financement de la loi 92/81 pour la mise en valeur du patrimoine archéologique de Rome, après une restauration par l'architecte Costantino Dardi, le bâtiment abrite depuis 1998 le principal des quatre sièges du Musée national romain, ainsi que les bureaux centraux de la Surintendance spéciale pour l'Archéologie, des Beaux-Arts et du Paysage de Rome.
Collections Les collections du musée s'étendent sur quatre niveaux.. L'accès se fait par le Largo di Villa Peretti.
Le visiteur est accueilli par une statue assise d'Athéna en marbre de Luna, basalte et albâtre rose. Découverte au pied de l'Aventin, l'œuvre est sans doute la statue de culte d'un temple qui se serait trouvé sur cette colline à la fin du ou au début du
Sous-sol Les cinq salles du sous-sol abritent le Médaillier, qui expose la plus importante collection de monnaies d'Italie (), constituée par la réunion de la collection de médailles du musée Kircher, de celle du numismate Francesco Gnecchi, acquise en 1929, et de celle du roi Victor-Emmanuel III, rachetée par l'État italien en 1946. Elle est riche de nombreuses monnaies romaines du début de l'époque républicaine et couvre les périodes impériale, médiévale et contemporaine.
Sont également exposés une collection de bijoux féminins romains, et trois sceptres impériaux.
Rez-de-chaussée Le rez-de-chaussée comprend huit salles et trois galeries, disposées autour de la cour centrale, qui exposent principalement : Galerie et salle 1 : des portraits et objets de l'époque républicaine ; Salles 4 et 5 : des portraits des membres de la dynastie julio-claudienne ; Galerie 3 et salles 6 à 8 : des œuvres originales grecques et hellénistiques.
vignette|upright 2.5|centré|Plan du rez-de-chaussée.
Galerie 1 (rez-de-chaussée) vignette|upright .6|Portrait d'une vieille femme provenant de Palombara Sabina, fin du vignette|Panneau central de la mosaïque de l'enlèvement du jeune Hylas par les Nymphes. Provient d'une villa du .
La première galerie, à droite de l'entrée, présente des portraits romains de la période républicaine. L'un des plus remarquables représente une vieille femme portant un chignon, exemple caractéristique du « réalisme presque impitoyable du portrait à la fin du Mortimer Wheeler, L'Art romain, Thames & Hudson, 1992, 169.. »
Elle comprend également une mosaïque de sol à emblema représentant l'enlèvement du jeune Hylas par les nymphes et provenant du triclinium d'une villa située le long de la Via Labicana, dans les environs de .
Salle 1 (rez-de-chaussée) vignette|upright=0.7|Statue du « général de Tivoli »
La salle 1 est consacrée aux portraits des membres de la classe dirigeante romaine, de Sylla à Jules César. Certains s'inscrivent dans la tradition étrusco-italique, d'autres témoignent de l'influence du portrait hellénistique. L'œuvre phare de la salle est la statue dite du « général de Tivoli », découverte dans les ruines du temple d'Hercule Victor à Tivoli. Datée de 75-50 av. J.-C., elle associe le portrait réaliste d'un homme d'âge mûr et un corps idéalisé à la grecque.
Près de l'entrée se trouvent les Fasti Antiates maiores ou Fastes d'Antium, seul calendrier républicain conservé, trouvé dans les ruines de la villa de Néron à Anzio. Daté de l'époque de Sylla, ce calendrier pré-julien comporte douze mois, ainsi qu'un mois intercalaire placé après la fête des Terminalia ; il présente également une liste des consuls et des censeurs de 173 à
Salle 2 (rez-de-chaussée) La salle 2 présente également des portraits romains, cette fois de la deuxième moitié du de notre ère — de César à Auguste. À l'extrémité de la pièce se trouvent les , calendrier des fêtes romaines daté de 6-9 ap. J.-C., gravé dans le marbre, provenant du forum de Préneste (actuelle Palestrina).
Galerie 2 (rez-de-chaussée) La deuxième galerie, située sur le côté de la cour opposé à l'entrée, est consacrée au culte impérial. Elle contient la statue acéphale d'un empereur d'époque Antonine en tenue militaire et deux inscriptions — une dédicace aux Lares Augusti inscrite sur la façade d'un autel et une dédicace à Auguste, inscrite sur un autre autel.
Salle 3 (rez-de-chaussée) La salle 3 abrite des expositions temporaires.
Salle 4 (rez-de-chaussée) La salle 4 est consacrée aux portraits sous la dynastie julio-claudienne. La plupart représentent des membres de la famille : Octave jeune, sa sœur Octavie et son épouse Livia, ses successeurs présomptifs Germanicus et Drusus, ainsi que Tibère et Caligula. Ils sont entourés de portraits d'anonymes qui témoignent de l'influence de la portraiture impériale sur celle des citoyens privés. Enfin, la salle contient des bases inscrites de statues de la famille impériale.
Salle 5 (rez-de-chaussée) vignette|upright=0.7|Auguste de la Via Labicana
La salle 5 illustre l'idéologie augustéenne du pouvoir. Son œuvre phare est une statue d'Auguste en pontifex maximus, c'est-à-dire le titre le plus élevé de la religion romaine. Retrouvée en 1910 dans les ruines d'une villa près de la Via Labicana, la statue est parfaitement conservée, à l'exception des deux mainsH.L.W., « The New Statue of Augustus », CW 4/4 (22 octobre 1910), 31.. La tête, en marbre grec, a été sculptée à part : la pratique, courante à l'époque, permet de sculpter en série des portraits impériaux qui sont ensuite ajustés à un corps montrant l'empereur dans l'un de ses rôles-typesElaine K. Gazda, « Roman Sculpture and the Ethos of Emulation: Reconsidering Repetition », HSPh, 97 (1995), 143 [121-156].. Ici toutefois, l'ajustement parfait du voile, sur la tête, avec le reste de la toge montre que cette pratique est plutôt liée à une organisation d'ateliers où les visages sont sculptés par les meilleurs artisans, alors que le reste du corps est confié à de moins expérimentés. L'empereur est représenté âgé d'une quarantaine d'années environ, tête couverte, vêtu de la toge et chaussé des calcei patricii (bottes réservées aux patriciens), avançant le bras pour verser une libation ; une capsa (étui pour documents officiels) gît à ses pieds. Le visage d'Auguste est empreint de calme et de gravité ; ce portrait, qualifié au moment de sa découverte de « meilleur portrait sculpté d'Auguste jamais mis au jour », a été réalisé en , lorsque Auguste, après la mort de Lépide, précédent Pontifex maximus, put enfin accéder à la magistrature religieuse suprême.
La salle 5 abrite également la du Forum romain, dont il a été retrouvé de nombreux fragments lors de diverses fouilles. La frise, qui mesure de haut, est un exemple précoce de l'arrivée de modèles hellénistiques dans le contexte de l’art romain. La datation de la frise est controversée, allant de l'époque de Sylla à celle d'Auguste.
La frise, qui mesurait à l'origine plus de , montrait toute l'histoire romaine depuis les débuts.
vignette|upright 1.6|Fresque du colombarium de l'Esquilin, montrant la fondation d'Albe la Longue.
La salle contient également des fresques provenant d'une tombe de l'Esquilin, représentant des légendes liées aux origines de Rome : la guerre entre les Troyens et les Rutules, la bataille livrée par Énée contre les Étrusques de Mézence sur les bords du fleuve Numicus, la fondation de Lavinium et d'Albe la Longue, la consécration de Rhéa Silvia comme vestale, sa rencontre avec Mars, son emprisonnement et l'exposition de ses fils, Romulus et Rémus, sur les bords du Tibre.
Les mêmes thèmes se retrouvent sur un autel provenant de la Place des Corporations à Ostie, daté du règne de Trajan et remployé sous le règne d'Hadrien comme base pour une statue du dieu Sylvanus. Le panneau principal représente les noces de Mars, père de Romulus et Rémus, et Vénus, mère d'Énée, fondateur mythique de la gens Iulia. La façade postérieure montre la lupercale, c'est-à-dire Romulus et Rémus nourris par la louve, entourés par des représentations du Tibre et du Palatin.
Galerie 3 (rez-de-chaussée) Portraits de grands hommes grecs La troisième galerie, située à gauche de l'entrée, rassemble des copies romaines de portraits de grands hommes grecs : Solon, Hérodote, Socrate, Philippe II de Macédoine ou Alexandre le Grand. Ces bustes ornaient des bibliothèques, des gymnases, mais aussi des demeures privées ; ils témoignent de l'influence de la culture et de l'iconographie grecque sur celles de Rome.
vignette|upright 1.3|Mosaïque du chat et des deux canards.
Mosaïque du chat et des deux canards Sur l'un des murs du corridor se trouve également une mosaïque de sol de la fin de l'époque républicaine provenant d'une villa de la région de Cecchignola, à proximité de la Via Ardeatina. L’emblema central représente, dans son registre supérieur, un chat emportant le cadavre d'un oiseau et dans son registre supérieur, un couple de canards dont l'un tient une fleur de lotus dans son bec. La composition se retrouve également dans une mosaïque de la Maison du Faune à PompéiMaison du Faune, aile 30. Musée archéologique de Naples, Inv. 9993., une autre provenant d'AmpuriasMusée archéologique de Barcelone, Inv. 4029. et une troisième, aujourd'hui au VaticanSalle des animaux, Inv. 420.Ruth Westgate, « Pavimenta atque emblemata vermiculata: », AJA 104/2 (avril 2000), 269 [255-275].. La scène du chat est en fait la copie d'une statue provenant de Damanhur en ÉgypteMusée du Caire, Inv. 27518., tandis que la scène des canards est une adaptation d'un thème nilotique — terme par lequel on désigne les scènes, particulièrement prisées à l'époque hellénistique, représentant des animaux dans le cadre de la vallée du Nil.
Salle 6 (rez-de-chaussée) Cette salle accueille des œuvres provenant des Horti Sallustiani, sur l'actuel Pincio. Propriété de Jules César, puis de l'historien Salluste, ces jardins abritaient de nombreuses statues grecques originales, ramenées après les campagnes romaines en Grande Grèce et en Grèce. Des premières fouilles, au , avaient permis de découvrir des chefs-d'œuvre comme le controversé trône Ludovisi et le Gaulois Ludovisi, aujourd'hui au Palais Altemps, ou encore le vase Borghèse et le Faune à l'enfant aujourd'hui au musée du Louvre.
Niobide blessée En 1906, une statue de jeune fille blessée est mise au jour sur une propriété de la Banca Commerciale Italiana ; celle-ci en fait don, par la suite, à l'État italien qui la confie au Musée national romainKim J. Hartswick, The Gardens of Sallust, University of Texas Press, 2004, 98 et fig. 3.10.. L'œuvre, datée du premier classicisme, appartient à un groupe représentant les enfants de Niobé massacrés par Apollon et Athéna, qui ornait probablement le fronton d'un temple grec – peut-être celui d'Apollon Daphnephoros à Érétrie, en Eubée.
Péplophoros