vignette|Cérémonie de la Kirikoraha chez les Veddas (île de Ceylan) pour se concilier les faveurs de la déesse de la chasse, Kande Yaka.
Le chasseur-cueilleur (ou chasseur-collecteur.) est un être humain dont le mode de vie est fondé sur la chasse, la pêche et la cueillette. Historiquement, ce sont les premiers modes de subsistance de l'espèce humaine, qui consistent en un prélèvement de ressources directement dans la nature. Cette stratégie peut toutefois s'accompagner localement de stratégies de sélection, avec une transformation qui va jusqu'à nécessiter l'usage de pierre polie ou de céramique. Les sociétés du Paléolithique ont toutes été composées de chasseurs-cueilleurs et de nombreuses sociétés passées étudiées par le monde moderne le sont aussi ; il est cependant difficile d'utiliser les données de l'ethnographie relevées à l'époque moderne pour tenter de reconstituer les sociétés passées.
De manière générale, l'ensemble de l'humanité était formée de chasseurs-cueilleurs jusqu'à la révolution néolithique (étant également perçue comme un processus, la néolithisation, allant du Mésolithique au Néolithique). Certains peuples sont encore aujourd'hui des chasseurs-cueilleurs modernes : ils sont toutefois très minoritaires, et ont connu d'importants métissages avec des populations agricoles. Ils vivent tous au contact et sous la domination politique de sociétés agricoles et industrielles, à l'exception des Sentinelles.
Le terme plus général de chasseurs-cueilleurs-pêcheurs, chasseurs-cueilleurs-stockeurs ou chasseurs-collecteurs/chasseuses-collectrices (collectant en plus le bois et l'eau) est parfois utilisé..
Terminologie Autrefois, les termes de « chasseur-trappeur » ou de « fermier-trappeur » concurrençaient celui de chasseur-cueilleur. Venue de Scandinavie, cette dénomination supposait une économie de prédation paléolithique et définissait mal les chasseurs-cueilleurs contemporains. Aujourd'hui, des cueilleurs-chasseurs sont découverts en Arctique et dans les forêts tropicales humides où les autres formes de subsistance sont impossibles. La plupart de ces groupes n'ont pas toujours été cueilleurs-chasseurs et vivent souvent au contact, plus ou moins direct, de sociétés agricoles avec lesquelles ils commercent et ont éventuellement des liens familiaux. De nombreux chasseurs-cueilleurs contemporains ont des ancêtres fermiers qui ont été repoussés dans des zones périphériques au cours de migrations et de guerres.
Sur la surface du globe, un grand nombre de populations de chasseurs-cueilleurs s'est lentement néolithisé, comme ce fut le cas en France (entre le )Compte rendu de lecture sur Sciences Humaines 2013 : La disparition des chasseurs-cueilleurs (dans l’Ouest de la France, entre le ) de Grégor Marchand.. En Afrique de l'Ouest, après l'apparition de la céramique il y a environ avant le présent, dans des populations de chasseurs-cueilleurs., la sécheresse grandissante du Sahara vers a poussé des populations d'éleveurs et de bergers nomades vers le Sud, introduisant des innovations et les premiers paysans sédentaires y apparaissent alors vers 1500, et peu après, au , la technologie du fer. Au Japon, des conditions favorables ont permis l'évolution de pêcheurs (et chasseurs)-cueilleurs sédentaires pendant la longue période Jōmon (de 15000 jusqu'en 300 ), alors qu'ils étaient parmi les premiers inventeurs de la céramique avec des chasseurs-cueilleurs en Chine entre 17000 et Les chasseurs-cueilleurs possédaient, pour certains, des technologies et des pratiques, comme la sédentarité, totale ou opportuniste, autrefois considérées comme spécifiques du Néolithique. Ils possédaient certainement aussi d'autres savoirs (liés à des matériaux qui ne se sont pas conservés pour diverses raisons, dont l'acidité du sol) et des traits culturels complexes (comme leur législation) qui n'ont pas laissé de traces. L'invisibilité archéologique, pour ce qui concerne les sociétés de chasseurs-cueilleurs disparues, est un problème essentiel. Il est donc nécessaire de remettre en question l'usage systématique de l'expression « sociétés complexes » employé pour distinguer des sociétés où les signes de hiérarchie sociale ont été conservés par certaines pratiques funéraires et certains matériaux, qui les oppose aux sociétés de chasseurs-cueilleurs a contrario « simples » et p. 72-75, qui fait souvent référence au système de parenté du peuple Aranda, autre appellation : Arrernte, un peuple d'Australie au système de parenté particulièrement complexe (p. 67 sqq.)..
Aujourd’hui, on . La colonisation et l'industrialisation participent à ce processus très rapide et leur santé est mise en péril dans ce changement..
Mode de vie vignette|gauche|200px|Baies sauvages de la forêt de Sumatra.
Habitat et constructions diverses
L'habitat et les constructions correspondent autant au rythme des activités et à leurs durées qu'à ces activités elles-mêmes dans leur diversité, sachant que les chasseurs-cueilleurs ont aussi eu d'autres pratiques, que certaines les ont conduits à des activités semi-sédentaires
En général, changeant plusieurs fois de lieu de résidence dans l'année, les chasseurs-cueilleurs ne consacrent que le travail indispensable pour ce qui sert temporairement de maison. Pour cela, ils transforment des peaux ou des écorces pour en faire des tentes, éventuellement. Ils construisent aussi des huttes de branchages ou des pare-vent, ou utilisent des abris sous roche faciles à aménager..
Les chasseurs-cueilleurs n'utilisent que des matériaux disponibles dans la nature pour construire des abris. Mais ces matériaux sont nombreux et ils sont souvent transformés de manière plus ou moins complexe. Ils utilisent, entre autres, des abris sous-roche qui n'ont besoin que de peu d'aménagements.. Ces abris protègent des intempéries et des autres prédateurs. La plupart des établissements de plein air des chasseurs-cueilleurs furent désertés quand le climat, qui s'était réchauffé, se refroidit durant . Vers , les températures augmentèrent de nouveau et des villages réapparurent.
On a découvert en Sibérie des structures habitables construites par des chasseurs-cueilleurs avec des ossements de mammouths, leur taille pouvant être de grandes dimensions..
Mobilité, semi-sédentarité et sédentarité des chasseurs-cueilleurs vignette|Certains groupes de chasseurs, comme les Hadza de Tanzanie, doivent parcourir d'importantes distances pour se procurer du gibier. Le chasseur-cueilleur (ancien et moderne) peut devenir nomade lorsque les ressources naturelles viennent à manquer, mais il peut aussi se contenter de se déplacer un peu pour revenir au même endroit quelque temps plus tard en ayant préparé son retour auparavant.
La grande majorité des sociétés de chasseurs-cueilleurs sont plus ou moins nomades. Habituellement, les ressources autour d'un campement sont épuisées au bout d'un certain temps, comme une saison, rendant nécessaire le déplacement du groupe ou sa semi-sédentarité, saisonnière par exemple. Ainsi, en Amérique du Nord-Ouest, la remontée annuelle des saumons fait saison.
Il y a toutefois des « exceptions »Alain Testart évoque « l'exception japonaise » in : comme les Haïdas de la Colombie-Britannique qui ont pu se sédentariser dans une région suffisamment riche, ce fut le cas aussi au cours de la période Jōmon au Japon.
La semi-sédentarité est une stratégie typique des chasseurs-cueilleurs comme dans la Chine ancienne, au Sud comme au Nord, correspondant à la période d'occupation de la grotte de Yuchanyan, avec la plus ancienne céramique du monde (en 2014) qui peut être assimilée aux signes avant-coureurs de la néolithisation en Chine.
Un mode de vie de chasseur-cueilleur nomade n'exclut pas la possibilité de lieux de grands rassemblements périodiques permettant notamment le troc, les unions maritales afin d'éviter la consanguinité, et des pratiques religieuses. Ils peuvent même conduire à l'érection de structures pérennes comme Stonehenge ou Göbekli Tepe.
Le mégalithisme exige une concentration temporaire de population et des cordes solides. La construction de tumulus et de chambres funéraires peut s'interpréter comme un culte des (grands) ancêtres, et/ou comme la ploutocratie ostentatoire de sociétés élitistes.
Formes spécifiques d'agriculture, pratiques culinaires et outillage De très nombreuses découvertes, surtout depuis les années 2000, en particulier en alliant les disciplines archéologiques et anthropologiques., ont montré que les cultures de chasseurs-cueilleurs ont donné à l'humanité certaines inventions fondamentales qui étaient autrefois attribuées aux sociétés du Néolithique. Parmi ces innovations, on compte la pierre polie et la céramique, la domestication du chien et la sélection de certaines espèces végétales, et certaines formes d'agriculture comme la sylviculture. Ceci pose des questions nombreuses, terminologiques (la néolithisation., la classification des sociétés en .) mais aussi d'ordre méthodologique.
La chasse des animaux sauvages est destinée à s'alimenter, à utiliser les os pour fabriquer des outils et à s'habiller de leurs peaux cousues avec des aiguilles d'os et des fils de matières végétales ou animales. Le chasseur-cueilleur sait aussi tresser et fabriquer des fils et des cordes. Il pêche grâce à des ressources également prélevées, comme les harpons fabriqués en corne ou en os poli et façonné, mais aussi sur rivière avec barrages, filets, puis avec canots de peaux cousues, pirogues d'écorce, pirogues monoxyles ou embarcations de roseaux.
Il cueille de nombreuses espèces de fruits (en particulier des noix et éventuellement des glands) et des plantes diverses (dont des graminées ou des bulbes) pour se nourrir et se soigner. L'homme prélève sa nourriture, il ne la produit que rarement. Il peut la transformer par séchage, fumage, fermentation, macération. Le chien, unique animal domestique des chasseurs-cueilleurs paléolithiquesAbout.com - Archaeology - Dog History How were Dogs Domesticated? By K. Kris Hirst - Dog history has been studied recently using mitochondrial DNA, which suggests that wolves and dogs split into different species around 100,000 years ago... Plus anciens restes confirmés vieux de ans : Germonpré M., Sablin M.V., Stevens R.E., Hedges R.E.M., Hofreiter M., Stiller M. and Jaenicke-Desprese V., 2009. Fossil dogs and wolves from Palaeolithic sites in Belgium, the Ukraine and Russia: osteometry, ancient DNA and stable isotopes. - Journal of Archaeological Science 2009, vol. 36, no2, , est élevé comme auxiliaire de chasse et non pour la production de viande.
L'alimentation préhistorique des chasseurs-cueilleurs peut être connue par différentes méthodes : analyse des repas conservés dans les sites préhistoriques (éclats lithiques, tessons de poteries, ossements d'animaux, restes de graines et de fruits minéralisés ou carbonisés) ; étude des isotopes stables du carbone, de l'oxygène et de l'azote dans la matière organique des ossements humains, permettant en plus d'estimer la part de l'alimentation végétale/animale ou terrestre/marine dans le régime alimentaire ; rapports entre le baryum et le strontium ou le baryum et le calcium présents dans l'émail dentaire, qui permettent de préciser le type de viande d'herbivores ingéré ; analyse des particules piégées dans le tartre dentaire (pollen, grains d'amidon, phytolithes).
Même si ces populations ont pu pratiquer une forme embryonnaire d'agriculture-horticulture sur des lopins de terre, les plantes sur lesquelles elles veillaient restaient souvent à l'état sauvage. Cela dit, les populations de chasseurs-cueilleurs de la période Jōmon ont manifestement pratiqué la sylviculture et la sélection des arbres produisant les plus gros fruits, notamment les châtaignes et les glands, en favorisant la repousse et en pratiquant la proto-domestication, l'agriculture de décrue, le sarclage et l'enclosure.