Le Niger, en forme longue la république du Niger, est un pays d'Afrique de l'Ouest, situé entre la Libye au nord-est, le Tchad à l'est, le Nigeria au sud, le Bénin au sud-ouest, le Burkina Faso à l'ouest-sud-ouest, le Mali à l'ouest et l'Algérie au nord-ouest. La capitale est Niamey. Les habitants sont les Nigériens et les NigériennesLes ressortissants du Nigeria sont des Nigérians.. La surface du pays est largement recouverte par le Sahara et le Sahel ; le pays doit son nom au fleuve Niger qui le traverse.

À l'époque précoloniale, l'actuel territoire du Niger est occupé par le sultanat du Damagaram, un État esclavagiste vivant de razzias sur ses voisins du sud et de l'approvisionnement en esclaves de la traite orientale. Il est vaincu par la France en 1899 qui s'installe à Zinder en 1900. La partie sud du territoire de l'actuel Niger est progressivement conquise, ce qui aboutit à la création du territoire militaire du Niger d'abord centré autour de Zinder, puis de Niamey, avant enfin d'atteindre sa superficie actuelle. La colonisation achevée, le territoire devient une colonie distincte intégrée à l'Afrique-Occidentale française en 1922 et obtient son indépendance en 1960. Depuis, le pays a connu cinq coups d'État et quatre périodes de régime militaire. Après le coup d'État de 2010, la constitution de la septième République est promulguée le après un referendum, et le Niger devient une république unitaire, démocratique et multipartite avec un régime semi-présidentiel. En 2023, un nouveau coup d'État se déroule, et le pays est à nouveau sous une dictature militaire, celle du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie.

Le pays est multiethnique et constitue une terre de contact entre l'Afrique subsaharienne et l'Afrique du Nord. Les Haoussas constituent la plus grande ethnie et représentent plus de la moitié de la population. Bien que séculier, l'islam est la religion dominante, et est pratiqué par près de 100 % de la population. La langue nationale est le haoussa.

Les plus importantes ressources naturelles du Niger sont l'or, le fer, le charbon, l'uranium et le pétrole.

Histoire

L'occupation humaine de la région remonte au Néolithique (présence de peintures rupestres dans des grottes du massif de l'Aïr, objets en pierres taillées jonchant le sable) ; ainsi que des objets datant au moins du (céramiques du massif de l'Aïr) ont été retrouvés ; un cimetière du . a été découvert en 2005 dans le désert du Ténéré. Au l'Empire songhaï se constitue. La capitale de l'Empire est, à partir du , Gao. La région devient musulmane au début du , lorsque les rois de Koukia se convertissent à l'islam. En 1591, l'Empire est défait par les Saadiens. Entre les , les Touaregs et les Peuls contrôlent une partie du pays et, bien avant cette date, les Haoussas dominent sa partie sud.

La zone est conquise par les Français en 1890, l'accès au golfe de Guinée via le Dahomey est assuré par la Convention franco-britannique de 1898. Trois missions françaises (Fourau-Lamy au Sahara, Voulet-Chanoine puis Joalland-Meynier par l'ouest, Émile Gentil à partir du royaume du Kongo), lancées cette même année, se rejoignent en à Kousséri et y détruisent les forces du chef Rabah, unissant l'ensemble des possessions françaises d'Afrique. Conquête militaire française depuis 1900, le Niger malgré de nombreuses résistances est forcé en colonie le , à l'intérieur de l'Afrique-Occidentale française ; déclarée membre de la Communauté française en , la république est déclarée indépendante depuis le ..

La région est frappée par la famine en 1931, provoquant la mort de 20 à 25 % de la population.

De 1960 à 1999 Le Niger est alors gouverné par le président Hamani Diori dans un système de parti civil unique..

En 1974, un coup d'État mené par le lieutenant-colonel Seyni Kountché renverse le pouvoir civil. Ce dernier dirige le pays avec un petit groupe de militaires jusqu'à sa mort en 1987. Son chef d'état-major, le colonel Ali Saibou, lui succède, relâche certains prisonniers politiques, libéralise la législation et la politique nigérienne et promulgue en une nouvelle Constitution..

Des élections générales ont lieu le pour élire un président et une Assemblée nationale. Il s'agit des premières élections depuis 1970. Cependant, dans le cadre d'un État à parti unique avec le Mouvement national pour la société du développement comme seul parti légal, son leader, le président sortant Ali Saibou, est élu sans opposition avec un taux de participation de 95,1 %, et le parti remporte les de l'Assemblée.

Toutefois, face aux demandes de la société civile en faveur de l'institution d'un régime démocratique et multipartite, le régime finit par les accepter à la fin de l'année 1990. De nouveaux partis et mouvements civiques font leur apparition et une conférence nationale pour la paix civile est organisée en . Elle aboutit à l'abrogation de la Charte nationale, la dissolution de l'Assemblée nationale et du gouvernement. Un gouvernement de transition vers la démocratie voit le jour. Amadou Cheiffou est désigné Premier ministre en .. Une rébellion touarègue agite une partie du pays.

En , Mahamane Ousmane devient président après une élection considérée comme démocratique.. Si l'économie va en se dégradant, certaines réalisations sont à souligner, comme l'organisation réussie d'un référendum constitutionnel, l'adoption d'un code électoral ainsi que celle d'un code rural et enfin la tenue d'une série d'élections libres, dans un climat pacifié et sur tout le territoire. La liberté de la presse permet alors l'éclosion de nombreux journaux indépendants.

Les résultats des élections législatives de 1995 aboutissent à la cohabitation entre le président et son rival, ancien Premier ministre, et in fine à la paralysie gouvernementale. Le colonel Ibrahim Baré Maïnassara met en place le Conseil de salut national en 1996 et prend la tête d'une transition de six mois pour rédiger la constitution pour une Quatrième République. Baré organise l'élection présidentielle en juillet de la même année mais, alors que le processus de vote est en cours, remplace les membres de la Commission électorale et se fait déclarer vainqueur par cette dernière.. Les élections législatives truquées de novembre suivant lui donnent une majorité de 57 % des sièges. Ce coup de force éloigne les donateurs étrangers, poussant le président Baré à rechercher l'aide de la Libye pour soutenir l'économie nigérienne. Parallèlement, on assiste à des violations répétées des droits de l'homme.

Cependant, il reste alors un point positif de ces journées de conférence nationale de 1991. L'initiative entamée pour rechercher la paix avec la première rébellion touarègue et touboue permet la signature d'un accord de paix en . Les Touaregs revendiquent une plus grande autonomie sur leur territoire, ainsi que des retombées économiques des activités minières qui s'effectuent sur leur territoire. Ils réclament des emplois dans ces mines par exemple. Il s'agit également de revendications sociales et politiques. Les Touaregs dénoncent leur marginalisation et demandent une plus grande autonomie au pouvoir en place. Le gouvernement nigérien répondit par les armes, via l'armée nationale.

De 1999 à 2009

Le , Ibrahim Baré Maïnassara est tué dans un coup d'État mené par le commandant Daouda Malam Wanké, qui établit un régime de transition pour un retour à la démocratie. Lors des élections législatives et présidentielle d'octobre et , la coalition du Mouvement national pour la société du développement (MNSD) et de la Convention démocratique et sociale (CDS), menée par Mamadou Tandja, gagne les élections.

La nouvelle Constitution du Niger est approuvée en . Elle restaure le régime semi-présidentiel de la Constitution de 1992 où le président est élu au suffrage universel pour cinq ans et nomme le Premier ministre avec lequel il partage le pouvoir exécutif. L'Assemblée nationale, pour suivre l'évolution démographique du pays, voit ses effectifs monter à , également élus pour cinq ans selon un scrutin majoritaire.

Le nouveau pouvoir doit affronter une mutinerie militaire en dans le Sud-Est du pays. L'état d'urgence est déclaré mais les mutins sont rapidement ramenés dans leurs casernes ou arrêtés par les troupes fidèles au gouvernement... vignette|redresse|Mahamadou Issoufou, ancien président du Niger. vignette|redresse|Un lieutenant-colonel des Forces armées du Niger.

La législature élue en accueille sept partis politiques différents. Mamadou Tandja est réélu président en et choisit de nouveau Hama Amadou comme Premier ministre. Mahamane Ousmane, à la tête de la CDS, est réélu Président de l'Assemblée nationale par ses pairs.

En , Seyni Oumarou est nommé Premier ministre après une motion de censure qui renverse le gouvernement Hama Amadou. Mais de 2007 à 2008, une seconde rébellion touarègue a lieu au nord du Niger., aggravant les perspectives économiques du pays et refermant à nouveau la page des progrès politiques.

Le , le président Mamadou Tandja réussit son coup de force lors du référendum constitutionnel décrété illégal par la Cour constitutionnelle et contesté par l'opposition politique. Ce référendum vise à autoriser le remplacement de la constitution nigérienne. Les deux grands changements qu'il engendre sont la non limitation du nombre de mandats présidentiels et le passage d'un régime semi-présidentiel à un régime présidentiel.. Mamadou Tandja bénéficie d'une extension exceptionnelle de son mandat de pour « achever les chantiers entrepris ». La tenue du référendum est précédée et suivie de grandes manifestations et contestations.

Depuis 2009

Le coup d'État du 18 février 2010 est organisé dans la capitale Niamey aux abords du palais présidentiel.. Les insurgés placent le président en état d'arrestation. et un Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD) est mis en place, sous la présidence de Salou Djibo, chef d'escadron de l'armée nigérienne. Le lundi , le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie présente un gouvernement de parmi lesquels figurent cinq militaires. Mahamadou Danda est nommé Premier ministre. La Septième République est proclamée par le chef de la transition le .

Après des élections reconnues libres et transparentes par les différents observateurs., en mars et , Mahamadou Issoufou prête serment le jeudi . Il nomme le même jour Brigi Rafini au poste de Premier ministre.

Mahamadou Issoufou est réélu lors de l'élection présidentielle de mars 2016 pour un second mandat à la présidence de la république. Il obtient 92,51 % des suffrages exprimés, l'opposition ayant boycotté l'élection. Son principal opposant, Hama Amadou, doit s'exiler en France...

Mais la situation sécuritaire continue à se dégrader dans le Sahel, aux frontières avec le Mali, le Burkina Faso et le Nigeria.... alt=Mohamed Bazoum|vignette|Mohamed Bazoum, président du Niger de 2021 à 2023.|220x220px Lors du premier tour de l'élection présidentielle le , Mohamed Bazoum obtient 39,33 % des voix, suivi par l'ancien président Mahamane Ousmane qui recueille 16,99 % des votes.. Le second tour se tient le et est remporté par Mohamed Bazoum avec 55,75 % des suffrages, selon des résultats provisoires..

Début , Médecins sans frontières révèle que le Niger fait face à une crise alimentaire de grande ampleur. Une situation en lien direct avec la pandémie de Covid-19 qui a fragilisé les économies locales, le manque de précipitations et l'insécurité croissante dans de nombreuses régions du pays.

En , le président Mohamed Bazoum annonce avoir négocié la libération de sept terroristes, dont des membres de Boko Haram, dans le but « d'ouvrir le dialogue » avec les organisations jihadistes afin d'obtenir la paix dans son pays.

Le , l'Assemblée nationale adopte un nouvel hymne pour remplacer La Nigérienne, qui était utilisé depuis l'indépendance et dont les paroles étaient critiquées. Ce nouvel hymne se nomme Pour l'honneur de la patrie.

Coup d'État de 2023