Le Xinjiang (du ), ou Sin-kiang (translittéré en translittération latine, Chinjang), officiellement la région autonome ouïghoure du Xinjiang, est une des cinq régions autonomes de la république populaire de Chine.

Situé à son extrême ouest, il s'étend sur et occupe un sixième du territoire chinois. Cette région était également connue pour sa partie Nord appelée Dzoungarie, un des khanats de ce que les Occidentaux dénommaient la Tartarie chinoise, puis vers la fin du , sous le nom de Turkestan oriental. Le Xinjiang possède une frontière commune avec huit pays : la Mongolie, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l'Afghanistan, le Pakistan, et l'Inde. Sa capitale est Ürümqi (Ouroumtsi). Il abrite un certain nombre de groupes ethniques, dont les Ouïghours, les Kazakhs, les Kirghizes, les Han, les Tibétains, les Hui, les Tadjiks, les Mongols, les Russes et les Xibe.. Le Xinjiang, divisé en plus d'une douzaine de préfectures autonomes, est traversé par une chaîne de montagnes en deux parties : le bassin Dzoungarien au Nord et le bassin du Tarim au Sud. Seuls 9,7 % environ de la superficie du Xinjiang sont habitables..

Une succession de peuples et d'empires ont rivalisé pour le contrôle de tout ou partie de ce territoire, qui a une histoire documentée d'au moins . Partie du territoire de différentes dynasties chinoises à commencer par la dynastie Han à partir du sous le nom de protectorat des Régions de l'Ouest, elle fait partie des territoires chinois sur une partie de son histoire depuis, Liang antérieur au Protectorat général pour pacifier l'Ouest (640-790). Avec quelques exceptions notables, comme le contrôle par l'empire kouchan ( - ), le contrôle d'une partie du Nord par le Royaume ouïghour de Qocho (843-920) et par les Kara-Khitans (1132-1209) et le Khanat dzoungar (1634–1756). À la fin de la guerre Dzoungar-Qing, le territoire est passé sous la domination de la dynastie Qing au , remplacée en 1912 par le gouvernement de la république de Chine.

Pendant les années 1930 et 1940, deux républiques indépendantes du Turkestan oriental ont vu successivement le jour à Kashgar (en 1933) et à Ili (en 1944) lors de tentatives visant à résister à la domination chinoise. Aucune de ces deux républiques n’est parvenue à s’installer durablement mais elles sont restées des sources d’inspiration pour l’opposition nationaliste depuis 1949, particulièrement chez certains Ouïghours.

À la fin de la guerre civile chinoise, en 1949, il fait partie de la république populaire de Chine. En 1954, la société de production et de construction du Xinjiang ou Xinjiang Bingtuan a été créé pour renforcer la défense des frontières contre l'Union soviétique et promouvoir l'économie locale. En 1955, le Xinjiang a été administrativement transformé d'une province en une région autonome. Au cours des dernières décennies, d'abondantes réserves de pétrole et de minéraux ont été découvertes dans le Xinjiang, qui est actuellement la plus grande région productrice de gaz naturel de Chine. Des années 1990 aux années 2010, le mouvement pour l'indépendance du Turkestan oriental, le conflit séparatiste et l'influence de l'islam radical ont entraîné des troubles dans la région, dont plusieurs , ainsi que quelques affrontements entre forces séparatistes et armée gouvernementale...

Signification de Xinjiang Xinjiang ( et ) signifie littéralement « la nouvelle région frontière ». Ce nom fut donné à cette région vers 1760, lors de sa conquête par les Mandchous de la dynastie Qing, lorsque l'empereur Qianlong décide de placer la culture ouïghoure sous sa protection personnelle, à la fin de la guerre Dzoungar-Qing (1687-1758), opposant les Mandchous et Mongols orientaux au khanat mongol dzoungar qui la contrôlaient alors.

En 1884, la région devient la province du Xinjiang, statut qu'elle garde sous la république de Chine (1912-1949) et au début de la république populaire de Chine. En 1955, elle prend le statut actuel de région autonome ouïgoure du Xinjiang.

Géographie redresse=1.4|vignette|Divisions administratives et disputes territoriales de la république populaire de Chine. Le Xinjiang est la plus grande région de Chine. Sa capitale est Ürümqi (Ouroumtsi), située au nord de la région, sur l'ancienne route de la soie.

La situation géographique du Xinjiang en fait une région stratégique pour Pékin. Les de frontières extérieures du Xinjiang sont communes avec huit pays : la Mongolie au nord-est, la Russie au nord, le Kazakhstan et le Kirghizistan au nord-ouest, le Tadjikistan, l'Afghanistan, le Pakistan et la partie du Cachemire contrôlée par l'Inde à l'ouest. Le Xinjiang est limitrophe avec trois régions chinoises : le Tibet au sud, le Qinghai et le Gansu au sud-est..

D'une superficie de de km, sa moitié sud inclut le désert du Taklamakan, un des plus importants du monde, ainsi que le désert de Dzoosotoyn Elisen. On estime qu'une superficie de de désert s'est formée autour du bassin du Tarim au cours des années. Mais surtout au cours du seul , et si l'eau de la Keriya coulait jusqu'à dans le désert en 1950 elle ne s'écoulait plus qu'à dans les années 1980 et ce phénomène ne cesse de s'amplifier : coupes de bois (surtout le peuplier passé de . en 1958 à en 1979), mauvaise pratique de l'irrigation, surtout en amont à Yutian (Keriya), et mauvaise gestion de l'eau, tandis que la population y augmente…

La dépression de Tourfan abrite le point le plus bas de la Chine à sous le niveau de la mer. À sa frontière avec le Pakistan se trouve le K2, second point le plus élevé du globe à . Géologiquement jeune, cette région est une zone sismique de forte intensité.

Le Xinjiang administre la région d'Aksai Chin, une région revendiquée par l'Inde comme une partie du Jammu-et-Cachemire.

Il est divisé en deux bassins par le Tian Shan, celui de Dzoungarie (Djoungarie) dans le nord et Tarim dans le sud. Le point le plus bas est sous le niveau de la mer et le plus haut sommet est à sur la frontière avec le Cachemire.

Plusieurs fleuves le traversent, comme le Tarim, mais aussi le cours supérieur de l'Irtych.

Les montagnes du Tian Shan forment la frontière avec le Kirghizistan au col de Torougart () et au col d'Irkeshtam (environ ), qui permet de relier ensuite la vallée du Vakhch. La route du Karakorum (KKH) relie Islamabad (Pakistan) à Kachgar par le col de Khunjerab ().

vignette|gauche|600px|Les routes de la soie et la région géographique du Xinjiang (Aksu : lire Aksou). vignette|droite|600px|Les routes de la soie et la région géographique du Xinjiang.

Histoire Histoire ancienne et art ancien Habité par les Xiongnu (Huns), Tokhariens, et différentes autres populations, elle devient un territoire dominé par les Han dès l'antiquité sous différentes entités, Xiyu (89 av JC - 328, au sein du royaume de Wei), Liang antérieur (304–439), Protectorat général pour pacifier l'Ouest (640-790).

Les Ouïghours, alliés de longue date de l'Empire chinois de la dynastie Tang, contre l'Empire tibétain, y trouvent en partie refuge, à la chute de leur Khaganat (744–848), centré sur l'actuelle Mongolie, dont ils sont chassés par les Kirghiz. Une autre partie, les Ouïgours de Ganzhou, trouve refuge dans les territoires de la . Ils sont alors majoritairement de religion manichéiste et bouddhiste. Les ouïghours de Tourfan se font islamiser lors d'invasions de la région et leur domination par Kara-Khitans. À la fin du Khanat de Djaghataï (1220 – 1334), elle devient en grande partie le Mogholistan oriental.

Au elle est appelée Dzoungarie du nom des peuples mongols qui la contrôle, puis est appelée Xinjiang lorsque les Mandchous font la conquête de la région à la fin de la guerre Dzoungar-Qing (1687 — 1757).

Au , les occidentaux donnent le nom de Turkestan oriental, Turkestan chinois à la région, qui la dénomaient auparavant Tartarie chinoise, terme également utilisé pour dénommer la Mongolie, Mongolie-Intérieure, Mandchourie, ou Dzoungarie. Elle est plus rarement appelée Asie centrale orientale.

Ces appellations sont encore parfois utilisées, notamment l'appellation Turkestan oriental par les indépendantistes, mais le gouvernement chinois les rejette..

Sa situation géographique en Asie centrale faisant du Turkestan oriental une zone de passage, de nombreuses ethnies y cohabitent, à la suite des diverses vagues de colonisation qui se sont succédé : populations de langues indo-européennes (Tokhariens et Sakas, ces derniers étant de langue iranienne) originellement nomades et qui se sont sédentarisées dans cette région, puis populations xiongnu, proto-turques, turques et enfin de langues proto-mongoles.

Préhistoire vignette|droite|550px|Du Néolithique à l'âge du bronze en Chine du Nord et dans les steppes de l'Asie Centrale. Néolithique et âge du bronze. La région autonome Ouigour du Xinjiang, au nord-ouest de la Chine actuelle, géographiquement et démographiquement appartient à la partie est de l'Asie centrale, elle n'est séparée de l'Asie centrale de l'ouest que par le Pamir et l'Hindu Kush : traduction du texte des auteurs.. Des témoins archéologiques nombreux et convergents, dont les célèbres momies du Tarim, indiquent la présence de populations de type européen dans les cimetières à l'ouest du Lob Nor, à Qäwrighul, datés par radiocarbone, et la plupart d'entre eux sont concentrés entre 2100-1500 AEC. De nombreuses similitudes les rapprochent de la culture de Siba (1900-1500 AEC) au Gansu, dans le corridor du Hexi. Cependant ils s'en distinguent d'abord par leur plus grande ancienneté. D'autre part la conservation des corps et des matières végétales a permis d'identifier que ces populations étaient vêtues de tissus d'origine végétale ou animale (laine) et de coiffes de feutre. Les offrandes funéraires comportaient du blé (qu'ils cultivaient) et des ossements de moutons ou chèvres, de bœufs, de chameaux, de daims et de mouflons ainsi que certains oiseaux, ces animaux étant élevés ou chassés, à proximité des rivières dans lesquelles la pêche était pratiquée. Les objets métalliques découverts dans ces dépôts funéraires sont rares mais comptent des objets de cuivre pur, tandis que certaines marques sur des objets de bois indiquent aux archéologues qui ont fait les fouilles que ceux-ci ont été travaillés avec des herminettes de bronze.