Cernay , en allemand Sennheim, en alsacien Sanna, est une commune française située dans l'aire d'attraction de Mulhouse et faisant partie de la Collectivité européenne d'Alsace (circonscription administrative du Haut-Rhin), en région Grand Est.
Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.
Elle est le bureau centralisateur d'un canton dépendant de l'arrondissement de Thann, dans l'aire urbaine Thann-Cernay.
Ses habitants sont appelés les Cernéens et les Cernéennes .
Géographie Localisation Arrosée par la Thur et bordée à l'ouest par le massif vosgien, Cernay est traditionnellement un lieu de passage, au carrefour des nationales 66 et 83, à de Thann, de Guebwiller, de Mulhouse, de Colmar et de Belfort.
Géologie et relief Le bassin houiller stéphanien sous-vosgien est situé au sud-ouest du territoire communal, à proximité de la ville..
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Thur, le ruisseau l'Erzenbach et le canal Thann-Cernay..
La Thur, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Wildenstein et se jette dans l'Ill à Ensisheim, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de CernayLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : le plan d'eau de Cernay () et l'étang de la Poudrière ()..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Ill Nappe Rhin ». Ce document de planification concerne la nappe phréatique rhénane, les cours d'eau de la plaine d'Alsace et du piémont oriental du Sundgau, les canaux situés entre l'Ill et le Rhin et les zones humides de la plaine d'Alsace. Le périmètre s’étend sur . Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est la région Grand Est..
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bitschwiller-lès-Thann à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Cernay est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Thann-CernayUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant neuf communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Thann-Cernay comprend deux villes-centres (Cernay et Thann) et sept communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Mulhouse, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (45,6 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (32,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (23,7 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (20,4 %), zones urbanisées (20,1 %), terres arables (17,7 %), prairies (6,8 %), mines, décharges et chantiers (5,1 %), zones agricoles hétérogènes (4,7 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (1,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Lieux-dits, hameaux et écarts Saint-André : lieu-dit situé à de la mairie, au sud de la ville. Saint-André été durement éprouvé durant les deux grandes guerres. Il accueille depuis 1891 un institut d'accueil de personnes en situation de handicap mental et une zone horticole.
Toponymie En allemand : SennheimDictionnaire topographique du département du Haut-Rhin - Georges Stoffel (1868). Sennenheim (1144), Sennenhem (1156), Senneheim (1179), Senene (1191), Senheim (1259), Senhin (1275), Seyreney (1307), Senhein (1312), Sennen (1576, 1634), Cernay (1793). Le nom de Cernay est mentionné sous les formes Sennenheim en 1144 (d'où la forme allemande), Sennene en 1184 (d'où la forme alsacienne), Seyrenay en 1327 d'où la forme française Cernay, dont la graphie actuelle apparait seulement au . Il s'agit donc d'une adaptation française de son nom germanique et est donc sans rapport avec les toponymes du type qui dérivent du celtique *(i)sarnāko- « lieu où il y a du fer », latinisés en Sarnacum.. Dans les régions germanisées, le suffixe -acum aurait abouti à -ich ou -ach. Le premier élément s'explique par un nom de personne germanique, comme c'est le plus souvent le cas dans ce type de formation en -heim.
Histoire Antiquité C'est probablement aux environs de Cernay, en septembre 58 , que Jules César, aidé de quelques troupes gauloises éduennes et séquanes, battit Arioviste chef des Germains Suèves, qui menaçait d'envahir la Gaule du Nord-Est. En l'absence de preuves archéologiques et compte tenu de l'imprécision des écrits de Jules César, un grand nombre d'historiens comme C. Oberreiner et J.J. Hatt s'accordent à situer le lieu de la bataille dans un quadrilatère situé entre Cernay, Reiningue, Mulhouse et Wittelsheim, peut-être dans cette grande plaine alluviale qu'est l'Ochsenfeld. Cette bataille opposa environ Romains/Éduens à Germains et se solda par la débâcle des troupes d'Arioviste, dont les rares survivants réussirent à franchir le Rhin. {Le proconsul César disposait de six légions}. Moyen Âge alt=Bataille de Wattwiller (détail) 1634 Merian|vignette|Bataille de Wattwiller (détail) 1634 Mathäus Merian Dénommé Sennenheim en 1144, la cité fut fortifiée dès 1268. Faisant partie du comté de Ferrette, elle passa aux Habsbourg en 1324. En 1634 elle est dénommée Sennen sur la gravure de la Bataille de Wattwiller par Matthäus Merian.
Elle devint française, comme une grande partie de l'Alsace, par les traités de Westphalie du . La ville possédait alors les villages de Steinbach et de Birlingen.
Première Guerre Mondiale La ville a été en grande partie détruite en 1914 et 1915, durant la bataille de Mulhouse (1914) et à nouveau très endommagée début 1945 par les combats de la « poche de Colmar ».
La commune a été décorée le 2 novembre 1921 de la croix de guerre 1914-1918Communes décorées de la Croix de guerre 1914-1918. Seconde Guerre Mondiale Institution Saint-André, centre de formation de la Waffen SS (1941-1944) De janvier 1941 à novembre 1944, l'Institut Saint-André de Cernay, alors rebaptisé « Sennheim », a été transformé par les nazis en camp de formation de la Waffen SS. Ce camp unique en Europe, où était dispensée une formation militaire et idéologique était le seul centre ouvert aux nazis non allemands. Il a formé, durant quatre ans, des milliers de jeunes volontaires danois, norvégiens, néerlandais, belges, mais aussi français.
Le 25 août 1939, l’institut Saint-André, un asile psychiatrique établi au sud-ouest de Cernay en 1891 par Adèle de Glaubitz, est transformé en hôpital complémentaire des Armées. Le 18 juin 1940, il est évacué par les Français et ses pensionnaires sont envoyés en zone libre. De juillet à décembre 1940, l’institut est transformé par les nazis en centre de transit pour les « indésirables » destinés à être expulsés. Le lieu est bordé d'une voie de chemin de fer et d'une halte. Des milliers de personnes passent par ce camp de regroupement, y séjournant de quelques jours à quelques semaines dans des conditions misérables avant d'être embarqués par la Gestapo dans des wagons verrouillés sans être informés de leur destination.
Après l'annexion de l'Alsace au Reich en octobre 1940, l'administration civile est confiée au Gauleiter de Bade-Alsace Robert Wagner et Cernay est renommée en « Sennheim ». En décembre 1940, le Reichsführer et chef de la SS Heinrich Himmler fait louer, puis réquisitionner, le site de l’Institut Saint-André renommé « Sankt-Andreas » et y fait installer un centre de formation de la Waffen SS, le SS-Ausbildungslager Sennheim-Oberrhein. En janvier 1941, le centre accueille dans sa gare les premiers trains de contingents de volontaires, des Norvégiens, Hollandais, Flamands et Danois, prêts à être formés à l'idéologie et aux méthodes nazies afin de rejoindre ensuite la division Wiking. La formation dure entre quatre à huit semaines. Elle est assurée par des instructeurs de la Rasse und Siedlungshauptamtes der Reichsführung SS, l'organisme chargé de l'éducation SS. Les recrues suivent des cours d'allemand et d'idéologie nazie, apprennent le maniement des armes et participent à des épreuves sportives éprouvantes et des manœuvres militaires souvent à balles réelles. La discipline est dure et les punitions sévères. Le camp propose des loisirs comme du cinéma ou des spectacles et des fêtes. À la fin de la formation, les volontaires sont transférés dans un bataillon SS où ils prêtent serment et reçoivent un entraînement militaire spécifique.