Ratisbonne (en ) est une ville allemande, située dans le Land de Bavière et baignée par le Danube. Elle est située à de Nuremberg et à de Munich, proche de la Tchéquie. La ville est le chef-lieu du district du Haut-Palatinat et de l'arrondissement de Ratisbonne.

Au , la ville comptait .. Elle est ainsi, par le nombre d'habitants, la quatrième ville de Bavière après Munich, Nuremberg et Augsbourg.

Depuis le , la vieille ville médiévale de Ratisbonne ainsi que le quartier de Stadtamhof sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. La ville est le siège d'un évêché catholique. Au Moyen Âge, par sa situation géographique, la cité possédait un rôle important dans les échanges commerciaux entre l'Italie, la Bohême, la Russie et Byzance. Elle était lieu de rencontre de nombreuses civilisations et fut très marquée par l'influence des patriciens, dont les tours d'habitation (les plus hautes au nord des Alpes) sont encore visibles aujourd'hui. Elle était aussi le siège de la diète du Saint-Empire romain germanique.

De nos jours, la ville est très orientée vers l'industrie manufacturière (construction automobile, génie mécanique, électrotechnique, microélectronique) et le taux de chômage (3,0 % en février 2024). se situe légèrement en dessous du niveau régional (3,8 % à la même période)..

Toponymie Le nom français de la ville repose sur son nom celtique Ratisbona, d'où Ratisbonne. Rate ou ratis signifie en celtique « muraille, rempart », d'où « fort » (cf. Argentoratum, ancien nom de Strasbourg). Il faut lire rāte ou rātis, car l'homographe ratis, fougère, se lit rătis (cf. breton raden). Le second élément bona signifie « fondation, ville » (cf. Juliobona, Vindobona, Augustobona).

Le nom allemand de Regensburg est formé non directement sur celui de la rivière Regen auquel est adjoint l'appellatif Burg, qui signifie « château, fort », mais sur son nom latin qui a reçu le nom de la rivière.

Armoiries

Les clés croisées sont l'attribut de saint Pierre, le saint patron de la ville. Sa présence dans les armoiries de la ville remonte au moins au . On trouve le blason actuel dès 1398 dans des recueils d'armoiries, et il est utilisé comme filigrane à partir de 1549 par les moulins à papier de Ratisbonne.

Géographie Situation géographique

Ratisbonne se trouve sur le point le plus septentrional du Danube et à l'embouchure de deux de ses affluents, la Regen et la Naab. Deux îles du Danube se trouvent sur le territoire de la ville : l'Untere Wöhrd et lObere Wöhrd. Le quartier de Stadtamhof se trouvait à l'origine sur la rive nord du Danube, mais fut transformé en île par la construction du canal de l'Europe, le canal permettant aux bateaux de contourner la vieille ville. Quatre zones naturelles très différentes se rencontrent sur le territoire de la ville : le Jura franconien ; la forêt de Bavière ; la plaine du Danube, respectivement la plaine de lœss de Basse-Bavière (Gäuboden) et la zone de collines de Basse-Bavière datant du tertiaire.

Ces espaces naturels marquent la ville dans sa forme et dans son extension. La ville se trouve dans une classique situation de porte au lieu d'intersection entre le paysage de collines et la Gäuboden. Il s'ensuit que certains quartiers situés au nord ou à l'ouest n'ont pas ou peu de potentiel d'expansion. Tous les territoires de développement actuels et futurs de la ville se trouvent à l'est et au sud, c'est-à-dire dans la grande plaine du Danube et dans les débuts relativement plats du paysage de collines de Basse-Bavière.

Communes voisines Les villes et communes suivantes, qui appartiennent toutes à l'arrondissement de Ratisbonne, sont voisines de RatisbonneVoir la carte sur le site officiel du Landkreis, consultée le 18 mai 2008.. Elles sont listées dans le sens des aiguilles d'une montre en commençant au nord : Lappersdorf, Zeitlarn, Wenzenbach, Tegernheim, Barbing, Neutraubling, Obertraubling, Pentling, Sinzing et Pettendorf.

Climat Le climat de Ratisbonne est de type continental, assez sec, ce qui le différencie du climat des régions alpines, qui est plus humide. Les brouillards sont fréquents en automne et en hiver, de même que la présence d'une couche fermée de neige. La température moyenne annuelle est de , la moyenne annuelle de précipitations est de . MoisJanvFévMarsAvrMaiJuinJuilAoûtSeptOctNovDécAnnéeTempératures minimales moyennes (°C)0,53,27,810,912.812,69,34.90,64.5Températures maximales moyennes (°C)1.23,49,113,919,421,924,124,219,312,75,62,413,2Moyennes mensuelles de précipitations (mm)40,8 34,1 39,2 38,657 64,752,148,848,550636Jours avec précipitations (>) 9,0 7,9 8,5 8,0 9,6 11,3 11,3 9,5 8,3 7,7 9,9 10,4 9,3 Source = DWD; wetterkontor.de

Histoire Appartenances historiques 907–1245 (Ville libre) 1245–1803 1803–1810 1806–1918 1871-1918 1918–1933 1933–1945 1945–1949 1949–1990 1990-présent Antiquité Ratisbonne est une des plus anciennes villes d'Allemagne et possède un passé riche en événements, comme le prouve la multitude de noms que la cité a portés depuis presque deux millénaires. Le nom Radaspona est apparu pour la première fois dans la littérature vers 770, dans une œuvre d’Aribon de Freising. Il est néanmoins issu d'appellations celtes plus anciennes. C'est de cette appellation que découle le nom français actuel.

Du camp romain à la cité fortifiée (an 79 – ) Cette région du Danube est habitée depuis l'âge de pierre, de nombreuses découvertes archéologiques autour de la ville le démontrent. Plusieurs tombes celtes datant de 400 furent par ailleurs découvertes début 2006, non loin des murs de l'ancien camp romain. L'histoire romaine de Ratisbonne débute en 79 avec la construction d'un premier camp sur le site de l'actuel quartier de Kumpfmühl. Ce camp servait de poste d'observation de l'embouchure de deux affluents du Danube, la Regen et la Naab, il était protégé par des palissades de bois puis par un mur de pierre. Dans ce camp étaient stationnées des troupes d'appoint : soit une cohorte montée de cinq cents soldats, soit une cohorte de mille soldats à pied. Autour de ce camp, se forma rapidement une petite cité. Les restes d'une tour de guet romaine furent découverts près de l'embouchure de la Naab. Le camp et la petite cité furent détruits vers 165 au cours des guerres marcomanes.

Après avoir repoussé les Marcomans vers 170, Marc Aurèle ordonna la construction d'un nouveau camp, Castra Regina, dont la construction débuta vers 175. Il fut construit en pierre, protégé par des murs de 10 mètres de haut, quatre portes et de nombreuses tours. Les contours du camp et quelques restes des murailles sont encore visibles par endroits aujourd'hui, et une partie de la Porta Praetoria (porte Nord de ce camp) est incorporée dans un bâtiment médiéval.

vignette|centre|La Porta Praetoria.

L'inscription de l'inauguration du camp en 179 dans une pierre ornant la porte Est du camp est considérée comme preuve de la fondation de la ville. La IIIe légion Italique était stationnée dans le camp. Le camp fut abandonné par les troupes au cours des invasions barbares du , il fut transformé en cité fortifiée.

Moyen Âge

La cité ducale (500-739) À l'époque mérovingienne, Ratisbonne, capitale des Bavarii, était la résidence des Agilolfing, premiers ducs de Bavière. Ratisbonne était alors une cité de première importance pour le duché bavarois.

Du diocèse à la cité épiscopale (739-1200) En 739 saint Boniface, l'apôtre de la nation allemande, y établit un évêché selon le droit canonique. La même année, le duc Odilon réalisa la division du diocèse de Bavière en quatre diocèses (Ratisbonne, Passau, Freising et Salzbourg) aux frontières bien définies. Après sa victoire sur le duc Tassilon III, Charlemagne passa deux hivers consécutifs (791-793) à Ratisbonne pour s'assurer personnellement de l'incorporation de la Bavière (et donc de Ratisbonne) au royaume de Francie. Louis II de Germanie, alors roi de Bavière (825-840), réattribua à la ville le rôle de centre administratif qu'elle avait perdu sous Charlemagne. Par le traité de Verdun de 843, Ratisbonne intégra le royaume de Francie orientale et en devint une des cités les plus importantes. Les deux derniers rois carolingiens de Francie orientale, Arnulf de Carinthie († 899) et Louis IV de Germanie († 911), furent enterrés aux côtés d'Emma de Bavière (l'épouse de Louis II de Germanie) à l'abbaye Saint-Emmeran, qui était aux portes de la ville.

En 954, Ludolphe de Souabe, fils de l'empereur Otton , se retira à Ratisbonne après sa défaite lors du soulèvement contre son père. Après un siège de la ville qui dura plusieurs mois, elle fut finalement prise et incendiée par le frère d'Otton, Henri de Bavière. Ludolphe parvint à s'enfuir. La ville atteignit son apogée politique et économique au /, quand elle se trouvait au carrefour de grandes routes commerciales importantes, reliant notamment Paris, Venise, ou Kiev. Ratisbonne était alors une des cités les plus peuplées et les plus riches d'Allemagne. De cette époque date la Steinerne Brücke (pont de pierre de de long enjambant le Danube construit entre 1135 et 1146). Le pont est le symbole de l'ascension de l'administration bourgeoise citadine : l'empereur Frédéric Barberousse accorda en 1182, sur pression des citoyens de la ville et du constructeur Herbord, le privilège de pouvoir lever de manière autonome des taxes sur les marchandises circulant sur le pont. De facto, la gestion des affaires de la ville était ainsi placée entre les mains de l'administration locale.

En mai 1147, Conrad III de Hohenstaufen partit de Ratisbonne pour mener la deuxième croisade. De même, Frédéric Barberousse choisit la cité en mai 1189 pour lancer la troisième croisade. La situation stratégique et la présence d'un passage fortifié sur le Danube furent probablement la raison du choix de Ratisbonne.

Ratisbonne, ville libre puis ville d'Empire (1200 - 1492)

En 1207 et 1230, les rois du Saint-Empire romain germanique Philippe de Souabe et Frédéric II du Saint-Empire accordèrent d'importants privilèges à la cité, connus sous le nom de Philippinum et de Fridericianum. Ceux-ci permirent l'ascension de la ville et l'obtention du rang de ville libre d'Empire (Freie Stadt), qui lui conférait une certaine autonomie politique. C'est le 10 novembre 1245 que l'empereur Fréderic II l'octroya à Ratisbonne. En conséquence, les ducs de Bavière quittèrent la ville pour s'installer à Landshut. Grâce à la multiplication des échanges commerciaux, la ville accéda à une prospérité de plus en plus florissante, ce qui attisa la convoitise du duché de Bavière. De nombreux monuments sont témoins de la richesse de la ville : la cathédrale gothique (consacrée en 1276), l'Altes Rathaus (ancien hôtel de ville) et les tours patriciennes, et la Jakobstor. Cependant, après des décennies de déclin économique, Ratisbonne fut rattachée au duché de Bavière-Munich en 1486. Elle regagna rapidement son immédiateté impériale (Reichsunmittelbarkeit) en 1492, mais perdit son statut de ville libre pour n'être plus qu'une simple ville d'Empire (Reichsstadt).

Temps modernes

Un siècle de transformations (1492-1594) Après des troubles intérieurs en 1500, le Roi des Romains et futur empereur Maximilien Ier intervint et appliqua une constitution (la Regimentsordnung) à la ville. Modifiée en 1514, elle reste formellement valable jusqu'en 1803. En 1519, lors d'un pogrom, la communauté juive, la plus grande d'Allemagne à l'époque, fut chassée de la ville. Les habitants profitèrent de la transition de pouvoir après la mort de Maximilien Ier pour détruire l'ancien quartier juif.