thumb|150px|left|L'insigne du navire L’USS Lexington (CV-2) est, avec son sister-ship l', l'un des deux premiers « vrais » porte-avions de la marine américaine (la mention CV pour indique le numéro d'ordre de la coque parmi les porte-avions américains — il permet de distinguer des bâtiments portant successivement le même nom, comme l', mis en service en 1943). Il est le navire de tête de sa classe des . Ses surnoms étaient Gray Lady ou Lady Lex.

Histoire thumb|USS Lexington (CV-2) en construction thumb|USS Lexington (CV-2) en 1932 thumb|USS Lexington (CV-2) thumb|USS Lexington (CV-2) en 1938

Le navire USS Lexington quatrième du nom fut initialement immatriculé CC-1 et mis en chantier comme croiseur de bataille de la classe de croiseur Lexington le par Fore River Shipbuilding Co., Quincy, Mass. Autorisé à être achevé comme porte-avions le puis lancé le , parrainé par Mme Theodore Douglas Robinson, épouse du secrétaire adjoint de la Navy. Il est mis en service le , sous le commandement du capitaine Albert W. Marshall et affecté à la flotte du Pacifique.

L'écrivain de science-fiction Robert A. Heinlein (1907-1988) y sert de 1929 à 1932, dans le service des radiocommunications et (à partir de ) comme adjoint administratif (ou chef du secrétariat ?) du commandant, le capitaine de vaisseau Ernest J. King.

En , les porte-avions Lexington (CV-2) et Saratoga (CV-3), récemment mis en service, reçurent l'ordre de se rendre au plus vite dans les eaux hawaïennes. À leur arrivée, le Captain Joseph M. Reeves, commandant de l'USS Langley (CV-1), fut muté à bord du Lexington et y détacha son fanion. Le Langley resta dans les eaux hawaïennes jusqu'en juin, menant des opérations aériennes et des essais avec les nouveaux porte-avions.

Le porte-avions se prépara en pour l'exercice naval « Fleet Problem X ». Les Langley et Saratoga de la force bleue effectuèrent des patrouilles les 12 et 13, mais ne parvinrent pas à localiser le Lexington de la force noire. Le 14, les deux porte-avions lancèrent à nouveau leurs avions. En raison des conditions météorologiques défavorables, ces reconnaissances ne permirent pas de localiser les forces noires et, faute de carburant, la plupart des avions bleus regagnèrent leurs porte-avions respectifs. Le Langley put cependant déployer 12 de ses avions pour la protection de la flotte. Ils détectèrent trois avions noirs, mais furent incapables d'engager le combat avec les agresseurs qui avaient repéré la flotte bleue et plongé sur le Saratoga. Les arbitres déterminèrent que son pont d'envol était percé et, tandis que l'équipage du Saratoga tentait de lancer des avions pour sa défense, cinq vagues successives d'appareils – 42 au total – décollèrent du Lexington noir et pilonnèrent le Saratoga et le Langley. À 8 h 35, les deux navires furent déclarés hors de combat en seulement 20 minutes. Les avions du Lexington se tournèrent alors vers les cuirassés bleus et les autres navires de soutien, les endommageant gravement tandis que la ligne de bataille noire se rapprochait pour engager un combat de surface. Bien que l'exercice ne se soit officiellement terminé que le lendemain, le contre-amiral Bostwick fut contraint de le déclarer effectivement terminé à 11 h 25. Les Noirs avaient remporté une victoire décisive dans ce que la presse appela « la bataille de l'île Navassa ».

Il participe au Fleet Problem XI (14-) avec le Langley et le Saratoga. Cet exercice portait sur la reconnaissance et les interactions dynamiques entre forces dispersées et concentrées.

Il participa à l'exercice naval Fleet Problem XII en 1931. L'exercice débuta par la traversée, du Langley, du Lexington, du Saratoga et les navires de soutien Wright (AV-1), Patoka (AO-9) et Swan (AM-34), des eaux agitées du Pacifique Est en direction de Panama. L'exercice visait à évaluer la reconnaissance stratégique, l'emploi des porte-avions et des croiseurs légers, la défense côtière, ainsi que l'attaque et la défense d'un convoi.

Il participa début 1932 à l'exercice Fleet Problem XIII au sein de la flotte noire, sous le commandement du vice-amiral Arthur L. Willard, commandant de la flotte de reconnaissance (ComScoFlt). Les planificateurs envisageaient cet exercice au large de la côte ouest comme la première étape d'une campagne outre-mer, au cours de laquelle une force avancée se déplacerait d'un point de concentration vers un premier objectif. Les porte-avions Langley, Lexington et Saratoga participèrent tous à l'exercice, notamment à des missions de reconnaissance et de suivi, d'attaque et de défense de convois, ainsi qu'à des attaques d'usure menées par des avions, des navires légers et des sous-marins. La force noire de Willard comprenait les porte-avions Langley et Lexington, sous le commandement du capitaine Ernest J. King, futur chef des opérations navales (CNO) et commandant en chef de la flotte américaine (ComInCh)https://www.history.navy.mil/our-collections/photography/us-navy-ships/alphabetical-listing/l/uss-lexington--cv-2-0.html.

Le Fleet Problem XIV de 1933 visait à simuler une guerre dans le Pacifique, déclenchée par des opérations aéronavales. Anticipant une attaque japonaise avant toute déclaration de guerre (comme contre la Russie en 1904), le scénario prévoyait une sortie de la flotte japonaise vers l'est à travers le Pacifique. Cette flotte, désignée sinistrement sous le nom de « Flotte Noire », avait reçu des ordres d'une prémonition inquiétante : « Infliger un maximum de dégâts à la base navale de Pearl Harbor afin de la détruire ou d'en réduire l'efficacité». La force bleue de défese avait placé ses forces en état d'alerte maximale le et des patrouilles aériennes permanentes avaient été mises en place jusqu'à 240 kilomètres. Évitant les patrouilles aériennes bleues, les porte-avions de la flotte Noire et leurs escortes atteignirent une position au nord de Molakai vers minuit le . La force de frappe dont les porte-avions Lexington et Saratoga arriva sur Pearl Harbor à l'aube et fut jugée avoir infligé des dégâts importants en anéantissant les défenses de l'îlehttps://blog.usni.org/posts/2011/07/20/guest-post-the-u-s-navy%25e2%2580%2599s-fleet-problems-of-the-thirties-a-dive-bomber-pilot%25e2%2580%2599s-perspective. La leçon ne sera pas retenue par l'armée américaine.

L'exercice Fleet Problem XVI débuta le , et ses cinq phases couvraient une vaste zone allant des Aléoutiennes à Midway et au Pacifique oriental. L'USS Ranger, participant à son premier exercice, rejoignit le Langley, le Lexington et le Saratoga au sein du gros des forces de la flotte blanche. La lenteur du lancement des patrouilles le permit au sous-marin noir Bonita (SS-165) de s'approcher à moins de 500 mètres et de tirer six torpilles sur le Ranger pendant qu'il récupérait des avions, et au Barracuda (SS-163) de tirer quatre torpilles à 1 900 mètres. Des avions poursuivirent les sous-marins, et un bombardier en piqué surprit le Bonita en surface et effectua un passage avant qu'il ne plonge, mais la facilité avec laquelle les sous-marins pénétrèrent leur dispositif anti-sous-marin était de mauvais augure pour les porte-avions.

Le le lieutenant-colonel Thruston B. Clark réalise onze appontages et décollages depuis le pont du Lexington avec un bimoteur Lockheed XJO-2 afin de vérifier la possibilité d'utiliser un avion à train tricycle sur porte-avionsA. Pelletier, « Le Lockheed 12 Electra Junior ». Le Fana de l'Aviation (janvier 1989) .

Armements thumb|Tourelles de 203mm du Lexington en 1928 En à Pearl Harbor, les tourelles doubles de 203 mm furent débarquées et remplacées par sept affûts quadruples de 28 mm (1.1-inch). En supplément, 22 affûts simples Oerlikon de 20 mm sont installés, six sur une nouvelle plateforme à la base de la cheminée, 12 dans les positions précédemment occupées par les bateaux de sauvetage sur les côtés de la coque, deux à l'arrière, et une paire sur l'arrière du toit de l'îlot. Lorsque le navire fut coulé en , son armement se composait de 12 canons antiaériens de 127 mm, de 12 affûts quadruples de 28 mm, de 22 canons Oerlikon de 20 mm, et d'au moins deux douzaines de mitrailleuses de 12,7 mm.

Campagnes Le , le Lexington se trouvait en mer avec la Task Force 12 , transportant des avions de l'US Marine Corps de Pearl Harbor vers les Îles Midway pour renforcer la base, lorsqu'il reçut la nouvelle de l'Attaque de Pearl Harbor. Il lança immédiatement des avions de recherche pour traquer la flotte japonaise et, en milieu de matinée, mit le cap au sud pour rejoindre les groupes opérationnels de l'USS Indianapolis (CA-35) afin de mener des recherches au sud-ouest d'Oahu jusqu'à son retour à Pearl Harbor le .

Campagne de Nouvelle-Guinée

Le Lexington patrouilla pour bloquer les raids ennemis dans le triangle Oahu-Johnston-Palmyra jusqu'au , date à laquelle il quitta Pearl Harbor comme navire amiral du vice-amiral Wilson Brown, commandant la 11. Le , la force se dirigea vers Rabaul, en Nouvelle-Bretagne envahi par les japonais. Pour renforcer leur dispositif défensif dans le Pacifique Sud et isoler l'Australie, les Japonais avaient décidé d'envahir Port Moresby, au sud de la Nouvelle-Guinée.

La 11 est rejointe par le porte-avions , elle attaque les ports ennemis de Lae et de Salamaua en Nouvelle-Guinée, où l'ennemi rassemble des forces d'assaut amphibie. Pour cela, les forces aéroportées américaines traversent la chaîne Owen Stanley puis arrivent sur l'ennemi depuis le sud, bénéficiant d'un effet de surprise total. Le , une flotte de 104 avions de chasse et bombardiers américains, composée de SBD Dauntless, de TBD Devastator et de F4F Wildcat ayant décollé du Lexington et du Yorktown qui croisaient dans les eaux du golfe de Papouasie, de l'autre côté de l'île de Papouasie, à 200 kilomètres du site de débarquement, arrivèrent à Salamaua et Lae dans la matinée et attaquèrent les navires japonais. Huit B-17 basés à Townsville, en Australie, participèrent également à une attaque dans la journée. Les résultats de ces attaques sont médiocres : malgré l'importance des moyens mobilisés, seulement trois navires de transport furent coulés, six autres navires auxiliaires nippons furent endommagés (notamment le MV Tenyo Maru), et 130 hommes de la marine impériale ou de l'armée impériale furent tués. Les Américains n'eurent à déplorer que la perte d'un TBD Devastator et de ses deux membres d'équipage, 11 autres de leurs avions furent légèrement endommagés.

Le groupe aéronaval avec les porte-avions Zuikaku et Shōkaku, deux croiseurs lourds et six destroyers, quitta Truk le . Le commandant de la flotte, le vice-amiral Takeo Takagi, se trouvait sur le navire amiral, le croiseur Myōkō , tandis que le contre-amiral Chuichi Hara se trouvait sur le Zuikaku d'où il commandait l'aviation embarquée. La flotte devait longer la façade orientale des îles Salomon et entrer dans la mer de Corail au sud de Guadalcanal. Une fois dans la zone, les porte-avions devaient fournir une couverture aérienne à la force d'invasion contre les appareils basés à Port Moresby et contre toute flotte alliée pénétrant dans la mer. Les 3 et , les forces japonaises envahirent et occupèrent Tulagi, même si plusieurs navires de guerre furent surpris et endommagés ou coulés par les appareils du . Conscient de la présence des porte-avions américains dans la zone, le groupe aéronaval japonais entra dans la mer de Corail avec l'intention de les détruire.