vignette|Ongle du pouce intégralement rongé.

L'onychophagie est l'acte de se ronger les ongles, en général des mains, et parfois des pieds.

L'onychophagie est classée comme dans la catégorie « obsessive-compulsive and related disorders » dans le DSM-5 et comme faisant partie d'« autres troubles précisés du comportement et troubles émotionnels apparaissant habituellement durant l'enfance et l'adolescence » (F98.8) dans la CIM-10. Il était classé comme un trouble du contrôle des impulsions dans le DSM-IV.

Histoire médicale En 1908, Edgar Bérillon se demande si ce "tic" est un signe de dégénérescence Berillon E & Psysiol R.H.P (1908). L'onychophagie est-elle un signe de dégénérescence. Ren. hypnot. psjichol. physiol, 23, 27. C'est l'une des pathologies pour lesquelles ont été développées les thérapeutiques dites comportementales Philippe, J. (2012). Histoire de la thérapeutique comportementale. Revue d'Orthopédie Dento-Faciale, 46(1), 111-117|résumé.

Description Dans son expression instinctive et minimale, l'onychophagie correspond à l'utilité de régulariser l'extrémité des ongles qui ne cessent de pousser tout au long de la vie.

Cependant chez certains individus (enfants ou adultes plus rarement) cette activité « hygiénique » devient exagérée, compulsive puis non maîtrisable. Elle aboutit alors à la détérioration plus ou moins grave de l'extrémité des doigts ainsi que de l'éponychium.

Il s'agit d'un acte automutilateur, répondant à une très forte anxiété, et tend à être associé à d'autres comportements, comme le mordillement compulsif des lèvres, le bruxismeMigraine D (1998). Bruxisme et onychophagie chez l'enfant en relation avec les troubles d'anxiété du sommeil, de l'hyperactivité et de la vigilance (Doctoral dissertation), l'acné excoriée ou la trichotillomanie. On le compare parfois à d'autres types d'automutilationWells, J. H., Haines, J., Williams, C. L., & Brain, K. L. (1999). The self-mutilative nature of severe onychophagia: a comparison with self-cutting. The Canadian Journal of Psychiatry, 44(1), 40-47..

Prise en charge

L'onychophagie se traite avec des antidépresseurs (notamment des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine ou de la clomipramine). Ce traitement peut s'accompagner d'une thérapie cognitivo-comportementale afin de renverser l'habitude, de changer le comportement.

Le vernis amer et la pose de faux ongles peuvent accompagner le traitement. Cependant, comme cela n'empêche pas l'envie, voire le besoin incontrolable, de se ronger les ongles, ce ne sont pas des solutions à long terme.

Conséquences secondaires L'onychophagie peut aussi être responsable de pathologie DUHARD, E. (2006). Pathologie «mécanique» ou microtraumatique de l'ongle. Les Nouvelles dermatologiques, 25(5), 10-12. et : d'onychomycose (infection de l'ongle par un champignon microscopique)Pietro Nenoff, Constanze Krüger, Gabriele Ginter-Hanselmayer, Hans-Jürgen Tietz (2014) Mycology – an update. Part 1: Dermatomycoses: Causative agents, epidemiology and pathogenesis ; de paronychiesDuhard É (2014) Les paronychies. La Presse Médicale, 43(11), 1216-1222. ; de mélanonychies Salmon-Ehr, V., Mohn, C., & Bernard, P. (1999). Mélanonychies longitudinales secondaires à une onychophagie. In Annales de dermatologie et de vénéréologie (Vol. 126, No. 1, pp. 44-45). Masson ; de possibles répercussions dentaires, quand en se rongeant compulsivement les ongles, les dents connaissent d'incessantes petites lésions, éventuellement aggravée par un bruxismeSitbon I.G (1987). L'onychophagie: étiologies, conséquences, attitude du chirurgien-dentiste, propositions thérapeutiques (Doctoral dissertation)., ce pourquoi cette pathologie est parfois mise en lien avec certaines BENHABIB-DAMERDJI, Z. (2006). ODF et dysfonctions cranio-mandibulaires. L'Orthodontie Française, 77(4), 461-469. ; des intoxications chroniques, par exemple chez des utilisateurs de pesticidesDupupet, J. L., Adjemian, A., Grillet, J. P., & Garnier, R. (2010). Étude d’ergoexpologie aux fongicides dithiocarbamates auprès de professionnels de trois secteurs agricoles. Archives des maladies professionnelles et de l'environnement, 71(4), 638-643..

Selon Rabarin & al (2017), c'est la première cause d'infections aiguës du complexe pulpo-unguéal (IACPU, infections les plus fréquentes de la main)Rabarin, F., Jeudy, J., Cesari, B., Petit, A., Bigorre, N., Saint-Cast, Y., ... & Raimbeau, G. (2017). Les infections du complexe pulpo-unguéal. Prise en charge et traitements. À propos de 103 cas. Revue de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique, 103(6), 649-652|résumé..

Conception psychanalytique Cette activité compulsive peut être liée à des pulsions orales sadiques, pulsions se retournant contre le corps propre du sujet.

Notes et références

Catégorie:Sémiologie psychiatrique Catégorie:Dépendance comportementale Catégorie:Modification corporelle Catégorie:Ongle Catégorie:Trouble émotionnel et du comportement Catégorie:Comportement répétitif centré sur le corps