Luniversité Lumière-Lyon-II est une université publique française située à Lyon. Elle est une des trois universités issues de la scission de l'université de Lyon à la suite de la loi Edgar-Faure de 1968.

Elle forme quelque dans le domaine des humanités, des sciences humaines et sociales, du droit et de l'économie-gestion. Sa devise en latin, inscrite dans la cour de la bibliothèque sur le campus des quais est et signifie : « Elle jaillit d'entre les pages ». Néanmoins, la devise première, inscrite en lettres dorées à l'ombre de la statue de Claude Bernard dans la cour d'entrée de l'université, est , qui signifie « Par la connaissance et le travail ».

Historique Scission de l'université Lyon-II Jusqu'en , l'université Lyon-II regroupait l'ensemble des disciplines des sciences humaines, sociales, juridiques et économiques. À cette date, une scission intervient, qui est directement la conséquence des événements de , violents à Lyon (au cours de ceux-ci, un commissaire de police meurt, écrasé par un camion). L'université Lyon 3 est alors créée. Aujourd'hui encore les deux universités gardent les spécificités des raisons de leur scission.

Celle-ci s'effectue dans le cadre plus général de création d'universités distinctes, s'effectuant souvent selon des axes politiques. Lorsque celles-ci résultent dans des situations véritablement conflictuelles, le ministre de l'Éducation nationale Joseph Fontanet tranche de manière autoritaire, ainsi à Lyon ou à Aix-Marseille. Selon le rapport Rousso (2004) : .

Le ministre de l'Éducation nationale Olivier Guichard annonce ainsi en 1969 la création de Lyon-I, qui regroupe les anciennes facultés de sciences et de médecine, et de Lyon 2, qui regroupe l’ancienne Faculté des lettres et de sciences humaines, et celle de droit, ainsi que celle de futures universités. Deux ans plus tard, une scission s'opère à Lyon 2, aboutissant à la création de Lyon-III (décret ministériel du ).

Si des raisons institutionnelles expliquent aussi celle-ci, les causes politiques sont décisives : la création de Lyon 3 Rapport Rousso (2004), Chapitre I, p.27. Lyon 2 voit en effet une minorité de la droite universitaire radicale s'opposer au Conseil universitaire, un projet immobilier de résidence universitaire étant l'occasion de controverses, tandis que l'élection du juriste Jean-Pierre Lassale à la présidence de Lyon-II nécessite treize tours de scrutinRapport Rousso (2004), Chapitre I. André Decocq, assesseur du doyen de la faculté de Droit et Jacques Goudet, tous deux membres du Service d'action civique (SAC) et de l'UNI, jouent un rôle important dans la scission.

Dès 1969-1970, un conflit émerge au sein de Lyon-II, autour des questions immobilières. Un premier projet prévoit la création de résidences universitaires dans deux zones, l'une à Lacroix-Laval, près d'une zone résidentielle de la commune de Charbonnières, à l'ouest de Lyon, qui inclurait les biologistes et étudiants en pharmacie, tandis que l'autre serait à Bron-Parilly, dans la banlieue est industrielle, qui inclurait les lettres et sciences humainesRapport Rousso (2004), p.23-24 (En ligne). Ce projet est abandonné en , en raison du projet d'aménagement urbain de la Communauté urbaine de Lyon. À l’été 1972, le conseil de l’université de Lyon 2 se prononce donc en faveur d’un projet pédagogique du nouvel ensemble de Bron-Parilly. Selon le rapport Rousso (2004), celui-ci . Louis Pradel, le maire de Lyon, est aussi opposé au projet, parlant de « grave erreur », ajoutant que « c’est aussi idiot que d’avoir mis celle de Nanterre dans les bidonvilles. » La mairie craint notamment une concurrence du campus de Grenoble.

Selon le rapport Rousso (2004) :

Toutefois, d'autres causes jouent ; les philosophes de Lyon 2 (dont François Dagognet et Bernard Bourgeois) décident ainsi de rejoindre Lyon 3, par crainte de voir l'UER de philosophie disparaître.

À la suite de la création de Lyon-III, les universitaires décident de leur appartenance : 334 enseignants restent à Lyon-II, et 174 vont à Lyon-III. Les choix sont majoritairement politiques: (Rapport Rousso, 2004, p. 31)

Militantisme, importance des études post-coloniales et des études de genre

Dans les années 2000 et 2010, plusieurs manifestations et occupations de l'université occasionnent d'« importantes dégradations ».. En 2010, Valérie Pécresse, alors ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, condamne les actes de dégradation commis au sein de l'universitéValérie Pécresse condamne les actes de dégradation commis à l'université de Lyon II, enseignementsup-recherche.gouv.fr, 3 novembre 2010.

En 2013, après que de violents incidents (perturbation du Congrès exceptionnel par une centaine d’étudiants, dégradation du matériel, intervention des forces de l'ordre, violences et arrestations de six personnes) se sont déroulés au sein de l'université, un enseignant-chercheur de Lyon 2 rappelle le poids de l'extrême gauche au sein de cette institution. Selon lui, . Néanmoins, il invite à ne pas surévaluer au regard des de Lyon 2, l'importance « d'une centaine d'étudiants politisés »Quelle place de l’extrême gauche au sein de l’université Lyon 2 ?, rue89lyon.fr, 26 novembre 2013. Six étudiants seront poursuivis pour violences et dégradationssix étudiants poursuivis pour violences et dégradations, leprogres.fr, 23 novembre 2013.

En 2017, en raison d'une polémique grandissant sur Internet, l'université Lyon 2 doit annuler un colloque sur l'islamophobie. La Licra et le Comité Laïcité République (CLR) avaient dénoncé dans un communiqué commun « un colloque laïcophobe », le cofondateur du Printemps républicain, le politologue Laurent Bouvet, parlant dans un tweet de « colloque plein d'intervenants islamistes sous couvert académique »Face à la polémique, l’université Lyon 2 annule un colloque sur l’islamophobie, 20minutes.fr, 4 octobre 2017.

À partir de 2018Matthieu Aron, Les "décoloniaux" à l'assaut des universités, nouvelobs.com, 30 novembre 2018 et, à nouveau, en 2019, alors qu'un étudiant dénonce « une obsession pour les questions de genre et de race », plusieurs titres de presse mettent en avant la place prise au sein de cette université par les études post-coloniales ou les études de genreBenoît Rayski, Voici comment Lyon II est devenu le laboratoire de la haine décoloniale, atlantico.fr, 23 septembre 2019Marie-Amélie Lombard-Latune, Décolonialisme: à l’université, la résistance s’organise, lopinion.fr, 6 octobre 2020. L'Obs s'interroge sur l'intitulé d'un devoir portant le titre « Le féminisme islamique » sur lequel doivent travailler les étudiants en sociologie et science politique dans le cadre d'un cours consacré aux « mouvements sociaux dans les États postcoloniaux » et sur le fait de mettre en avant le livre de Zahra Ali Féminismes islamiques, chercheuse à l'EHESS et à l'Institut français du Proche-Orient qui « milite en faveur du port du foulard ». Dans un article intitulé « l'université kidnappée (avec son consentement) par les indigénistes », Yves Mamou soutient que « pas un trimestre non plus ne passe sans qu'un pompeux colloque d'études décoloniales soit organisé à l'université Lyon-II »Yves Mamou, L'université kidnappée (avec son consentement) par les indigénistes, revuedesdeuxmondes.fr, mai 2019.

Selon Rue89Lyon, l'université Lumière Lyon serait En , le quotidien local Le Progrès consacrait ainsi sa une à de potentielles « dérives sectaires » à l'université, et en particulier dans celle de Lyon . Cette accusation d'« islamo-gauchisme » est jugée « ridicule » par Françoise Lantheaume, spécialiste de la transmission de la mémoire coloniale, professeure en Sciences de l'éducation à Lyon ..

Dans le cadre d'actions de ruptures du jeûne de l'iftar au sein des locaux de l'université..., Fabrice Balanche est pris pour cible en , par des militants pro-palestiniens affiliés au groupe radical Lyon2 Autonome, et doit interrompre un de ses cours... Une polémique s'ensuit avec la présidente de l'université Isabelle von Bueltzingsloewen qui lui reproche ses prises de positions sur le sujet, ce qui provoque des réactions dans la classe politique locale mais aussi parmi des universitaires français qui prennent la défense de Fabrice Balanche... En parallèle à l'affaire, l'un des vice-président de l'université, Willy Beauvallet-Haddad, annonce sa démission en , alors qu'il est mis en cause après avoir rendu hommage à Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah libanais... En mai également, Laurent Wauquiez annonce la suspension de financements destinés à Lyon 2, dénonçant une « dérive islamo-gauchiste » de l'université qui est ainsi privée de près de 19 millions d'euros de subventions régionales..

En , Julien Théry, professeur d'histoire médiévale, publie sur Facebook une liste de vingt personnalités qualifiées de ... L'Université condamne cette publication et signale les faits au procureur de la République.. M. Théry reçoit le soutien de Jean-Luc Mélenchon tandis qu'une enquête est ouverte par le procureur de la République.. Un montage visuel reprenant des clichés antisémites est également exhumé de ses réseaux sociaux. Le , l'université annonce le suspendre à titre conservatoire affirmant que . En , il est condamné à d'interdiction d'enseigner sans traitement par la section disciplinaire de l'université..

Lyon-II aujourd'hui thumb|Grand amphithéâtre de l'Université Lyon-II.|308x308px

thumb|305x305px|Entrée principale du campus Porte des Alpes, à Bron, dans l'Est lyonnais.

L'établissement adopte en 1987 la désignation d’« université Lumière-Lyon-II » en l'honneur des frères Lumière. Actuellement, Lyon 2 comporte quatre campus : le campus des Berges du Rhône, sur les quais du Rhône ; le campus de la Porte des Alpes, à Bron et Saint-Priest. le campus de Rachais/MuMo, dans le quartier Garibaldi le campus du CFMI, situé dans l'enceinte du Vinatier (un hôpital psychiatrique universitaire de Lyon)

L'université Lumière-Lyon-II est membre fondatrice de l'université de Lyon, pôle de recherche et d'enseignement supérieur (Pres) de Lyon ayant statut d'établissement public de coopération scientifique (EPCS), qui a été fondé par le décret du , publié au Journal officiel du .

En 2015, le PRES Université de Lyon a été remplacé par la communauté d'université et d'établissement Université de Lyon en application de la loi du 22 juillet 2013 relative à l'enseignement supérieur. Historique des présidents thumb|Bâtiment Clio de l'université Lumière-Lyon-II - campus Berges du Rhône, situé quai Claude-Bernard. Quatorze présidents se sont succédé à la tête de l'université depuis sa création. La présidente actuelle est Isabelle von Bueltzingsloewen, historienne et sociologue de la santé, élue en 2024, sa prédécesseure la politologue , élue en 2016, étant devenue présidente de la ComUE Lyon Saint-Etienne.

Composantes Unités de formation et de recherche L'université compte 6 UFR : UFR Anthropologie, Sociologie et Sciences politiques - ASSP (nouveau rattachement depuis ) UFR de Sciences économiques et de Gestion - SEG Faculté de Droit Julie-Victoire-Daubié UFR Temps & Territoires - TT UFR des Langues UFR Lettres, Sciences du langage et Arts - LESLA

Instituts L'université compte 6 instituts : Institut de la Communication - ICOM Institut d'Études et du Travail de Lyon - IETL Institut de Formation syndicale - IFS Institut de Psychologie Institut des Sciences et des Pratiques d'éducation et de formation - ISPEF Institut universitaire de technologie Lumière

Centre international L'université compte un centre international d'études françaises (CIEF), spécialisé dans la formation linguistique et culturelle d’un public non francophone poursuivant ou non des études supérieures. Écoles doctorales 3 ED pour lesquelles l'Université Lumière-Lyon-II est établissement de tutelle : ED 483 ScSo : Sciences sociales ED 484 3LA : Lettres, langues, linguistique, arts