Les Khoïkhoï ou Khoï (anciennement désignés comme Hottentots) sont un peuple pastoral et nomade d'Afrique australe. Ils se dénomment eux-mêmes ainsi (littéralement « hommes des hommes »), par opposition à leurs voisins chasseurs-cueilleurs San, qu'ils nomment Sankhoï. Le terme communément utilisé pour désigner ces deux peuples est Khoisan.

L'appellation « Khoïkhoï » a aussi été utilisée dans la littérature pour désigner les peuples de langue khoï d'Afrique australe, en particulier les groupes pastoraux tels que les Griqua, les Nama ou encore les Damara.

Au , les Khoïkhoï élevaient notamment d'importants troupeaux de bovins Nguni dans la région du Cap.

Entre le et le , les Khoïkhoï ont aussi été désignés par les Occidentaux sous le nom de « Hottentots », un terme aujourd'hui considéré comme péjoratif et désuet. C'est sans doute en raison des clics (claquements de langue) caractéristiques des langues khoïsan que les premiers colons néerlandais du , puis leurs descendants Afrikaners, ont affublé les Khoïkhoï de l’appellation de « Hottentots », un terme évoquant ce qui était perçu comme un bégaiementBoeseken, A. J. (1972). The meaning, origin and use of the terms Khoikhoi, San and Khoisan. Cabo, 1(1), 5-10..

La femme khoïkhoï la plus connue est Saartjie Baartman, surnommée la Vénus hottentote et exhibée en Europe comme une curiosité.

Histoire Présents dans cette partie du monde depuis une trentaine de milliers d'années (de même que le peuple des San), et auteurs de remarquables gravures et peintures rupestres, ils ont été progressivement refoulés par une vague bantoue au cours des trois derniers millénaires.

En 1510, ils affrontent victorieusement les Portugais lors de la bataille de Salt River, au cours de laquelle Francisco de Almeida est tué.

L'arrivée des colons hollandais huguenots au , puis britanniques au a accentué leur déclin.

Culture et mode de vie Les Khoïkhoï, littéralement « hommes des hommes », s'intitulent eux-mêmes ainsi par opposition à leurs voisins d'Afrique australe les San, qu'ils nomment « Sankhoï ».

Ces deux peuples parlent des langues apparentées que l'on a regroupées sous le nom de khoïsan, mais leur mode de vie est très différent : le premier vit d'élevage et le second de chasse et de cueillette.

Il existe plusieurs tribus Khoïkhoï : les Namaka, les Enika, les Korana.

Rapports avec les colons thumb|Gravure représentant un « Gonaqua Hottentot », 1790. thumb|gauche|Adam Kok III, 1848. Les Khoïkhoï ont vite été connus des Occidentaux car leur territoire longeait le trajet maritime de la route des Indes orientales. Ils ont été un objet de fascination pour beaucoup d'explorateurs, de commerçants ou de scientifiques.. Cette célébrité acquise à leurs dépens aura des répercussions sur leur histoire et leur développement. Colonisés par les Hollandais, les Britanniques ou encore les Portugais, ils seront durement touchés par le commerce triangulaire.

En plus de l'esclavage, les Khoïkhoï ont suscité un intérêt anthropologique important : un article leur est consacré dans l'Encyclopédie.. Ils ont également fait l'objet d'approches philosophiques relativement inédites pour l'époque, Voltaire louant ainsi leur « art de fabriquer eux-mêmes tout ce dont ils ont besoin »..

Mais bien souvent le dégoût et le mépris prenaient le pas sur la simple curiosité culturelle. Buffon les comptait parmi les hommes « les plus misérables de l'espèce humaine ».. Un manuel d'instruction élémentaire de 1864 les présente comme étant de « tous les Africains les plus remarquables par leur laideur ».. L'intérêt des scientifiques et hommes de lettres de l'époque a pu également dériver vers une forme de fascination qui voyait en cette ethnie des êtres plus proches des bêtes que des êtres humains, ce qui explique entre autres le mépris consensuel à l'égard des Khoïkhoï dont a fait l'objet Saartjie Baartman par exemple, surnommée la « Vénus hottentote » et exposée dans des zoos européens.

Ethnonymie Selon les sources, on relève les variantes suivantes de l'ethnonyme : Auen, Hotnot, Hottentot, Hottentots, Khoe-khoe, Khoekhoe, Khoikhoin, Khoi Khoin, Khoikhoi, Khoi-Khoi(s), Khoi, Khoisan(s), KoisanSource RAMEAU, BnF : Khoïkhoï.. Le terme « hottentot » est bien établi en français depuis le et l'Encyclopédie ( édition) ; il figure dans les dictionnaires depuis au moins 1872 avec le LittréArticle « Hottentot ». qui le reprend.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Emile Boonzaier (et al.), The Cape herders: a history of the Khoikhoi of Southern Africa, Ohio University Press, 1996, 147 p. Richard Elphick, Kraal and Castle: Khoikhoi and the founding of white South Africa, Yale University Press, New Haven, 1977, 266 p. (thèse de 1972 remaniée) Leonard Guelke et Robert Shell, « Landscape of conquest: frontier water alienation and Khoikhoi strategies of survival, 1652-1780 », in Journal of Southern African Studies, 18, 4, 1992, Susie Newton-King, Background to the Khoikhoi rebellion of 1799-1803, Institute of Commonwealth Studies, Londres, 1978, 21 p. (communication) Susan Newton-King et V. C. Malherbe, The Khoikhoi Rebellion in the Eastern Cape (1799-1803), University of Cape Town, Le Cap, 1981, 136 p. Kenneth Parker, (Un)utterably other others: the Khoikhoi at the Cape and early modern English voyagers, Institute of Commonwealth Studies, University of London, Londres, 1993, 7 p. Robert Ross, The Kat River, rebellion and Khoikhoi nationalism: the fate of an ethnic identification, Institute of Commonwealth Studies, University of London, Londres, 1997, 15 p. (communication) Andrew B. Smith, « Development of Khoikhoi society in South Africa: implications for pastoral archaeology », in Origini, vol. 13, 1984-7, Andrew B. Smith, The Khoikhoi at the Cape of Good Hope : seventeenth-century drawings in the South African Library, The Library, Le Cap, 1993, 84 p. Russell Viljoen, « Aboriginal khoikhoi servants and their masters in Colonial Swellendam, South Africa, 1745-1795 », in Agricultural history, 2001, vol. 75, , Russel Stafford Viljoen, Jan Pearl, a Khoikhoi in Cape colonial society, 1761-1851, Brill, Leyde, 2006, 213 p. Joseph Deniker, « Les Hottentots au Jardin d'acclimatation », Revue d'Anthropologie, 1899, , tome 4, fasc. 1 François-Xavier Fauvelle-Aymar, L'Invention du Hottentot : histoire du regard occidental sur les Khoisan, , Publications de la Sorbonne, Paris, 2002, 415 p. (thèse de 1999 remaniée) François-Xavier Fauvelle, À la recherche du sauvage idéal, Paris, Le Seuil, 2017, , Lindie Meyer, Barbara Benjamin et Jean Moreau, Les Khoikhoi, Musée commémoratif des Huguenots, Franschhoek, 1996

Articles connexes Liste des groupes ethniques d'Afrique Khoïsan Namaqua ou Nama Bantoustan, Namaqualand, Bushmanland (1964-1989) Génocide des Héréros (1904, 1884-1911) Griquas, Griqualand Est (1862-1879), Griqualand Ouest, Oorlam (1877), (1875) Histoire Giovanni Battista Ramusio (1485-1557), le premier à évoquer les habitants de la côte du cap de Bonne-Espérance Olfert Dapper (1636-1689), le second, compilateur Guy Tachard (1648-1712), premier illustrateur, à distance Peter Kolb (1675-1726), second illustrateur, ayant vécu sept ans au Cap Anders Sparrman (1748-1820), ayant voyagé au Cap et à l'intérieur Jean-Jacques Rousseau et l'idéalisation du bon sauvage Saartjie Baartman, surnommée la Vénus hottentote

Liens externes

The Khoikhoi (sur le site The Khoisan)

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