La pensée visuelle (on parle aussi de pensée picturale ou pensée non verbale) est un mode de pensée et de processus cognitif qui reposerait essentiellement sur les processus de traitement de l'information visuelle (images mentales, éventuellement colorées, schémas et autres représentations visuelles) par le cerveau.

Ce mode de pensée est à contraster avec un mode de pensée analogue au traitement du langage, dit pensée linguistique, pensée verbale ou encore pensée auditive plus communément utilisée pour comprendre, traiter et communiquer des informations.

Des recherches récentes laissent penser que la pensée visuelle, qui serait plus fréquente chez certaines personnes autistes et qu'elle a une influence sur les modalités d'apprentissage (facilitant un type de mémorisation et de compréhension de concepts abstraits en engageant plusieurs modalités d'apprentissage.

Historique Dans la philosophie

Dans les sciences (psychologie, neurosciences...) La psychologie a été l'un des premiers domaines scientifique à s'intéresser à la pensée visuelle, avec par exemple Alfred Binet et ses études des différences dans la prédominance de la pensée visuelle chez certains individus. Des études ont aussi porté sur la mémoire eidétique (capacité à se remémorer des images avec une grande précision), sur les outils mnémotechniques basées sur l'imagerie mentale, qui ont contribué à mieux comprendre la pensée visuelle. La psychologie cognitive moderne continue d'explorer les processus de perception visuelle, d'imagerie mentale et de résolution de problèmes visuospatiaux. Elle le fait via des tests, des études portant exclusivement ou indirectement sur la notion de pensée visuelle ; depuis ses aspects les plus communs et fréquents à des spécificités neurodéveloppementales sensorielles et perceptives observées par exemple dans le spectre autistique.

Des recherches ont commencé en 1984 aux Pays-Bas sous le nom de (pensée visuelle ou par images) avec Maria J. Krabbe..

Le cas particulier de l'autisme Des études récentes suggèrent que la pensée visuelle, caractérisée par une prédominance des représentations mentales imagées, est plus fréquente chez certaines personnes autistesBled, C., Guillon, Q., Mottron, L., Soulières, I., & Bouvet, L. (2022). Évaluation des capacités d'imagerie mentale visuelle dans l'autisme. In 16ème Université d'automne de l'ARAPI.. Ces individus présentent des capacités inhabituelles chez les personnes neurotypiques, et parfois remarquables, à créer, mémoriser et manipuler des images mentales. Cette capacité semble liée à un réseau cérébral différent de celui des personnes neurotypiques, comme le montrent des études d'imagerie cérébrale fonctionnelle (par exemple basées sur l'IRM fonctionnelle ou la tomographie par émission de positons) qui ont mis en évidence des différences dans l'activation des régions impliquées dans le traitement visuo-spatial, notamment le cortex pariétal et occipital.

Cependant, au vu de l'importante hétérogénéité des profils sensoriels et cognitifs au sein du spectre autistique, le degré, et les étapes d'utilisation de l'image mentale (telles que la génération, le maintien, l'inspection et la manipulation de ces images), est encore à explorer de manière plus fine et plus systématique.

Les recherches actuelles explorent ces questions via plusieurs approches, dont : L'utilisation de l'IRMf pour cartographier les réseaux cérébraux impliqués dans l'imagerie mentale ; L'analyse des performances dans des tâches cognitives spécifiques, comme les tests de mémoire visuo-spatiale (par exemple, le Pattern Span Test) ; L'étude des corrélations entre les capacités d'imagerie mentale et les comportements adaptatifs dans des contextes éducatifs et professionnels. Une thèse récente a travaillé d'une part à caractériser les capacités de représentation mentale dans l’autisme, en évaluant quatre étapes fondamentales de l'imagerie mentale visuelle : la génération, le maintien, l'inspection et la manipulation d'images mentales, et via des tests de tâches comportementales spécifiques (rotation mentale ; mémoire visuo-spatiale), concluant que les personnes autistes présentent effectivement des capacités d'imagerie mentale préservées, voire supérieures à celles des personnes neurotypiques, probablement en lien avec leur fonctionnement perceptif atypique. D'autre part, cette thèse a aussi validé la version française de l’Object Spatial Imagery Verbal Questionnaire (OSIVQ), un test visant à co-évaluer trois dimensions du style cognitif : visuel-objet, visuel-spatial et verbal. Ce travail a validé un modèle tridimensionnel du style cognitif, concluant à de bonnes propriétés psychométriques pour la version française de l’OSIVQ (renforçant sa validité pour l’étude des styles cognitifs en population francophone). Et l’OSIVQ ainsi validé a confirmé la présence d’un style cognitif visuel propre aux personnes autistes, avec, selon une analyse en clusters, trois sous-profils cognitifs distincts, qui diffèrent en termes de préférences d'apprentissage, de capacités d’imagerie mentale et de vivacité des images mentales ; parmi ces profils, le style cognitif visuel était le plus fréquemment associé à l’autisme, renforçant l’hypothèse d’une prédominance de ce style chez cette population. Selon les conclusions de cette thèse, il existe bien un style d'apprentissage des personnes autistes, plus visuel que celui des individus typiques (.

Les données scientifiques acquises depuis les années 1990, confirment l’existence d’un style cognitif visuel propre à l’autisme, caractérisé par des capacités d'imagerie mentale et une préférence pour les apprentissages visuels. Ces travaux permettent de mieux comprendre ces particularités cognitives du spectre autistique et pourraient donc aider à .

Autres cas particuliers Une pensée visuelle, ou tout au moins une imagerie mentale inhabituellement importante (volontaire, on involontaire) a aussi été constatée chez : des personnes souffrant de pathologies avec hallucinations visuelles (confusion dans ces cas entre les images mentales visuelles et la perception) comme dans certains cas de schizophrénie explorés par Benson & Park (2013) ; Brébion et al. (2008) ; Oertel et al. (2009) ; dans la maladie de Parkinson, avec selon les résulats de Shine et al. (2015), dans ce cas, des hallucinations visuelles dues à ; en cas de trouble de stress post-traumatique, où l'on revit mentalement des événements traumatiques passés sous la forme de cauchemar, mais aussi d'images mentales involontaires et intrusives (Brewin & Holmes, 2003; Stander et al., 2014). Selon Clara Bled et L Bouvet (2023), les personnes présentant une imagerie mentale visuelle involontaire très développée, présentent aussi une imagerie mentale visuelle volontaire supérieure, mais dans le cas du stress post-traumatique, il s'agit alors plutôt d'une caractéristique acquise, alors que l'origine est neurodéveloppementale dans le cas de l'autisme.

Littérature sur la pensée visuelle Il existe relativement peu de livres sur ce phénomène. . Le livre Penser en images de Temple Grandin est un ouvrage sur le sujet et est axée sur la réflexion des autistes par les images..

Voir aussi Articles connexes Hyperphantasie Sciences cognitives | Cognition | Asymétrie cérébrale | Perception Trouble du spectre autistique, Syndrome d'Asperger | Autisme | Dyslexie | Hyperactivité Intelligence | Théorie des intelligences multiples | Intelligence émotionnelle

Ouvrages . .

Notes et références

Catégorie:Psychologie cognitive Catégorie:Sciences cognitives Catégorie:Concept de psychologie Visuelle Catégorie:Vision

ar:تفكير مرئي de:Räumliches Vorstellungsvermögen lv:Tēlainā domāšana