Jacques Le Roy Ladurie, né le à Saint-Mihiel et mort le à Caen, est un syndicaliste agricole, militant et théoricien du catholicisme social français.

La famille Le Roy Ladurie

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Le père de Jacques Le Roy Ladurie, le commandant Barthélémy-Emmanuel Le Roy Ladurie, est un officier de carrière destitué à 43 ans, lors d'un conseil de guerre, à Nantes, le , pour avoir refusé de participer, le , à la fermeture des écoles des congrégations catholiques ouvertes avant 1901, à Douarnenez, sous le gouvernement Combes. Il sera réintégré avec son grade, mais sans avancement, au début de la Première Guerre mondialeEmmanuel Le Roy Ladurie, « L'affaire Le Roy Ladurie, 1902 », avant-propos de Les Grands Procès politiques, dir. Emmanuel Le Roy Ladurie, éd. du Rocher, 2002, ..

Barthélémy-Emmanuel et Jeanne Le Roy Ladurie ont eu sept enfants dont Jacques, Marie (Mère Marie de l'Assomption1896-1973Françoise Jacquin, Mère Marie de l'Assomption, fondatrice du cercle Saint Jean-Baptiste, éd. Karthala, 2008, préface de Michel Sales, S.J., fondatrice du cercle Saint Jean-Baptiste) et Gabriel, directeur de la banque Worms sous le régime de Vichy.

Du syndicalisme à la guerre Jacques Le Roy Ladurie est maire des Moutiers-en-Cinglais (Calvados) de 1928 à 1983.

gauche|vignette|236x236px|Serment solennel du Front paysan à Rouen avec Henri Dorgères et Jacques Le Roy Ladurie dans La Liberté du 23 septembre 1935.

Il a milité au sein de l'Union nationale des syndicats agricoles durant les années 1930. On lui doit quelques ouvrages consacrés à la politique et au syndicalisme paysan. À la même époque, il dirige l'« Encyclopédie paysanne » La Terre, publiée à Paris chez Flammarion. Il préfaça également plusieurs ouvrages de ses confrères du syndicat. Il est proche de Gaston Bergery, et soutient les accords de Munich. Il participe également au financement des Chemises vertes d'Henri Dorgères, un groupe agricole fascisantPascal Ory, « Le dorgérisme, institution et discours d'une colère paysanne (1929-1939) », Revue d'histoire moderne et contemporaine, , (Apr. - Jun., 1975), ..

Il rencontre Pétain, ancien camarade de promotion de son père, qui dès 1940 lui propose le ministère de l'Agriculture. Il refuse ce poste à plusieurs reprises, en désaccord avec la question du ravitaillement, mais il est membre du Conseil d'études économiques, qui se réunit deux fois par mois auprès du ministre de l'Économie à VichyJ. Le Roy Ladurie, Mémoires 1902-1945, Plon | Fayard 1997, p. 263. Décoré de la Francisque., il accepte de devenir ministre de l'Agriculture et du Ravitaillement en , dans le gouvernement LavalJacques Le Roy Ladurie a alors son bureau à l'hôtel Mondial à Vichy, où une grande partie du ministère de l'Agriculture et du ravitaillement s'est installé., mais il en démissionne dès le , protestant contre l'adoption de la première loi sur la réquisition forcée de travailleurs.

Il se rapproche alors de la Résistance. En janvier 1943 il rejoint l'Organisation civile et militaire (OCM), et combat sous le nom de « capitaine Lempereur » avec des FFI dans les maquis d'Orléans. Ces activités lui permettront d'obtenir un non-lieu de la commission d'instruction de la Haute Cour de justice après une incarcération à la Libération.

Après guerre il est élu député du Calvados, de 1951 à 1955 puis de 1958 à 1962, sous les étiquettes successives de l'Union des nationaux indépendants et républicains puis du Centre national des indépendants et paysans. Dans les années 1960 et 1970, il est président de la Fédération nationale des chambres régionales d'agriculture (FNCRA), chargée de la coordination de la promotion des produits régionaux de France.

Jacques Le Roy Ladurie est le père de l'archiviste-paléographe Marie Le Roy Ladurie (épouse de Roger Fauroux) (1928-2021), de l'historien Emmanuel Le Roy Ladurie (1929-2023), de François Le Roy Ladurie (1931-1950) et de Cécile Le Roy Ladurie (épouse Chaudun) (1934-2022).

Il est inhumé dans le caveau familial au cimetière des Moutiers-en-Cinglais (Calvados).

thumb|285px|La tombe de Jacques Le Roy Ladurie au cimetière des Moutiers-en-Cinglais (Calvados).

Décoration

Publications Vers une politique paysanne. Suivi de Le serment du syndicalisme agricole, par M. de Guébriant, Congrès syndical paysan. Caen (5-), Paris, Flammarion, « Union nationale des syndicats agricoles », 1937. Les Syndicats paysans dans la nation, Congrès de Caen, 5-, , Lagny, Imprimerie E. Grévin et fils, « Union nationale des Syndicats agricoles », 1937. Produire ou mourir, Lyon, Information de l'État français, 1942. Mémoires (1902-1945), texte établi et présenté par Anthony Rowley et Emmanuel Le Roy Ladurie, Paris, Flammarion, Plon, 1997.

Bibliographie .

Notes et références Notes

Références

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