Paul Delvaux, né le à Antheit (Belgique) et mort le à Furnes, est un peintre, graveur et illustrateur post-impressionniste, expressionniste puis surréaliste belge.
Biographie Subissant l'ascendant d'une mère autoritaire et possessive, Paul Delvaux est élevé dans la crainte du monde féminin.
Il a également subi l'influence de son meilleur ami, éminent artiste peintre lui aussi, Émile Salkin, qui l'a formé au dessin et l'a notamment amené au musée d'histoire naturelle de Bruxelles, où ils ont tous deux dessiné et peint des squelettes..
Durant ses études à l'Académie royale des beaux-arts de Bruxellesinscrit au registre de l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles sous le numéro matricule 18572 - de 1916 à 1920 - source archives de l'ARBA-ESA , il se forme au dessin avec le peintre symboliste Jean Delville et à la peinture décorative avec Constant Montald. Montald a appris à Delvaux le sens de la composition, l'importance du paysage peint d'après nature, et il l'a initié au nu. L'attirance de Montald pour les sujets mythologiques, son goût pour les grandes toiles lisses se retrouveront plus tard dans les toiles de Delvaux..
Delvaux réalise d'abord des tableaux post-impressionnistes, puis expressionnistes, influencés, notamment, par James Ensor. Son univers favori est la gare de chemin de fer (« Trains du soir »). Cependant, à chacun des changements d'inspiration, Paul Delvaux détruit ses tableaux (1920-1924). thumb|left|Le Musée Paul Delvaux à Saint-Idesbald en Belgique.
thumb|left|upright|Les Belles de nuit.
Au début des années 1930, Delvaux trouve son inspiration dans ses visites à la Foire du Midi de Bruxelles, où le musée Spitzner, une attraction de curiosités médicales, présentait en devanture des squelettes et une Vénus mécanique dans une embrasure encadrée de rideaux de velours rouge. Ce spectacle a captivé Delvaux, lui fournissant des motifs qui apparaissent tout au long de son travail ultérieur Marc Rombaut, Paul Delvaux, New York : Rizzoli, 1990 , ..
C'est en découvrant un tableau de Giorgio De Chirico « Mélancolie et mystère d'une rue », que Delvaux a la "révélation" du surréalisme (1934). Sans jamais adhérer au mouvement, il commence, avec « Femmes en dentelle », une série d'œuvres d'une unité si profonde que n'importe lequel de ses tableaux se reconnaît au premier coup d'œil. On le classe plutôt dans le courant du réalisme magique, avec des artistes à l'univers proche comme Carel Willink ou Balthus.
Il expose ses œuvres à l'exposition des surréalistes de Paris en 1938.
Les thèmes récurrents de l'œuvre de Paul Delvaux se caractérisent par la représentation de femmes nues, d'hommes habillés en costume et des éphèbes dans une attitude hiératique et figée au sein d'un paysage ou d'un milieu urbain tout aussi figé.
Il a peint également de grandes compositions murales comme celles du Casino-Kursaal d'Ostende, du Palais des Congrès de Bruxelles, de l'Institut de Zoologie à Liège. Ou encore, lors de l'exposition universelle de 1958 (l'« Expo 58 »), il réalisa avec ses élèves, La Carte littéraire de Belgique M. Quaghebeur (dir.), L’œuvre en chantier. Deux siècles de littérature francophone en Belgique, Bruxelles, Archives et Musée de la Littérature, 2008, une œuvre que le Ministre de la Culture Française, Henri-François Van Aal, installa en 1976 dans la salle de lecture des Archives et Musée de la Littérature, au troisième étage de la Bibliothèque royale de Belgique. Depuis 1978, la station Bourse du métro de Bruxelles est également décorée d'une de ses fresques.
Élu correspondant de l'Académie royale de Belgique (Classe des Beaux-Arts), le ; membre, le .
Paul Delvaux a reçu une faveur nobiliaire du roi des Belges mais il n'y donna pas suite.
Dans le village de Saint-Idesbald, dans la commune flamande de Coxyde, sur la côte belge où il a vécu longuement depuis 1945, on trouve, depuis 1982, un musée privé qui lui est consacré. Attenant à la Fondation Paul Delvaux, fondée de son vivant en 1979Fondation Paul Delvaux, sur BnF. par l'artiste lui-même, ce musée renferme la plus importante collection au monde de toiles, dessins et estampes de Paul Delvaux.
Distinctions
Commandeur des Arts et des Lettres
Œuvres Huiles sur toile, sauf indication contraire
Vieille Gare du Luxembourg, 1922, huile sur bois, 68 × 79,5 cm, Fondation Paul Delvaux, Saint-Idesbald, BelgiqueReproduction dans Artension , mai-juin 2009, 7 Vue de la gare du quartier Léopold, 1922, huile sur bois, 125 × 120 cm, Fondation Paul Delvaux, Saint-Idesbald, Belgiqueibid, 9 Paysage mosan, 1925, huile sur toile, 85 × 100 cm Le Couple, 1929, 150 × 135 cmBarbara Emerson, Delvaux, 1985, édité par le fonds Mercator à Anvers, Michel Butor, Jean Clair, Suzanne Houbart-Wilkin, Delvaux: Catalogue de l’œuvre peint, 1975, Production de la Société Nouvelle d'Éditions Internationales, Bruxelles. Jeunes Filles à la campagne, 1929, 190 × 135 cmCollection privée. Reproduction dans "Parcours des arts" , juillet-août-septembre 2011, . Les Amies, 1930, 109 × 98 cmDépôt Musée d'Ixelles. Reproduction dans "Parcours des Arts" , juillet-août-septembre 2011, . Jeune Femme, 1931, 100 × 80 cm La Dame rose, 1934, 100 × 120 cm Femmes et Pierres, 1934, 80 × 100 cm Palais en ruines, 1935, 70 × 90 cm Le Paravent, 1935, 60 × 80 cm Le Miroir, 1936, 120 × 140 cm Femme dans une grotte, 1936, 71 × 91,5 cm La Fenêtre, 1936, 110 × 100 cm La Rose, 1936, 130 × 190 cm Les Belles de nuit, 1936, 100 × 100 cm Le Cortège des dentelles, 1936, 115 × 158 cm Propositions diurnes, 1937, 105 × 130 cm La Naissance du jour, 1937, 120,5 × 150,5 cm Le Récitant, 1937, 70 × 80 cm Les Rubans roses, 1937, 121,5 × 160 cm, au Musée royal des beaux-arts, à Anvers. L'Appel de la nuit, 1938, 109,75 × 145 cm Les Nymphes des eaux, 1938, 130 × 150 cm Le Salut, 1938, 90,5 × 120,5 cm La Ville endormie, 1938, 135 × 170 cm L’Éveil de la forêt, 1939, 150 × 200 cm Nocturnes, 1939, huile sur bois, 94 × 123 cm Pygmalion, 1939, huile sur bois, 117 × 147,5 cm La Visite, 1939, 100 × 110 cm, collection particulièreReproduction dans Azart, hors-série , mars 2009, 36 Les Phases de la lune autre titre Les phases de la lune I, 1939, 139,5 × 160 cm L'Homme de la rue, 1940, 130 × 150 cm L'Entrée de la ville, 1940, 170 × 190 cm L'Aube sur la ville, 1940, 175 × 215 cm Le Songe, 1941, 110 × 130 cm Le Congrès, 1941, 160 × 180 cm Les Courtisanes, 1941, 90 × 100 cm La Ville inquiète, 1941, 200 × 247 cm La Ville antique, 1941, 65 × 100 cm Les Phases de la lune 2, 1941, 143 × 175 cm Les Phases de la lune 3, 1942, 155 × 175 cm Le Village des sirènes, 1942, 105 × 127 cm La Prisonnère, 1942, huile sur bois Le Musée Spitzner, 1943, 200 × 240 cm La Vénus endormie, 1943, 74 × 158 cm Les Femmes devant la mer, 1943, 105,5 × 166,5 cm8 L'Echo, 1943, 105 × 128 cm Les Courtisanes, 1943, 122 × 186 cm Squelette, 1943, huile et media sur panneau, 85,5 × 58,5 cm Squelette à la coquille, 1944, huile sur masonite, 122 × 100 cm Le Canapé vert, 1944, 130 × 210 cm L'Appel, 1944, 155 × 150 cm Squelettes dans un bureau, 1944, 97 × 123 cm La Vénus endormie, 1944, 60 × 126 cm La Ville lunaire, 1944, 107,5 × 238 cm La Visite, 1944, 82 × 102 cm Squelette à l'atelier, 1945, 156 × 59,5 cm La Belle du couchant, 1945, huile sur bois, 122 × 123 cm La Tentation de Saint Antoine, 1945, 114 × 147 cm L’Énigme, 1946, huile sur panneau Nus à la statue, 1946, 122 × 183 cm Pénélope, 1946, huile sur masonite, 120 × 175 cm La Ville noire, 1946, 122 × 183 cm L'Escalier, 1946, huile sur bois, 122 × 152 cm Le Tramway, porte rouge, Éphèse, 1946, huile sur bois, 83 × 68 cm Train de nuit, 1947, huile sur bois, 153 × 210 cm Les Promeneuses, 1947, 130 × 180 cm Les Grandes Sirènes, 1947, huile sur unalite, 203 × 305 cm L'Eloge de la mélancolie, 1948, huile sur panneau L'Escalier, 1948, huile sur panneau, 146 × 118 cm Léda, 1948, huile sur bois, 153 × 95 cm La Voix (voie) publique, 1948, huile sur bois, 152,5 × 254 cm Le Temple, 1949, huile sur bois, 110 × 143 cm La Descente de croix, 1949, huile sur triplex, 180 × 260 cm Les Dames aux cerfs-volants, 1950, huile sur bois, 80 × 100 cm Olympie, 1950, huile sur bois, 180 × 265 cm L'Âge du fer, 1951, huile sur bois, 153 × 241 cm Crucifixion, 1951/1952, huile sur bois, 178,5 × 266,5 cm L'Hiver, 1952, huile sur verre, 175 × 225 cm Le Lustre, 1952, huile sur bois, 120 × 150 cm La Mise au tombeau, 1953, huile sur bois, 175 × 300 cm L'Annonciation, 1955, huile sur multiplex, 109,5 × 149,5 cm Solitude, 1955, huile sur panneau de bois, 99,5 × 124 cm Nuit de Noël, 1956, huile sur masonite, 120 × 170 cm Orphée, 1956, huile sur panneau, 120 × 170 cm La Mise au tombeau, 1957, huile sur bois, 130 × 120 cm Ecce Homo, 1957, 270 × 200 cm Antinoüs, 1958, huile sur unalite, 122 × 183 cm Trains de banlieue, 1958, 151 × 219 cm L'École des savants, 1958, 150 × 220 cm Petite gare de nuit, 1959, 140 × 170 cm La Carte littéraire de Belgique, 1958, 305 × 490 cm7, 8 La Gare forestière, 1960, 160 × 220 cm, Fondation Paul Delvaux, Saint-Idesbald, BelgiqueReproduction dans Artension , mai-juin 2009, 8 La Genèse , 1960, 661 x 1196 cm, peinture murale, Université de Liège, Institut de zoologie de Liègeréalisée à la demande du recteur Marcel Dubuisson, fresque murale monumentale intitulée « La Genèse ». Péristyle de l'amphithéâtre; in Historique de l'Institut, Sonia Wanson, 2008http://www.aquarium-museum.ulg.ac.be/fr/pdf/publications/documents_thematiques/historique_institut.pdf Le Veilleur 2, 1961, huile sur unalite, 122 × 226,5 cm Le Printemps, 1961, 119 × 138 cm Petit chemin, 1961, huile sur bois, 122 × 122 cm Les Astronomes, 1961, 155 × 255 cm Les Demoiselles de Tongres, 1962, 160 × 250 cm, Isy Brachot, Paris/BruxellesReproduction dans "Beaux-Arts magazine" , juin 1989, 98 Le Veilleur III autre titre Horizons, 1962, 170 × 270 cm Le Sabbat, 1962, 160 × 260 cm7, 8 Toutes les lumières, 1962, 150 × 130 cm Douce nuit, 1962, 130 × 185 cm Gare le jour, 1963, huile sur unalite, 77 × 53 cm Gare la nuit, 1963, huile sur unalite, 77 × 53 cm Petite place de la gare, 1963, 110 × 140 cm Le Cortège, 1963, huile sur unalite, 122 × 244 cm L'Aurore, 1964, huile sur toile, marouflée sur panneau, 122 × 244 Abandon, 1964, 140 × 160 cm La Ville oubliée, 1964, 140 × 180 cm La Mer est proche, 1965, 140 × 190 cm Les Ombres, 1965, 125 × 231 cm Les Vierges sages, 1965, 180 × 280 cm L'Acropole, 1966, 150 × 230 cm Le Mirage, 1967, 210 × 190 cm Chrysis, 1967, 160 × 140 cm Le Canapé bleu, 1967, 140 × 180 cm Pompéi, 1970, 160 × 260 cm Sérénité, 1970, huile sur masonite, 122 × 152 cm Le Jardin, 1971, 140 × 190 cm Hommage à Jules Verne, 1971, 150 × 210 cm L'Office du soir, 1971, huile sur bois, 85 × 125 cm Les Vestales, 1972, 140 × 190 cm Les Ruines de Sélinonte, 1972/1973, 140 × 220 cm Le Rendez-vous d'Éphèse, 1973, 150 × 240 cm Le Dialogue, 1974, 150 × 260 cm La Robe de mariée, 1976 Nuit sur la mer, 1976 Le Tunnel, 1978 La Pose, 1979 La Route de Rome, 1979 La Terrasse, 1979 La Messagère du soir, 1980 Hommage à Federico Fellini|Fellini, 1981 Les Dioscures, 1982 La Rue, 1982
Gravures et illustrations
Hommages vignette|upright|Statue en hommage à l'artiste à Furnes. Avenue Paul Delvaux à Ottignies. Rue Paul Delvaux à Liège. Clos Paul Delvaux à Mouscron. Athénée royal Paul Delvaux à Ottignies-Louvain-la-Neuve. L'Athénée royal de Saint-Gilles (où il fut élève) portait son nom avant 1996 (et sa fusion avec l'Athénée royal de Forest). Maison de repos 'Paul Delvaux' à Watermael-Boitsfort. L'Espace Delvaux à Watermael-Boitsfort. En 2012, une pièce de collection de 10 euros est frappée par la Monnaie royale de Belgique pour célébrer le 30e anniversaire du Musée Delvaux.
Notes et références
Annexes Bibliographie Camille Brasseur, Paul Delvaux, l'homme qui aimait les trains, Bruxelles, Éd. Snoeck, TrainWorld, 2019 . . .