La rue de Rivoli est une voie parisienne longue de près de , partie constitutive d'une des grandes trouées hausmanniennes. Achevée en 1855, elle couvre une partie de l'axe historique qui, à travers le centre de Paris, court du château de Vincennes à La Défense. Depuis 2020, elle est l'une des principales artères cyclables de Paris.

Situation et accès Elle court, sur 3 km, de l'angle avec la rue de Sévigné, à l'est, à la place de la Concorde, à l'ouest.

Son carrefour avec le boulevard de Sébastopol marque la limite entre les deux arrondissements sur lesquels elle est située : le , à l'ouest (du et la fin, côté impair, et du à la fin, côté pair) ; le , à l'est (du début au , côté impair, et du début au , côté pair).

Conformément au plan parisien de numérotation des immeubles, les immeubles de la rue de Rivoli sont numérotés par ordre croissant d'ouest en est..

Plusieurs stations de métro permettent d'y accèder. D'est en ouest : Saint-Paul, Hôtel de Ville, Châtelet, Louvre - Rivoli, Palais Royal, Tuileries, et Concorde.

Voies rencontrées La rue de Rivoli rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Origine du nom 200px|quel Rivoli?Le nom de la rue de Rivoli se réfère, non à la ville piémontaise, mais à celle de Rivoli Veronese, où les armées de la République française, menées par Napoléon Bonaparte, remportent, en 1797, une victoire face aux Autrichiens.

Historique La partie occidentale de la rue a été percée sous le Premier Empire. Son côté nord est, sur une grande partie de sa longueur, bordé d’arcades dessinée par Percier et Fontaine. Les parties centrale et orientale ont été ajoutées lors des transformations de Paris sous le Second Empire, afin de la connecter à la rue Saint-Antoine et de créer ainsi un grand axe est-ouest dans le centre de Paris.

Année 1789 : début du projet Le premier projet d'axe est-ouest est compris dans le « plan d’utilité et d’embellissement de la Ville de Paris » établi en 1789 par l'architecte Charles de Wailly. La rue, apparemment assez étroite, figurant dans ce document aurait relié en ligne droite la colonnade du Louvre à la rue Saint-Antoine (à l'emplacement de l'arrivée actuelle de la rue de Rivoli). À cette date, une voie correspondant à l'actuelle rue de Rivoli le long du jardin des Tuileries ne pouvait être envisagée sur les terrains des couvents des Capucins et des Feuillants. Le plan des artistes établi en 1797 reprend cette proposition et ajoute une rue de la place de la Concorde au Louvre dont la réalisation était devenue possible, au moins de la place de la Concorde jusqu'au passage Delorme par la disponibilité des domaines de ces couvents devenus biens nationaux. Cette partie du plan des artistes correspond à la partie ouverte au début des années 1800. Son prolongement de la rue de Rohan à la rue Saint-Antoine qui nécessitait des expropriations n'est réalisée que de 1849 à 1855, non sur le parcours au départ de la colonnade du Louvre envisagé primitivement mais dans le prolongement en ligne droite du tronçon réalisé.

Années 1800 : percement du premier tronçon de la rue

Le , un arrêté prévoit que .

Un deuxième arrêté en date du indique :

Le , les architectes Percier et Fontaine dressent les plans de la rue dont la largeur est fixée à .

Des conditions drastiques sont insérées dans chaque contrat d'aliénation. Elles prévoient .

D'autres conditions montrent la volonté de faire de la rue un espace exempt des incommodités :

Le , le premier consul Napoléon Bonaparte proclame un nouveau décret.

Le percement de cette première partie de la rue de Rivoli fait disparaitre, partiellement ou totalement :

le jardin du couvent Notre-Dame-de-l'Assomption ; le jardin du couvent des Capucins Saint-Honoré ; le jardin du couvent des Feuillants ; le passage du Manège ; l'hôtel des Grandes-Écuries du Roi ; une partie de la rue du Dauphin (actuelle rue Saint-Roch) ; la rue Saint-Louis ; le marché et le passage des Quinze-Vingts ; la rue Saint-Nicaise ; la rue du Carrousel ; une partie de la rue de Rohan.

Le percement de la rue est achevé en 1804 et les 22 premières arcades sont construites en 1807, 17 en bordure du jardin de l'hôtel de Noailles, 5 au bord de l'hôtel de Breteuil mais ces arcades restent vides et en 1809 seules 3 maisons sont en construction sur la rue de Rivoli et la rue de Mondovi. Une exemption d'impôt d'une durée de 20 ans est décidée le pour attirer les investisseurs mais la rue reste presque déserte sous la Restauration et ne se construit que vers 1830.

La construction d'un hôtel des postes est décidée en 1811 à l'emplacement des actuels numéros 234 à 234. Ce bâtiment édifié par l'architecte Destailleur est achevé en 1824 et affecté au ministère des Finances. L'immeuble détruit par un incendie en 1871 sous la Commune est reconstruit sous une apparence identique et change d'affectation. La rue Rouget-de-L'Isle est ouverte à cet emplacement.

Emplacements des bâtiments disparus (20 arcades) : grande écurie vendue en 1806. (9 arcades) : hôtel de Breteuil vendu en 1835. (11 arcades) : hôtel de Boulogne. (17 arcades) : hôtel de Noailles vendu en 1830. (44 arcades) : couvent des Feuillants. : couvent des Capucins. Emplacement du ministère des Finances de 1824 à 1871. (17 arcades) : couvent de l'Assomption . : fontaine édifiée par Jean-François Chalgrin..

En 1817, la rue de Rivoli était située dans l'ancien , quartier des Tuileries et commençait aux 1-2, rue Saint-Nicaise et place du Carrousel et finissait 2, rue Saint-Florentin et place Louis XV. Les numéros de la rue étaient noirsJean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1817.. Il n'y avait pas de numéro impair, celui-ci étant situé le long du jardin des Tuileries et le dernier numéro pair était le .

Années 1840-1850 : prolongement de la rue

Plusieurs projets de réunion du Louvre et des Tuileries sont présentés au début du prévoyant le prolongement de la rue de Rivoli entre la rue de Rohan et la place de l'Oratoire. Louis Visconti est chargé en 1848 d’établir un nouveau projet. Il prévoit également la construction d'une grande galerie et le prolongement de la rue. Les abords du Louvre et des Tuileries sont dégagés et la première pierre du nouveau Louvre est posée le . Le , le prolongement des arcades entre la galerie Delorme et la rue du Louvre est déclaré d'utilité publique, « Décret du 23 décembre 1852 », .Avril frères, Prolongement des arcades de la rue de Rivoli [le long du Louvre et des Tuileries], Paris, 1853 .. Les Grands Magasins du Louvre et le premier hôtel du Louvre sont alors construits.

En 1844, la rue de Rivoli, qui était toujours située dans l'ancien , quartier des Tuileries, était longue de et commençait rue de Rohan et finissait 2, rue Saint-Florentin et place de la Concorde.

Le , le projet de prolongement de la rue de Rivoli entre la place de l'Oratoire et la rue Saint-Antoine est déclaré d'utilité publique..

Les expropriations nécessaires sont autorisées par une loi du et des décrets des , « Décret du 23 mai 1850 », ., , « Décret du 26 mars 1852 », ., , « Décret du 23 octobre 1852 », ., , « Décret du 19 février 1853 », ., , « Décret du 15 novembre 1853 », . et , « Décret du 15 novembre 1853 », ..

Ce prolongement s'effectue par d'immenses travaux dans les années 1850 qui comprennent l'arasement de la butte Saint-Jacques de la Boucherie pour établir la continuité d'un profil régulier de la nouvelle rue ce qui entraine la destruction et reconstruction du quartier entre la place du Châtelet et la place de l'Hôtel-de-Ville avec l'ouverture de nouvelles voies notamment l'avenue Victoria et la création du square de la tour Saint-Jacques. Cet arasement explique le surplomb de la tour Saint-Jacques avec des marches du square à la plateforme du niveau d'entrée et les escaliers de la rue Cloche-Perce de part et d'autre de la rue de Rivoli pour accéder aux rues parallèles restées à leur niveau d'origine, rue du Roi-de-Sicile au nord, rue François-Miron (anciennement tronçon de la rue Saint-Antoine) au sud, les marches sur un trottoir de la rue des Mauvais-Garçons, les marches de la rue Saint-Bon et la pente à l'entrée de la rue des Archives vers la rue de la Verrerie également non nivelée..

Années 1860 à 2020 : un axe routier majeur vignette|Soldats de l'Armée de Versailles attaquant une barricade tenue par les Communards le , lors de la Semaine sanglante. Lors de la Commune de Paris, la section de la rue comprise entre la rue Saint-Martin et l'Hôtel de Ville est incendiée par les Fédérés pour ralentir l'avancée de l'armée des Versaillais.

L'immeuble du ministère de l'Économie et des Finances« Ministère de l'Économie et des Finances », insecula.com., installé depuis 1824 aux numéros 234 à 244, entre la rue de Castiglione et la rue Cambon, est également incendié. De nouveaux bâtiments sont reconstruits sous une apparence identique autour de la rue Rouget-de-L'Isle, ouverte à cette époque. Ces bâtiments sont affectés à des établissements privés (hôtel, commerces) et au logement.

Le ministère des Finances est transféré de l'autre côté de la rue dans l'aile Richelieu du Louvre, édifiée sous le Second Empire, épargné des incendies. Ce bâtiment accueillait auparavant, de 1857 à 1870, les bureaux du ministre des Finances Achille Fould, le secrétariat général et les salons de réception. Le ministère y est resté jusqu'à son transfert en 1989 à Bercy.

Le , le président de la République Émile Loubet et le roi d'Espagne Alphonse XIII, alors en visite officielle à Paris, sortent indemnes d'un attentat à la bombe à main visant leur cortège, alors que celui-ci se trouvait à l'angle de la rue de Rohan et de la rue de Rivoli..

Le 12 avril 1918, durant la Première Guerre mondiale, le rue de Rivoli est touché lors d'un raid effectué par des avions allemandsExelsior du 8 janvier 1919 : Carte et liste officielles des bombes d'avions et de zeppelins lancées sur Paris et la banlieue et numérotées suivant leur ordre et leur date de chute.

Depuis 2020 : création d'une rue cyclable vignette|Compteur de vélos, rue de Rivoli en 2020. La répartition des circulations évolue à la fin des années 2010 : après un premier aménagement entre Saint-Paul et Hôtel de Ville, la rue de Rivoli dispose en d'une file pour les bus, une pour les autres véhicules motorisés et une piste pour les vélos jusqu'au boulevard de Sébastopol..

Le , la maire de Paris Anne Hidalgo annonce que les de pistes cyclables dites en raison de leur aménagement durant la pandémie de Covid-19, sont pérennisées et la circulation interdite aux voitures (y compris les VTC) et deux-roues motorisés, seuls les bus, taxis et véhicules professionnels étant admis à circuler..

En 2003, plus de quotidiens, tous modes confondus, étaient comptabilisés sur l'intégralité de la rue de Rivoli.. Au mois de , le compteur multimodal installé au niveau de la rue des Bourdonnais fait apparaitre qu'en moyenne à vélos et trottinettes étaient comptabilisés sur ce seul point les jours ouvrés, ainsi que à autres véhicules (bus, voitures, 2 roues motorisés et véhicules lourds). Au mois de , malgré les ponts et la météo maussade, ce sont plus de vélos et trottinettes et à autres véhicules qui sont quotidiennement comptabilisés les jours ouvrés.

Voies et monuments disparus ou raccourcis Le percement de la rue et ses opérations connexes, comme l'extension de la place de l'Hôtel-de-Ville et le percement de la rue des Halles par exemple, entraînent la disparition, totale ou partielle, d'un grand nombre de rues anciennesFélix et Louis Lazare : Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments édition de 1855 page 678. :

le jardin du couvent de l'Assomption ; le jardin du couvent des Capucins ; le jardin du couvent des Feuillants ; l'hôtel des Grandes-Écuries du Roi ; la salle du Manège royal ; la prison du For-aux-Dames ;