thumb|upright|300 px | Pancartes « Dieu aime tout le monde » et « Jésus guérit l'homophobie » à la marche des fiertés 2015 de Belo Horizonte, au Brésil. alt=Un homme déguisé en Jésus porte une pancarte "I'm cool with it" sur fond arc-en-ciel devant une vingtaine de manifestants regroupés sous une bannière "Homosexuality is sin ! Return to Jesus !"|vignette|Manifestation contre l'homosexualité et contre-manifestant, Séoul, en Corée du Sud, 2017. L'homosexualité telle que la perçoit le christianisme est un sujet controversé et largement débattu, à l’instar des droits des femmes et de l’ordination des femmes Mark Achtemeier, The Bible's Yes to Same-Sex Marriage, New Edition with Study Guide: An Evangelical's Change of Heart, Westminster John Knox Press, USA, 2015, p. 19.
L'homosexualité est rejetée par de nombreuses Églises chrétiennes en raison de plusieurs passages de la Bible, aussi bien dans le Premier que dans le Nouveau Testament. Ces textes, qui ont une portée générale, sont souvent interprétés par les théologiens de manière à ne concerner que des situations spécifiques. La formulation de directives morales fondées sur la Bible est une tâche dévolue à l'herméneutique et à l'éthique chrétienne. Pour cette dernière, des principes bibliques tels que l'amour et la fidélité du couple peuvent se révéler plus importants que les interdictions individuelles.
L'Église catholique, les Églises orthodoxes, certaines confessions protestantes et la plupart des confessions chrétiennes évangéliques voient les relations homosexuelles comme contraires à la volonté de Dieu. Cependant, même dans ce cas, l'une des règles fondamentales du christianisme est de faire la différence entre l'acte lui-même et celui qui en est l'auteur, autrement dit, selon la terminologie chrétienne, entre le « péché » et le « pécheur » : si le premier est interdit, le second doit être respecté.
Parallèlement, un nombre significatif d'Églises protestantes, de confessions chrétiennes évangéliques et de confessions de l’Union d'Utrecht, ont une position inclusive envers l'homosexualité, qu'elles ne considèrent pas comme un péché ; les bénédictions de mariage entre personnes de même sexe y sont célébrées.
Selon une étude du Williams Institute de la Faculté de droit de l’Université de Californie à Los Angeles publiée en 2020, il y aurait 4,1 millions d’adultes américains LGBT qui s’identifient chrétiens, dont 1,5 million de protestants, 1,3 million de catholiques romains et 1,3 million de chrétiens d’autres confessions..
Origines
Le terme homosexualité n'apparaît qu'à la fin du mais l’Écriture montre ou évoque des relations homosexuelles..
Le Livre du Lévitique condamne les relations homosexuelles masculines, comme une remise en cause de l'alliance entre Dieu et les hommes, au même titre que l'adultère ou l'inceste..
Dans le Nouveau Testament, l'apôtre Paul décrit les actes homosexuels comme (Épître aux Romains), mais le terme est objet de controverses dans sa signification. Les exégètes et linguistes se disputent encore pour savoir qui sont les malakoi et les arsenokoitai, dont parlent Paul et le pseudo-Paul dans leurs épîtres (respectivement la Première épître aux Corinthiens et la Première épître à Timothée). Savoir s'il y a une condamnation des actes homosexuels en général ou seulement de la pédérastie et de la prostitution, dans les épîtres pauliennes et pseudo-pauliennes est difficile. Dans l'épître aux Romains, les relations homosexuelles sont condamnées.
Selon certains exégètes, plusieurs passages bibliques peuvent comporter un sous-texte homoérotique et présenter des personnages engagés dans une relation homosexuelle (David et Jonathan, Ruth et Naomi) ou étant homosexuels eux-mêmes (l'eunuque éthiopien)...
Interprétations bibliques des Églises Historiquement, en se fondant sur la Bible, les différentes Églises chrétiennes ont considéré l'homosexualité comme un péché contraire à la chasteté, à l'instar de la fornicationJohn C. Dwyer, Human Sexuality: A Christian View, Rowman & Littlefield, USA, 1987, .David Jeffers, Understanding Evangelicals, Xulon Press, USA, 2006, .Catéchisme de l'Église catholique, partie III, section II, chapitre II, article 6, §. 2396. .. En empêchant la procréation, première des fins de l'union conjugale et donc sexuelle, les pratiques homosexuelles s'opposeraient ainsi directement à l'action créatrice de Dieu. D'autre part, le sujet de l'homosexualité est souvent débattu dans les Églises chrétiennesErwin Fahlbusch, Geoffrey William Bromiley, The Encyclopedia of Christianity, Volume 4, Wm. B. Eerdmans Publishing, USA, 2005, ..
Positions conservatrices Dans la position conservatrice, la Bible considère clairement l'homosexualité comme un péché dans l'Ancien Testament et le Nouveau TestamentJeanne H. Ballantine, Keith A. Roberts, Our Social World: Introduction to Sociology, Media Edition, SAGE, USA, 2011, .. Le mariage est ainsi uniquement possible entre un homme et une femme.
Position fondamentaliste Dans la position conservatrice fondamentaliste, les groupes les plus radicaux ont des activistes religieux impliqués dans des causes anti-homosexualité et des déclarations homophobesGary Laderman, Luis León, Religion and American Cultures: Tradition, Diversity, and Popular Expression, 2nd Edition [4 volumes], ABC-CLIO, USA, 2014, .. Les homosexuels sont invités à devenir hétérosexuels, notamment après une thérapie de conversion, ou à sortir de l'ÉgliseRichard A Quantz, Sociocultural Studies in Education: Critical Thinking for Democracy, Routledge, Abingdon-on-Thames, 2016, .. L'homosexualité et les homosexuels seraient ainsi une grave menace à combattreAdrian Thatcher, The Oxford Handbook of Theology, Sexuality, and Gender, Oxford University Press, UK, 2015, .. Des organisations chrétiennes se sont spécialisées dans la thérapie de conversion, comme .
Position conservatrice modérée Dans la position conservatrice modérée, l’homosexualité est un péché parmi d'autres qui doit être rejeté, mais les personnes homosexuelles ne doivent pas être jugéesDavid L. Balch, Muddling Thought : The Church and Sexuality/Homosexuality by Mark G. Toulouse, Homosexuality, Science, and the "Plain Sense" of Scripture, Wipf and Stock Publishers, USA, 2007, .Jill Duba Onedera, The Role of Religion in Marriage and Family Counseling, Routledge, Abingdon-on-Thames, 2007, .. Les chrétiens se doivent d'aimer aussi les personnes homosexuellesStephen Hunt, Contemporary Christianity and LGBT Sexualities, Routledge, Abingdon-on-Thames, 2016, ..
Choix laissé aux églises locales Selon la position neutre, le choix de point de vue sur l'homosexualité et le mariage entre personnes de même sexe est laissé à chaque église locale (congrégationalisme)Jacqueline L. Salmon, Rift Over Gay Unions Reflects Battle New to Black Churches, washingtonpost.com, USA, 19 août 2007.Hannah Heinzekehr, Mennonite Church Canada embraces unity in diversity at Assembly 2016, anabaptistworld.org, 18 juillet 2016.
Position inclusive thumb|right| Mariage de deux hommes célébré par un pasteur chrétien, aux États-Unis.
À l’aide de l’exégèse historico-critique de la Bible, certains théologiens du 20e siècle ont apporté une nouvelle compréhension des passages faisant références aux pratiques sexuelles entre personnes de même sexe Jodi O'Brien, Encyclopedia of Gender and Society, Volume 1, SAGE, USA, 2009, p. 137-138. Cela a permis de revenir au sens original des mots faisant davantage référence à de l’adultère et de situer ces passages dans le cadre de la pédérastie, un système historiquement critiqué pour l'écart d'âge et les inégalités entre les personnes..
Après avoir été forcé de démissionner en raison d’un outing, le pasteur pentecôtiste américain Troy Perry publie une annonce mentionnant l’ouverture d’une église accueillante pour les gays à Los Angeles, Californie, dans le magazine The Advocate d’ Brian Stanley, Christianity in the Twentieth Century: A World History, Princeton University Press, USA, 2019, p. 280. Le , l’Église communautaire métropolitaine tient son premier service avec 12 personnes. En 1969, il célèbre le mariage de deux jeunes hommes à Los Angeles Jason Pierceson, Same-Sex Marriage in the United States: The Road to the Supreme Court and Beyond, Bloomsbury Publishing, UK, 2014, p. 32.
Lee , l’Église unie du Christ de la région de San Francisco Bay approuve l’ordination de William R. Johnson, un séminariste ouvertement gay. Il est ordonné pasteur à la Community Church San Carlos (Église unie du Christ) le Sharon Henderson Callahan, Religious Leadership: A Reference Handbook, SAGE Publications, USA, 2013, p. 412. En 1974, avec l’aide de la professeure de l'Université d'État de San Francisco Sally Miller Gearhart, il publie le livre Loving Women/Loving Men: Gay Liberation and the Church qui soutient notamment que le mariage est une relation d'alliance, sans distinction de sexe Clare Herbert, Towards a Theology of Same-Sex Marriage: Squaring the Circle, Jessica Kingsley Publishers, London, 2020, p. 123.
Dans le contexte du mouvement de libération gay et de la déclassification de l’homosexualité comme maladie par l'Association américaine de psychiatrie en 1973, ces études ont incité diverses églises et confessions chrétiennes progressistes à renoncer à des interprétations discriminatoires pour les personnes LGBT et offrir une reconnaissance égale dans les Églises Jeffrey S. Siker, Homosexuality and Religion: An Encyclopedia, Greenwood Publishing Group, USA, 2007, p. 20. Dans certaines confessions, cette reconnaissance est passée par le développement de réseaux inclusifs d’églises, universités et séminaires. Il y a notamment eu American Baptists Concerned for Sexual Minorities en (remplacée par l’Association des Baptistes Accueillants et Affirmants en 1993) par des membres des Églises baptistes américaines USA Bill J. Leonard, Baptists in America, Columbia University Press, USA, 2005, p. 242, UCC Coalition for Lesbian/Gay Concerns en 1972 (renommée Open and Affirming Coalition UCC en 2014) par des membres de l’Église unie du Christ Martin Dupuis, William A. Thompson, Traci C. West, Defending Same-Sex Marriage, Bloomsbury Publishing USA, 2006, p. 264 Lutherans Concerned for Gay People en 1974 (renommée ReconcilingWorks en 2012) par des membres de l'Église évangélique luthérienne en Amérique Gary Laderman, Luis León, Religion and American Cultures: Tradition, Diversity, and Popular Expression, ABC-CLIO, USA, 2014, p. 1050, Presbyterians for Gay Concerns en 1974 et More Light Churches Network en 1992 (fusionnées et renommées More Light Presbyterians en 1999) par des membres de l'Église presbytérienne (États-Unis) Robert Wuthnow, John H. Evans, The Quiet Hand of God: Faith-Based Activism and the Public Role of Mainline Protestantism, University of California Press, USA, 2002, p. 268, Affirmation: United Methodists for Lesbian/Gay Concerns en 1975 et Réseau des ministères de réconciliation en 1984 par des membres de l’Église méthodiste unie Jason E. Vickers, The Cambridge Companion to American Methodism, Cambridge University Press, UK, 2013, p. 112, Brethren Mennonite Council for LGBT Interests et Supportive Communities Network en 1976 par des membres de la Église mennonite des États-Unis Donald B. Kraybill, Concise Encyclopedia of Amish, Brethren, Hutterites, and Mennonites, JHU Press, USA, 2010, p. 108. Certains de ces réseaux sont devenus internationaux, comme l’Association des Baptistes Accueillants et Affirmants Association of Welcoming and Affirming Baptists, Our Church Members, awab.org, USA, consulté le 16 août 2025 Association of Welcoming and Affirming Baptists, Education Partners, awab.org, USA, consulté le 16 août 2025 et le Réseau des ministères de réconciliation Reconciling Ministries Network, Find a Reconciling Ministry, rmnetwork.org, USA, consulté le 16 août 2025.