Une brûlure (aussi écrit brulure) est une destruction partielle ou totale pouvant concerner la peau, les parties molles des tissus, ou même les os.
La gravité d'une brûlure dépend de plusieurs paramètres : sa localisation, sa topographieune brûlure dite circulaire, qui fait le tour d'un membre, sera toujours grave, sa profondeur (le degré de brûlure), l'étendue de la surface endommagée (en pourcentage de la surface corporelle totale) et l'agent causal en question.
Une brûlure peut être causée : par le contact avec une source chaude (solide, liquide, ou gazeuse) ; par le contact avec une substance dite caustique ; par frottement ; par l'effet de la combustion (action d'une flamme) ; par l'effet d'un rayonnement (coup de soleil : rayonnement ultraviolet B, rayonnement infrarouge, rayonnement X) ; par l'effet d'un courant électrique (électrisation) ; par le froid (gelure).
Épidémiologie Dans le monde, les brûlures sont responsables de plus de annuels d'après l'Organisation mondiale de la santé. Ce nombre est très probablement sous-estimé du fait que la majeure partie des accidents se situent dans les pays défavorisés où il n'existe pas de statistiques précises Peck MD, Kruger GE, van der Merwe AE, Godakumbura W, Ahuja RB, « ], » 2008;34:303-11. .
En France, selon la DGOS, on comptait en 2005 environ de brûlures ayant nécessité des soins médicaux. : avaient entraîné une hospitalisation ; avaient été hospitalisés dans des sites autorisés à l'activité de traitement des grands brûlés ; le nombre annuel de décès provoqués par les brûlures était voisin de ; les brûlures étaient plus fréquentes chez les hommes ; les brûlures étaient plus fréquentes entre 1 et , avec une probabilité de brûlures multipliée par 3 ; 70 % des cas de brûlures chez l'adulte étaient dues à des accidents domestiques.
Les degrés de brûlure vignette|Schéma des brûlures au premier, second et troisième degré sur la peau. vignette|Moulages pédagogique de caoutchouc utilisé par l'US Navy en 1959 pour la formation des marines, présentant les plaies ou "brûlures atomiques ()" d'un visage, d'une poitrine et d'une main. , Fabriqué par " Inc", pour l' en 1959, conservé par le musée des archives militaires médicales américaines vignette|Brûlure du , la peau prend une coloration blanche, brune ou noire. vignette|Brûlure par rayons IR, à la suite de l'explosion d'une bombe atomique (1945). La peau porte les traces des motifs foncés du tissu, qui ont absorbé plus de rayons IR alors que les parties claires en ont renvoyé une partie (effet albédo). L'appréciation reste subjective et peut faire parfois objet de désaccord entre médecins. Le niveau peut évoluer avec le temps, faisant nécessiter parfois une réappréciation une ou deux journées plus tard. La classification en degré se base essentiellement sur l'aspect des lésions. Certaines techniques existent pour essayer de quantifier plus précisément le niveau, tel que l'imagerie par Laser Doppler, l'imagerie infrarouge ou la vidéomicroscopie. Ces techniques restent cependant expérimentales.
Naturellement le degré peut varier suivant la localisation, sur un même individu.
Brûlures du premier degré ou superficielle Ce sont les brûlures les moins graves et les plus répandues. Seul l'épiderme est touché. Elles ont pour conséquence l'apparition de rougeur et la sensibilité accrue de la région touchée. Un bon exemple est le coup de soleil simple. Ces brûlures ne nécessitent pas de soins spéciaux pour leur réparation proprement dite, la peau gardant sa capacité de régénération. Toutefois, les douleurs exigent en général leur soulagement ; de simples compresses d'eau froide sur les brûlures peuvent servir à atténuer les douleurs, quand cela est toutefois possible pratiquement.
Brûlures du deuxième degré Une brûlure du second degré est définie par l'apparition d'une phlyctène. Les brûlures du second degré se séparent en deux entités : le second degré superficiel et le second degré profond. Ce qui les sépare est le niveau d'atteinte du derme, qui influera sur la capacité de la peau à se régénérer. Le diagnostic de la profondeur est difficile, même pour un professionnel : bien souvent, la brûlure sera qualifiée de « second degré intermédiaire » et c'est l'évolution (sur 7 à ) qui permettra de faire un diagnostic plus précis. Ce diagnostic est d'autant plus complexe que des zones de profondeur de brûlure variable peuvent coexister sur la même brûlure.
Schématiquement, dans une brûlure du second degré superficiel, la peau se régénèrera d'elle-même en l'absence de surinfection, tandis que le second degré profond se distingue par une impossibilité de régénération : atteinte vasculaire, destruction des cellules souches épidermiques… Le second degré profond impose une greffe de peau.
Un signe classiquement employé est l'hypoesthésie : en cas de perte de sensibilité (zone brûlée paradoxalement indolore), la brûlure est probablement profonde. Cependant, ce signe, bien que pratique dans l'urgence, manque de spécificité comme de sensibilité et ne permet donc pas d'orienter réellement la prise en charge.
Brûlures du troisième degré Ce sont les brûlures les plus graves. Elles détruisent toute la peau (derme et épiderme). La peau endommagée prend alors une coloration blanche, brune ou noire. Ces régions deviennent insensibles, sèches et sujettes aux infections. Dans ce cas, il n'y a aucune possibilité de régénération d'elle-même pour la peau car toutes les cellules cutanées sont absentes. La greffe de peau est alors indispensable à la survie du blessé en cas de lésion étendue.
Brûlures du quatrième degré ou « carbonisation »
La brûlure est si profonde qu'elle atteint les structures sous-cutanées, telles que les os et les muscles. Cette situation est critique et ne peut être améliorée que par une intervention chirurgicale. La peau est carbonisée et présente un aspect cartonné.
Conséquences Les brûlures graves comportent un risque vital. Les brûlures moins graves peuvent comporter un risque fonctionnel (gêne à certains mouvements) ou esthétiquecicatrisation avec chéloïdes ou problème de pigmentation de la peau.
Premiers soins et traitement immédiat Une prise en charge immédiate d'une brûlure peut grandement réduire ses conséquences.
Elle consiste dans un premier temps à supprimer l'agression (protection), puis : à faire ruisseler de l'eau courante tempérée et à faible pression sur la partie brûlée pendant , efficace jusqu'à trois heures après la brûlure. En même temps enlever les vêtements et bijoux qui ne collent pas à la peau sur ou près de la partie brûlée ; dans le cas d'une brûlure grave, à alerter les secours tout en poursuivant l'arrosage selon les consignes données. Après refroidissement allonger la victimesauf en cas de gène respiratoire où il est préférable de la mettre en position assise et la protéger du froid (à l'aide d'une couverture de survie) dans le cas d'une brûlure simple, l'arrosage se poursuivra jusqu'à disparition totale de la douleur. Le nettoyage de la plaie est fait par un antiseptique ou de l'eau savonneuse et dans tous les cas à surveiller la personne et respecter les consignes données.. Un pansement, idéalement antiseptique, est mis en place.
L'action devant être immédiate, elle doit être faite par les témoins, voire par la victime seule. Ce sont en général des personnes n'ayant pas de compétence médicale ; les recommandations sont donc nécessairement simples.
La formation sur la conduite à tenir se fait en général lors des formations de base aux premiers secours tel que le PSC1 en France.
Une vaccination contre le tétanos doit être proposé si la plaie est souillée et la personne n'est pas vaccinée.
Évaluation initiale de la gravité Une brûlure peut être bénigne, ou bien nécessiter de voir un médecin, éventuellement en urgence. Dans le cadre d'une communication au grand public, on distingue donc les brûlures simples des brûlures graves, grave signifiant simplement qu'il faut appeler la régulation médicale pour avoir un avis sur la conduite à tenir.
En dehors d'un contexte médical, une brûlure thermique est considérée comme grave si on est dans l'une des conditions suivantes : la victime est un nourrisson ; la brûlure est située près d'un orifice naturelorganes sensibles, voire risque de problème respiratoire s'il s'agit du nez ou de la bouche ou d'une articulationdont les mains et le dos ; il y a un risque d'impotence fonctionnelle ; si la brûlure touche le visage, les mains, les articulations ou les parties génitales ; il y a une ou plusieurs cloques couvrant une surface supérieure à la moitié de la paume de la main de la victime ; la peau est détruite, présentant un aspect noirâtre ; la brûlure est circulaire : elle fait le tour d'un membre ou d'un segment de membre. En effet, la peau va se rétracter au niveau de la brûlure, comprimant les vaisseaux et les nerfs sous-jacents, ce qui peut causer des ischémies en aval.
Les brûlures chimiques, électriques, radiologiques sont toujours considérées comme graves.
L'évaluation de la gravité de la brûlure ne doit pas retarder les premiers gestes : l'appel aux secours peut se faire après avoir commencé le traitement.
Cas d'une brûlure thermique externe vignette|gauche|Enfant se refroidissant les doigts après une brûlure lors d'un atelier de décoration d'œufs de Pâques, où des bougies sont utilisées. Le danger est la présence d'une source de chaleur. La protection consiste donc à supprimer cette source (débrancher le fer à repasser, couper le gaz…), ou au moins à en éloigner les personnes présentes.
Même après l'éloignement de la source de chaleur, la peau continue à être chaude et la brûlure progresse vers l'intérieur. L'action consiste donc à refroidir la zone brûlée — le froid ayant aussi une action antalgique — en faisant attention à : agir vite : pour que le refroidissement de la brûlure soit efficace, il faut qu'il ait lieu dans la demi-heure suivant la brûlure ; ne pas favoriser l'infection : la peau étant abîmée, elle laisse plus facilement passer les bactéries ; ne pas provoquer d'hypothermieOn entend parfois parler de « choc thermique » ; notons toutefois que dans le cadre d'une action, le risque vital est d'abord lié à la brûlure plus qu'au risque d'hypothermie.
Pour cela, on recommande de faire ruisseler de l'eau froide, par exemple l'eau du robinet, en évitant les « remèdes de grand-mère » : l'eau transporte facilement la chaleurraison pour laquelle on l'utilise comme liquide caloporteur dans les chauffages centraux et les centrales thermiques. On utilise de l'eau « sans pression » (c'est-à-dire coulant lentement) afin que l'impact de l'eau sur la peau ne provoque pas de douleur.
Brûlure thermique simple Plusieurs recommandations ont été émises (règles des 10-15, règle des 20…). Dans le cas d'une brûlure simple, le référentiel français de 2007Voir l'article PSC1. recommande de refroidir jusqu'à disparition de la douleur. Le risque d'hypothermie est ici négligeable.
On questionne la personne pour savoir si elle est vaccinée contre le tétanos ; si le dernier rappel date de plus de dix ans, ou en cas de doute, on amène la personne chez un médecin pour procéder à la vaccination.
On donne à la personne le conseil suivant : « si la brûlure continue à faire mal et gonfle dans les , c'est qu'une infection se développe, il faut alors aller voir un médecin. »
Si la personne présente une ou plusieurs cloques, on protège celles-ci avec un pansement stérilela peau protège de l'infection, il faut éviter que les cloques ne percent.
La victime peut consulter un médecin si la douleur est gênante.
Brûlure thermique grave Dans le cas d'une brûlure grave, le référentiel recommande de prévenir les secours pendant que le refroidissement se poursuit, et de suivre l'avis médical concernant la durée d'arrosage.