vignette La compétitivité économique est la capacité d'une entreprise, d'un secteur économique, d'un territoire voire d'un État, à faire face à la concurrence et à accroître ses parts de marché. La compétitivité renvoie souvent à la capacité à vendre des biens ou services marchands, ou encore à attirer des investissements.

La compétitivité résulte de la capacité à se démarquer ou bien par les prix (compétitivité-coût) ou par des facteurs qui ne sont pas liés au prix, comme le caractère innovant du bien, la réputation de l'entreprise qui la produit... (compétitivité hors coût).

Sujets de compétitivité Compétitivité d'entreprise La compétitivité d'une entreprise est mesurée par la constatation d'un avantage résultant d'une différence existante entre l'offre faite par un opérateur ou par ses compétiteurs. La comparaison doit être appréciée non seulement de façon objective mais également à travers le prisme de la perception effective opérée par les clients concernés comme par ses compétiteurs (entreprises ou territoires).

Cette différence peut résulter de la comparaison de deux offres : identiques, mais dont l'une bénéficie d'un prix de vente et/ou d'un coût de revient plus attractif ; différentes, en ce que l'une présente pour un prix et/ou un coût analogue(s) des caractéristiques supérieures ou plus adaptées au besoin du consommateur.

À strictement parler, l'entreprise qui se place avec succès sur des créneaux particuliers (qualité élevée, innovation) non travaillés par ses concurrentes ou se trouve être la seule (à un moment donné) à produire un type particulier de biens ou de services (situation de quasi-monopole) ne fait pas preuve de compétitivité : elle pratique une stratégie qui lui permet de s'isoler momentanément ou durablement de la concurrence. Cela dit à l'échelle d'une entreprise, d'un territoire, ou d'un bassin d'emploi, toute spécialisation stratégique ou productive peut être source de forte compétitivité dès lors qu'elle procure directement ou indirectement des synergies, rendements d'échelle et externalités positives qui renforcent la situation concurrentielle. Les effets bénéfiques pouvant rejaillir et être utilisés au gré des dirigeants pour conforter la position spécifique de l'organisation (sur un marché, sur un domaine d'activité stratégique…) ou au niveau de sa stratégie globale (les segments porteurs ou « vaches à lait » servant à financer ceux en voie d'émergence ou de consolidation).

Étudier la compétitivité d'une entreprise revient par conséquent à analyser la performance de l'entreprise par rapport à la concurrence, tant dans ses coûts (compétitivité prix) que dans l'obtention de ses avantages concurrentiels, ou compétitifs (compétitivité hors-prix). Une telle démarche passe généralement par un diagnostic stratégique qui va consister à analyser le modèle économique de l'entreprise et à apprécier son positionnement stratégique au sein de son environnementO. Meier : Diagnostic stratégique : évaluer la compétitivité de l'entreprise, ed., Dunod, 2015..

Compétitivité de territoire Si la compétitivité est originellement utilisé pour qualifier des entreprises, le concept est passé au domaine de l'économie publique. L'OCDE définit la compétitivité d'un État comme . Les pays compétitifs sont donc ceux qui vendent comparativement plus que les autres (à l'export comme à domicile) et augmentent durablement la richesse à domicile.

La pertinence de cette notion, notamment son application à la compétitivité nationale, fait l'objet de controverses parmi les économistes Haidar, J.I., 2012. "Impact of Business Regulatory Reforms on Economic Growth," Journal of the Japanese and International Economies, Elsevier, vol. 26(3), pages 285–307, September.. Paul Krugman, dans un article de 1994 appelé , il soutient que la compétitivité s'applique à une entreprise, mais explique mal la vitalité économique d'un pays. Cette idée reposerait sur l'assimilation fallacieuse d'un pays à une entreprise.

Facteurs compétitivité Coûts de production et de la logistique Le coût du capital (c'est-à-dire taux d'intérêt et rendement attendu par le marché boursier), le prix du travail, qui n'est pas un coût mais a effectivement un prix (salaires des mains-d'œuvre qualifiées et non qualifiées), les coûts logistiques et de transport jusqu'à la zone de consommation, ainsi que la productivité : bonne organisation, main-d'œuvre motivée et bien employée, etc.

Offre de produits et services Cela recoupe la capacité à intégrer l'innovation technique et commerciale (souvent déterminante pour la compétitivité dite « hors-prix »), ainsi que la capacité à respecter un niveau de qualité en phase avec la demande de la clientèle. La capacité à bénéficier d'effets de synergie et d'économie d'échelle (baisse progressive des coûts unitaires de production) sur les marchés internes et externes est également un facteur.

Externalités positives La présence d'infrastructures (routes, réseau de télécommunications…), de fournisseurs, d'un réseau dense de PME (petites et moyennes entreprises), ou encore la disponibilité de main-d'œuvre formée répondant aux besoins des entreprises (liée au système éducatif)Voir par exemple dans le domaine de l'industrie créative et des médias : Violaine Hacker, Citoyenneté culturelle et politique européenne des médias : entre compétitivité et promotion des valeurs, Nations, cultures et entreprises en Europe, sous la direction de Gilles Rouet, Collection Local et Global, L’Harmattan, Paris, ., constituent des externalités positives.

Environnement macroéconomiques L'existence d'un marché large, stable, doté d'une démographie adéquate et d'un pouvoir d'achat en croissance régulière, le taux de change : lorsque la monnaie domestique est sous-évaluée, la compétitivité est améliorée, mais aussi le niveau et la structure de l'imposition locale, nationale, et internationale, ainsi que les contraintes administratives, réglementaires ou douanières non pénalisantes.

Typologie Compétitivité-prix Elle ne peut s'exprimer que dans la mesure où la somme de l'ensemble des coûts qui déterminent le prix de revient le permet. Avec notamment le bénéfice vis-à-vis des concurrents d'un coût du travail, d'un coût du capital, et des ressources disponibles comparativement favorables.

Le fait pour un opérateur d'être bien placé en termes de compétitivité-prix signifie que s'il le souhaite (ou s'il y est contraint par le marché) il est capable de vendre plus (ou de vendre autant) en diminuant le prix des biens ou services qu'il propose sur le marché. L'effet positif principal recherché par la baisse de prix se traduit par une augmentation des volumes vendus, au détriment des concurrents qui ne peuvent proposer cette baisse de prix, ou par la captation d'une nouvelle clientèle jusque-là non active du fait d'un niveau de prix présumé excessif.

Des effets secondaires peuvent également être constatés : un écoulement plus rapide des ventes et une rotation accrue des stocks de marchandises. À titre d'illustration, on peut donner l'exemple français du début des années 1980Jean-Marie Albertini, Les rouages de l'économie nationale, Pais, Les Éditions Ouvrières, 317 p. p. 184. La faiblesse de la compétitivité prix par rapport à l'Allemagne est très souvent expliquée par les entrepreneurs français par la hausse des coûts salariaux et fiscaux. Or, les enquêtes communautaires menées dans ce sens ont montré l'inverse : les coûts salariaux en France sont bien inférieurs à ceux pratiqués en Allemagne et la main d'oeuvre française est souvent plus productive que celle de son concurrent du nord. Les charges fiscales sont largement réduites lors des exportations et frappent sévèrement les importations. Le vrai problème est lié à des difficultés de management des entreprises. Le côté traditionnel domine encore la gestion de celles-ci. Le niveau élevé des stocks, la coordination insuffisante entre les ateliers de fabrication, le personnel nombreux et injustifié du top management, l'importance de la petite et moyenne entreprise et de son personnel familial, généralement mal gérée et n'effectuant pas des investissements productifs, l'insuffisance de la formation du personnel et de la recherche et développement sont des données qui font que l'entreprise française connait plusieurs rigidités au changement qui peut faire d'elle une unité innovante et moderne.

À l'échelon d'un pays : l'évolution de la compétitivité-prix peut être ponctuellement mesurée en soustrayant la variation des prix à l'importation de celle des prix à l'exportation. Le taux de change peut avoir un impact important sur la compétitivité-prix : une dépréciation de la monnaie nationale baisse à l'exportation le niveau de prix des produits exportés. Depuis la fin des trente glorieuses et jusqu'au début des années 1980, la compétitivité-prix des produits français est la conséquence de l'inflation qui diminue le poids de la dette des entreprises et de la dévaluation de sa devise qui permet de baisser la valeur des produits français dans les marchés étrangers. Pour bon nombre d'entreprises de l'Union européenne, la parité euro/dollar peut jouer un rôle déterminant dans la compétitivité-prix à l'exportation. Autrement dit, la baisse de l'euro par rapport au dollar permet d'augmenter les exportations européennes en baissant les prix des produits exportés.

Compétitivité hors prix La compétitivité hors prix consiste à faire valoir des avantages compétitifs décisifs pour l'acheteur et le consommateur potentiel.

Elle repose sur la capacité d'innovation et l'amélioration constante de la productivité et de la qualité. Cette forme de compétitivité entraîne généralement une hausse des prix de vente des biens ou services de l'entreprise, mais incite les consommateurs désireux d'une meilleure qualité, qui veulent « monter en gamme », à acheter ses produits. En général, le taux de marge est plus élevé pour les produits les plus coûteux. L'innovation nécessite des coûts de recherche et la protection de la propriété intellectuelle.

Cette compétitivité par l'innovation peut concerner aussi un bassin économique, en concurrence par rapport à d'autres, d'où les politiques visant à constituer ou renforcer des pôles de compétitivité.

Pour une économie, la stabilité du taux de change, au-delà de son niveau, est également bénéfique pour la compétitivité (la volatilité et donc le risque des investissements étant moins grands).

Politique Baisse du coût du travail Beaucoup de politiques d'accroissement de la compétitivité passent, en Europe, par des politiques de réduction du coût payé par les entreprises pour embaucher des travailleurs. Le développement des politiques d'exonération de cotisations sociales depuis les années 1990, ou de désinflation compétitive et de modération salariale, font partie des politiques mises en œuvre pour améliorer la compétitivité-prix d'un pays.

Baisse du coût des intrants et des services La baisse du coût des intrants et des services auxquels les entreprises ont recours dans le cadre de leur production est un outil important de l'amélioration de la compétitivité coût des entreprises.

Aménagement du territoire Les travaux d'économie géographique montrent l'importance de l'aménagement du territoire dans la création de synergies entre entreprises, centres de recherche et d'enseignement et services publics. La politique d'aménagement du territoire est par conséquent une politique visant à la fois à augmenter la compétitivité des entreprises et celle du territoire concerné.

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