Droit au logement (parfois abrégé en DAL) est une association française loi de 1901 créée en 1990 dont le but est de permettre aux populations les plus fragilisées (mal logés et sans-logis) d'avoir accès à un logement décent, en exerçant leur droit au logement.
Origine En , 48 ménages, essentiellement des familles avec enfants, sont expulsés de deux immeubles squattés, permanences du comité des mal logés ., du de Paris. Avec le soutien de militants associatifs, ces familles du Comité des mal-logés organisent alors un campement qui dure quatre mois. À la suite de cette mobilisation, le gouvernement nomme un médiateur qui procède au relogement des familles. Des familles mal-logées ou sans-logis, des militants associatifs de quartier créent alors Droit Au Logement .
Jean-Claude Amara, artiste de variété, François Breteau, avocat et conseiller parisien "les Verts" rejoignent à sa création la nouvelle association, et en deviendront ses soutiens. En 1994, l'association gère .
À cette action fondatrice succèdent d’autres actions collectives de mal-logés et sans-logis (manifestations, campements, occupations, auto-réquisitions de logements vides…) à Paris, en banlieue puis en province, organisées au sein de l’Association Droit Au Logement, et des centaines d’actions en justice pour défendre les droits des exclus du logement. À côté des luttes à Paris et dans ses environs, une trentaine de comités sont nés dans d’autres villes de France. Regroupés en coordination, ils se sont fédérés en 1998, autour d’une charte, au sein de la Fédération des comités Droit Au Logement..
Organisation L'association, présente sur tout le territoire français, est organisée en une trentaine de comités, regroupés en coordination, et fédérés en 1998 au sein de la Fédération des comités Droit Au logement. Son président depuis la création de cette association a toujours été Jean-Baptiste Eyraud.
L'association Droit au logement fait partie des réseaux No Vox (réseau d'associations issu du premier Forum social européen), Attac France, RéSEL (« Réseau Stop aux Expulsions de Logement »).
Dans un premier temps, le DAL s'adresse surtout à des familles mal logés. Constatant que les sans domicile fixe célibataires sont confrontés à des problèmes différents, des militants du DAL ont fondé fin 1993 le « Comité des Sans-Logis » (CsDL). Le CsDL est l'une des associations membres de la Fédération DAL.
Revendications Selon l'article 2 des statuts de l'association, les revendications du DAL sont « l'arrêt des expulsions sans relogement », « le relogement décent et adapté de toute famille et personne mal-logée ou sans logis » et « l’application de la loi de réquisition sur les immeubles et logements vacants ». La loi de réquisition en question est une ordonnance de 1945 qui donne pouvoir à l'État de réquisitionner les logements vacants. Ces revendications s'appuient sur la Loi Besson de 1990 qui vise à mettre en œuvre le droit au logement et depuis 2007 sur la loi instituant le droit au logement opposable (DALO).
Parcours La scission avec le Comité des mal-logés à l'origine de la création du DAL portait notamment sur le refus de l'occupation de logements HLM, revendication jugée trop « dure » pour les familles auxquelles s'adresse principalement la nouvelle association. Aussi privilégie-t-elle dans un premier temps d'autres formes d'action, mais revient assez rapidement au « squattage » en . Ce choix conduit à un essor du DAL, qui enregistre de nombreuses adhésions.
Depuis sa création, le DAL se fait connaître du public par des manifestations, des actions spectaculaires et médiatisées comme, notamment, l'occupation du 7, rue du Dragon dans le quartier de Saint-Germain-des-Prés à Paris, en . Des personnalités comme l'abbé Pierre, Emmanuelle Béart et Jacques Higelin contribuèrent à cette médiatisation, occupation par ailleurs défendue par l'avocat militant des droits de l'Homme Jean-Jacques de Felice. Des soutiens tels qu’Emmaüs, Médecins du Monde, la Ligue des Droits de l’Homme, les syndicats SUD, et des associations du mouvement social favorisent également l’essor de l’association, et lui fournissent leur capital militant lors des opérations médiatisées. Selon le DAL lui-même ce serait concrétisé depuis 1990 un relogement de milliers de familles en situation d’exclusion par le logement, des améliorations, et parfois des reculs, en matière législative, une meilleure prise en compte de l’exclusion par le logement dans les politiques publiques et de la crise du logement dans l’opinion.
Ainsi lors de ses vœux du Allocution du 31 décembre 2006 de Jacques Chirac, le président Jacques Chirac annonce la décision du gouvernement de Dominique de Villepin de mettre en place un droit au logement opposable (DALO). Le dispositif Dalo, selon le sénat et d'autres organismes, n'instaure pas de nouveaux droits face à la détérioration continue du secteur locatif : "La publication des chiffres du Dalo pour 2019 a montré que le nombre de ménages restant à reloger n’a jamais été aussi haut : plus de 71 000 naufragés du Dalo en attente d’un logement depuis 1 à 11 ans.".
Le , l'association DAL, l'association Macaq et le collectif Jeudi Noir, annoncent l'occupation d'un immeuble vide situé dans le centre de Paris pour le mettre à la disposition des mal logés, et louent ces locaux à une association audiovisuelle.
Le DAL a été condamné le par le tribunal de police de Paris à une amende de euros pour avoir « embarrassé la voie publique » en référence à l'article R 644-2 du code pénal, mais a été finalement relaxé le par la cour d'appel de Paris, qui a invoqué l'« état de nécessité » des familles. L'association avait placé 320 tentes du au à côté de la Bourse de Paris.
DAL apporte son soutien en 2009 aux familles locataires (certaines depuis 1976) de sites de camping du château d'Alincourt, racheté en par Alain Duménil, de France, et qui vise à transformer le site en lieu d'accueil pour entreprisesA Alincourt, le nouveau châtelain a déclaré la guerre aux campeurs, Rue89, 3 mai 2009.PARNES Millionnaire, pas gérant de camping, Le Courrier picard, 21 avril 2009Locataires harcelés au château d'Alincourt, Politis, 28 avril 2009Millionnaire contre campeurs dans un château de l'Oise, France Info, 19 avril 2009..
L'association obtient en 2024 l’annulation par le Conseil d'État des points les plus contestés du décret du , qui permettait de louer des habitations de moins de 2 mètres de large ou de moins de 1,80 mètre de hauteur sous plafond.
Notes et références
Voir aussi
Sources Les archives de l'association sont conservées aux Archives nationales "Communication soumise à l’autorisation du DAL".sous la cote 152AS : Voir la notice du fonds en salle des inventaires virtuelle
Articles connexes Comité des mal-logés Crise du logement en France Histoire des luttes pour le logement en France évaluation immobilière Immobilier en France marché immobilier prix de l'immobilier spéculation immobilière droit au logement politique de la ville
Liens externes
Incendie du Bd Vincent Auriol Le site officiel de l'association Droit au logement (DAL) et de la Fédération DAL Ministère de la Crise du logement - Collectif Jeudi-Noir Brochure du comité des mal-logés Jean-Baptiste Eyraud, bien charpenté, un article payant de Libération sur le porte-parole du DAL, Eve Szeftel, .
Catégorie:Association ou organisme lié à la défense des droits et des libertés en France Catégorie:Association ou organisme de lutte contre la pauvreté Catégorie:Mouvement altermondialiste Catégorie:Association française fondée en 1990 Catégorie:Logement en France