Guenroc Erwan Vallerie. L'art et la manière de prononcer ces sacrés noms de lieux de Bretagne, Chasse-Marée/ArMen, 1996, page 97 (et en gallo). est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.
En 1996, la commune a obtenu le Label pour la richesse de son patrimoine architectural et paysager.
Ses habitants sont les Guenrocois et les Guenrocoises.
Géologie Le sol est très varié et souvent manque d'homogénéité : les schistes et poudingues - cailloux arrondis et reliés par un ciment naturel - donnent des sols lourds où des argiles grises et ocre en font des terrains imperméables gorgés d'eau en hiver, devenant secs et durs en été, qu'il est indispensable de drainer ; les sables et poudingues donnent des terrains un peu moins lourds ; le granit par sa décomposition, forme de bons sols silico-argileux assez filtrants ; les quartzites donnent des sols assez squelettiques et secs où la roche mère affleure ; le grès armoricain ; il y a aussi du fer dans plusieurs endroits de la commune. Au temps où il existait des charrettes avec de grandes roues bardées de fer qui creusaient de profondes ornières, l'eau qui y stagnait devenait couleur rouille. Des carrières de pierres et d'ardoises ont connu autrefois une certaine activité. La dernière carrière de pierre située dans le bois de Guenroc n'a cessé son activité qu'en 1935-1936.
Géographie Le point culminant de Guenroc est haut de , il est situé dans une petite parcelle boisée près du lieu-dit La Rosais.
À l'est et au sud, la Rance, fleuve côtier, est devenue sur son territoire un lac à la suite de l'édification du barrage de Rophémel mis en eau en 1937. À l'ouest, un de ses affluents, le Fremeur, puis une ligne allant de cette rivière au lieu-dit La Fosse au Loup est matérialisée par des ruisseaux et des anciens chemins.
Guenroc est entourée par les communes de Plouasne, Guitté, Caulnes, Plumaudan, Saint-Maden. Autrefois, la commune comptait parmi ses voisines celle de Médréac (elle était riveraine de la Rance depuis la rivière de Néal jusqu'au ruisseau de la Ville-Jonc en Guitté).
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Rance et le Frémeur..
La Rance, d'une longueur de , prend sa source dans la commune du Mené et se jette dans la Manche entre Dinard et Saint-Malo, après avoir traversé ..
Le Frémeur, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Plumaugat et se jette dans la Rance à Caulnes, après avoir traversé ..
Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang de Néal, d'une superficie totale de ( sur la commune)..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de GuenrocLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Merdrignac à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Guenroc est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (80,5 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (80,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (36,4 %), prairies (35 %), forêts (13,6 %), zones agricoles hétérogènes (9,1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (5,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie La localité est attestée sous les formes Guenro en 1371, en 1381. en 1426., et 1447, en 1448, en 1476, en 1513, Guero au , Guerre en 1630, Guerro en 1654, Guenro en 1731.
La graphie Guenroc est mentionnée en 1793 et en 1801..
Selon Bernard Tanguy, le toponyme est composé du vieux breton winn, aujourd'hui gwenn « blanc », et de roch issu d'un terme pré-latin rocca « roche ». D'après cet auteur, la localité doit son nom au rocher de quartz blanc situé au nord du bourg. Hervé Abalain donne la forme bretonne Gwenroc'h « roche blanche », et identifie l'élément roc'h « roche, château fortifié »..
En gallo, langue d’oïl parlée traditionnellement en Haute-Bretagne et essentiellement orale., Bernard Tanguy transcrit la forme parlée sous la graphie Djinro. D'après une documentation écrite et orale, l'association Chubri relève plusieurs attestations gallèses et transcrit les formes Ghinro et Yinro..
En breton, le dictionnaire Devri relève le nom de la localité sous les graphies Gwenroc en 1905 dans un almanach finistérien et Guenroc en 1924 dans la revue Arvorig. La base de données toponymiques KerOfis de l'Office public de la langue bretonne recense dans la production écrite de langue bretonne la forme Gwennroc'h en 1974 et la forme Gwenroc'h à partir de 1975. La forme bretonne normalisée donnée par la Commission de Toponymie de l'Institut culturel de Bretagne en 1998, puis par l'Office public de la langue bretonne est Gwenroc'h. La prononciation normalisée de Gwenroc'h, proposée par l'Office public de la langue bretonne, est . Gwenroc'h est également la graphie en breton moderne donnée par Hervé Abalain et par le Grand dictionnaire de Francis Favereau..
Dans une étude consacrée aux toponymes bretons de Haute-Bretagne et publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 20,0 % des toponymes de la commune sont d'origine bretonne..
Histoire . La paroisse existait en 1371Procès de canonisation de Charles de Blois.
La commune possède un blason, qui se lit ainsi : « D'argent à 3 rocs d'échiquier de gueules 2 et 1 », ce qui veut dire que le fond de l'écu est de couleur argent et les trois rocs de couleur rouge. Les seigneurs du Lattay qui existaient avant le possédaient le même blason avec une bordure autour, tandis que celui de Guenroc n'en possède pas.
En 1855, il y avait en terres labourables, en prés et pâturages, en bois, en vergers et jardins, en landes et terres incultes ; alors qu'en 1990, sont en terres labourables, en prés, en bois, en landes et en jardins.
Pour ces deux années, les chiffres ne comprennent pas les sols, chemins, routes, rivières et divers.
Il existe, à Guenroc, de très nombreuses résidences secondaires que les propriétaires n'habitent qu'en fin de semaine ou pendant les vacances.
Le Les guerres du Le monument aux morts porte les noms de 34 soldats morts pour la Patrie. : 29 sont morts durant la Première Guerre mondiale ; 4 sont morts durant la Seconde Guerre mondiale ; 1 est mort durant la guerre d'Algérie.
Sites Le rocher vignette|left|Rocher de Guenroc. Bertrand Robidou dans son Histoire et panorama d'un beau Pays de 1892 le décrit :
Ce rocher se prolonge vers l'ouest et sert de support naturel à la statue du Christ Roi et continue plus loin, au-delà du monument, derrière le cimetière à qui il sert de clôture naturelle, et plus loin encore le long de la petite route abrupte située à l'est de l'église. Des filons souterrains de quartz se faufilent sous le bourg.
Le territoire de la commune est montueux. Avant la construction du barrage de Rophemel, il était entouré par la Rance. Les collines rocheuses recouvertes d'arbres s'élevaient jusqu'au niveau des terres cultivables. Beaucoup de bruyères étaient recensées. Des levées barraient la Rance créant des biefs qui servaient à l'entraînement des roues en bois destinées au fonctionnement des meules de nombreux moulins.
Le barrage, dont la mise en eau date de , a profondément modifié cette vallée, car les prairies et les moulins ont disparu. Il existe de petits massifs forestiers bien qu'un ouragan en octobre 1987 ait causé de très importants dégâts forestiers.
La commune possède une église, datée de 1465. À proximité de l'église, dans les champs cultivés, des vestiges romains sont découverts en 1896 : fours, fondation de maisons romaines. En effet une antique voie romaine allant de Corseul à Vannes passait dans le bois de la Haye tout près de Caulnes. Lorsque la gare est construite, de nombreux vestiges romains sont trouvés. Par ailleurs, vers la même époque sont découvertes également des pierres taillées d'origine celte.
Église Saint-Gervais et Saint-Protais Description de l'église vignette|L'église paroissiale Saint-Gervais et Saint-Protais. L'environnement de l'église tel qu'il se présente aujourd'hui date de 1908. Avant, elle était entourée du cimetière qui, côté bourg, effleurait les premières maisons. Deux chemins très étroits permettaient le passage des voitures à cheval et des charrettes. Pour permettre une circulation normale, le Conseil municipal de l'époque supprima le cimetière dans sa partie sud ce qui permit la construction des deux routes actuelles. L'église est orientée vers l'est selon la tradition qui veut que les chrétiens, en prières, soient tournés vers les lieux saints.