Gurunhuel (Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.) est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.

Géographie Situation vignette|left|160px|Carte de Gurunhuel et des communes avoisinantes.

Relief et hydrographie vignette|gauche|Carte des routes et du réseau hydrographique de Gurunhuel. Les points culminants sont le Signal de Pors-an-Dréo ( d'altitude, situé dans l'angle nord-est de la commune, au nord du hameau de Lan Buen), la Croix du Faut () et le bourg ().

Le Léguer, qui a sa source un peu en amont de la commune, ainsi que son affluent de rive droite le Ruisseau du Roudour, servent de limite ouest à Gurunhuel, la séparant respectivement de Plougonver et Louargat ; le ruisseau du Dourdu sert de limite sud-est à la commune, la séparant de Bourbriac et son affluent de rive gauche le ruisseau du Dour Meur fait un temps la limite communale avec Moustéru (après leur confluence, ce cours d'eau prend le nom de « ruisseau du Bois de la Roche », lequel est un affluent de rive gauche du Trieux).

Géologie

Le gisement ferrifère de Belle-Isle-en-Terre s'étend du nord de Lohuec à l'ouest jusqu'à Gurunhuel à l'est en passant par Loc-EnvelLouis Chauris, "Minéraux de Bretagne", éditions du Piat, 2014, ..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Léguer, le Bois de la Roche, le Dour Meur., le Roudour. et le ruisseau du Dourdu...

Le Léguer, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Bourbriac et se jette dans la baie de Lannion en limite de Lannion et de Trédrez-Locquémeau, après avoir traversé ..

Le Bois de la Roche, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Pont-Melvez et se jette dans le Trieux à Ploumagoar, après avoir traversé ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de GurunhuelLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Kerpert à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Gurunhuel est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Guingamp, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (96,7 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (96,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (44,2 %), terres arables (42,7 %), prairies (9,8 %), forêts (3,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie vignette|130px|Panneau bilingue français et breton d'entrée d'agglomération de Gurunhuel. Le nom de la localité est attesté sous les formes Guerenhuhel vers 1330, Gurunihel en 1380, Grunuhel en 1444, Gurunhuel en 1461 et en 1465, Gurunhuhel en 1486..

Selon Bernard Tanguy, le nom de la localité est composé du vieux breton cun run (« sommet de colline ») et de uhel (« haut »).

Bernard Tanguy transcrit la forme bretonne parlée sous la graphie Gurnuhel.

Histoire Antiquité

Un camp gallo-romain a été identifié à Lan-Buhen et une voie romaine traversait le territoire de Gurunhuel. Moyen-Âge Gurunhuel est peut-être issue d'un démembrement de la paroisse de primitive de Bourbriac.

En 1380, Gurnuhe est cité dans l'un des comptes des bénéfices du diocèse de Tréguier ; en 1486 Gurunhuel est citée pour la première fois comme paroisse.. vignette|130px|Écusson de la famille Trobodec sur un mur de l'église paroissiale Notre-Dame. Selon Jean-Baptiste Ogée, en 1453 la maison noble de Kerdaniel appartenait à Yves de Kerdaniel et une autre maison noble était Trebodec [Trobodec]..

Temps modernes

François-Marie Henry décrit Gurunhuel au début du : « Gurunhuel présentait des aspects beaucoup moins attrayants (...). Au témoignage des anciens registres paroissiaux, le vaste plateau de Gurunhuel n'était, sur une partie de son versant nord, qu'une prolongation de la forêt de Coat-an-Noz. Là habitait, dans de pauvres cabanes, une population nombreuse de bûcherons et de sabotiers, dont le prêtre n'approchait que par des chemins difficiles et escarpés. Une autre partie du territoire consistait en landes. De sorte que la moitié à peine de l'étendue de la paroisse était laissée à la culture. De plus, la terre labourable, légère et de médiocre qualité, ne produisait que très peu de froment et donnait surtout du seigle, de l'avoine et du sarrasin »..

Le même auteur écrit aussi que le plus important château, celui de Trobodec, n'est alors plus habité ; « ruiné sous Louis XIII, il avait été transformé en un convenant qui portait le nom de Trobodec Vras, tandis qu'un autre convenant voisin, ayant appartenu au même domaine s'appelait Trobodec Vian. Mais d'autres familles, très vraisemblablement apparentées aux Trobodec, restaient toujours à Gurunhuel. Au manoir de Kerdaniel demeurait messire Louis Mauroille de Kerdaniel, dont l'enfeu se voit encore [en 1924] dans l'église paroissiale ». L'auteur cite encore d'autres manoirs : Kerbol, Kerambellec, Lanverc'h.. vignette|Carte de Cassini de la paroisse de Gurunhuel et de ses environs (1790). Dom Maudez-René Le Cozannet (1666-1720), prêtre mort en odeur de sainteté et à qui de nombreuses guérisons ont été attribuées., fut curé de Gurunhuel entre 1709 et 1711..

Une enquête datant de la seconde moitié du dit qu'à Gurunhuel, sur 55 propriétés paysannes, 3 ont une superficie dépassant 20 journaux, 8 ont entre 10 et 20 journaux, 17 entre 3 et 10 journaux et 27 ont moins de 3 journaux..

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Gurunhuel en 1778 :

Révolution française

Le général et quelques autres personnes (en tout 23 hommes) de la paroisse se réunirent le sous la présidence de François CottyFrançois Cotty, né le à Gurunhuel, décédé le à Gurunhuel., notaire, agriculteur et syndic ; ils élurent comme députés chargés de les représenter à l'assemblée du tiers-état de la sénéchaussée François Cotty et Yves Le HouërouYves Le Houërou, né le à Gurunhuel, décédé le à Gurunhuel. ; ils se plaignent notamment des corvées et des charges imposés par les seigneurs dans le cadre des domaines congéables sans rédiger la totalité d'un cahier de doléances..

Le mouvement contre les domaines congéables partit de « cette région forestière, encore aujourd'hui si difficile à atteindre, de Gurunhuel, Loc-Envel, Loguivy-Plougras, courbée plus que toute autre sous le joug des propriétaires nobles, dont l'absentéisme presque permanent permettait à l'intendant de gérer les biens à peu près à leur guise » écrit L. Dubreuil en 1909..

Maurice Le Collen était recteur de Gurunhuel au début de la Révolution française : il prêta, avec restriction, le serment de fidélité à la Constitution civile du clergé, mais se rétracta ensuite ; il fut remplacé un temps par un de ses vicaires, David (lequel choisit d'abandonner la prêtrise et devint même acquéruer de biens nationaux), puis par Guillaume Jeffroy, qui fut prêtre constitutionnel de Gurunhuel..

Yves RobinYves Robin, né le à Plougonver, décédé le à Gurunhuel., pourtant ancien chouan qui faisait partie probablement des assassins de Charles-Julien Le Bivic, recteur constitutionnel de Pont-Melvez, est nommé en 1803 desservant de la succursale de Gurunhuel par l'évêque de Saint-Brieuc en dépit de l'opposition du préfet. Il est qualifié de bon prêtre aîmé de ses paroissiens par une publication de l'évêché de Saint-Brieuc.

A. Marteville et P. Varin, continuateurs de Jean-Baptiste Ogée, décrivent ainsi Gurunhuel en 1843 :

En 1853 le chemin de grande communication n° 53 entre Belle-Isle-en-Terre et Gurunhuel n'existe pas en réalité car sa construction a été retardée par le propriétaire des forêts [de Coat-an-Noz et Coat-an-Hay] et les difficultés d'exécution en raison du parcours accidenté de son tracé.. En 1861 le chemin de grande communication n° 67, entre Gurunhuel et Guingamp, récemment classé, est enfin empierré. ; mais ce n'est pas encore le cas en 1873 pour le chemin allant de Gurunhuel à Plougonver où la circulation reste difficile, notamment au niveau du franchissement du Léguer. et même quasi-impossible jusqu'en 1877 au moins..

Joachim Gaultier du Mottay écrit en 1862 que Gurunhuel possède une école de garçons ayant 67 élèves et que le territoire de cette commune occupe « quelques-uns des points les plus élevés du département », que « ses terres sont légères et médiocres, mais tendent à saméliorer par l'emploi d'amendements calcaires » et qu' « on voit encore les vestiges des châteaux de Trobodec et Kerdaniel »..