La ville sacrée de Caral-Supe ou Caral-Chupacigarro, est un site archéologique antique situé dans le désert à de la côte du Pérou, dans la vallée de Supe, région de Lima, province de Barranca, à au nord-nord-ouest de Lima, est le vestige de la plus ancienne cité d'Amérique connue à ce jour. La ville sacrée de Caral-Supe a été inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco le 28 juin 2009. 285x285px|vignette|Plan du site - Bienvenue à la ville sacrée.|alt= Pour accéder au site archéologique, il faut quitter la Panamericana Norte (1N) au km 184, puis prendre la 102, une route qui longe la rive droite du Río Supe. L'archéologue Ruth Shady, qui a dirigé les recherches sur Caral pendant plus de vingt ans, estime que Caral était une civilisation féministe, résistante aux séismes, respectueuse du développement durable. Elle y voit la première forme urbaine du continent américain, et s'attache à mettre en valeur et restaurer le site, composé de nombreuses pyramides et bâtiments. Histoire Ancienneté L'ancienneté de la civilisation de Caral a été confirmée par datations au radiocarbone réalisées aux États-Unis. D'après celles-ci, Caral aurait environ , alors que dans le reste de l'Amérique le développement urbain commence plus tard (par exemple, Monte Alban, en Mésoamérique). La découverte de Caral a changé les schémas que l'on avait jusque-là sur l'émergence des civilisations anciennes au Pérou et dans les Amériques en général. Auparavant, Chavín de Huántar était considéré comme le plus ancien centre culturel du Pérou, avec un maximum de (soit ). La cité fut construite par la civilisation dite de Caral, encore appelée Norte-Chico ou Caral-Supe à d'altitude. Les analyses au carbone 14 de roseaux retrouvés sur les lieux datent sa construction entre environ et ce qui fait d'elle la plus vieille ville américaine et l'une des plus anciennes au monde, contemporaine des grandes pyramides d'Égypte. On lui attribue cette ancienneté de presque et cette qualification de la plus ancienne ville d'Amérique, car on n'a pas (encore) trouvé sur ce continent, un autre site plus ancien comprenant une telle diversité de constructions monumentales, avec autant de différentes fonctions cérémonielles et administratives. Toutefois, il semblerait que le site péruvien de Bandurria, près de Huacho, puisse également prétendre à une ancienneté du même ordre. La culture de Caral est contemporaine à d'autres civilisations antiques comme celles d'Égypte, de la vallée de l'Indus, de Sumer ou de Chine, mais contrairement à elles — qui échangeaient leurs réalisations — elle s'est développée dans un isolement total. Chronologie La construction de Caral s'est développée sur une longue période de presque mille ans, au cours de laquelle une série de remodelages et de superpositions ont eu lieu. Les archéologues ont détecté six phases dans ce processus : Début des implantations : vers 5000 av. J.-C. Premières constructions de plus grande taille : . Remodelage général et annexion des places alentours : . Fin de la période d'agrandissement des bâtiments publics : . Déclin, en même temps qu'un autre établissement, appelé Era de Pando, plus grand que Caral se développe dans la basse vallée : . Caral est progressivement abandonné et ses bâtiments sont enterrés : . Les causes de la fin de Caral sont inconnues. Il est possible que le site ait subi les catastrophes naturelles, tels que des tremblements de terre et des phénomènes El Niño, qui ont créé les conditions de son abandon. Étymologie Au début du , le linguiste péruvien Alfredo Torero, après avoir étudié la toponymie des trois vallées, a émis l'hypothèse que la langue quechua aurait son origine dans les vallées de Supe, Fortaleza et Pativilca. L'archéologue Ruth Shady en tire prétexte pour voir dans Caral l'ancêtre du quechua. Il est possible que Caral soit un mot quechua ou protoquechua, sans que cela n'implique qu'il soit contemporain du site archéologique. Il n'y a pas d'accord sur le sens du mot bien que certains linguistes aient proposé qu'il signifie « fibre » ou cannisse. Découverte En 1905, Max Uhle enquêta sur Áspero, une colonie précéramique située sur la côte de la vallée de Supe, à proximité de Caral et en 1937 Julio C. Tello a exploré le même endroit, mais il n'y a aucune preuve qu'ils soient entrés dans la vallée de Supe et, par conséquent, qu'ils aient su l'existence de Caral. Le premier à attirer l'attention sur Caral fut l'américain , qui visita le site avec son compatriote, l'archéologue Richard Schaedel, en 1949. Dans son rapport, publié dans le livre La vie, la terre et l'eau dans le Pérou antique en 1965, il mentionne que Chupacigarro (le nom espagnol d'un oiseau local), comme on appelait Caral à l'époque, devait être très ancien, bien qu'il ne put préciser son ancienneté. Cet ouvrage contient également une impressionnante photographie aérienne d'un secteur de la ville sacrée de Caral. vignette|300px|Image aérienne du site prise par le satellite PeruSat-1.|alt= En 1975, l'architecte péruvien Carlos Williams a fait un relevé détaillé de la plupart des sites archéologiques de la vallée de Supe. Il a exploré Chupacigarro Grande (le nom sous lequel le site archéologique actuel de Caral était connu à l'époque), d'où il a fait quelques observations sur le développement architectural des Andes traitées dans plusieurs ouvrages. En 1979, l’archéologue suisse Fréderic André Engel s’est rendu sur le site, qu'il a fouillé et cartographié. Dans son livre Du begonia au maïs, publié en 1987, il avance que Chupacigarro Grande aurait pu être construit avant l’apparition de la céramique dans les Andes, soit antérieurement à C'est également l'année où l'archéologue et anthropologue péruvienne Ruth Shady explore pour la première fois le site, sans en réaliser encore son importance. En 1994, Ruth Shady explore à nouveau la vallée de Supe et identifie dix-huit sites présentant les mêmes caractéristiques architecturales, parmi lesquels les quatre connus sous les noms de Chupacigarro Grande, Chupacigarro Chico, Chupacigarro Centro et Chupacigarro Oeste. Pour les différencier, Shady les appelait Caral, Chupacigarro, Miraya et Lurihuasi, qui sont les noms quechua des villages les plus proches de ces sites. Une équipe dirigée par Shady a de nouveau fouillé à Caral à partir de 1996 et l'archéologue a présenté ses résultats pour la première fois en 1997 dans l'ouvrage La ville sacrée de Caral-Supe à l'aube de la civilisation au Pérou. Elle y soutenait ouvertement l'antiquité précéramique de Caral, affirmation qu'elle consolida de manière irréfutable dans les années suivantes par des fouilles intensives sur les lieux. Depuis, Ruth Shady a fondé et dirige le « projet archéologique Caral-Supe » chargé des travaux de recherche et de restauration de Caral, ainsi que des établissements contemporains de la vallée de la Supe, de Chupacigarro, de Miraya, de Lurihuasi et d'Allpacoto, et aussi dans la vallée de Huaura (site archéologique de Vichama) dans la province de Huaura (département de Lima). vignette|800px|center|Vue panoramique.|alt= Géographie Le site de Caral, nommé d'après le nom du village le plus proche, est en fait un ensemble de sites archéologiques qui auraient abrité la première civilisation côtière d'Amérique du sud. Caral est la plus imposante de toutes les agglomérations urbaines situées dans la basse vallée moyenne de Supe. Ces colonies sont au nombre de huit : Pueblo Nuevo, Cerro Colorado, Allpacoto et Llapta (sur la rive droite) et Lurihuasi, Miraya, Chupacigarro et Caral elle-même (sur la rive gauche). La zone est entourée par la configuration particulière de la chaîne de montagnes : à l'ouest, les collines des deux côtés de la vallée sont fermées par une gorge ; la même chose se produit à l'est. Au total, l'ensemble s'étend sur de long sur un tronçon de vallée fertile, bien délimité et facile à contrôler. Parmi tous les établissements présents dans l'espace géographique de la vallée de Supe (zone côtière, moyenne et basse vallée), ceux qui montrent la plus grande extension, complexité et monumentalité architecturale sont les 8 mentionnés ci-dessus. La ville sacrée de Caral s'en distingue clairement et avait certainement un rang prééminent parmi l'ensemble. La population locale d'alors est estimée entre et habitants - jusqu'à selon d'autres sources - répartis sur une quarantaine de sites (18 répertoriés à cette date, dont Caral, Miraya, Lurihuasi, Pueblo Nuevo, Era de Pando, Allpacoto, Peñico, El Molino, Piedra Parada, Áspero, Chupacigarro, Huacache, Cerro Blanco, Cerro Colorado, Jaiva, Pando, Liman et Capilla) qui se situent dans la vallée de Supe, de part et d'autre du rio Supe (rive droite et gauche) et des quatre vallées adjacentes. Ils sont distants les uns des autres de quelques kilomètres et faisaient partie du noyau de cette civilisation de Caral. Le village d'Áspero (ou El Áspero), situé sur la côte près de l'embouchure de la rivière Supe, était selon toute vraisemblance le port de pêche de Caral. C'est là que des restes de sacrifices humains ont été retrouvés (deux enfants et un nouveau-né) et en 2016, la dépouille d'une femme « La Dame des 4 tupus» qui appartenait vraisemblablement à l'élite locale il y a . vignette|800px|center|Vue générale du site. Description Ville sacrée 300px|vignette|droite|L'autel du Feu Sacré à Caral. Caral a été nommée par les scientifiques « ville sacrée », car tout ce qui y a été fouillé est imprégné de religiosité. Il y a de nombreux autels pour les offrandes, ainsi que des signes de rituels possibles dans chacun, non seulement dans les espaces publics et les temples, mais aussi dans les habitations. Tout cela indique que c'est à cette époque que les sociétés péruviennes ont commencé à avoir un gouvernement central, où l'État est établi et où la religion est utilisée comme un moyen de domination. Organisation Caral occupe une superficie de , divisée en deux zones, l'une centrale et l'autre périphérique. Dans la zone centrale ou zone nucléaire, s'étendent 32 structures publiques et plusieurs complexes résidentiels, qui sont distribués en deux parties : La moitié supérieure (Caral Alto), au nord, possède les plus grands bâtiments publics et résidentiels de la ville : sept bâtiments monumentaux (pyramides), deux places circulaires en contrebas (devant deux pyramides), deux espaces de rassemblement (Plaza Central et Plazuela de la Huanca), des logements pour les « fonctionnaires » ainsi qu'un vaste complexe résidentiel pour les artisans et les domestiques. La moitié inférieure (Caral Bajo), au sud, constituée de bâtiments plus petits, comme le complexe architectural de l'Amphithéâtre, le bâtiment de l'Autel circulaire et un complexe résidentiel, également de plus petite taille. vignette|300px|gauche|Ruines de Caral. La zone périphérique contient des ensembles d'habitations répartis à la manière d'îlots, adjacents à la vallée. Les constructions résidentielles n'étaient pas seulement des habitations domestiques mais aussi des ateliers. Caral Alto Pyramide majeure (Secteur E). C'est le bâtiment le plus imposant. Il mesure de long, de large et de haut. Il surplombe la place centrale de la ville, un vaste espace où l'on croit que s'y tenait des foires. En raison de son emplacement et de sa taille, il est supposé qu'il s'agissait du bâtiment principal de Caral. Il fait partie d'un complexe complété par un enclos « rond-carré » et d'un ensemble de plates-formes en quinconce. C'est la structure emblématique de la ville de Caral et celle que l'on retrouve habituellement dans les représentations photographiques. Pyramide la Carrière (Secteur B), ainsi appelé parce que construit sur un promontoire rocheux autrefois utilisé comme carrière. Au sommet, il y a un autel circulaire, avec un grand foyer et des conduits souterrains. Pyramide Mineure (Secteur G), dont l'escalier principal était à l'origine situé du côté nord, puis il a été déplacé du côté ouest.
Źródło i licencja
Na podstawie: Wikipedia — Caral · historia autorów.
Tekst: CC BY-SA 4.0.
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